Les forces françaises ont tué au moins 2 500 djihadistes de l’EI

Selon Le Monde, des sources américaines disent que la coalition, dont les Etats-Unis assument plus de 90 % de l’effort, a tué 50 000 combattants à ce jour depuis le début de sa campagne en août 2014. « Soit 59 tués par jour en 850 jours », précise l’analyste Micah Zenko du Council on Foreign Relations, un groupe de réflexion américain, qui reprend ce chiffre. Celui-ci témoigne en creux de l’énorme capacité de régénération des forces de l’EI durant les deux premières années du conflit.

La France, qui se définit comme un pays « en guerre », ne communique pas le nombre des pertes de ses ennemis. Selon les recoupements du Monde, les Rafale et Mirage déployés depuis septembre 2014 ont tué au moins 2 500 combattants de l’EI à ce jour. L’engagement militaire français, estimé à 5 % des missions de la coalition, aboutit à 5 % des effectifs ennemis éliminés.

(…) Les frappes occidentales sont conduites avec des munitions dites de précision. Elles ont inévitablement tué des civils, ce que le droit de la guerre admet si leur nombre reste limité, et si les règles de la discrimination entre combattants et non-combattants sont respectées. Or, les 13 pays « frappeurs » de la coalition ne reconnaissent que 152 morts civils pour 14 200 frappes aériennes anti-EI en Irak et en Syrie, entre août 2014 et août 2016, indique le collectif non gouvernemental Airwars dans son rapport publié lundi 12 décembre.(…)

Tunisie: la présence de drones US confirmée officiellement

Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a déclaré que des drones américains de surveillance survolaient la frontière tuniso-libyenne afin de déjouer des attaques de djihadistes de l’Etat islamique sur le sol tunisien.

La question d’une éventuelle présence militaire américaine sur le territoire tunisien est un sujet délicat dans ce pays jaloux de son indépendance, ses adversaires disant l’interpréter comme une atteinte à la souveraineté nationale. Le mois dernier, des sources gouvernementales américaines avaient enfin indiqué que des drones américains Reaper Air Force avaient entrepris de survoler la Libye à partir d’une base aérienne tunisienne. Ils auraient notamment servi à des opérations de renseignement à Syrte où les Etats-Unis ont mené plus de 300 attaques aériennes depuis août. Cette base serait située à Remada dans le sud tunisien. Selon une source au ministère de la Défense américaine, ils seraient 70 militaires US à chapeauter cette opération.

Pressé de fournir des éclaircissements, le président Essebsi a déclaré dans une interview diffusée hier soir que cette mesure était nécessaire pour éviter des infiltrations de djihadistes et des attaques comme celle qui avait visé la localité tunisienne de Ben Gardane en mars dernier.

Les drones utilisés par les Américains ne sont pas armés, cela à la demande des autorités tunisiennes, a dit le chef de l’Etat dans l’interview à la chaîne régionale El Hiwar Ettounsi. « L’accord que nous avons passé avec les Américains porte sur le partage de renseignements », a-t-il dit, sans préciser si les drones survolent le territoire libyen proprement dit, au-delà de la zone frontalière.

Les forces antijihadistes entrent dans Syrte, fief de l’EI en Libye

Des combats ont eu lieu jeudi dans le centre de Syrte, fief du groupe Etat islamique (EI) en Libye, après l’entrée des forces progouvernementales dans cette ville qu’elles espèrent contrôler totalement dans les trois prochains jours.

La perte de Syrte représenterait un énorme revers pour l’EI, alors que l’organisation jihadiste fait face en Irak et en Syrie, les deux pays où elle est le mieux implantée, à plusieurs offensives soutenues par les Etats-Unis et par la Russie.

Les forces loyales au gouvernement d’union nationale (GNA) libyen « avancent rapidement contre l’EI en Libye et ont commencé à entrer dans son bastion de Syrte », a déclaré sur Twitter Brett McGurk, l’envoyé spécial du président américain Barack Obama auprès de la coalition anti-EI.

Cette offensive contre la ville portuaire située à 450 kilomètres à l’est de Tripoli est menée par des forces terrestres, aériennes et maritimes.

