Paris aurait tué 164 civils syriens dans un raid raté après l’attentat de Nice

Selon la Syrie, la France aurait tué 164 civils dans un raid mené après l’attaque terroriste de Nice. La diplomatie syrienne déplore un manque de communication entre les autorités syriennes et les forces de la coalition menée par les Etats-Unis.

Selon le représentant syrien auprès de l’Onu, Bachar Al-Jaafari, les forces aériennes françaises ont frappé le village de Toukhan al-Koubra dans le nord du pays, en représailles à l’attentat terroriste du 14 juillet dernier à Nice, mais les combattants de Daech avaient auparavant quitté la localité.

Le bombardement demandé dans la précipitation par le président Hollande a causé la mort de 164 civils, soit près de deux fois le nombre de victimes de la Promenade des Anglais, à Nice.

Le diplomate syrien a mis cet incident sur le compte du manque de communication entre les autorités syriennes et les forces de la coalition menée par les Etats-Unis au sein de laquelle la France est un membre actif. Selon lui, une meilleure coordination aurait pu permettre d’éviter ce genre de drame.

L’agence Sputnik a interrogé le député du Parti socialiste et président du groupe d’amitié France-Syrie, Gérard Bapt, sur la question de savoir si la coalition allait changer sa ligne politique après la mort de ces civils.

« Je pense d’abord qu’il s’agit d’un drame épouvantable et il faut exprimer toute notre compassion aux familles qui ont été ainsi victimes de dégâts collatéraux« , a déclaré M.Bapt.

En ce qui concerne le bombardement de la coalition, il faut, selon lui, multiplier les efforts pour éviter ces dégâts collatéraux.

« Je crois qu’il serait temps que les échanges d’informations ne se fassent plus par intermédiaire semble-t-il américain, entre Syriens et Américains, mais que la coalition occidentale travaille désormais en coopération avec les autres adversaires qui luttent contre Daech et al-Nosra et je pense bien entendu à l’armée syrienne, aux éléments iraniens, ainsi qu’à l’armée russe« , a fait remarquer le député français

La coalition internationale contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a ouvert une « enquête formelle » pour déterminer si ces frappes la semaine dernière près de Manbij, nord de la Syrie, ont causé des victimes civiles, a indiqué mardi un porte-parole de la coalition.

Le principal groupe d’opposition syrien avait appelé la coalition à suspendre ses bombardements après ces frappes, qui ont fait plusieurs dizaines de morts civils selon des sources locales.

 

Une ONG politique détaille la vie des Libyens de Syrte sous la férule de l’EI

L’enfer au bord de la Méditerranée. L’ONG Human Rights Watch vient de publier un rapport sur la situation des Libyens vivant sous la férule de l’État islamique dans la région de Syrte, un port méditerranéen du Nord du pays, aux mains de Daech depuis fin 2014. «Nous avons l’impression d’être maudits» est titré le rapport, reprenant l’expression d’un habitant.

Commencée fin 2014, l’infiltration de djihadistes de l’État islamique s’est achevée par le contrôle total de la ville d’origine de Mouammar Khadafi en juin 2015. Aujourd’hui, la branche libyenne de l’EI contrôle 200 kilomètres de côte, situés à 500 kilomètres à vol d’oiseau du sud de l’Europe. L’organisation terroriste s’est emparée du port, de la base aérienne, des centres de pouvoir, et des bureaux du gouvernement. Toutes les banques ont été fermées sauf une, qu’il contrôle entièrement.

Selon l’ONG, les combattants de l’État islamique en Libye sont 1800 à Syrte et 3000 dans tout le pays. Dans la zone qu’il contrôle, Daech enrôle des soldats dès l’âge de 16 ans, selon plusieurs sources citées par le rapport. Si de nombreux djihadistes sont Libyens, le pouvoir est entre les mains de combattants étrangers, Syriens, mais aussi Saoudiens, Égyptiens, et Soudanais. Le plus gros contingent de djihadistes étrangers provient de la Tunisie voisine. La frontière entre les deux pays reste poreuse malgré le renforcement récent de 200 kilomètres de clôture de sable par les Tunisiens.

