Les nouveaux outils des aides à l’export

Les aides à l’export vont faire l’objet d’une modernisation. C’est en tout cas le souhait de  BPI France qui présente à la DG Trésor et au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères un projet qui semble avoir du mal à voir le jour.
Avec le transfert des activités  « aides à l’export » de Coface à BPI on a assisté à une sorte de désamour des entreprises envers la procédure phare d’appui au développement international : l’assurance prospection. Elle connaît un ralentissement historique.
La modernisation nécessaire de la procédure et notamment sa simplification se heurte à des attentes contradictoires. La 1ère attente est l’urgence de redresser le commerce extérieur et de faire croître très fortement le nombre d’entreprises exportatrices, la 2ème est de faire des économies et la DG Trésor voudrait, selon nos sources, diminuer le budget de l’assurance prospection de 30%.
Dilemme compliqué à résoudre, si l’Assurance Prospection est structurellement déficitaire de 80 à 100 M€ par an.
L’Assurance-Crédit Export est elle fortement excédentaire de 700 M€ ? L’arbitrage pourrait être de savoir si on attribue une partie de l’excédent de l’assurance-crédit export à l’assurance prospection. 10% des excédents suffiraient à donner un boost très important à la procédure de l’AP.
Toutes les options sont sur la table, y compris le transfert de l’assurance prospection vers un système d’avance ou de prêt à  taux 0 comme pour l’innovation, un système qui a globalement fait ses preuves.
Une expérimentation de la BPI est en cours dans la Région Hauts-de-France. Elle a démarré il y a une quinzaine de jours avec une modification sensible de la procédure pour l’AP.
Minimum de remboursement de 30% des sommes, mise en place de 3 périodes distinctes de dépense, d’observation et de remboursement. L’objectif semble être double : simplifier l’obtention et la gestion et augmenter le taux de remboursement en allongeant la période.
Pas sûr que cela plaise aux entreprises qui assimilaient pour beaucoup l’assurance prospection à une aide à l’export alors que c’est un simple amortissement de la charge de dépense associée à une assurance en cas d’échec.
Tout cela sur fond d’un bras de fer entre la BPI et la DG Trésor pour la gestion des grands contrats, de la nouvelle ligne de prêt non concessionnel…
Bref les grandes manœuvres sont en cours et les nouvelles procédures devraient sortir vers le mois de mars.
Source classe-export.com

Coface : Le risque politique mondial au plus haut en 2017

L’assureur Coface a tenu son traditionnel Colloque Risque Pays 2017 mardi 24 janvier à Paris. 2017 sera rythmée par le risque politique et le risque bancaire dans les pays émergents. « Malgré la récente embellie de la conjoncture, l’incertitude continuera à dominer le climat économique mondial cette année ». Coface améliore ses évaluations pour 11 pays (Estonie, Islande, Espagne, Bulgarie, Kenya, Argentine, Chypre, Ghana, Serbie, Bosnie et Pakistan). En revanche, le Mexique, la Jordanie, l’Afrique du Sud et la Mauritanie voient leur évaluation se dégrader.

Après deux années consécutives de ralentissement, la croissance mondiale devrait connaître une légère amélioration en 2017 (+2,7% après 2,5%), portée par un rebond de l’activité dans les pays émergents (+4,1%), suite au redémarrage du Brésil et de la Russie qui compenserait le ralentissement de la Chine. Les pays avancés afficheraient une croissance stable (+1,6%). La faible croissance du commerce mondial (prévision de +2,4% en 2017, après une moyenne de 2,2% entre 2008 et 2015 et de 7,0% entre 2002 et 2007) peut être freinée davantage par la résurgence des mesures protectionnistes suite à l’élection de Donald Trump. A court terme, de telles mesures toucheraient moins l’économie américaine en fin du cycle (+1,8%) que les pays qui exportent beaucoup vers les Etats-Unis : l’Amérique centrale (Honduras, El Salvador, Mexique, Equateur) et certains pays asiatiques (Vietnam, Thaïlande).

