La coopération et la sécurité frontalière au centre des entretiens algéro-libyens

La coopération bilatérale et les questions de sécurité frontalière ont été, dimanche à Alger, au centre des entretiens entre le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci et Salem Messaoud Kenane, membre du Conseil national de Transition (CNT) libyen.

Les entretiens ont eu lieu, à l’occasion de la visite officielle en Algérie du président du CNT, Mustapha Abdeldjallil, en présence des ministres du Commerce, Mustapha Benbada, de l’Industrie, de la petite et moyenne entreprise et de la promotion de l’investissement, Mohamed Benmeradi, du ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, du côté algérien, et des membres du CNT, du côté libyen.

Dans une brève allocution, M. Medelci a relevé l’existence d’une « forte volonté politique » et d’une « vision claire » chez les deux parties pour développer la coopération bilatérale, indiquant que la visite de M. Abdeldjallil en Algérie permettra « d’ouvrir de nouveaux horizons » à cette coopération dans différents domaines.

Pour sa part, M. Kenane a rappelé les relations profondes qui lient l’Algérie et la Libye. Ces relations « historiques et séculaires », a-t-il dit, « ne cessent de se renforcer au fil du temps ». « Nous voulons construire de nouvelles relations avec l’Algérie et pour cela nous œuvrons à la relance d’une coopération bilatérale constructive et fructueuse », a indiqué M. Kenane.

La Libye « apprécie et comprend les positions humanitaires de l’Algérie qui a accueilli des membres de la famille El Gueddafi », a précisé M. Kenane. « Cependant, nous sommes prêts à aider nos frères algériens en cas de comportement ou d’agissement de la part de ces personnes, pouvant porter atteinte aux intérêts et à la sécurité de la Libye », a-t-il ajouté.

Le responsable libyen a réitéré l’engagement de son pays à œuvrer à l’édification de l’Union du Maghreb arabe (UMA) dans le cadre de « la coopération et de l’entente » entre les pays de la région.


Algérie-Russie: construire des relations à la mesure de leur « grande amitié »

L’Algérie et la Fédération de Russie sont animées d’une « volonté commune » de conférer à leurs relations bilatérales « une ampleur et une profondeur » à la mesure de la « grande amitié » qui existe entre les deux pays, a souligné le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci.

Dans une lettre adressée à son homologue russe, M. Serguei Lavrov, à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre l’Algérie et la Russie, M. Medelci a exprimé sa « grande satisfaction » du niveau de la coopération bilatérale, rappelant, à ce propos, la tenue de quatre sommets dans le cadre du dialogue politique et de nombreuses rencontres entre les officiels des deux pays. Il a également tenu à se féliciter du « rythme soutenu » des consultations politiques entre les deux parties « qui témoigne, associé aux efforts de nos Présidents et gouvernements respectifs, de notre volonté commune de conférer à nos relations bilatérales une ampleur et une profondeur à la mesure de la grande amitié qui existe entre nos deux pays ». Le ministre des Affaires étrangères a saisi l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays pour exprimer la gratitude de l’Algérie pour l’aide et l’assistance de la Russie, héritière de l’ex-Union des Républiques soviétiques socialistes, à son combat pour le recouvrement de l’indépendance. « L’établissement de ces relations diplomatiques au lendemain de la signature des Accords d’Evian, avant-même la proclamation de l’indépendance de notre pays, fut un geste fort (de la Russie) que nous avons perçu comme le signe d’une volonté d’occuper une place parmi les pays amis de l’Algérie », a écrit M. Medelci dans sa lettre. « Cette reconnaissance fut un prélude aux relations traditionnelles entre les deux pays qui se sont toujours distinguées par leur densité et leur qualité », a-t-il ajouté, rappelant que « l’ex-URSS a accompagné l’Algérie socialiste au sortir du colonialisme dans sa quête de recouvrer son indépendance économique ». Relevant que la période de transition qu’ont connue les deux pays a « certes freiné l’essor d’une coopération soutenue », il a affirmé que « le rapprochement entre l’Algérie et la Russie qui partagent les mêmes idées sur nombre de questions, tant au plan bilatéral que multilatéral », était, néanmoins, « inéluctable ». « C’est ainsi, a-t-il indiqué, qu’un second souffle a été donné (à la coopération bilatérale) à la faveur de la Déclaration du partenariat stratégique, première du genre a être signée par votre pays avec un pays arabe et africain ».