Le blocage par la marine de la façade maritime empêche les jihadistes « de s’enfuir par la mer », selon un autre responsable militaire.

Le Pentagone s’est réjoui des développements en cours à Syrte. « Nous surveillons la situation très étroitement et nous sommes encouragés par ce que nous voyons », a déclaré jeudi à la presse le porte-parole du secrétariat américain à la Défense, Peter Cook.

Ces développements « montrent que le gouvernement d’union nationale comme les forces qui le soutiennent progressent », a ajouté M. Cook.

Les forces loyales au GNA avaient annoncé le 12 mai le début de l’offensive pour chasser l’EI de la bande littorale d’environ 200 kilomètres de long qu’il a conquise depuis 2015.

Elles ont repris Abou Grein (130 kilomètres à l’ouest de Syrte), puis l’importante base aérienne d’al-Gordabia, la centrale thermique de Syrte, et trois casernes situées à une vingtaine de kilomètres du centre-ville. Et l’armée a annoncé jeudi la reprise de Harawa, l’une des trois plus importantes localités de la région, à 70 kilomètres à l’est de Syrte.

La réalité de la situation militaire reste néanmoins confuse en raison de l’absence de journalistes et de sources indépendantes sur le terrain.

 ‘Pas la fin de l’EI en Libye’ 

« L’EI va être prochainement défait à Syrte mais ce ne sera pas la fin du groupe en Libye », prévoit Mohamed Eljareh, expert libyen au Centre Rafic Hariri pour le Moyen-Orient (pro-saoudien).

Mattia Toaldo, expert au groupe de réflexion European Council on Foreign Relations, est du même avis: « Si Syrte tombe, l’EI sera toujours présente, que ce soit par l’intermédiaire de groupes agissant dans le désert libyen ou par des attaques terroristes à Tripoli ou Misrata » (ouest).

Le nombre de jihadistes présents à Syrte n’est pas connu. Les services étrangers estimaient à 5 000 hommes les effectifs de l’EI en Libye il y a quelques semaines. De même, il est impossible de déterminer le nombre de civils toujours présents dans la ville.

En trois semaines d’offensive, 115 combattants ont été tués et 300 blessés, selon Aziz Issa, de l’hôpital de Misrata.

Les forces du GNA sont essentiellement composées de combattants des milices de la ville de Misrata (150 kilomètres à l’ouest de Syrte) ayant rallié le gouvernement d’union dirigé par le Premier ministre désigné Fayez al-Sarraj.

Elles sont soutenues par les Gardes des installations pétrolières situées dans le « croissant pétrolier », une région très convoitée par tout le monde dont l’EI qui, à maintes reprises, a tenté de prendre le contrôle de ces ressources énergétiques.

Ces Gardes ont lancé une offensive en direction de Syrte depuis l’Est et ont repris Ben Jawad, à 160 km de Syrte, et Nofliya à 130 km.

Unité réclamée 

L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Martin Kobler, a récemment appelé toutes les forces armées du pays à « s’unir » pour vaincre l’EI, malgré les profondes divisions politiques qui persistent.

Il a par ailleurs laissé entendre dimanche que des forces spéciales américaines et françaises se trouvaient en Libye, une présence qui n’a pas été confirmée officiellement.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a cependant indiqué mercredi que la France y faisait « du renseignement depuis déjà un certain temps ».

M. Sarraj a exclu le 5 juin toute intervention militaire internationale pour lutter contre l’EI, à l’image de celles en cours en Irak et en Syrie.

Les pays européens espèrent qu’une stabilisation de la Libye permettra de limiter le nombre de migrants, notamment africains, partant de ses côtes pour rejoindre l’Italie puis le reste de l’UE.


Une ONG politique détaille la vie des Libyens de Syrte sous la férule de l’EI

L’enfer au bord de la Méditerranée. L’ONG Human Rights Watch vient de publier un rapport sur la situation des Libyens vivant sous la férule de l’État islamique dans la région de Syrte, un port méditerranéen du Nord du pays, aux mains de Daech depuis fin 2014. «Nous avons l’impression d’être maudits» est titré le rapport, reprenant l’expression d’un habitant.