Pour établir ce compte-rendu effrayant, Human Rights Watch s’est fondé sur 45 témoignages d’habitants de Syrte, pour la plupart réfugiés à Misrata. Les deux tiers des 80.000 habitants auraient en effet fui la ville. A travers divers récits recoupés, on découvre l’horreur de la vie quotidienne sous la dictature islamiste. «La vie à Syrte est insupportable. Tout le monde vit dans la peur. Ils tuent des gens innocents. Il n’y a plus de magasins, l’hôpital n’a plus ni médecins ni infirmières, il n’y a plus de médecine. Il y a des espions à chaque coin de rue. La plupart des gens ont fui, mais nous sommes bloqués. Nous n’avons pas assez d’argent pour partir» raconte ainsi Alham, 30 ans.

Une «charte» islamique en 13 points a été proclamée dans la ville, qui oblige notamment les femmes à être voilées et interdit toute vente d’alcool ou de tabac. La Hisba (police des mœurs) quadrille les rues de la ville, traquant les hommes en train de fumer, d’écouter de la musique ou les femmes sans abayas (longues robes cachant leurs formes). Il n’y a plus d’école depuis la fin de 2015, l’EI ayant interdit l’enseignement du droit et de l’histoire, pour le remplacer par la charia.

«L’ultime étape de la révolution se passait à Syrte. Nous étions plein d’espoir. Mais petit à petit Daech a pris les commandes.

Maintenant nous avons l’impression d’être maudits.» Ali, un habitant de Syrte

Les exécutions ont lieu sur la place publique, en plein cœur de la ville, et les habitants sont poussés, pour en pas dire obligés, à regarder. Daech a décapité au moins deux personnes à l’épée. Les espions présumés sont eux abattus d’une balle dans la tête, avant d’être suspendus à la vue de tous pendant deux ou trois jours dans une pose de crucifixion. Avant l’exécution, les djihadistes habillent leurs victimes d’un pyjama orange, pratique mise en œuvre par Daech en référence aux prisonniers de la prison américaine de Guantanamo. Selon les comptes de l’ONG, Daech a exécuté en tout au moins 49 personnes dans la ville de février 2015 à février 2016. Les deux personnes décapitées l’ont été pour «sorcellerie».

Cinq ans après la chute du Guide, beaucoup d’habitants sont désespérés de trouver une issue pacifique à la situation chaotique de leur pays. Ali, qui s’était dressé contre Kadhafi en 2011 témoigne de sa désillusion: «L’ultime étape de la révolution se passait à Syrte. Nous étions plein d’espoir. Mais petit à petit Daech a pris les commandes. Maintenant nous avons l’impression d’être maudits.»

En préparation depuis plusieurs mois, une intervention internationale contre Daech en Libye bute encore sur la constitution d’un gouvernement d’union nationale.

Libye : l’envoyé de l’ONU s’inquiète d’attaques récentes de Daech contre des installations pétrolières

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye, Martin Kobler (photo), s’est dit mercredi profondément préoccupé par les récentes incursions de Daech dans le « croissant pétrolier libyen » et les assauts menés par le groupe terroriste contre des installations pétrolières de la zone côtière, dans le nord du pays.

« Les attaques [de Daech] et son intention de contrôler des zones stratégiques vitales constituent une grave menace pour les installations pétrolières de la Libye », a déclaré M. Kobler dans un communiqué de presse, soulignant que ces attaques visent non seulement le cœur de l’économie nationale de la Libye, mais aussi les moyens de subsistance de millions de Libyens, dont beaucoup sont déjà en difficulté en raison du conflit en cours.

Prenant note de la déclaration du Conseil de la présidence de la Libye, du 24 avril dernier, le Représentant spécial, qui est également chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), s’est joint aux appels de ce Conseil à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les champs pétroliers et leurs installations.

« Je demande à tous les acteurs sécuritaires de respecter l’autorité du Conseil de la présidence s’agissant des ressources naturelles de la Libye », a appelé le chef de la MANUL.

