Pétrole contre médecins: L’Algérie et Cuba scellent un nouveau partenariat

Le 30 janvier, l’Algérie a signé un accord lui permettant d’exporter son pétrole vers Cuba pendant les trois prochaines années. En contrepartie, l’île des Caraïbes lui enverra ses médecins pour préserver ses devises.
Pays alliés de longue date, l’Algérie et Cuba ont renforcé leur coopération à la faveur de plusieurs accords d’une durée de trois ans, signés le 30 janvier à Cuba en présence du ministre algérien de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, et du ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. Rapportés par Reuters, les termes de l’un des accords prévoient l’exportation de 2,1 millions de barils de pétrole algérien au cours de l’année 2018.
En échange, les autorités cubaines s’engagent à renforcer les effectifs médicaux en Algérie en y envoyant leurs médecins. Aucun chiffre n’a été avancé mais ces derniers viendront renforcer les effectifs déjà déployés sur le territoire algérien, notamment dans les centres de santé des wilayas (départements) du sud. Selon l’Annuaire statistique de santé 2016 de l’île, les soins de santé prodigués à l’étranger par des médecins cubains (présents dans 62 pays du monde) ont rapporté à La Havane 11 milliards de dollars, soit quatre fois plus que les revenus générés par le secteur du tourisme.
Un partenariat de circonstance
La concrétisation de ces nouveaux accords intervient dans un contexte bien particulier pour les deux pays. En effet, Cuba subit les contrecoups de la crise économique qui frappe son allié vénézuélien et qui, de ce fait, ne satisfait pas totalement ses besoins en hydrocarbures. L’île a donc été contrainte de se tourner vers d’autres fournisseurs afin de diversifier ses sources d’approvisionnement.
De son côté, l’Algérie est paralysée par une grève enclenchée depuis deux mois par des médecins internes. Ces derniers exigent de meilleures conditions de travail et d’être exemptés du service militaire. Par ailleurs, le pays est confronté à un problème structurel dans le domaine de la santé : la forte émigration de ses professionnels vers les pays européens, la France en particulier.

Cuba dénonce “l’agression” de la Libye

Le président cubain Raul Castro a demandé “l’arrêt immédiat” de “l’agression de l’Otan contre la Libye”, en recevant un émissaire du colonel Mouammar Kadhafi, a rapporté aujourd’hui la presse officielle cubaine. Raul Castro a “réaffirmé la plus énergique condamnation de l’agression militaire de l’Otan contre la Libye, et en particulier des bombardements contre des installations civiles qui provoquent la mort d’innocents”, a indiqué un communiqué officiel publié par le quotidien Granma.

Le président cubain a “demandé l’arrêt immédiat des ces opérations, permettant d’avancer vers une solution pacifique” du conflit, et a “soutenu les efforts des responsables de l’Union africaine en ce sens”, ajoute le communiqué. Selon Granma, l’émissaire libyen Abdulhafid Zlitni a remis à Raul Castro un message du leader libyen “informant des efforts réalisés par son gouvernement pour faire face à la campagne d’isolement international qu’essaient d’imposer les puissances occidentales”.

La Libye a dépêché plusieurs émissaires en Amérique latine et des envoyés du colonel Kadhafi se sont déjà rendus au Nicaragua, avant d’aller au Venezuela, en Equateur, en Bolivie et au Brésil.  Cuba avait déjà condamné “avec la plus ferme énergie” les opérations de l’Otan contre la Libye en mai, et dans une “réflexion” publiée en avril, le père de la Révolution cubaine Fidel Castro avait estimé que les bombardements de l’Otan “attisent un feu qui peut brûler tout le monde” et que si le colonel Kadhafi résistait à ce conflit, “il passerait à l’histoire”.