Commencée fin 2014, l’infiltration de djihadistes de l’État islamique s’est achevée par le contrôle total de la ville d’origine de Mouammar Khadafi en juin 2015. Aujourd’hui, la branche libyenne de l’EI contrôle 200 kilomètres de côte, situés à 500 kilomètres à vol d’oiseau du sud de l’Europe. L’organisation terroriste s’est emparée du port, de la base aérienne, des centres de pouvoir, et des bureaux du gouvernement. Toutes les banques ont été fermées sauf une, qu’il contrôle entièrement.

Selon l’ONG, les combattants de l’État islamique en Libye sont 1800 à Syrte et 3000 dans tout le pays. Dans la zone qu’il contrôle, Daech enrôle des soldats dès l’âge de 16 ans, selon plusieurs sources citées par le rapport. Si de nombreux djihadistes sont Libyens, le pouvoir est entre les mains de combattants étrangers, Syriens, mais aussi Saoudiens, Égyptiens, et Soudanais. Le plus gros contingent de djihadistes étrangers provient de la Tunisie voisine. La frontière entre les deux pays reste poreuse malgré le renforcement récent de 200 kilomètres de clôture de sable par les Tunisiens.

Pour établir ce compte-rendu effrayant, Human Rights Watch s’est fondé sur 45 témoignages d’habitants de Syrte, pour la plupart réfugiés à Misrata. Les deux tiers des 80.000 habitants auraient en effet fui la ville. A travers divers récits recoupés, on découvre l’horreur de la vie quotidienne sous la dictature islamiste. «La vie à Syrte est insupportable. Tout le monde vit dans la peur. Ils tuent des gens innocents. Il n’y a plus de magasins, l’hôpital n’a plus ni médecins ni infirmières, il n’y a plus de médecine. Il y a des espions à chaque coin de rue. La plupart des gens ont fui, mais nous sommes bloqués. Nous n’avons pas assez d’argent pour partir» raconte ainsi Alham, 30 ans.

Une «charte» islamique en 13 points a été proclamée dans la ville, qui oblige notamment les femmes à être voilées et interdit toute vente d’alcool ou de tabac. La Hisba (police des mœurs) quadrille les rues de la ville, traquant les hommes en train de fumer, d’écouter de la musique ou les femmes sans abayas (longues robes cachant leurs formes). Il n’y a plus d’école depuis la fin de 2015, l’EI ayant interdit l’enseignement du droit et de l’histoire, pour le remplacer par la charia.

«L’ultime étape de la révolution se passait à Syrte. Nous étions plein d’espoir. Mais petit à petit Daech a pris les commandes.

Maintenant nous avons l’impression d’être maudits.» Ali, un habitant de Syrte

Les exécutions ont lieu sur la place publique, en plein cœur de la ville, et les habitants sont poussés, pour en pas dire obligés, à regarder. Daech a décapité au moins deux personnes à l’épée. Les espions présumés sont eux abattus d’une balle dans la tête, avant d’être suspendus à la vue de tous pendant deux ou trois jours dans une pose de crucifixion. Avant l’exécution, les djihadistes habillent leurs victimes d’un pyjama orange, pratique mise en œuvre par Daech en référence aux prisonniers de la prison américaine de Guantanamo. Selon les comptes de l’ONG, Daech a exécuté en tout au moins 49 personnes dans la ville de février 2015 à février 2016. Les deux personnes décapitées l’ont été pour «sorcellerie».

Cinq ans après la chute du Guide, beaucoup d’habitants sont désespérés de trouver une issue pacifique à la situation chaotique de leur pays. Ali, qui s’était dressé contre Kadhafi en 2011 témoigne de sa désillusion: «L’ultime étape de la révolution se passait à Syrte. Nous étions plein d’espoir. Mais petit à petit Daech a pris les commandes. Maintenant nous avons l’impression d’être maudits.»

En préparation depuis plusieurs mois, une intervention internationale contre Daech en Libye bute encore sur la constitution d’un gouvernement d’union nationale.