Compte tenu de la forte dépendance du Mexique de ses exportations vers les Etats-Unis (7% de son PIB) et sur fond de hausse de l’inflation et de baisse des investissements, Coface dégrade son évaluation risque pays à B. L’Argentine, au contraire, ne serait que peu touchée par l’effet « Trump » et, après une année difficile, devrait commencer à récolter le fruit de ses réformes, ce qui conduit Coface à améliorer son évaluation à B.

La question du risque politique sera à nouveau au cœur des préoccupations en 2017. Du côté des pays avancés, c’est l’Europe qui concentre l’essentiel des incertitudes politiques en amont de plusieurs échéances électorales décisives et dans l’attente des modalités exactes du Brexit. Depuis un an, l’indicateur du risque politique européen de Coface a augmenté de +13 points en moyenne en Allemagne, en France, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni. En cas de choc politique majeur de la même ampleur que le référendum britannique, la croissance européenne pourrait baisser de -0,5 point en moyenne. Dans les pays émergents, le risque politique est plus élevé que jamais, nourri par le mécontentement social et l’explosion du risque sécuritaire. La CEI, à cause de la Russie (score 63% sur 100% en 2016), et la région Afrique du Nord / Moyen-Orient, avec la Turquie (62%) et l’Arabie Saoudite (62%), se distinguent comme les plus risqués parmi les grands émergents. La montée des frustrations politiques et sociales en Afrique du Sud est en partie à l’origine de la dégradation de son évaluation à C, dans un contexte de très faible croissance. Le risque sécuritaire (qui comprend les actes terroristes, conflits et homicides) est une nouvelle composante de l’indicateur du risque politique émergent. Sans surprise, il est le plus élevé en Russie et en Turquie.

L’endettement élevé des entreprises fragilise le secteur bancaire dans les pays émergents

La montée du risque de crédit prend des formes différentes selon les pays. Dans les économies avancées le niveau des défaillances d’entreprises devrait continuer à diminuer. Seul bémol, les créations d’entreprises restent souvent à un niveau inférieur à celui d’avant crise : -19,8% en Allemagne, -5,1% aux Etats-Unis et -4,1% en Italie (variation entre 2015 et le pic d’avant-crise). Les financements octroyés aux entreprises très endettées limitent, en effet, les ressources possibles pour les jeunes entreprises en forte croissance.

L’endettement excessif des entreprises concerne aussi les pays émergents. Les entreprises chinoises sont parmi les plus endettées (plus de 160% du PIB) et leur dette a progressé de 12 points de PIB entre le deuxième trimestre 2015 et le deuxième trimestre 2016. Le taux de créances douteuses du secteur bancaire est en augmentation nette en Russie, en Inde, au Brésil et en Chine, avec en parallèle un durcissement des conditions de crédit.

Améliorations d’évaluations en Europe et en Afrique sub-saharienne

C’est la première fois depuis mi-2015 que Coface opère davantage d’améliorations de ses évaluations risque pays que de dégradations. L’Espagne est reclassée en A3, tandis que les évaluations de l’Islande et de Chypre, où les risques liés aux contrôles de capitaux s’éloignent, sont désormais respectivement en A2 et B. L’Europe centrale continue de grimper dans le classement des 160 pays évalués par Coface. L’Estonie (A2), la Serbie (B) et la Bosnie-Herzégovine (C) bénéficient d’une amélioration de leur environnement des affaires. La croissance dans ces pays atteint un niveau confortable. La Bulgarie (A4) confirme sa reprise avec une croissance modérée et la consolidation continue du secteur bancaire. En Afrique sub-saharienne, les petits pays se portent mieux que les grands. Deux pays se distinguent : le Ghana (B) qui a réussi son test de maturité démocratique en décembre dernier et a une bonne gestion des finances publiques, et le Kenya (A4) qui connaît une reprise du tourisme et une augmentation des investissements publics.