Marzouki: les attentes de la Tunisie vis-à-vis de l’Algérie sont « très importantes »

Le président tunisien, Mohamed Moncef Marzouki, a affirmé, à la veille de sa visite en Algérie, que les attentes de la Tunisie vis-à-vis de l’Algérie sont « très importantes » et qu’il se déplacera en Algérie avec quelques idées de développement conjoint.

« Les attentes sont très importantes. Ma visite est symbolique dans la mesure où j’ai vécu avec l’Algérie dans le sang lorsque j’étais enfant. Mon père a été un activiste impliqué dans le soutien à la guerre de libération de l’Algérie », a précisé M. Marzouki dans un entretien l’APS.

Son père, opposant au président Habib Bourguiba, a dû s’exiler au Maroc, où il est enterré.

« Il y a des attentes plus locales. Vous savez, nous passons par une très grave crise économique et sociale. Les poches de pauvreté se trouvent essentiellement dans les régions de nos frontières ouest et sud », a expliqué M. Marzouki, originaire de Douz, ville de bédouins, soulignant qu’il se déplacera en Algérie « avec quelques idées de développement conjoint » de toute la région des frontières ouest de la Tunisie et c’est-là, a-t-il relevé, où il y a « beaucoup d’attentes ».

Il déplore, cependant, qu’il y a eu « tellement » de traités entre l’Algérie et la Tunisie mais « si peu d’applications ».

« Par exemple, j’ai découvert des choses qui m’ont frappé : des Tunisiens d’ascendance algérienne, de plusieurs générations, nés en Tunisie et dont les parents sont également nés ici et ne connaissent même pas l’Algérie, sont considérés comme des étrangers. C’est aberrant ! Ce sont des problèmes de vie, de circulation, de propriétés qui ne sont pas réglés », a noté ce professeur en médecine et militant des droits de l’homme, tout en recommandant qu’il faut « vraiment » mettre, aujourd’hui, une « très forte volonté politique » pour que les Algériens se sentent chez-eux en Tunisie et les Tunisiens se sentent chez eux en Algérie.

Situation des 15.000 Algériens en Tunisie : « Au courant de cette année, tout sera réglé »

Le chef d’Etat tunisien, élu par l’Assemblée constituante le 12 décembre dernier, a appelé, dans ce contexte, à la promotion des cinq libertés : la liberté de circulation avec une simple carte d’identité, de travail, d’installation, de propriété, de participation aux élections municipales.

Au sujet du règlement de la situation des 15.000 Algériens établis en Tunisie, confrontés à des problèmes administratifs, M. Marzouki a affirmé que le processus de régularisation de leur situation est bel et bien engagé.

« Le processus a déjà commencé et je le suis personnellement. Le dossier est sur mon bureau. Mon conseiller diplomatique est chargé de suivre cette affaire. Vous connaissez les problèmes de la bureaucratie, mais je peux vous assurer que la volonté politique va être plus forte que la résistance de la bureaucratie. Nous sommes absolument décidés à régler ces problèmes. Au courant de cette année, tout sera réglé », a soutenu l’ancien opposant à Ben Ali.

Sur le plan de la coopération sécuritaire entre les deux pays, le président tunisien n’a pas manqué de noter que les institutions militaires de l’Algérie et de la Tunisie coordonnent de « façon étroite » leurs actions.

« Depuis plusieurs années, ces deux institutions sont à pied d’œuvre. Cependant, la nécessité se fait sentir pour les cinq pays maghrébins, afin de coordonner leurs actions pour sécuriser cette région qui est certes menacée par l’infiltration terroriste, en raison de la particularité géographique de cette région vaste et désertique », a-t-il ajouté, affirmant que son pays reste « disposé » à le faire avec l’Algérie dans le cadre d’une action commune de lutte contre le terrorisme et le grand banditisme.

Source APS


Marzouki en Libye: Baghdadi sera extradé s’il bénéficie d’un «procès équitable»

Moncef Marzouki est arrivé le 2 janvier à Tripoli. Le président tunisien s’est engagé à remettre Baghadi al-Mahmoudi aux nouvelles autorités libyennes à condition qu’elles lui garantissent un «procès équitable». L’ex-Premier ministre libyen était chef du gouvernement jusqu’aux derniers jours du régime de Mouammar Kadhafi. Il est détenu en Tunisie depuis son arrestation à la frontière entre les deux pays fin septembre. Moncef Marzouki a reconnu que c’était le droit des Libyens de juger l’ancien Premier ministre mais il leur a demandé d’être patients.

