Libye: bombardement américain contre Al-Qaïda dans le sud du pays

L’attaque, survenue près de la ville d’Oubari située à 900 km au sud de Tripoli, a visé des membres de l’organisation terroriste Al-Qaïda, a annoncé dans un bref communiqué, Mohamad al-Sallak, le porte-parole du président du GNA, Fayez al-Sarraj. 

L’opération « coordonnée » avec le GNA, s’inscrit dans le cadre « de la coopération continue et le lien stratégique entre la Libye et les Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme », a ajouté M. Sallak, sans plus de détails sur les cibles visées. 

L’armée américaine mène régulièrement des frappes en Libye contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le groupe Etat islamique (EI). 

Le Pentagone a toute autorité pour mener des frappes aériennes en Libye, dans la mesure où il opère en coopération avec le gouvernement ce qui n’est pas toujours le cas. 

Depuis la renversement du Guide Mouammar Kadhafi en 2011, deux autorités se disputent le pouvoir en Libye: d’un côté, le GNA, de l’autre une autorité exerçant son pouvoir dans l’est du pays avec le soutien du maréchal Khalifa Haftar. 

Maroc : démantèlement d’une cellule terroriste liée au groupe « Etat islamique » à Essaouira

Le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), relevant de la Direction générale de surveillance du territoire national (DGST) a procédé, jeudi, au démantèlement d’une cellule terroriste affiliée à l’organisation dite « Etat islamique », composée de quatre extrémistes basés dans la ville d’Essaouira.

Cette opération a permis la saisie d’armes blanches et d’appareils électroniques, ainsi que d’un manuscrit dans lequel les membres de cette cellule prêtent allégeance au chef de « Daech » et déclarent le jihad au Maroc sous l’appellation « La wilaya de l’Etat islamique au Maghreb al-Aqsa », indique un communiqué du ministère de l’Intérieur.

Les investigations ont révélé que les suspects, qui ont prêté allégeance au prétendu calif « Abu Bakr Al Baghdadi », ont planifié l’exécution d’attaques terroristes d’envergure visant des installations sensibles et des sites touristiques d’Essaouira. Les membres de cette cellule terroriste ont projeté, en réponse aux appels incitatifs de cette organisation terroriste, d’élargir le champ de leurs opérations terroristes à d’autres villes du Royaume.

Les suspects seront déférés à la justice une fois achevée l’enquête menée sous la supervision du parquet général, relevant que cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour contrer les menaces terroristes qui visent la sécurité et la stabilité du Royaume.

Attentats de Paris: Le Maroc a permis de localiser Abaaoud (El Khayam)

Les services marocains ont communiqué, à temps, à leurs homologues français des renseignements très opérationnels dans le cadre de l’enquête sur les attentats meurtriers du 13 novembre à Paris. « L’une de ces informations a permis de remonter jusqu’au logement d’Abdelhamid Abaaoud, la plaque tournante des attaques », a affirmé le Directeur du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), Abdelhak El Khayam.

 

« Nous avons communiqué, à temps, des informations à nos homologues français car nous jugions ces renseignements très opérationnels sur certains auteurs desdits attentats », a souligné M. El Khayam dans entretien publié mercredi par le quotidien français « Le Figaro », précisant que « l’une de ces informations a permis de remonter jusqu’au logement d’Abdelhamid Abaaoud, la plaque tournante des attaques ».

 

Il a également souligné que la coopération avec les services occidentaux est aussi excellente qu’ancienne car le terrorisme est « notre ennemi commun », faisant savoir que depuis toujours, les services de sécurité marocains ont fourni à leurs partenaires étrangers des renseignements hautement opérationnels ayant permis la destruction de camps d’entraînement comme celui de Khalden en Afghanistan, détruit en 2011 par l’aviation américaine, et la détection de projets terroristes ayant visé des sites sensibles dans certains pays européens tels la basilique de Bologne ou le siège d’un service de police à Paris, ainsi que la saisie de lots d’armes notamment en France et en Belgique.

 

« Le terrorisme n’a pas de nationalité, ni de frontières. Il est l’ennemi de tous », a dit M. El Khayam, ajoutant que le nombre de Marocains qui sont partis en Syrie pour rejoindre Daesh s’élève à 1.500, notant qu’ils « sont, pour nous, tous des terroristes et font l’objet de mesures de recherche et d’interception s’ils retournent au Maroc ».

