France, USA et Grande-Bretagne pourraient être complices de crimes de guerre au Yémen

  • Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France pourraient se rendre complices de crimes de guerre en armant et en fournissant des renseignements ou un soutien logistique à la coalition sous commandement saoudien qui intervient au Yémen, estiment des enquêteurs de l’Onu dans un rapport publié mardi.

Le Groupe d’experts éminents internationaux et régionaux sur le Yémen (GEE), créé par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, recommande l’interdiction des transferts d’armements aux belligérants, qu’il soupçonne tous de commettre des crimes de guerre. «Il est clair que la livraison continue d’armes aux parties au conflit perpétue le conflit et prolonge les souffrances du peuple yéménite», a déploré Melissa Parke, membre du Groupe, lors d’une conférence de presse. «C’est pourquoi nous exhortons les Etats membres à ne plus fournir d’armes aux parties au conflit.»

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, qui sont les deux principaux contributeurs de la coalition formée pour combattre les rebelles chiites Houthi, sont deux des plus gros clients des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France en matière d’armement. «La légalité des transferts d’armes par la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et d’autres États reste discutable et fait l’objet de diverses procédures judiciaires nationales», souligne le GEE dans un communiqué.

Criminels de guerre traduits en justice

Les experts ont établi une liste secrète des auteurs présumés de crimes de guerre. «Ce qui est certain, c’est que nous avons suffisamment de faits et de témoignages pour traduire ces personnes en justice à un stade ultérieur», a averti Kamel Jendoubi, président du Groupe d’experts, sans révéler de noms. «Cinq ans après le début du conflit, les violations contre les civils yéménites se poursuivent sans relâche, avec un mépris total pour le sort de la population et l’absence d’action internationale pour responsabiliser les parties au conflit. La communauté internationale se doit de multiplier ses efforts pour libérer le peuple yéménite de l’injustice persistante qu’il subit», a-t-il souligné.

La Palestine déposera sa première plainte contre Israël à la CPI le 1er avril

La Palestine déposera le 1er avril sa première plainte contre des dirigeants israéliens devant la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé, lundi, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

 

« L’une des prochaines étapes importantes est le dépôt d’une plainte contre Israël à la CPI le 1er avril concernant la dernière guerre à Gaza et contre la colonisation » israélienne de la Cisjordanie occupée, a déclaré un membre de la direction de l’OLP, Mohammed Shtayyeh.

 

Les Palestiniens ont déjà rassemblé des preuves et comptent également sur les résultats, attendus fin mars, de l’enquête de l’ONU sur la guerre dans la bande de Gaza.

 

Le procureur de la CPI avait annoncé, en mi-janvier, avoir ouvert un examen préliminaire pour savoir s’il existait une « base raisonnable » pour ouvrir une enquête sur des crimes de guerre présumés commis depuis l’été dans les Territoires palestiniens.

 

Après l’échec d’un projet de résolution prévoyant la fin de l’occupation israélienne des Territoires palestiniens sous trois ans, la Palestine avait adhéré en janvier à la CPI avec le but proclamé de poursuivre les dirigeants israéliens pour « crimes de guerre », notamment dans la bande de Gaza, ravagée cet été par une offensive israélienne qui a tué près de 2.200 Palestiniens.

Afin de contrer la Palestine à retirer sa plainte, Israël commet un certains nombre de blocages de fonds, de matériels et de denrées de première nécessité illustrant ainsi qu’il est la puissance occupante.


Amnesty International accuse Israël de crimes de guerre à Gaza

Israël responsable une fois de plus de crimes de guerre. Pour la première fois Amnesty International emploie ces termes pour dénoncer les exactions de l’armée israélienne. Les faits reprochés remontent à cet été lors de l’opération « Bordure de protection » menée contre la bande de Gaza. L’ONG accuse les forces israéliennes d’avoir délibérément ciblé des civils dans leurs maisons.