Baghdadi al-Mahmoudi était le plus important officiel libyen en détention avant que ne soit capturé Seif al-Islam Kadhafi en novembre dernier. Arrêté en septembre dans le sud tunisien pour avoir franchi « illégalement » la frontière, la justice tunisienne a décidé que Mahmoudi devrait être extradé vers la Libye.

Le président tunisien défend cette décision : « Nous en Tunisie, nous demandons à l’Arabie Saoudite l’extradition de Ben Ali pour les milliards qu’il a dérobés au peuple. Il est naturel que les Libyens, réclament al-Mahmoudi Baghdadi à la Tunisie ».

Une position qui dérange franchement les organisations des droits de l’homme notamment Amnesty International, dont Marzouki est un ancien représentant en Tunisie. Elles estiment elles qu’un procès équitable est impossible pour le moment et qu’Al Mahmoudi encourt de vrais risques. Pour preuve, disent-elles, la façon dont l’ancien leader Mouammar Kadhafi a été traité puis tué après sa capture à Syrte en octobre dernier.

Mais Moncef Marzouki a assuré que la Tunisie veillerait d’abord à ce que soient réunies les garanties d’un procès équitable. Des propos de nature à contenter les nouvelles autorités de Tripoli. Alors que ce mardi, c’est de coopération économique dont il sera question, avec en perspective du travail pour les milliers de chômeurs tunisiens.

En effet, pour son premier déplacement à l’étranger, Moncef Marzouki est accompagné d’une importante délégation d’hommes d’affaires tunisiens. Parmi eux, Tarak Chérif qui est également président de Conecct, Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie, un nouveau syndicat patronal fondé après le départ de Ben Ali. Il espère que cette visite permettra de redémarrer les échanges commerciaux entre les deux pays.

Pour sa part, Radhi Meddeb, président de l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen rappelle, lui, que les Tunisiens ont fait preuve d’une grande solidarité à l’égard de leurs voisins libyens et que par conséquent, un retour d’ascenseur est tout à fait normal.

Un retour sur investissement comme dirait Alain Juppé.


Algérie: visite du président mauritanien suivie d’accords de coopération

Le président de la République islamique de Mauritanie, M. Mohamed Ould Abdelaziz, a achevé mardi une visite en Algérie couronnée par une déclaration commune et la signature de quatre accords ainsi q’un programme exécutif relatifs à plusieurs domaines de coopération.

Dans cette déclaration commune, les présidents Abdelaziz Bouteflika et Mohamed Ould Abdelaziz se sont félicités des résultats de la 10ème session du comité de suivi algéro-mauritanien, tenue les 11 et 12 novembre dernier à Alger.

Les deux présidents ont souligné l’impérative mise en oeuvre des recommandations de cette session et de la feuille de route adoptée à cette occasion ainsi qu la nécessité de bien préparer les travaux de la grande Commission mixte, prévue au cours du premier trimestre de l’année 2012 à Nouakchott.

Les deux dirigeants ont également salué « les progrès enregistrés dans le cadre de la coopération bilatérale », invitant les entreprises publiques et privées et les opérateurs économiques des deux pays à insuffler un nouvel élan aux relations économiques et commerciales et à garantir le climat propice aux projets de partenariat et d’investissement, notamment dans les secteurs de l’énergie et des mines, des infrastructures, de l’agriculture et de la pêche au mieux des intérêts des deux pays et pour hisser aussi le volume des échanges commerciaux qui demeurent en deçà des potentialités que recèlent les deux pays.

Les deux chefs d’Etat ont exprimé aussi leur satisfaction du niveau de coopération établie dans le domaine sécuritaire et au niveau des mécanismes communs mis en place par les pays du champ pour lutter contre le terrorisme et le crime transfrontalier.

Pour ce qui est des accords signés entre les deux pays, le premier a porté sur un jumelage en matière de santé et de sûreté professionnelles entre l’Institut national de prévention des risques professionnels d’Alger et le Bureau national de la médecine de travail de Mauritanie.

Cet accord vise à encadrer la coopération bilatérale algéro-mauritanienne dans le domaine de la santé et de la sûreté professionnelles.

Le deuxième accord est une convention de coopération entre l’Organisme national de contrôle technique des travaux publics et le Laboratoire national des travaux publics de la Mauritanie. Le troisième accord est une convention de coopération entre l’Office national d’appareillages et d’accessoires pour personnes handicapées et le Centre national de montage d’organes et de rééducation fonctionnelle de Mauritanie.