 

Il a rappelé que la loi antiterroriste punit de 5 à 10 ans de prison les actes ou les tentatives de ralliement d’un foyer de tension où sévissent des organisations terroristes. « La stratégie de notre pays est l’anticipation », a-t-il dit, ajoutant que depuis le déclenchement de la crise syrienne, les services de sécurité marocains ont procédé au démantèlement de 29 structures liées à cette zone de guerre sur fond d’arrestation de plus de 200 individus, porteurs de projets malveillants, conformément à l’agenda d’Abou Bakr al-Baghdadi.

 

« Mis au défi par le danger terroriste, le Royaume s’est inscrit dans une dynamique sécuritaire pour contrer la menace incarnée par al-Qaida et ses groupes franchisés, et aujourd’hui Daech », a expliqué le patron du BCIJ, précisant que depuis 2002 l’action d’anticipation a permis la neutralisation de 150 structures terroristes, dont plus d’une cinquantaine liées aux différents foyers de tension, notamment la zone afghano-pakistanaise, l’Irak, la Syrie et le Sahel.

 

Le Maroc a aussi renforcé son arsenal antiterroriste avec notamment l’inauguration, en mars 2015, du BCIJ, qui constitue une interface judiciaire de la Direction générale de surveillance du territoire (DGST), dont l’action, qui s’effectue dans le strict respect des droits de l’homme, vise à assurer la sécurité des citoyens, a dit M. El Khayam, rappelant que depuis sa création, ce bureau a démantelé 23 cellules terroristes, ayant à leur actif des projets malveillants visant des intérêts nationaux et occidentaux, ainsi que le recrutement et l’acheminement de combattants au profit des groupes armés en Syrie et en Irak, dont notamment Daech.

 

La dernière cellule, mise hors d’état de nuire en janvier 2016, envisageait aussi de rallier la Syrie, avant d’opter pour la Libye en guise d’alternative pour intégrer la branche de l’Etat islamique dans ce pays, dès lors que le périple pour rallier ce dernier foyer de tension s’avère moins risqué et moins coûteux, a-t-il indiqué.

 

 

Interrogé sur la situation en Libye, M. El Khayam a affirmé que cette dernière constitue un terrain par excellence pour les djihadistes de la région, car Daech a pris le contrôle de points importants et constitue une menace pour la région maghrébine et pour les pays du pourtour méditerranéen.

 

Par rapport à la Syrie, la Libye connaît la présence de cas isolés de combattants marocains dont la première vague avait rallié les rangs des islamistes d’Ansar al-Charia dans ce pays, avant de rejoindre les rangs d’Aqmi, a-t-il fait savoir, précisant que d’autres ont été influencés par les thèses de l’Etat islamique en Libye.

 

« Le Maroc prend au sérieux le cas de ces combattants dès lors qu’ils sont très bien entraînés et scrutent l’opportunité de revenir au Royaume pour y sévir en tant que conquérants », a affirmé le directeur du BCIJ.

 

 

Source Atlasinfo


Terrorisme : la France est « l’ennemi absolu » de Daesh, du fait de la multiplication de ses interventions militaires

L’ancien juge du pôle antiterroriste de Paris, Marc Trévidic, livre dans Paris Match une analyse glaçante de la sécurité de la France. Selon lui, jamais le pays n’a été autant menacé par les terroristes et les Français vont devoir « s’habituer à la réalité des attentats ». « La menace est à un niveau maximal, jamais atteint jusqu’alors ». Le constat de Marc Trévidic est clair. La France n’a jamais été à ce point une cible pour les terroristes. Les attentats du mois de janvier n’étaient que les prémisses d’un avenir sombre, selon l’ancien juge du pôle antiterroriste de Paris, qui dresse un bilan de la lutte contre Daesh dans les colonnes de Paris Match.

Pour l’actuel président du tribunal de grande instance de Lille, Paris est devenu « l’ennemi numéro 1 » pour l’Etat islamique, « indubitablement l’ennemi absolu », renchérit-il. Et ce pour plusieurs raisons. La France est fragile du fait de sa position géographique, où il est à la fois facile « d’entrer sur le territoire », mais aussi pour la multiplication de ses interventions militaires, que ce soit au Mali, en Irak et désormais en Syrie.

« Prix Goncourt du terrorisme »

Cible privilégiée de l’Etat islamique, notre pays ferait face à une double menace, à la fois d’individus isolés, sans grande formation à la manière d’un Merah ou des frères Kouachi, mais aussi d’une armée formée et armée par l’Etat islamique, qui peut projeter des attaques d’ampleur. Pis, « il reste ‘le prix Goncourt’ du terrorisme » à remettre, selon Marc Trévidic, qui prévoit un attentat de la même ampleur que le World Trade Center le 11 septembre 2001, mais sur le sol français.