Source : Communiqué de presse Coface

COFACE/Risque Pays : Libye

—   Coralie Bescond.

Transition politique chaotique et insécurité accrue

Après la chute, fin août 2011, du régime du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, le Conseil National de Transition a élaboré une constitution provisoire. Un gouvernement intégrant toutes les composantes de la société libyenne a été formé en novembre 2012, dont le diplomate Ali Zeidan était le Premier ministre. Contesté, cet indépendant appuyé par les partis libéraux a été démis de ses fonctions par le Congrès en mars 2014 et des élections ont été organisées le 25 juin 2014.
Elles ont permis aux partis modérés de remporter la majorité parlementaire. Mais suite à la proclamation des résultats, les milices islamistes présentes dans la zone de Benghazi et de Misrata ont pris position contre la majorité parlementaire et sont entrées en conflit avec l’armée libyenne. Le gouvernement d’Abdallah Al Theni formé à l’issue du scrutin et résidant à Tobrouk, a été appuyé par les forces du General Haftar. Ce dernier a pris l’initiative en mai 2014, de mener une coalition militaire dissidente afin de contrer l’emprise des milices islamistes sur la ville de Benghazi. Une deuxième formation politique non reconnue par la communauté internationale a pris le contrôle de Tripoli en août 2014. Mené par Omar El Hassi un indépendant, elle est soutenue par le Conseil Général National libyen et par la coalition des milices de Misrata, Fajr Lybia de mouvance islamiste. Les deux gouvernements se disputent le contrôle du territoire sous couvert de conflits entre leurs différents soutiens armés.
Le 6 novembre 2014, la cours suprême libyenne a invalidé les élections du 25 juin et défait le parlement issu du scrutin pour cause de non-respect de la constitution. Elle envisage la tenue de nouvelles élections dont la date n’est pas encore déterminée.

Variations erratiques de la croissance liées à la situation sécuritaire
Le secteur des hydrocarbures, qui représente environ 70% du PIB, joue un rôle prépondérant au plan économique. Or, 2013 et 2014 ont été en partie marquées par des conflits armés qui ont induit de fortes variations de la production pétrolière. Ces évolutions erratiques de la production d’hydrocarbure expliquent les fortes variations des taux de croissance depuis 2011. Néanmoins, malgré la gravité de la situation sécuritaire, la Libya’s National Oil Corporation (NOC) est parvenue à maintenir sa production à 700 000 barils par jour courant septembre 2014 et le pays continue d’exporter. Le gouvernement de Tripoli et le celui de Toubrouk s’accordent sur le maintien de la production et se partagent le contrôle du monopole public pétrolier.
Cependant, le risque qui pèse sur le secteur pétrolier reste important, les attaques de milices dissidentes contre les principales plateformes de production d’hydrocarbure étant récurrentes et une possible chute de la production est possible.
Les changements quotidiens de la situation politique et sécuritaire en Libye ne permettent donc pas de percevoir les probables retombées économiques de la crise politique. Notons également que la forte croissance anticipée pour 2015 traduit davantage un effet de rattrapage suite à la perte importante d’activité des deux dernières années qu’une reprise économique.
Hors hydrocarbures, la croissance qui devait être portée par la reconstruction des infrastructures, subira également le contrecoup de la guerre civile. Suite à dissolution du parlement, l’ensemble des mesures économiques sont reportées.