Pour l’armée israélienne, l’opération de cet été contre Gaza avait un objectif : celui de détruire les positions du gouvernement du Hamas et de la branche armée de la résistance. Mais dans les faits, Amnesty International expose une toute autre réalité. Selon Philippe Luther, directeur Moyen-Orient de l’ONG, certains bombardements visaient juste à punir une population sans défense : « Pour nous, le déroulement des attaques, comme les déclarations faites à l’époque par des porte-paroles de l’armée israélienne, révèlent qu’elles ont été décidées à titre de sanction collective contre la population de Gaza, et donc ont été des crimes de guerre. »

Pour Philippe Luther, il est impératif de faire la lumière sur ces violations. Amnesty International demande d’ailleurs à ce qu’une commission d’enquête de l’ONU mène des investigations. Problème : les autorités israéliennes ne semblent pas disposer à coopérer. « Jusqu’à maintenant, les autorités israéliennes ne donnent pas l’accès à cette commission d’enquête, ni à Amnesty International, ni à aucune autre organisation internationale de droits humains». Amnesty International appelle également la Cour pénal internationale à juger les responsables de ces exactions. Entre juillet et août derniers, 2 200 Palestiniens ont été tués par les bombes israéliennes dont près de 500 enfants.

Israël rejette ces accusations de crimes de guerre formulées par Amnesty International. Emmanuel Nahschon, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, dénonce ce rapport. « Nous rejetons complètement ce rapport. Nous avons l’impression qu’Amnesty International est victime d’une machination palestinienne. C’est un rapport qui n’a aucun contexte, qui n’explique absolument pas quelles sont les raisons pour lesquelles Israël a dû attaquer certains bâtiments à Gaza », a-t-il expliqué à RFI. Un rapport qui ne signifie pas grand chose du point vue israélien et qui nie les victimes et la souffrance du côté israélien.


L’ONG Human Rights Watch accuse Israël de crimes de guerre

  • Human Rights Watch a accusé l’armée israélienne d’avoir tué des civils alors qu’ils fuyaient les bombardements dans un secteur du sud de la bande de Gaza, ce qui constituerait un crime de guerre selon la célèbre ONG basée à New York.

 

« Une claire violation des lois de la guerre »

Dans son rapport, HRW cite des Palestiniens ayant réussi à fuir fin juillet des bombardements sur la localité de Khouzaa, près de la ville de Khan Younès. « Les forces israéliennes à Khouzaa, secteur du sud de la bande de Gaza, ont ouvert le feu sur des civils et les ont tués, dans ce qui constitue une claire violation des lois de la guerre, lors de plusieurs incidents entre le 23 et le 25 juillet », affirme l’ONG.

 

Les « attaques délibérées sur les civils ne participant pas aux combats sont des crimes de guerre », ajoute HRW. Les civils ont fait face à de « graves dangers » à Khouzaa, où ils ont notamment subi des bombardements répétés, n’ont pas eu accès aux soins médicaux, et ont été la cible d’attaques de l’armée israélienne alors qu’ils tentaient de fuir vers Khan Younès, poursuit le rapport. Il souligne que si l’armée israélienne avait prévenu les habitants, les appelant à quitter Khouzaa avant le 21 juillet, « le fait que des civils n’aient pas obtempéré ne fait pas d’eux des cibles légitimes d’attaques ».

 

Le fait d’avoir « prévenu les familles (…) ne fait pas d’elles des cibles justes seulement parce qu’elles n’ont pas pu le faire », souligne Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HRW. « Prendre (les civils) délibérément pour cible est un crime de guerre ».

Crimes de guerre/drones américains: l’ONU enquête

L’ONU lance une enquête sur l’utilisation des drones dans les opérations antiterroristes. Ces armes sont de plus en plus souvent utilisées par l’armée américaine et sont très critiquées en raison des victimes civiles et du secret qui entourent ces opérations militaires.