Quand les djihadistes profitent des aides sociales françaises

  • En 2014, ils étaient presque 300 à être partis faire le djihad tout en continuant à toucher des allocations, avant que les services de renseignement ne s’en aperçoivent.

 

Interrogé ce mardi lors de la séance des questions au gouvernement, Bernard Cazeneuve a admis que, l’année dernière, 290 djihadistes ont touché des prestations familiales en France. Répondant à une question du député UMP Alain Marsaud, le ministre de l’Intérieur a assuré que les cas litigieux ont été signalés aux autorités versant ces prestations. Si ces allocations ont rapidement été suspendues, elles relancent le débat engagé par Eric Ciotti en novembre dernier.

Le RSA finance les djihadistes

En voilà un paradoxe saisissant. L’année dernière, 290 personnes sont parties faire le djihad en Irak ou en Syrie alors qu’elles touchaient des allocations. Une incohérence qui, évidemment, fait polémique, au grand dam de Bernard Cazeneuve. « N’essayons pas de faire sur ce sujet des polémiques ou de laisser à penser qu’il n’y a pas d’action », a déclaré le ministre de l’Intérieur tout en évoquant « des manquements qui n’existent pas en nombre ». Les cas énumérés, quoique alarmants, ont immédiatement été réglés, s’est ensuite défendu le ministre.

Le débat n’est pas nouveau. En novembre dernier, Le Figaro révélait qu’Eric Ciotti, le député UMP et président du Conseil général des Alpes-Maritimes, avait radié les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) partis faire le djihad. « Je ne saurais concevoir que de l’argent public aille dans les poches de quelqu’un qui nourrit des desseins terroristes contre notre nation », avait-il déclaré.

Ne pas stigmatiser

Conscient du problème, le gouvernement a récemment annoncé une série de mesures. Bernard Cazeneuve a d’ailleurs rappelé la « détermination totale » qui règne autour du sujet, tout en vantant l’utilité de la plate-forme de signalement des candidats au djihad. En effet, c’est ce dispositif de dénonciation qui a permis de déceler les failles mentionnées. « Le cas de ceux qui ont quitté le territoire national est immédiatement signalé aux autorités en charge du versement de ces prestations sociales », a expliqué le ministre de l’Intérieur dans des propos rapportés par l’AFP. Il a ensuite martelé que des efforts étaient opérés : « il est immédiatement mis fin au versement de ces prestations avec la plus grande rigueur ».


Charlie Hebdo : l’Etat islamique appelle à de nouvelles attaques

  • « Nous promettons aux bastions chrétiens qu’ils continueront de vivre dans un état de terreur », a déclaré le porte-parole de l’EI dans un message audio.

Le groupe extrémiste Etat islamique (EI) a appelé lundi à mener de nouvelles attaques contre les pays occidentaux, saluant les attentats exécutés par des jihadistes, notamment en France contre la rédaction de Charlie Hebdo. « Nous appelons les musulmans en Europe et dans l’Occident infidèle à attaquer les croisés où qu’ils soient (…) nous promettons aux bastions chrétiens qu’ils continueront de vivre dans un état de terreur, de peur et d’insécurité », a affirmé Abou Mohammad al-Adnani, porte-parole de l’EI dans un message audio diffusé sur internet.

« Vous n’avez encore rien vu », a-t-il prévenu. Le porte-parole du groupe extrémiste a ajouté que l’EI considérait comme « ennemis » les musulmans qui peuvent s’en prendre aux « croisés » et ne le font pas. Il a salué les attaques menés par les « frères » jihadistes en « France, en Australie et en Belgique ».

Le massacre de la rédaction à l’hebdomadaire satirique français à Charlie Hebdo le 7 janvier, qui a fait 12 morts, a été mené par deux jihadistes français se revendiquant de la branche d’Al-Qaïda en péninsule arabique (AQPA). Le lendemain, cinq morts ont été abattus dans un supermarché casher à Paris par un jihadiste se revendiquant de l’EI.

Djihadisme français : hausse de 130% en un an

  • Au 16 janvier, 1281 Français et résidents étaient impliqués dans le djihad, selon les services de renseignement.