Les comptes publics et extérieurs de nouveau en déficit en 2014
Les hydrocarbures représentent 95% des recettes budgétaires et 98% des exportations, rendant les comptes publics et extérieurs vulnérables aux aléas de ce secteur.
Les recettes de la production pétrolière étant fortement dépendantes des aléas de la situation sécuritaire, les comptes publics en subissent le contrecoup. La baisse récente des prix du pétrole accentue le problème, si bien que le pays affichera un déficit public important en 2015. De plus, les dépenses courantes représentent plus de 70% du total des recettes, les salaires et les subventions alimentaires et énergétiques en étant les principaux postes.
Le déficit des comptes extérieurs s’est creusé en 2014 à cause d’un ralentissement des exportations. Il est en outre accentué par les importations de produits alimentaires et de biens d’équipement ainsi que par le rapatriement de fonds opéré par les firmes étrangères.
Toutefois, les réserves en devise sont préservées, le total des avoirs libyens (réserves officielles et actifs à l’étranger du fonds souverain Libyan Investment Authority) représentant l’équivalent de 3 ans d’importations en 2014.

Environnement des affaires très problématique
L’environnement des affaires reste très difficile depuis la chute de l’ancien régime et la situation politique et sécuritaire actuelle accentue cet état de fait. Avant la résolution de tous ces problèmes, des retards de paiement et des difficultés de recouvrement des créances sont à prévoir.

Source :  coface.fr


Le Risque-Pays Tunisie, selon la COFACE

Transition politique achevée
Suite à la tenue d’élections législatives en novembre 2014, la coalition Nida Tounis s’est imposée devant le parti islamiste. Cette victoire a été suivie par l’élection du leader de Nida Tounis, Béji Caïd Essebsi, à la présidence de la république tunisienne. Ces deux rendez-vous électoraux qui se sont tenus moins d’une année seulement après le vote de la nouvelle constitution semblent marquer la fin de la transition politique du pays débutée avec la révolution.
En février 2015, l’assemblée a accordé sa confiance au gouvernement de coalition du premier ministre d’Habib Essid dont la composition reflète une grande partie des mouvances politiques tunisiennes (dont le parti Ennahda). Ce gouvernement devra faire face à de multiples défis sociaux et économiques, ainsi qu’aux attentes de la population. Les enjeux majers demeurent la création d’emplois et une meilleure répartition sociale et géographique de la croissance en direction des populations les plus fragilisées que sont les jeunes et les milieux ruraux enclavés.
La Tunisie demeure en outre exposée à la menace terroriste sur son territoire. La présence de mouvances djihadistes dans les zones reculées et la surreprésentation de la communauté tunisienne auprès des combattants en Libye représentent une menace pour la sécurité intérieure comme en témoigne l’attentat du 18 mars 2015 au sein d’un musée de Tunis. De plus, la porosité de la frontière libyenne à l’est renforce le risque de débordement du conflit voisin. A cela s’ajoute l’afflux massif de réfugiés en provenance de Libye qui risque de peser sur l’activité.

Reprise attendue en 2015
En 2015, la croissance tunisienne devrait s’accélérer et progresser d’un demi-point par rapport à l’année précédente. L’activité devrait être soutenue par une forte augmentation de la production agricole et oléicole en raison de conditions climatiques favorables et par une légère reprise du secteur manufacturier. Cependant, le ralentissement observé dans le secteur d’extraction affaibli par la baisse des prix des hydrocarbures ainsi qu’une croissance plus faible de l’industrie non-manufacturière risque de limiter cette expansion. La croissance de la consommation devrait rester soutenue et se situer autour de 5%. Quant à l’investissement, il devrait être dynamique. De plus, cette reprise sera probablement portée par un léger accroissement des exportations qui pourraient profiter de la reprise en zone euro.

Un déficit budgétaire en augmentation
Le déficit public tunisien risque de s’accroitre en 2015. Cette hausse s’explique par le report du programme de recapitalisation des banques publiques tunisiennes à mi-2015 dont le coût sera supporté par l’Etat. La dette publique devrait également augmenter. Bien qu’elle soit principalement externe, elle reste contractée à des conditions concessionnelles. La Tunisie est en outre sous accord FMI depuis 2013. Cet accord de confirmation de 1,75 Md$ étalé sur deux ans a permis de limiter l’accroissement du risque souverain grâce un programme de restructuration des finances publiques.
Le déficit courant devrait quelque peu se réduire en 2015. La baisse du cours du pétrole conjugué à l’entrée en production de certains champs pétroliers découverts en 2013 devrait permettre de réduire le déficit énergétique. Par ailleurs, la légère progression des exportations en raison d’une reprise en zone euro devrait juguler l’accélération attendue des importations soutenue par une demande intérieure forte.