L’enquête de l’ONU porte sur 25 frappes de drones au Pakistan, en Afghanistan au Yémen, en Somalie et à Gaza. Des frappes qui échappent pour l’instant au droit international et dont le rapporteur de l’ONU sur la protection des droits humains dans la lutte antiterroriste, Ben Emmerson, estime qu’elles font nombre « disproportionné » de victimes civiles.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a toujours évité de se prononcer sur les programmes de drones militaires. Cette enquête est une première. Elle fait suite à une demande de la Russie, de la Chine et du Pakistan et vise tout particulièrement les frappes américaines. L’usage des drones a considérablement augmenté sous le mandat de Barack Obama. Les drones américains ont ainsi tiré plus de 500 missiles en Afghanistan en 2012, soit presque deux fois plus que l’année précédente.

Le groupe de juristes indépendants de l’ONU présentera ses conclusions en octobre et dira si certaines frappes sont passibles de poursuites au regard du droit international.

Israël « a violé les lois de la guerre »(HRW)

L’armée israélienne a « violé les lois de la guerre » en visant des journalistes et des médias lors de sa dernière opération à Gaza en novembre, affirme dans un rapport publié jeudi par l’ONG Human Rights Watch (HRW).

« Les responsables israéliens ont dangereusement et illégalement estompé la distinction entre les civils qui appellent à ou soutiennent des attaques militaires et ceux qui y participent directement. Cette justification d’attaques contre des civils ouvre la porte à des crimes de guerre », affirme la directrice de HRW pour le Moyen-Orient, Sarah Leah Whitson, citée dans le texte.

L’ONG cite des déclarations de porte-parole civil et militaire israéliens estimant que les membres de médias liés au Hamas et à d’autres groupes engagés dans les hostilités, dont deux cameramen de la télévision du Hamas, Al-Aqsa, tués le 20 novembre par une frappe israélienne, ne devraient pas bénéficier de la protection reconnue aux « journalistes légitimes ».

« Quatre attaques israéliennes contre des journalistes et des installations de médias à Gaza durant les hostilités de novembre 2012 ont violé les lois de la guerre en visant des civils et des installations civiles qui n’apportaient pas de contribution apparente aux opérations militaires palestiniennes », conclut le rapport.

« Ces attaques ont tué deux cameramen palestiniens, blessé au moins 10 employés de médias, gravement endommagé quatre immeubles de médias ainsi que les bureaux de quatre entreprises privées », indique HRW, rappelant qu’une d’entre elles, sur l’immeuble abritant le bureau de l’AFP le 21 novembre, a en outre « tué un enfant de deux ans » habitant à proximité.

L’armée israélienne a contesté ces conclusions dans un communiqué, affirmant « agir conformément aux lois du conflit armé malgré les violations délibérées de celles-ci par les organisations terroristes dans la bande de Gaza », sans répondre directement aux critiques du rapport.

Après enquête, HRW précise « n’avoir pas trouvé d’indice que ces cibles étaient des objectifs militaires valides », comme l’avait assuré l’armée israélienne.

S’appuyant sur des témoignages, Human Rights Watch accuse à nouveaux les rebelles syriens de crimes de guerre

L’opposition armée en Syrie se livre à des exactions sur les forces pro-gouvernementales, allant d’actes de tortures aux liquidations sommaires. Les accusations proviennent d’un nouveau rapport de l’organisation Human Rights Watch qui a notamment travaillé à partir de témoignages.

Human Rights Watch a pu se rendre en Syrie, rencontrer des chefs de l’opposition et visiter des centres de détentions où sont enfermés des membres des forces gouvernementales.

Les témoignages recueillis font état d’exactions commises par les rebelles, comme l’explique Nadim Houry, responsable du Moyen-Orient au sein de HRW : « Il y a des violations commises par les rebelles syriens : torture, mauvais traitements de certains détenus, exécutions sommaires, illégales, de certains détenus notamment de ceux qu’ils accusent d’être des chabihas [milices pro-Assad, ndlr]. »

Human Rights Watch a recensé une vingtaine de cas d’exécutions sommaires commises par l’opposition au cours de sa mission en Syrie au mois d’août 2012. Des exactions graves, même si elles sont sans commune mesure avec ce dont est capable le régime syrien : « Oui, les exécutions sont graves. Il faut qu’on le mentionne. Mais c’est vrai que la majorité des violations sont commises par le régime en place. Maintenant nous ne sommes pas en train de comptabiliser chaque côté pour dire qui est pire ou qui est meilleur. Ce sont des violations qui sont commises dans un climat d’impunité. Ce sont des violations que des chefs rebelles sont parfois en train de justifier. Et il faut que cela cesse. »

Human Rights Watch rappelle que les crimes du régime syrien, aussi graves soient-ils, ne peuvent justifier les exactions commises par certains groupes rebelles.