Les récents attentats qui ont semé l’effroi et la mort dans Paris vont-ils tarir les velléités de départ des combattants volontaires français désireux de se rendre vers les zones de combat en Syrie et en Irak? Rien n’est moins sûr. Selon un dernier état des lieux des services de renseignement porté à la connaissance du Figaro, le nombre global de Français et résidents impliqués dans le djihad est passé de 555 à 1281 entre le 1er janvier 2014 et le 16 janvier dernier. Soit un bond de 130 % en un an!  «Il ne se passe pas une semaine sans que l’on enregistre entre dix et quinze cas supplémentaires», affirme un policier spécialisé. Plus que jamais, la France forme le plus gros bataillon des brigades internationales vertes.

Toujours d’après ce bilan confidentiel arrêté à vendredi dernier, pas moins de 393 Français et personnes censées vivre en France sont désormais partis combattre en Syrie avant que la police puisse les intercepter. Soit une progression de 75 % par rapport au 1er janvier 2014, lorsque les services avaient déjà enregistré la présence de 224 djihadistes tricolores engagés sous la bannière noire de Daech ou de Jabhat al-Nosra. Dans le lot figurent 94 femmes. Âgées de 25 ans en moyenne, elles partent souvent au nom d’idéaux humanitaires et sont souvent réduites à l’état d’esclaves sexuelles. Aucune n’est jamais revenue. Arc-boutés sur ces indicateurs, les services constatent que tous les compteurs sont au rouge.

Désormais, 240 djihadistes français ont quitté la Syrie, parfois épouvantés par la rudesse des combats, les décapitations et les crucifixions auxquelles ils assistent. Présentant des signes de choc post-traumatique analogues à ceux des vétérans de la guerre du Vietnam, ces soldats perdus et écœurés sont surveillés comme le lait sur le feu.

Près de 200 djihadistes seraient revenus sur le territoire

Concernant l’état de la menace en France, le dernier bilan révèle que 190 djihadistes français sont revenus sur le territoire. Soit autant de «bombes potentielles» qu’il s’agit de désamorcer une à une, sachant que vingt policiers sont nécessaires pour assurer la surveillance des radicaux les plus dangereux. Enfin, les services estiment que 250 Français ou résidents sont en «transit vers la zone».

«Pour tenter d’échapper aux contrôles, certains partent en bus en passant par les Balkans ou la Tunisie, où ils s’arrêtent dans des camps d’Ansar al-Charia pour se dégrossir, confiait récemment un policier au Figaro. D’autres croient brouiller les cartes en prenant l’avion depuis Genève, Francfort, Barcelone ou Madrid…» Une ultime indication, et pas des moindres, vient compléter cet édifiant panorama terroriste: près de 300 radicaux français ont des velléités de départ. Or, s’accordent à dire les spécialistes, un problème majeur pourrait venir de ceux qui sont empêchés et qui, comme le redoute un policier, «risquent de fort mal le prendre». Le récent raid sanglant à Ottawa de Michael Zehaf-Bibeau, converti à la dérive se disant persécuté parce qu’on lui avait refusé un passeport, est dans tous les esprits. À 32 ans, celui qui rêvait de Syrie avait pris d’assaut le Parlement après avoir tué un soldat.

Le plan concocté par Bernard Cazeneuve, où se mêlent mesures répressives pour interdire la sortie du territoire, contrôle renforcé d’Internet et prise en charge des familles touchées, tend à tarir le robinet du volontariat radical.


La sécurité en Afrique en congrès à Dakar

Au Sénégal, le premier Forum sur la paix et la sécurité en Afrique s’est ouvert ce lundi matin. Ce rendez-vous est destiné à mobiliser le continent face au jihadisme au Sahel ou encore contrer les insurgés islamistes armés de Boko Haram au Nigeria. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian s’est rendu sur place ainsi que plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement africains.

C’est le commissaire de l’Union africaine pour la paix et la sécurité, Smain Chergui, qui a ouvert les débats ce lundi. Il a rappelé « la nécessité pour l’Afrique et les Africains de prendre en compte les enjeux sécuritaires sur le continent ». « Autrefois berceau de l’humanité, l’Afrique peut devenir la locomotive de l’économie mondiale, mais nos efforts de développement seront vains sans préservation de la sécurité dans le respect des droits de l’homme », a ajouté le commissaire.