Le quatrième accord porte sur la non double imposition en vue d’encourager les opérateurs économiques, de chacun des deux pays, à investir dans l’autre pays en les protégeant contre la double-imposition. Pour ce qui est du programme exécutif de coopération dans le domaine de la formation professionnelle, il prévoit une série d’actions destinées à donner à la coopération un sens concret, notamment par l’échange de visites de cadres et d’enseignants entre les deux pays ainsi que le jumelage de quatre instituts de formation professionnelle.

A la faveur de cette visite, les deux présidents ont eu des entretiens au cours desquels ils ont évoqué la coopération bilatérale et les questions d’intérêt commun.

Dans une déclaration à la presse, le président mauritanien a indiqué que les relations entre l’Algérie et la Mauritanie étaient « bonnes et excellentes », soulignant la volonté des deux pays à améliorer et à développer leur coopération bilatérale, notamment dans le domaine économique, « afin de la hisser au niveau de leurs relations politiques ».

M. Ould Abdelaziz a insisté en outre sur le nécessaire rapprochement entre les deux peuples, soulignant que la route devant relier l’Algérie et la Mauritanie, en cours de réalisation, « permettra de rapprocher davantage les deux peuples ».

Par ailleurs, le président mauritanien s’est rendu à Constantine où il a visité les principaux sites historiques et culturels de lÆantique Cirta et a pu découvrir ses grands projets structurants. M. Ould Abdelaziz qui a quitté Alger mardi, a été salué à son départ, à l’aéroport international Houari-Boumediene, par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika.

Le président mauritanien était arrivé samedi dernier à Alger pour une visite d’Etat de quatre jours, à l’invitation du président de la République M. Bouteflika.

Source APS

Algérie/UE : Soutien européen pour le patrimoine culturel et le secteur des transports

    • La Commission Européenne a adopté aujourd’hui le Programme d’Action Annuel 2011 d’un montant de 34,5 millions d’EUR en faveur de l’Algérie. Ces programmes permettront de renforcer le partenariat entre l’Union Européenne et l’Algérie. En particulier, un premier projet aura pour objectif de renforcer la protection et la valorisation du patrimoine culturel algérien, notamment par un soutien aux actions prioritaires de son identification et de sa connaissance (inventaire), de sa protection (outils de protection) et de sa mise en valeur (outils de gestion et projets pilotes) par un soutien en outils méthodologiques, en équipements et en formations. Par cette approche, ce projet vise également à développer les débouchés professionnels des jeunes sans qualification, notamment par des apprentissages et des chantiers écoles. Un second projet aidera à la mise en œuvre de la nouvelle stratégie des transports en Algérie, y inclus une modernisation du ministère des Transports, un appui à la mise à jour législative et réglementaire, un soutien aux institutions en charge de la sécurité des transports, ainsi qu’à la professionnalisation des métiers du transport.
    • Štefan Füle, membre de la Commission chargé de l’élargissement et de la Politique Européenne de Voisinage, a déclaré « A travers son soutien, la Commission Européenne appuie la volonté de l’Algérie d’avancer dans les domaines du patrimoine et des transports. L’Algérie possède d’innombrables sites historiques, et notre nouveau soutien aidera à protéger cet héritage précieux. Tant dans le patrimoine que dans les transports, notre appui mettra l’accent sur l’importance de la formation et des débouchés professionnels pour les jeunes ».
    • Un deuxième engagement de 23,5 millions d’EUR sera ajouté ultérieurement au Programme d’Action Annuel 2011 pour répondre aux défis liés à l’emploi et à la participation des jeunes dans la société.
    • La Commission a adopté les deux actions suivantes:
    • Programme d’appui à la Protection et à la valorisation du patrimoine culturel en Algérie (21,5 millions d’EUR)
    • Ce programme est destiné à accompagner la prise en compte du patrimoine culturel comme outil de développement économique et humain de l’Algérie. Une approche intégrant tous les acteurs et secteurs concernés par le patrimoine est initiée. Ceux-ci sont impliqués dans la connaissance, protection, gestion et valorisation du patrimoine. Des chantiers-écoles sont menés sur des sites pilotes.
    • Programme d’appui au secteur des Transports II (13 millions d’EUR)
    • Commission Européenne appuie le secteur des transports depuis 2006. Transports II continue à soutenir le renforcement de la stratégie sectorielle du pays, l’intégration de l’acquis UE en matière de sécurité, de régulation ainsi que le renforcement de l’institution de la météorologie au service de l’aviation et du secteur maritime.
    • Dans le cadre de l’Accord d’Association avec l’UE signé en 2005, l’Algérie bénéficie au total d’une enveloppe de 172 millions d’EUR pour la période 2011-2013, financés à travers l’Instrument Européen de Partenariat et de Voisinage.
    • Pour de plus amples informations
    • EU-Algérie :
    • http://ec.europa.eu/europeaid/where/neighbourhood/country-cooperation/algeria/algeria_fr.htm
    • Politique européenne de voisinage :
    • http://ec.europa.eu/world/enp/index_fr.htm
    • Texte complet sous la référence : IP/11/965 ; sur http://europa.eu/rapid/searchAction.do