Source RFI


Un lord musulman met à prix Obama pour crimes de guerre

Non-conformiste, lord Ahmed détonne dans l’ambiance très distinguée de la Chambre des lords britannique. Ce parlementaire atypique vient d’être suspendu du Parti travailliste pour avoir promis une récompense de 10 millions de livres pour la capture du président Obama. Ses propos, rapportés il y a plus d’une semaine par le journal pakistanais Express Tribune , ont mis le feu aux poudres le week-end dernier sur Twitter, provoquant la décision du parti dans l’attente des conclusions d’une enquête.

Réagissant à l’annonce par les États-Unis d’une récompense pour la capture du chef présumé du groupe islamiste Lshakar-e-Taiba, recherché pour les attaques terroristes de 2008 à Bombay qui ont fait 166 morts, le pair anglais aurait déclaré lors d’une conférence au Pakistan: «Si les États-Unis peuvent annoncer une récompense de 10 millions de dollars pour la capture de Hafiz Saeed, je peux annoncer une prime de 10 millions pour (celles du) président Obama et de son prédécesseur George Bush.»

«S’ils sont exacts, nous condamnons vigoureusement ces propos totalement inacceptables», a réagi un porte-parole du Parti travailliste. Interrogé, lord Ahmed a démenti les avoir tenus. «Je n’ai pas offert de récompense, a-t-il affirmé. J’ai dit qu’il y avait eu des crimes de guerre commis en Irak et en Afghanistan. George Bush et Tony Blair ont été impliqués dans des guerres illégales et devraient être traduits en justice.»

Âgé de 53 ans, Nazir Ahmed est né dans le Cachemire pakistanais avant d’émigrer en Grande-Bretagne, à 7 ans, avec sa famille dans le Yorkshire, où il a grandi et s’est formé sur les bancs de l’université de Shefield. Après avoir vendu du poisson sur des marchés, il devient patron d’une chaîne de fish and chips. Militant travailliste dès 18 ans, il s’engage dans la vie politique et syndicale, est élu au conseil municipal de sa ville, Rotherham.

Il a prêté serment sur le Coran

«C’était un très bon orateur, se souvient Denis MacShane, ancien ministre travailliste. Malgré ses origines, il s’exprimait avec un fort accent du nord de l’Angleterre. C’était un militant du Labour à la carrière prometteuse quand Tony Blair a cherché à introduire de la diversité dans la Chambre des lords.»

En 1998, Nazir Ahmed est anobli baron Ahmed De Rotherham, premier lord musulman de l’histoire et, à tout juste 40 ans, l’un des plus jeunes pairs d’Angleterre. Il prête serment sur le Coran.

Défenseur de l’islam et de la cause cachemirie, il s’est impliqué dans de nombreuses causes au Pakistan, au Soudan ou en Libye où il a tenté l’an dernier une mission de paix avant la chute de Kadhafi. Il s’est vigoureusement opposé aux interventions militaires en Irak et en Afghanistan et s’est illustré dans plusieurs controverses, notamment lorsqu’il a critiqué l’anoblissement de Salman Rushdie par Tony Blair, clamant que l’écrivain avait du sang sur les mains.

Père de trois enfants, il s’est aussi mobilisé contre les mariages forcés ou le port du niqab. Il a aussi défrayé la chronique judiciaire lors de sa condamnation en 2008 à douze semaines de prison pour avoir été impliqué dans un accident de la route mortel.

Libye: l’Otan occulte les victimes civiles de ses frappes

Plus de quatre mois après la fin de l’opération militaire de l’Otan en Libye, aucune enquête n’a été menée par l’Organisation concernant les victimes civiles dues à ses frappes dénonce Amnesty international, lundi 19 mars, dans un rapport intitulé « Libye : les victimes oubliées des frappes de l’Otan ».