Fragilités du secteur bancaire et de l’environnement des affaires
La solvabilité, la qualité des actifs et la rentabilité du système bancaire, déjà faible avant 2011, se sont dégradées. Avec l’appui du FMI, le pays a prévu d’engager un ensemble de mesures en 2015 visant à répondre aux vulnérabilités de ce secteur. Il a par exemple initié un programme de restructuration du système en recapitalisant certaines banques détenues par l’Etat.
L’instabilité politique et sécuritaire au lendemain de la révolution a influé négativement sur le climat des affaires. Cependant, la fin de la transition politique et le retour de la confiance en 2015, auxquelles s’ajoute une refonte du code des investissements en 2014 devraient permettre une amélioration du climat des affaires. Néanmoins, ce dernier reste marqué par un manque de compétitivité, une lourde bureaucratie et une persistance de la corruption et de l’insécurité.

Source: coface.fr

Exportations : les garanties publiques pourraient quitter le giron de Coface

La couverture par l’Etat des contrats à l’exportation qui est depuis des années gérée par Coface pourrait changer de mains. Bercy envisage de transférer cette activité à la banque publique Bpifrance. Cette réflexion s’inscrit « dans un travail de renforcement et de modernisation du dispositif de soutien public aux exportations des entreprises françaises » engagé en 2012, par les ministères de l’Economie et des Finances. Coface estime que ce retrait pourrait la pénaliser de quelques 59,9 millions d’euros de recettes par an, soit environ 4 % de son chiffre d’affaires. L’assureur-crédit annonce, dans un communiqué, vouloir « discuter avec l’Etat de la pertinence et des conséquences juridiques, sociales et financières d’une telle remise en cause ». De fait, Coface gère les garanties publiques depuis 1946.

Coface prévoit une reprise mondiale “laborieuse“ en 2015

Coface a organisé son Colloque Risque Pays à Paris. Selon l’assureur, « l’économie mondiale est sur le chemin d’une reprise progressive. Moins vigoureuse qu’elle n’était avant la crise de 2008, la croissance mondiale suit une accélération continue mais modeste : +3,1% en 2015, après +2,8% en 2014 et +2,7 en 2013. Des légères améliorations sont attendues à la fois dans les pays avancés (de + 1,7 % en 2014 à + 2,1 % en 2015) et dans les pays émergents (de + 4,2 % à + 4,3 %).

Les Etats-Unis (2,9% de croissance en 2015) peuvent compter sur une croissance tirée par une demande interne robuste. Chute du prix du baril, faible coût de l’énergie conséquence de l’exploitation des gaz de schistes et modération des coûts salariaux profitent aux entreprises. Le secteur automobile tourne à 90% des capacités de production. Le textile, la chimie, les transports présentent des risques modérés aux yeux de l’assureur. Seul le secteur de la métallurgie présente un risque élevé.

En Europe, la reprise de l’investissement n’est pas encore d’actualité

En Europe, l’amélioration est lente mais perceptible. Après -0,4% en 2013 et +0,8% en 2014, Coface escompte une légère reprise (+1,2% en 2015) pour la zone Euro. Globalement, la situation des entreprises européennes s’améliore : « les marges se redressent et les faillites sont en baisse“ même si elles restent élevées dans plusieurs pays dont la France (62 000). La bonne nouvelle vient du Portugal qui retrouve le chemin de la croissance (1,2%). Ces signes d’amélioration sont toutefois insuffisants pour relancer l’investissement dans une Europe confrontée à l’incapacité des Etats à sortir de leur endettement et à la montée des partis hostiles à la construction européenne à l’instar de Syriza en Grèce. Pour éviter le risque déflationniste, l’assureur salue l’action forte de la BCE, une action qui  » ne sera toutefois pas suffisante pour relancer de manière significative l’appétit d’investissement dans l’économie réelle ».