En outre, M. Kobler a rappelé à toutes les parties libyennes la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies 2278, adoptée le 31 mars 2016, qui condamne les tentatives d’exportation illégale de pétrole brut libyen, y compris par des institutions parallèles n’agissant pas sous l’autorité du gouvernement d’entente nationale.

Cette résolution, a-t-il dit, souligne également la responsabilité du gouvernement d’entente nationale concernant la prise de mesures appropriées pour empêcher l’exportation illicite de pétrole brut en provenance de Libye.

Dans un second communiqué de presse, publié également mercredi, M. Kobler a condamné le meurtre de trois Libyens et 12 ressortissants égyptiens dans une série d’incidents à Bani Walid, les 26 et 27 avril.

« Je déplore vivement ces terribles tueries et demande à ceux qui ont autorité sur le terrain à Bani Walid de veiller à ce que des enquêtes soient menées sur ces incidents et de faire en sorte que des meurtres supplémentaires n’aient pas lieu », a-t-il déclaré.


La stabilité plutôt que la démocratie pour les jeunes Arabes

La montée en puissance du groupe Etat islamique (EI) est perçue comme le principal défi par les jeunes du monde arabe, qui jugent aussi que la stabilité de leurs pays est plus importante que la démocratie, selon les résultats d’un sondage publiés mardi.

Alors que trois jeunes Arabes sur quatre se disent « préoccupés par la montée de Daech » (acronyme arabe de l’EI), « seul un sur six croit que le groupe terroriste finira par réussir » dans son projet d’installer un « califat » viable, ajoute cette étude.

Le sondage a été réalisé du 11 janvier au 22 février par Penn Schoen Berland, un institut d’études d’opinions basé aux Etats-Unis, auprès de 3.500 Arabes de 18 à 24 ans (entretien face à face) dans les six monarchies du Golfe et 10 autres pays arabes, dont l’Egypte, l’Irak, le Yémen, la Libye et la Tunisie.

Selon l’enquête, un quart des sondés croient que le chômage est « la principale » raison conduisant les jeunes à rejoindre l’EI qui, fort de dizaines de milliers de combattants, sévit en Syrie et en Irak, ainsi que dans d’autres pays comme la Libye et le Yémen.

Cinq ans après le début du Printemps arabe, la plupart des jeunes sondés jugent que la stabilité de leurs pays doit prévaloir sur la quête de réformes démocratiques, mise en avant par leurs soutiens occidentaux lors des soulèvements dans plusieurs pays arabes.

« La majorité des jeunes Arabes (53%) conviennent que la promotion de la stabilité dans la région est plus importante que la promotion de la démocratie (28%) », indique le sondage, ajoutant que les deux tiers des sondés exhortent cependant leurs dirigeants à améliorer les libertés individuelles et les droits de l’homme. Il serait intéressant de connaître l’opinion des jeunes Européens qui ne devrait pas être loin de celle des jeunes Arabes.

« En 2016, seuls 36% des jeunes Arabes pensent que le monde arabe se porte mieux après les soulèvements, contre 72% en 2012, au moment fort de l’agitation », indiquent les auteurs de l’étude.

En outre, 47% des jeunes Arabes croient que les relations entre la majorité sunnite et la minorité chiite dans le monde arabe « se sont détériorées au cours des cinq dernières années ».

Source AFP

L’armée française opère « secrètement » contre Daech en Libye

  • La France interviendrait militairement, en toute discrétion, en Libye pour lutter contre les djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI). Selon Le Monde, François Hollande a ordonné diverses opérations clandestines en Libye afin de freiner la montée en puissance de l’organisation Etat islamique (EI). La France exclut, pour l’heure, toute intervention officielle et revendiquée.

L’intervention militaire en Libye sous Nicolas Sarkozy a commencé comme celle de François Hollande: par la clandestinité. Dans une longue enquête publiée ce mercredi, Le Monde raconte que la France mène des opérations militaires « secrètes » dans ce pays du Maghreb, en proie à une instabilité qui profite à l’organisation Etat islamique (EI). Et l’urgence à agir est la suivante: depuis plusieurs mois, les djihadistes gagnent du terrain, comme l’illustre notamment la prise de Syrte.