Face à cette menace d’ampleur, la lutte antiterroriste manque de moyens, martèle le magistrat: « Notre dispositif de lutte antiterroriste est devenu perméable ». Le système français serait devenu incapable de prévoir ce type d’événement. « On frise l’indigence à l’heure où la menace n’a jamais été aussi forte », déplore Marc Trévidic, qui décrit des enquêteurs qui peuvent juste faire « le strict minimum » dans les enquêtes, sans en assurer le suivi.

« Un commando de dix Merah »

Sa seule satisfaction est d’avoir démantelé l’an dernier « un réseau de jihadistes très dangereux qui voulait créer un commando de dix ‘Merah‘ », raconte-t-il à l’hebdomadaire. Revenant sur les attentats de janvier, selon son analyse, ces événements auraient pu être encore plus importants si l’un des frères Kouachi n’avait pas perdu ses papiers d’identité, permettant aux enquêteurs de remonter leurs traces.

Dans ce climat actuel, l’ancien responsable du pôle antiterroriste de Paris est pessimiste. Sans moyens supplémentaires et ce, malgré le déploiement de l’opération Sentinelle sur le sol français, les terroristes attaqueront la France. « Ces dispositifs protègent certains endroits, rassurent la population », analyse-t-il. « Mais en fait, ils déplacent la menace. Si cela paraît trop compliqué de s’en prendre à un objectif sous surveillance, [les terroristes] en trouveront un autre ». Marc Trévidic conclut: « Les Français vont devoir s’habituer non à la menace des attentats, mais à la réalité des attentats, qui vont à mes yeux immanquablement survenir ».


Des recruteurs présumés de l’EI arrêtés en Espagne et au Maroc

  • L’Espagne et le Maroc ont arrêté conjointement 14 personnes aujourd’hui, suspectées de recruter pour l’Etat islamique en Syrie et en Irak, selon des déclarations du ministère de l’Interieur espagnol. Les arrestations, menées conjointement par le Maroc et l’Espagne, ont été réalisées dans la banlieue de Mardid et dans diverses régions du Maroc.

 

Des agents des services de renseignement – du Commissariat général d’information de la police espagnole et de la Direction générale de la surveillance du territoire marocaine – «ont arrêté aujourd’hui 14 personnes dans les localités de San Martin de la Vega (communauté de Madrid) en Espagne et à Fez, Casablanca, Nador, Al Hoceima et Driouech au Maroc», a précisé le ministère. Selon son communiqué, «les personnes interpellées appartenaient à un réseau de recrutement et d’envoi de combattants étrangers destinés à rejoindre les rangs de l’organisation terroriste Daesh» dans la région syro-irakienne sous son contrôle.

 

«L’opération se poursuit», a indiqué le ministère ce matin, sans donner plus de détails. L’EI a lancé en juin 2014 une offensive fulgurante au nord de Bagdad, s’emparant de larges pans du territoire irakien, comme dans la Syrie voisine où il a tiré profit de la guerre civile soutenue par les Occidentaux.

Libye: Daesh a pris le contrôle de l’aéroport international de Syrte

Le groupe Etat islamique (EI) poursuit sa conquête de la Libye. Il a pris le contrôle de l’aéroport de la ville libyenne de Syrte après le retrait jeudi soir des combattants de la coalition des milices de Fajr Libya, ont indiqué, vendredi, un responsable et l’organisation jihadiste. La base aérienne d’Al-Qardabiya, où se trouve l’aéroport international de Syrte, devient le premier aéroport pris par l’EI depuis que le groupe ultra-radical, est actif en Libye où différentes milices se battent pour affirmer leur contrôle des insitutions. De là, il peut menacer les côtes sud de l’Europe.

A Syrte, la base «est tombée aux mains de l’organisation EI», a déclaré Mohammed Al-Chami, un responsable proche de Far Libya. L’EI a également annoncé dans un message avoir pris le contrôle de l’aéroport. D’après Mohammed Chami, les jihadistes avaient profité d’une opération de redéploiement des troupes qui étaient chargées de protéger le secteur pour s’y infiltrer et occuper les lieux. La base a été entièrement évacuée par les troupes liées à Fajr Libya.

Les milices font la loi

L’EI contrôle depuis février de larges zones dans la région de Syrte, notamment la localité de Noufliyeh, devenue son fief local. Fajr Libya, qui a pris le contrôle de Tripoli en août 2014, avait chargé un gros bataillon afin de défendre et sécuriser Syrte, ville côtière située à 450 km à l’est de la capitale libyenne. Daech a indiqué, pour sa part, sur Twitter que «des violents combats l’avaient opposé à des troupes liées à Fajr Libya dans tous les secteurs de Syrte» et confirmé la prise de la base aérienne d’Al-Qardabiya.