La corruption perdure en Tunisie

Malgré la chute du régime Ben Ali et la fin du réseau de clientélisme Trabelsi, du nom de la famille de l’ancienne première dame, la corruption reste un phénomène généralisé en Tunisie. Le ministre chargé de la Réforme administrative dénonçait il y a deux jours dans une conférence de presse, la corruption de toutes les institutions tunisiennes. En novembre 2011, un rapport de la Commission d’investigation nationale sur la corruption et les malversations de l’ancien régime était publié, et toutes les institutions étaient mises en cause.

La corruption en Tunisie est une pratique qui n’a pas disparue après la chute du régime Ben Ali. Mohamed Adou, ministre chargé de la Réforme administrative, constate que l’ensemble des institutions du pays sont touchées par la corruption. Taoufik Chammari, le président de l’Alliance tunisienne pour l’intégrité et la transparence, reproche au ministre de faire des discours mais sans agir sur le terrain.

« J’estime que ce genre de déclaration est une surenchère politique (…). Au lieu de lancer des surenchères de ce genre, on s’active pour mettre en place tout un processus pour lutter contre la corruption et la malversation ».

Maître Ben Moussa est le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme. Il attend du gouvernement plus de mesures concrètes dans les différentes administrations du pays, mais exprime son pessimisme.

« Ce n’est pas une volonté politique de rendre une administration impartiale, parce que l’assainissement des administrations n’a pas été fait. Donc, le phénomène persiste. Ce n’est pas pour demain que la corruption va diminuer nettement ».

Un travail de longue haleine s’est engagé en Tunisie contre les malversations. L’audit international de l’ONU prévu pour le mois de juin accéléra peut-être le processus de lutte contre la corruption.

Les 3/4 des Français jugent les politiques “plutôt corrompus”

Près de trois Français sur quatre (72%) estiment que d’une manière générale les élus et les dirigeants politiques sont “plutôt corrompus”, contre 19% qui pensent qu’ils sont “plutôt honnêtes”, selon un sondage TNS-Sofres* pour la matinale de Canal+ aujourd’hui.

“Ce jugement critique est le plus fort jamais mesuré depuis 1977, date à laquelle la question a été posée pour la première fois par TNS Sofres. Il est en outre en augmentation de 4 points par rapport à juillet 2010, qui était déjà un record”, note l’institut.

Pour lutter contre la corruption, 25% des sondés déclarent spontanément ne faire confiance à aucune des formations politiques et 15% sont sans opinion. Avec 26% de gens qui lui font le plus confiance, le Parti socialiste arrive toutefois en tête, devant Europe Ecologie-Les Verts (20%). 16% des Français accordent leur confiance au Front national, juste devant l’UMP (15%). Enfin, 14% d’entre eux font confiance au Front de gauche et 11% au MoDem.

Les jeunes (83% des moins de 35 ans jugent les hommes politiques plutôt corrompus), les ouvriers (85%) et les sympathisants du Front national (89%) sont les plus sévères. Si l’ensemble des catégories sont majoritairement critiques à l’égard des élus et dirigeants, les personnes âgées de 50 ans et plus et les sympathisants de l’UMP le sont un peu moins (respectivement 25% et 37% d’entre eux les trouvent plutôt honnêtes).

* Sondage réalisé du 23 au 26 septembre auprès d’un échantillon de 1.000 personnes représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées en face-à-face à leur domicile (Méthode des quotas).


Révoltes arabes : al-Qaida se réjouit

Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) se réjouit de la vague de révolutions que connaissent le Proche-Orient et l’Afrique du Nord depuis plusieurs semaines et salue “un tsunami de changements”, a indiqué aujourd’hui le centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE).

Plusieurs articles dans le dernier numéro de sa cyber-revue “Inspire”, rédigée en anglais, évoquent les révolutions de ces derniers mois – causées par un vif mécontentement de la population à propos du chômage ou de la corruption des dirigeants, et pas par un militantisme islamiste.

Mais ces révolutions, en Egypte ou en Tunisie par exemple, sont des bonnes nouvelles pour les mouvements musulmans, estime l’islamiste américano-yéménite Anwar al-Awlaki, qui écrit dans cette revue sur internet destinée à encourager les musulmans anglophones à rejoindre le mouvement jihadiste international.

“La révolution détruit les barrières de la peur dans les coeurs et les esprits qui pensaient que les tyrans ne pouvaient pas être délogés”, écrit-il dans ce numéro, accessible sur le site du SITE.

“Nous ne savons pas encore ce sur quoi cela débouchera (…) mais le résultat n’a pas besoin d’être un gouvernement islamiste pour que nous pensions qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction”, ajoute l’islamiste.