Là où l’ancien président a fini par mener une guerre ouverte contre l’ancien guide Khadafi, l’actuel, échaudé, opterait pour la discrétion histoire de s’épargner un front potentiellement long et difficile et dont les conséquences seraient imprévisibles. D’autant que les autorités libyennes refusent, pour l’heure, toute intervention officielle d’une coalition occidentale, comme c’est le cas en Irak.

La doctrine du hit and run

Le quotidien explique la stratégie française: des agents du service action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE/ renseignements extérieurs) sont disséminés sur le sol libyen incognito, remontent des informations puis des frappes ciblées sont ordonnées par Paris après en avoir référé aux Etats-Unis qui mènent la Coalition, déjà impliqués dans la lutte antiterroriste en Syrie et en Irak. Le 19 février, un raid aérien américain, qui aurait prévenu la France, a ainsi été mené sur un camp d’entraînement de l’EI. Une quarantaine de personnes ont été tuées. Parmi eux, vraisemblablement un haut cadre tunisien de l’organisation, à l’origine des attentats de Sousse et du Bardo en Tunisie.

Toujours selon Le Monde, l’élimination du chef de Daech en Libye en novembre dernier, là encore dans une frappe américaine, a été permise grâce à un renseignement français. Cette stratégie s’appellerait « hit and run » (littéralement « frappe et fuis »), que l’on pourrait comparer à une forme de guerre discrète. Certains diraient du terrorisme… En plus des agents de la DGSE, des forces spéciales françaises évolueraient également sur le territoire libyen.

Vers une intervention navale?

A en croire le quotidien, la France serait aussi « présente dans le ciel libyen », mais le ministère de la Défense refuse de détailler dans quelle mesure l’armée française se préparerait aussi à intervenir sur mer étant donné que l’EI est implanté sur les côtes libyennes. Une première.

Toutefois, plusieurs spécialistes émettent des réserves sur cette orientation militaire. « Cela fait des années que Washington mène des frappes ponctuelles contre Al-Qaïda au Yémen et au Pakistan. On voit que cela n’a rien donné », estime, par exemple, Mattia Toaldo, spécialiste de la Libye, dans une interview à L’Express. Selon l’analyste, seule une réponse politique pourrait redonner de l’air au pays.


Libye: les jihadistes tunisiens visés par le bombardement américain

 

Tôt vendredi 19 février, les Etats-Unis ont mené un raid aérien en Libye. Selon un bilan provisoire, une quarantaine de personnes ont été tuées, et des dizaines blessés, dont une majorité de jihadistes tunisiens. C’est un camp de l’organisation Etat islamique, près de la ville de Sabratha, à 70 km de Tripoli, qui était ciblé. Selon Washington, ce camp abritait notamment le cerveau des attentats du Bardo et de Sousse, en Tunisie, dans lesquels 60 touristes européens ont été tués l’an dernier.

Très tôt ce vendredi, une frappe aérienne a totalement détruit sa cible, une maison près de Sabratha, laissant derrière elle un vaste cratère. D’abord inconnue, l’origine de ce raid a rapidement été révélée dans la matinée par le quotidien américain The New York Times : il s’agit d’une frappe américaine qui visait un cadre tunisien du groupe Etat islamique en Libye : Nourredine Chouchane.

Ce jihadiste était considéré par Washington comme le planificateur des attentats du Bardo en mars et de Sousse en juin 2015, dans lesquels 60 touristes européens ont été tués. RFI avait déjà révélé que les deux auteurs tunisiens de ces attentats avaient été formés dans ce camp, situé à l’extérieur de Sabratha, à 70 km à l’ouest de Tripoli. Selon Washington, Nourredine Chouchane facilitait l’envoi de nouvelles recrues tunisiennes vers la branche libyenne de l’EI. Une filiale du groupe irakien dans laquelle les Tunisiens forment le contingent étranger le plus nombreux, entre 1 000 et 1 500 selon l’ONU sur 5 000.