Comité de suivi algéro-tunisien : évaluation de la coopération bilatérale

Les travaux de la 15e session du comité de suivi algéro-tunisien qui ont débuté lundi soir, dans la capitale tunisienne, sous la coprésidence de Abdelkader Messahel, ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines et Radhouane Nouisser, secrétaire d’Etat auprès du ministre des affaires étrangères sont consacrés à l’évaluation de la coopération bilatérale.

Les deux délégations algérienne et tunisienne ont procédé à l’évaluation à mi-parcours de l’avancement des travaux des ateliers de coopération, initiés durant la session de la 18e haute commission mixte algéro-tunisienne tenue à Alger le 26 décembre 2010 sous la présidence des premiers ministres des deux pays.

Douze documents relatifs à la coopération dans les domaines économique, culturel et les prestations ont été signés par les deux pays durant décembre 2010. Le volume des échanges commerciaux bilatéraux a atteint, l’année dernière, 600 millions de dollars, soit une augmentation de 5,6 pc par rapport à 2009.

Concernant les travaux de cette session, M. Messahel a indiqué que l’Algérie qui a suivi de près les développements importants qu’a vécus la Tunisie, s’était engagée à respecter et à soutenir les choix du peuple tunisien avec toute sa composante. Il a précisé que cette session se tient dans une conjoncture exceptionnelle marquée par la naissance de la deuxième République tunisienne qui traverse une étape décisive de son histoire moderne.

Il a exprimé sa conviction que la période transitoire en Tunisie mènera à l’instauration des fondements d’un régime démocratique pluraliste qui répond aux aspirations du peuple tunisien à davantage de liberté, de justice et d’égalité.

Le devoir de solidarité, dicté par les liens de voisinage, l’appartenance civilisationnelle, culturelle et religieuse ainsi que la communauté du destin, font que l’Algérie partage les préoccupations et les aspirations des frères tunisiens et leur témoigne de sa solidarité en ces moments difficiles », a souligné M. Messahel.

S’agissant de la coopération bilatérale, le ministre a fait savoir que les domaines de coopération algéro-tunisienne sont nombreux et variés à la lumière de la diversité des relations politiques, économiques, culturelles et humaines qui unissent les deux pays. Cette coopération doit être renforcée, a-t-il ajouté, par davantage d’initiatives et de dynamisme à la faveur d’une volonté politique.

M. Messahel a estimé que les travaux de cette session constituent une occasion pour donner un nouvel élan à la coopération bilatérale et relancer ses mécanismes dans différents domaines dans le but de concrétiser les objectifs communs et instaurer les fondements d’une économie forte et bénéfique pour les deux peuples algérien et tunisien.

Ceci ne peut ce faire, a-t-il ajouté, qu’en prenant en considération les conditions politiques, économiques et sociales des deux pays et les crises et changements qui marquent la scène régionale et internationale.

Bien que le rythme de coopération entre les deux pays ait subi ces derniers mois un ralentissement pour des raisons objectives, les travaux de la 15e session permettront d’évaluer tous les programmes de coopération arrêtés et dessiner les premiers contours pour réaliser davantage de projets dans le cadre de l’action commune, a précisé M. Messahel.

Pour sa part, le secrétaire d’Etat tunisien chargé des Affaires étrangères, Radhouane Nouisser, a souligné que la concertation entre les responsables des deux pays s’impose pour garantir la sécurité et la stabilité dans la région du Maghreb arabe, à lumière des développements de la situation en Libye. Dans ce sens, il a mis l’accent sur les efforts déployés par la Tunisie et l’Algérie en vue de préserver l’unité du peuple libyen et l’aider à reconstruire son pays.

Le responsable tunisien a également souligné l’importance que la Tunisie attache aux liens fraternels et aux relations de coopération bilatérale, rappelant que la première visite du premier ministre, Béji Caid Essebsi, à l’extérieur de la Tunisie, a été effectuée en Algérie « compte tenu des relations fraternelles et stratégiques qui lient les deux pays ».