C’est ensuite Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense qui s’est exprimé : « A ceux qui s’inquiètent de voir la France endosser le rôle de gendarme de l’Afrique ». Il a, à son tour, salué les sacrifices des soldats de l’Union africaine : « Au Soudan, en Somalie et ailleurs, c’est la voie du l’Union africaine qui s’est fait entendre ! », a martelé le ministre français. « La France prend part à cet effort pour la sécurité africaine, a-t-il dit. Mais avant tout, elle viendra appuyer ce processus d’appropriation des questions de sécurité africaine, par les Africains. La coopération doit être la règle et non plus l’exception ».

La Libye sans Kadhafi au centre des préoccupations

Le ministre français de la Défense a aussi abordé la situation qui prévaut en Libye. Il a une nouvelle fois évoqué la menace de déstabilisation venant du sud de la Libye, zone refuge des jihadistes de la zone sahélienne et source de ravitaillement pour les groupes armés. « La menace se nourrit de l’absence de frontières et de leurs porosités, le sud de la Libye en est aujourd’hui l’exemple le plus dramatique », a dit Jean-Yves Le Drian.

Il a enfin évoqué la menace liée à Boko Haram : « La question n’est plus nationale ou régionale et les attaques sur le Cameroun en apportent la réponse », a assuré Jean-Yves Le Drian. Boko Haram qui sera au cœur de ce Forum, même si finalement peu de responsables Nigérians ont fait le détour par Dakar.


Des projets d’attentats déjoués à Lille, Paris et Nice, selon la DGSI

Plusieurs projets d’attentats ont été déjouées en France ces derniers mois, révèle une note de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) citée par RTL, lundi 3 novembre.

Invité sur cette même radio, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a confirmé la teneur de ce document, affirmant que « tous les jours, les services de la sécurité intérieure démantèlent des réseaux et déjouent des actes qui pourraient être dramatiques ».

Lille. Il y a tout juste un an, un homme, Lyes Darani, était arrêté à Lille muni d’un mode d’emploi expliquant comment confectionner une bombe et d’une lettre en forme de caution religieuse pour commettre une action suicide, rapporte la radio. « Il venait de rentrer de Syrie, via le Liban, où il avait préparé une action contre des intérêts chiites. Il se renseignait sur des cibles en France en vue d’une action kamikaze », ajoute-t-elle.

Nice. Le projet le plus abouti, selon la note de la DGSI, était celui d’un homme arrêté en février sur la Côte d’Azur, en possession de TATP (pour triacetone triperoxide – « triperoxyde de tricycloacétone »), un explosif rudimentaire qui peut être fabriqué à domicile, déjà utilisé par le passé dans des attentats, comme à Marrakech en 2011.

Lors de la perquisition, les policiers en avaient découvert 900 grammes, répartis dans trois canettes de boissons énergisantes, dont l’une était entourée de vis et de clous fixés avec du scotch. Tout juste revenu de Syrie, où le gouvernement français soutient les rebelles, le jeune homme envisageait une action aussi spectaculaire que celle menée par Tamerlan Tsarnaïev au marathon de Boston le 15 avril 2013, pendant le carnaval de Nice.

Ile-de-France. Le Parisien rapporte lui aussi des informations sur un attentat déjoué. Après avoir séjourné en Syrie dans les rangs de l’Etat islamique, un jeune Français de Créteil a été arrêté alors qu’il projetait de frapper en Ile-de-France. Il s’informait sur des cibles en France en vue d’une action kamikaze. Selon le journal, l’homme « nie toutes les accusations en garde à vue, avant d’être mis en examen et écroué le 5 juillet ».

La publication de ces informations intervient alors que le projet de loi sur le renforcement de la lutte contre le terrorisme sera soumis à un ultime vote au Sénat mardi. Qualifié de « dangereux » par ses détracteurs, le texte adopté par les députés à la quasi unanimité la semaine dernière est censé juguler la menace que représente la présence de djihadistes européens en Syrie et en Irak.