Amnesty, dont les équipes ont recensé sur place 55 victimes civiles identifiées, dont 16 enfants et 14 femmes tuées dans le cadre de frappes aériennes à Tripoli, Zlitan, Majer, Syrte et Brega, note que nombre de ces pertes sont dues « à des frappes aériennes lancées contre des logements privés, où Amnesty International, pas plus que d’autres, n’a découvert d’éléments prouvant qu’ils étaient utilisés à des fins militaires au moment de l’attaque ».

Un bilan d’ailleurs très proche de celui de la Commission internationale d’enquête sur la Libye dans son rapport final rendu au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. La commission conclu en effet dans ce dernier que « sur vingt raids de l’Otan examinés, la Commission a recensé cinq raids durant lesquels 60 civils au total avaient été tués et 55 autres blessés ».

Pas d’investigations

L’ONG insiste sur le fait que « l’Otan n’a pas mené les investigations nécessaires, ni même tenté d’entrer en contact avec les survivants et les familles des victimes ».

« Il est profondément décevant que les victimes qui ont survécu et les familles des personnes tuées par les frappes aériennes de l’OTAN ne sachent toujours pas ce qui s’est passé ni qui était responsable », souligne Donatella Rovera, conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International.

Celle-ci, qui a passé de longues semaines en Libye, d’abord à Bengazi lors du pilonnage par les troupes de Kadhafi et par la suite dans d’autres villes du pays, rappelle que « les dirigeants de l’OTAN ont mis en avant à plusieurs reprises leur détermination à protéger les civils » et indique qu’à ce titre « ils ne sauraient aujourd’hui balayer d’un revers de main la mort de nombreux civils en se contentant de vagues déclarations de regret, sans enquêter dûment sur ces funestes événements. »

Minimiser les risques

L’Otan, qui agissait en Libye sur la base de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies qui autorisait les Etats membres « à prendre toutes les mesures nécessaires (…) à la protection des civils » en Libye, a semble-t-il « fait de nombreux efforts pour minimiser les risques de dommages sur les civils, notamment grâce à des munitions à guidage de précision et, parfois, en avertissant au préalable les habitants des zones visées », souligne Amnesty international dans son rapport.

Mais les dommages collatéraux sont pourtant là. Et ils ne concernent pas que des biens matériels. Certains bâtiments visés n’étaient autre que des habitations occupées par des familles.

Je ne peux comprendre pourquoi ils ont frappé ma maison. Nous sommes des civils et n’avons rien à voir avec la guerre, la politique et toutes ces choses »

affirme à Amnesty Ali Ali Hamed Gafez dont la maison à Majer a été détruite le 8 août lors d’un raid. « Jusqu’à aujourd’hui ni l’Otan ni le CNT n’ont pris contact avec nous, ni pour s’excuser, ni même pour s’inquiéter pour les victimes » affirme ce père de famille qui a perdu plusieurs membres de ses proches ce jour-là. « Nous avons été oubliés ».

Selon les survivants, 34 civils dont huit femmes et huit enfants ont été tués lors de trois attaques séparées ce jour-là.

De vifs regrets

C’est pourquoi Amnesty insiste sur le fait que « les enquêtes doivent déterminer si les pertes en vies humaines au sein de la population civile sont la conséquence de violations du droit international et, le cas échéant, les responsables présumés doivent être déférés à la justice ».

Dans sa dernière réponse adressée à Amnesty International le 13 mars, l’OTAN a affirmé qu’il « regrette vivement tous les dommages qui ont pu être induits par ces frappes aériennes », mais « n’a pas reçu de mandat pour mener une action en Libye lorsque l’opération Unified Protector s’est achevée le 31 octobre 2011 », et que la « responsabilité première » de conduire des enquêtes revient aux autorités libyennes.