Evoquant les domaines de coopération bilatérale, il a relevé l’importance des recommandations issues de la réunion de la 18e haute commission mixte algéro-tunisienne tenue en décembre 2010 à Alger, faisant remarquer qu’ »aucun progrès tangible » n’a été enregistré dans le sens de la concrétisation du programme convenu, en égard à la situation exceptionnelle qu’a connue la Tunisie.

Dans ce cadre, il s’est dit satisfait de l’entrée en vigueur prochainement de l’accord commercial préférentiel signé entre les deux pays, indiquant que les deux parties ont convenu de la majorité des volets de l’accord en matière de séjour et de transport.


 

La France souhaite accélérer son retour en Tunisie

«La France maintient, augmente et accélère son assistance à la Tunisie, réitérant son plein soutien à la Tunisie et son admiration pour l’action pionnière qu’elle a engagée. » C’est ce qu’a déclaré Mme Christine Lagarde, ministre française de l’Economie, des Finances et de l’Industrie qui a été reçue mardi avec Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européennes, par le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi. Les deux ministres ont évoqué à cette occasion un «plan Marshall» pour la Tunisie, qualifiant d’ «impressionnant» ce que les Tunisiens sont parvenus à faire pour leur pays. «Cette visite marquée par un climat de cordialité renoue les liens d’amitié et de coopération entre les deux pays», a commenté à notre confrère Leaders, une source proche de la délégation française. »

Après avoir souligné la reconnaissance de la France «avec beaucoup d’admiration de la rupture profonde qui s’est engagée» et souhaité «mobiliser les membres du gouvernement pour accompagner cette mue», Mme Lagarde a indiqué devant la presse que nombre de délégations de haut niveau se succèderont dès la semaine prochaine à Tunis, pour convenir et mettre en place des programmes d’action substantiels. « La France tient à se tenir à l’avant-garde de ce grand soutien en faveur de la Tunisie, a-t-elle affirmé. » Trois membres du gouvernement ainsi que la présidente du Medef, feront le déplacement à Tunis, dans les prochains jours.

C’est ainsi que Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, examinera avec ses homologues les questions relatives au développement durable et au transport.

En charge notamment du Tourisme, Frédéric Lefebvre, Secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions libérales et de la Consommation, discutera de la contribution de la France pour mobiliser tous les acteurs du tourisme français au service d’une campagne en faveur de la Tunisie.

L’objectif de cette campagne est, estime la ministre française, de faire en sorte que les 1 400 000 touristes français et bien d’autres puissent revenir en vacances en Tunisie et aient une totale confiance dans ce pays.

Sur un autre plan, Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur va accompagner des entreprises françaises en Tunisie, dès le mois prochain, pour renforcer les échanges, maintenir les investissements et bien affirmer la confiance économique exprimée par la France à l’égard de la Tunisie.

2e sommet économique arabe : Dynamisation de la coopération et de l’intégration économique

blank1.jpgLes travaux du 2e sommet économique arabe débuteront mercredi à Charm El Cheikh (Egypte) avec la participation de plusieurs dirigeants arabes, pour examiner les moyens de dynamiser la coopération et l’intégration économique et évaluer l’application des décisions du sommet de Koweït. Le sommet procèdera, ainsi, à un suivi de la mise en oeuvre des recommandations du sommet de Koweït portant, notamment, sur l’interconnexion électrique, ferroviaire, terrestre et aérienne dans la région arabe, la création d’une union arabe des douanes, la sécurité alimentaire et en matière de ressources hydriques, les répercussions de la crise mondiale, l’enseignement et la lutte contre la pauvreté et le chômage. Il est prévu que le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, soumette un rapport sur l’application des décisions du premier sommet économique et des sommets ordinaires.

Union Européenne/AFD : Facilité d’Investissement du Voisinage

L’Agence Française de Développement (AFD) a approuvé l’attribution d’une subvention de 5 millions d’euros à la Banque européenne d’investissement (BEI), gestionnaire du Fonds fiduciaire de la facilité d’investissement du voisinage (FIV), pour contribuer aux opérations de ce fonds.

La FIV est l’instrument financier destiné à accroitre le volume et l’attrait des ressources disponibles pour la coopération entre l’Union européenne et ses voisins (pays méditerranéens, hors Turquie et Balkans, et de l’est européen). Les subventions de la FIV sont destinées aux secteurs sociaux, des transports, de l’énergie, de l’eau et de l’assainissement et au soutien du secteur privé.