Dieudonné au Dôme de Marseille devant 8 000 spectateurs

L’humoriste contesté, condamné pour incitation à la haine et tenue de propos antisémites, a présenté devant un public de 8 000 personnes ravies son nouveau spectacle, « La Guerre », ce qu’aucun de ses confrères ne réussit à faire !

Cette succession de salles combles (Dieudonné avait déjà triomphé quelques jours auparavant en région Auvergne Rhône-Alpes devant des salles pleines) énerve ses opposants, dont Manuel Valls qui exigent une culpabilisation des fans qui se rendraient au spectacle de Dieudonné, sans préciser de quelle manière il compte s’y prendre…

« Faites des photos pour Jean-Claude Gaudin, dites-lui que ça s’est bien passé et que nous sommes des gens de paix ». Dimanche dernier, Dieudonné a savouré sa revanche sur le maire de Marseille. Sur la scène du Dôme, devant une salle comble de huit mille personnes, le comique interdit de médias a eu droit à une standing ovation à l’issue de son nouveau one-man-show intitulé La Guerre.
En septembre, la mairie de Marseille avait annulé le contrat de location avec sa société de production, estimant que le spectacle était « susceptible d’engendrer des troubles à l’ordre public ». Le 13 novembre, le Conseil d’Etat a débouté la municipalité phocéenne en faisant valoir qu’une annulation porterait « une atteinte grave à la liberté d’expression ».
Une dizaine de cars de CRS étaient visibles près de l’entrée du Dôme dimanche soir mais aucune manifestation ni banderole n’ont perturbé l’entrée du public. De tous âges et de toutes origines, les spectateurs ont entonné avec Dieudonné une chansonnette à l’encontre de Jean-Claude Gaudin et applaudi à tout rompre leur idole lorsqu’il reconnaît avoir « un casier judiciaire long comme le bras ».
Atteinte grave à la liberté d’expression
Malgré (ou à cause de ?) son itinéraire, Dieudonné continue à remplir les salles contrairement à la plupart des humoristes soutenus par les médias. Le 28 octobre, il jouait à guichets fermés au Summum à Grenoble et, après Marseille, il poursuivra sa tournée dans les Zenith de Toulouse, Nantes, Montpellier, et à la patinoire de Bordeaux. Il annonce d’ores et déjà un prochain spectacle intitulé L’Emancipation, en avril 2018 à Toulon. Internet – via son site, son compte twitter et sa page Facebook – lui permet de fidéliser son public, ses « quenelliers », comme il les appelle, en référence au geste de la « quenelle  » (un bras tendu vers le bas), signe de révolte bien profonde, devenu signe politique de ralliement de ses partisans.

Dans La Guerre, les mots « juif » et « Shoah » ont disparu. Le comique de l’ombre affirme qu’il en a « marre d’être traité d’antisémite ». Un mannequin soldat et des caisses militaires en bois composent le décor. Une voix off prévient : « Nous sommes sous le feu nourri de perversions et de mensonges. L’attaque que nous subissons est désespérée. Des forces de manipulation du système jouent la carte du tout pour le tout. Restez calme et gardez votre sens de l’humour ». Dieudonné, vêtu d’un long manteau jaune à capuche pointue, arrive au son d’une musique d’église. Tel un guide spirituel, il s’installe à sa chaire.
Emmanuel Macron et Jacques Attali moqués
« Si je prie c’est pour éviter une guerre thermonucléaire généralisée, lance le polémiste qui vient de se voir signifier par la cour d’appel de Paris son expulsion du théâtre de la Main d’or. Je reviens de Corée du Nord, c’est chaud. J’ai des gosses. Ça ferait un pincement au cœur de les voir atomisés ou shootés à la kalachnikov en allant voir un spectacle au Bataclan. La guerre est devenue free style. L’Etat nous dit qu’il faut s’habituer aux attentats. On essaie mais ce n’est pas évident ».

S’étonnant qu’autant de monde soit dans une salle de spectacle en plein état d’urgence, au lieu de « stocker du riz » en attendant le « chaos », Dieudonné tacle « une société qui part en couille », où « les enfants ne font plus la différence entre le défilé du 14 juillet et celui de la Gay Pride », et un pays qui « s’est choisi un banquier comme président ». Son texte n’épargne personne. Emmanuel Macron et Jacques Attali sont conspués, et les « élites » accusées de « sacrifier » le peuple « en nous abandonnant à notre propre barbarie, seule solution pour retrouver la croissance et le plein-emploi ». Le public, représentatif de la diversité à la française, est hilare. Et en redemande…

Diversité : Une nouvelle présidente au Club XXIè Siècle

Fleur Pellerin, conseiller référendaire à la Cour des comptes, succède à Hakim El Karoui, ex-plume de Jean-Pierre Raffarin devenu banquier d’affaires chez Rothschild, comme présidente du Club XXIè Siècle, qui se veut le lieu de réunion français des “élites de la diversité”. Née en 1973, à Séoul en Corée du Sud, cette diplômée de l’Essec et de Sciences Po Paris, est issue de la promotion Averroès de l’Ena. Elle est membre du comité permanent de la Diversité de France Télévisions. Les 350 membres de XXIè Siècle sont “tous unis par une même conviction : la diversité est une chance pour la France”. Site internet : www.21eme-siecle.org