Refus d’assumer les responsabilités

Mais pour Donatella Rovera, « la réponse de l’OTAN équivaut à un refus d’assumer la responsabilité de ses actes. Elle donne aux victimes et à leurs familles le sentiment qu’elles ne sont pas prises en compte et n’ont aucunement accès à la justice. »

En outre, Amnesty souligne dans son rapport que « l’OTAN n’a pas pris de mesures afin d’enquêter sur les informations faisant état de victimes parmi la population civile causées par ses frappes dans des zones qui étaient passées sous contrôle du Conseil national syrien avant le 31 octobre 2011, et étaient donc accessibles de manière sûre ».

C’est pourquoi Amnesty appelle l’Otan et le Conseil national de transition à « veiller à ce que des enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies soient menées dans les meilleurs délais sur toutes les allégations de graves violations du droit international et à ce que leurs conclusions soient rendues publiques. Lorsqu’il existe suffisamment de preuves recevables, les suspects doivent être poursuivis. »

Source nouvelobs.com

L’ONU accuse les rebelles libyens de crimes de guerre, de racisme, et l’Otan de passivité

Si les forces loyales au colonel Kadhafi se sont rendues coupables de massacres et de tortures à l’encontre des insurgés, les rebelles n’en ont pas moins, eux aussi, commis des crimes de guerre en Libye. La commission d’enquête de l’ONU sur la Libye, mise en place par le Conseil des droits de l’homme, accuse les « Thuwar » (combattants révolutionnaires) d’exécutions sommaires, de tortures, de disparitions forcées, d’attaques indiscriminées et de pillages au cours de leur avancée vers Tripoli.

Le rapport de 220 pages, rédigé par trois juristes internationaux cite notamment l’offensive contre la ville de Syrte, un bastion pro-Kadhafi, bombardée à l’arme lourde de manière « indiscriminée » malgré la présence de populations civiles. A plusieurs reprises, des combattants pro- Kadhafi ont été exécutés, en dépit des lois de la guerre.

Le rapport note que les représailles se poursuivent encore aujourd’hui à l’encontre des partisans supposés de l’ancien régime et des minorités noires de Libye comme les Tawergha.

Si les pays de la coalition ont crié fort à l’encontre des crimes du colonel Kadhafi leurs critiques sont beaucoup plus discrètes quand il s’agit de leurs aliiés rebelles et du nouveau gouvernement libyen. « La tendance est de se féliciter de la chute de Kadhafi et de ne rien dire des crimes commis par ses opposants, note Fred Abrahams de Human Right Watch. Les condamnations de la part de la France, de la Grande-Bretagne ou du Qatar sont trop faibles. Ces pays qui ont soutenu l’opération en Libye doivent faire pression », ajoute t-il.

La Commission déplore également le manque de coopération des nouvelles autorités libyennes qui ont refusé de remettre les rapports d’autopsie concernant la mort de Mouammar Kadhafi et de son fils Moatassim. « Bien que blessés, les deux hommes étaient vivants lors de leur capture et sont donc morts alors qu’ils étaient détenus par les thuwars » peut-on lire dans ce rapport qui conclut, faute de preuves, à « l’incapacité de confirmer que la mort de Mouammar Kadhafi est un assassinat illégal » et réclame un complément d’enquête.

Le rapport vise également l’Otan, accusé de n’avoir pas suffisamment enquêté sur cinq raids qui ont tué 60 civils libyens et en ont blessé 55 autres. A deux reprises, la commission de l’ONU n’a pu identifier « aucune cible militaire » sur les lieux des bombardements. C’est la première fois que les raids de l’Otan en Libye sont critiqués dans un rapport des Nations unies. La Commission estime toutefois qu’au regard des quelque 18 000 sorties aériennes effectuées par les avions de la coalition, l’Otan  « a mené une campagne très précise avec une détermination notable pour éviter les pertes civiles ».

Pour Human Right Watch, la réponse de l’Otan sur ces « bavures » reste insatisfaisante. « Nous ne disons pas que l’Otan a délibérément visé des cibles civiles, mais ils font preuve d’un manque de transparence terrible, explique Fred Abrahams. L’Otan doit faire une enquête sérieuse et expliquer pourquoi ces cibles ont été choisies ».