D’autres attentats

Pour le porte-parole du département de la Défense, Peter Cook, Washington craignait qu’il ne prépare d’autres attentats en Europe ou en Afrique du Nord : « Nous avons décidé de frapper après avoir déterminé que Chouchane et les autres combattants dans ce camp préparaient des attaques extérieures contre des intérêts américains et occidentaux dans la région. »

« L’élimination de ce facilitateur expérimenté » et la destruction de ce camp « auront un impact immédiat sur les capacités de recrutement de l’EI en Libye » indique encore Washington. Le camp ciblé par les Américains avait été fondé en 2013, par d’autres Tunisiens devenus depuis des membres importants de l’organisation Etat islamique en Libye, mais aussi en Syrie. Selon la municipalité de Sabratha, parmi la quarantaine de personnes tuées dans ce bombardement américain, presque toutes seraient des jihadistes tunisiens et quelques Algériens. Deux otages serbes auraient été également tués.

Quatrième intervention

Il s’agit de la quatrième intervention armée non clandestine américaine contre des jihadistes en Libye depuis 2013. La dernière, en novembre dernier à Derna, avait coûté la vie à un autre cadre du groupe Etat islamique, l’Irakien Abu Nabil. La situation en Libye est un sujet de préoccupation pour les Occidentaux qui y ont semé le chaos en soutenant les insurgés. Ils sont partagés entre leur réticence à lancer des opérations militaires d’ampleur et la crainte de voir s’étendre la zone d’influence du groupe Etat islamique.

Ces derniers jours, le président américain Barack Obama a clairement indiqué que les Etats-Unis pourraient traquer l’organisation jihadiste partout où elle s’installe. Selon la presse américaine, les forces spéciales américaines et britanniques ont récemment accru leurs missions de reconnaissance clandestine en Libye avec pour objectif l’identification des cibles de frappes aériennes.

La Libye condamne

D’autre part, le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale a condamné samedi ce raid aérien américain mené la veille contre des jihadistes à l’ouest de Tripoli, estimant qu’il s’agissait d’une violation de la souveraineté de la Libye.

Libye : Daech attaque une zone pétrolière

Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a mené lundi deux attaques à proximité d’importantes installations pétrolières en Libye, dans les villes d’al-Sedra et de Ras Lanouf (nord), a indiqué à l’AFP un membre des forces libyennes.

 

« Nous avons été attaqués ce matin par un convoi d’une dizaine de véhicules armés de l’EI » à al-Sedra et Ras Lanouf, a déclaré à l’AFP par téléphone un colonel des forces loyales au gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale, Bachir Boudhfira, précisant que les assaillants avaient été repoussés et que deux soldats étaient morts dans l’attaque.


Tunisie: interpellation de 7 femmes cyber-terroristes de Daech

Les services de sécurité tunisiens ont arrêté sept femmes cyber-terroristes, soupçonnées d’avoir joué un rôle central dans la propagande pro-Daech en Tunisie, a annoncé le ministère de l’Intérieur.

Les prévenues s’acquittaient d’une importante part du travail du secteur communication du groupe Jund Al-Khilafa, branche locale de l’organisation Daech, sous la houlette d’un dirigeant terroriste connu des services de sécurité et activement recherché, a indiqué le ministère dans un communiqué.

Les sept femmes, qui se prévalent des idées takfiristes, ont reconnu avoir incité au terrorisme et fait l’apologie des attentats terroristes sur les réseaux sociaux, notamment celles perpétrées sur le territoire tunisien.

Elles ont aussi avoué entretenir des liens avec des personnes parties dans des zones de guerre, notamment en Syrie et en Irak, a ajouté la même source.

Les autorités tunisiennes annoncent régulièrement des arrestations dans les rangs des groupes terroristes, dont certaines ont permis l’avortement de plans criminels d’envergure dans plusieurs villes.

Outre les attaques contre les différents corps sécuritaires et les populations civiles dans les zones montagneuses, la Tunisie a été frappée de plein fouet par deux opérations terroristes sanguinaires, avec l’attentat du musée Bardo à Tunis, le 18 mars dernier, et le carnage commis dans un hôtel de la station balnéaire El Kantaoui à Sousse, le 26 juin.