 

Une personne sur quatre dans le monde paye des pots-de-vin

Une personne sur quatre dans le monde a payé un pot-de-vin au cours des 12 derniers mois, selon un sondage sur “la petite corruption”, mené auprès de plus de 91 000 personnes dans 86 pays et territoires entre le 1er juin et le 30 septembre. L’étude, parue jeudi à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la corruption, a été réalisée par l’agence non-gouvernementale Transparency International, basée en Allemagne, sous la forme d’une série de sondages. Au cours de l’année écoulée, une personne sur quatre a payé un pot-de-vin à une institution ou service, notamment aux services de santé ou des impôts, mais c’est à la police qu’on donne le plus souvent un “bakchich”. Selon le sondage, 29% des personnes dans le monde qui ont eu des contacts avec la police ont payé un pot-de-vin.

La corruption gangrènerait toujours le monde

Près de trois-quarts des Etats, à commencer par ceux en guerre comme l’Irak ou l’Afghanistan, sont perçus comme gravement corrompus, selon le rapport annuel de l’ONG Transparency International (TI) présenté mardi à Berlin. La Suisse est toujours dans les dix meilleurs, mais pourrait mieux faire.

Dans son Index 2010 de la perception de la corruption, l’ONG lance une “mise en garde” aux gouvernements, leur rappelant que la corruption pèse sur leurs efforts pour renflouer les marchés financiers, et lutter contre le réchauffement planétaire ou contre la pauvreté.

Sur les 178 pays étudiés par l’ONG, près des trois-quarts affichent un indice de perception de corruption inférieur à la moyenne. L’indice, établi grâce à des sondages réalisés auprès d’hommes d’affaires et de spécialistes, va de 10 pour un pays considéré comme « propre » à zéro pour un pays perçu comme gangrené par la corruption.

Selon ce classement, le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour arrivent en tête des pays perçus comme parmi les moins corrompus avec un indice de 9,3.

A l’autre extrémité, l’Afghanistan et la Birmanie sont avant-derniers ex-aequo avec un indice de 1,4, tandis que la lanterne rouge revient à la Somalie avec un score de 1,1.

L’ONG, dont le siège est à Berlin et qui publie sa liste annuelle depuis 1995, souligne que certains pays – dont le Bhoutan, le Chili, l’Equateur, la Macédoine, la Gambie, Haïti, la Jamaïque, le Koweït, et le Qatar – ont amélioré leur score depuis 2009.

En revanche, la perception de corruption s’est accentuée dans des pays tels que la République tchèque, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, Madagascar, le Niger, et les Etats-Unis.

Avec une note de 8,7, la Suisse est huitième, place qu’elle partage avec l’Australie. Cependant, souligne la section suisse de TI, cette note est la plus basse obtenue par le pays depuis 2003.

L’affaire des dons d’UBS au parti démocrate-chrétien, à hauteur de 150 000 francs, alors même que la grande banque venait d’être sauvée de la faillite par la Confédération, a contribué à augmenter la perception de corruption en Suisse.

Si l’image d’incorruptibilité des autorités suisses n’a pas été complètement détruite par cette affaire, elle a certainement été égratignée, estime le bureau bernois de l’ONG. C’est pourquoi il demande la publication des finances des partis dans un but de transparence.

L’ONG souligne que la Suisse est le seul pays démocratique qui ne dispose pas de règlement concernant le financement des partis.

Espagne : Le très médiatique juge Garzon mis en examen

Le juge espagnol Baltasar Garzon, connu pour sa chasse aux islamistes et au Franquisme, a été formellement mis en examen pour avoir ordonné des écoutes illégales lors d’une enquête sur la corruption visant la droite.

Cette affaire est l’une des trois procédures ouvertes au Tribunal suprême contre le très médiatique magistrat qui risque une interdiction d’exercer susceptible de mettre un terme à sa carrière.

Le juge Garzon, poursuivi pour “prévarication”, est accusé par trois des suspects du scandale dit “Gürtel”, qui avait éclaboussé le Parti populaire (PP, droite) début 2009, d’avoir ordonné des écoutes téléphoniques de conversations avec leurs avocats, en violation des droits de la défense.

Mondialement connu pour avoir fait interpeller en 1998 à Londres l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet, alors grabataire, ce magistrat de 54 ans risque pour ce dossier une peine de 12 à 20 ans d’interdiction d’exercer sa profession en Espagne.

Il a déjà été suspendu temporairement de ses fonctions de juge d’instruction à l’Audience nationale espagnole en mai, en attendant d’être jugé pour “forfaiture” (abus de pouvoir) à une date qui n’a toujours pas été dévoilée, pour avoir tenté d’enquêter sur les crimes amnistiés du franquisme.