Le Maroc affirme avoir déjoué un attentat

Le ministère marocain de l’Intérieur affirme avoir déjoué samedi « un plan terroriste visant à porter une grave atteinte à la sécurité du Royaume ». Une cellule terroriste a ainsi été démantelée par les autorités. Celle-ci était composée de cinq membres s’activant dans les villes de Beni Mellal, de Sidi Allal Bahraoui et de Tinzouline. Ces membres adoptent la ligne sanguinaire de l’organisation terroriste dite État islamique, précise le communiqué du ministère.

Trois individus de cette cellule ont été arrêtés à Essaouira. Quatre pistolets automatiques, un pistolet mitrailleur, 7 bombes lacrymogènes, trois bâtons électriques en plus d’une importante quantité de munitions et de matières suspectes pouvant être utilisées dans la fabrication d’explosifs outre des armes blanches ont été saisies à cette occasion. Les membres de cette cellule terroriste avaient planifié de commettre des actes de sabotage ciblés dans le Royaume avant de rejoindre les camps de Daech dans la zone syro-irakienne.


L’homme d’affaires juif qui rachète des esclaves de Daech serait-il un escroc?

  • La polémique enfle autour de Steve Maman, l’homme d’affaires qui prétend avoir aidé à la libération d’esclaves sexuelles détenues par Daech. Comme de nombreux autres médias, Le Figaro lui avait consacré un article le mois dernier. Ce Montréalais affirmait avoir libéré près de 130 femmes et enfants issues des minorités yazidies et chrétiennes, grâce à sa fortune personnelle puis, par le biais d’une fondation qu’il avait créée en juin dernier: le CYCI (Liberation of Christian and Yazidi Children of Iraq). Il avait dans la foulée lancé un appel aux dons pour poursuivre ses opérations de sauvetage.

Déjà critiquée par des universitaires et des spécialistes du terrorisme au moment de la médiatisation de son initiative, d’autres voix se sont élevées depuis deux semaines pour remettre en causes ses activités de sauvetage. Dans une lettre publiée le 26 août sur le site d’informations Vice News, une vingtaines de personnes parmi lesquelles des représentants de la communauté yazidie et des travailleurs humanitaires ont demandé à l’homme d’affaires de fournir des preuves.

«Personne ne le connaît»

Ces derniers émettent de nombreux doutes quant à la véracité de son action. Notamment sur le fait que ce père de famille puisse sauver des femmes chrétiennes des griffes de Daech. En effet, aucune femme chrétienne n’est actuellement esclave sexuelle du groupe terroriste, relèvent-ils, seule la communauté yazidie étant concernée. «En conséquence, il est difficile de savoir comment M. Maman peut prétendre sauver ces femmes». Ils se montrent également perplexes quant à l’ampleur de ces sauvetages. «Il y a plusieurs semaines, quand son site web disait avoir recueilli 80.000 dollars, le nombre de “femmes et enfants” secourus s’élevait à 102. Le nombre élevé de libérations pour une somme si faible semblait douteux», écrivent encore les signataires, dont le chef spirituel de la communauté yazidie Babasheikh Kherto Ismael.

Interrogée par le site d’informations canadien La Presse, une des signataires fonde également ses doutes sur le fait que personne ne semble avoir entendu parler de l’homme d’affaires sur place. «Je vis à Dohuk, où sont situés tous les camps où vivent les yazidis. Nous avons fait le tour et demandé si Steve Maman était venu en aide à quelqu’un. Personne ne le connaît», a expliqué l’ancienne députée au Parlement irakien Ameena Saeed Hasan.

Menaces de poursuites judiciaires

Pour mener à bien son projet, l’entrepreneur canadien disait s’appuyer sur une équipe basée en Irak, en partie composée de négociateurs d’otages. Ces derniers étaient, selon lui, en contact avec «des intermédiaires, à l’intérieur du “Califat”» et faisaient en sorte «de libérer femmes et enfants». «Ils négocient directement avec les combattants de Daech et les civils qui détiennent les esclaves sexuelles», déclarait-il, affirmant qu’une libération coûtait entre 2000 et 3000 dollars.

Dès lors, les signataires de cette lettre ouverte ont demandé que les dons soient suspendus, tant que Steve Maman n’aura pas fourni de preuves suffisantes. En l’absence de réponse, il demanderont aux autorités canadiennes d’enquêter. En face, Steve Maman a vivement réagi à ces critiques. Campé sur ses positions, celui-ci a dans un premier temps émis des doutes sur l’authenticité de la lettre et menacé, par l’entremise de son avocat, de poursuivre les signataires qui continueraient de s’exprimer publiquement sur ses activités, comme l’indique encore La Presse.

« Un coup politique »

Dans un message posté sur Facebook, il a expliqué qu’il ne pourrait pas fournir de preuves, celles-ci pouvant «compromettre» l’opération. «Parce qu’identifier les victimes revient à identifier les courtiers», écrit-il. Au Figaro, l’homme d’affaires avait fourni des photos et des vidéos montrant des femmes et des enfants en train de remplir des documents indiquant qu’ils avaient été libérés par la fondation CYCI. Il était toutefois impossible de vérifier leur identité et leur nationalité. Interrogé par Montreal Gazette, Steve Maman a expliqué qu’il ne pouvait divulguer de plus amples informations, par respect pour les victimes. Quant aux signataires de la lettre, il évoque «un coup politique» et parle de «corruption».

Mais la controverse ne s’arrête pas là. La Fondation pour le secours et la réconciliation au Moyen-Orient (FRRME), dirigée le par révérend Canon Andrew White, a également pris ses distances. Alors que Steve Maman nous avait affirmé que le révérend l’avait aidé à constituer une équipe de négociateurs sur le terrain, un communiqué publié ce lundi semble indiquer le contraire: «Steve Maman est une connaissance personnelle de Canon Andrew White, qui soutient les objectifs du CYCI. Cependant la FRRME ne collabore pas avec le CYCI, autant financièrement que de façon pratique. Jusqu’à présent, aucune aide matérielle n’a été apportée au CYCI et nous n’avons aucune intention de leur procurer de l’aide matérielle à l’avenir». Sur Facebook, la famille Maman tente de se défendre: «Nous ne sommes pas, et nous n’avons jamais prétendu, être affiliés à la FRRME (…) mais nous avons son soutien».

Une plainte déposée

Au Canada, l’initiative fait aussi grincer des dents. La Fondation RINJ (Rape is no joke), opposée aux méthodes de l’entrepreneur, affirme avoir déposé plainte auprès de la Gendarmerie royale du Canada. «Ils sont probablement enthousiastes et bien intentionnés, mais ça doit cesser, a déclaré son directeur Micheal O’Brien dans La Presse. Nous parlons à beaucoup de monde sur le terrain, et ce que nous apprenons, c’est que les courtiers sont frénétiques. Ils savent qu’il y a beaucoup d’argent à faire. Ils veulent tous leur part du gâteau». Une enquête a été ouverte et la campagne de financement a été suspendue. Néanmoins, le CYCI continue de recevoir des dons via son site Internet et via PayPal, affirme Steve Maman sur Montreal Gazette.

Dernière polémique: le rôle attribué à Gill Rosenberg, une activiste israëlo-canadienne. Alors que Steve Maman avait déclaré à la chaîne télévisée israélienne Channel 2 que cette jeune femme travaillait pour le compte de sa fondation, la principale intéressée nie avoir été employée par le CYCI auprès du journal Times of Israel. La jeune femme, qui est connue pour avoir un temps rejoint une milice kurde luttant contre Daech, dit que Steve Maman l’a invitée à se rendre sur place en août. «J’ai participé à un sauvetage d’enfants yazidis avec le CYCI la semaine dernière (…) mais c’est la seule chose que j’ai faite avec eux», a expliqué la jeune femme, qui regrette que son nom ait été associé au CYCI alors qu’elle n’en faisait pas partie.

Contacté par Le Figaro, Steve Maman n’était pas joignable à l’heure de la publication de cet article.