Quand les BRICs deviennent les “6 fragiles“

A quelques exceptions près (Vietnam et Sri Lanka dont les évaluation sont été revues à la hausse), les Emergents sont confrontés au retour des crises dites “traditionnelles“, notamment le groupe des “6 fragiles“ (Brésil, Inde, Indonésie, Turquie, Afrique du Sud, Russie) confrontés au retour des vieux démons :  volatilité des changes, sortie de capitaux. Dette privée à la hausse et ralentissement économique (-3% pour la Russie en 2015) ont déjà conduit l’assureur à revoir à la baisse son évaluation risque pays l’année dernière (dégradation de la Turquie, de la Russie). En Amérique latine, le Venezuela et l’Argentine, interdits de refinancement auprès du FMI, ont trouvé un nouveau prêteur avec la Chine, « pourvoyeur de liquidités » en dernier ressort.

Chine : le risque entreprises augmente

Enfin, la Chine passe sous surveillance négative. Le ralentissement de la croissance chinoise (7% en 2015) fait craindre à l’assureur l’augmentation d’un certain nombre de risques : surcapacités dans divers secteurs dont la métallurgie et la construction. Mais c’est surtout la dette privée (200% du PIB) et l’accélération du crédit bancaire qui inquiète le plus. Si les grands groupes étatiques n’ont guère de difficultés à se financer, les petites et moyennes entreprises du secteur privé n’ont d’autres choix que de se financer, à des coûts très élevés, auprès d’officines dont les pratiques sont peu transparentes. La pratique du “shadow banking“ n’est pas nouvelle mais c’est son ampleur qui inquiète de plus en plus. Alors que les autorités engagent des réformes pour réorienter leur modèle économique vers davantage de consommation et moins d’investissement, « l’endettement colossal des entreprises privées ne pourra plus être systématiquement refinancé » souligne l’assureur. Résultat : des difficultés de paiement sont à craindre.

source  magazine-classe-export.com


Risque Pays : Maroc

—   —   Coralie Bescond – – –

Activité cyclique, toujours principalement dépendante du secteur agricole et de la conjoncture européenne
L’activité reste cyclique, car toujours principalement dépendante des performances du secteur agricole –près de 40% de la population active – et de la conjoncture dans l’Union européenne (UE), principal partenaire économique du pays. La croissance demeure, en outre, tributaire des fluctuations des cours internationaux des phosphates (dont le Maroc est l’un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux) et des hydrocarbures importés.

 


Après un net rebond en 2013, grâce à une excellente récolte céréalière, la croissance sera moins soutenue en 2014, la production agricole devant reculer en raison d’une pluviométrie moins favorable et de coûts affectés par la hausse des prix des carburants. On prévoit, toutefois, un renforcement de l’activité économique non agricole, partiellement lié à la modeste reprise en Europe. Les perspectives sont favorables pour les filières aéronautique et automobile, cette dernière bénéficiant de la montée en puissance de l’usine Renault/Dacia de Tanger, qui dope les exportations. Une reprise est attendue dans le secteur extractif, un regain dans les industries de transformation (notamment le textile) et le BTP. Par ailleurs, le secteur tertiaire doit bénéficier des performances des télécommunications, du commerce, du transport, de l’offshoring, ainsi que de l’expansion du port de Tanger Med.

Légère décrue des importants déficits publics et courant, et endettement externe gérable
Les subventions demeurent un fardeau pour les finances publiques du pays, mais leur diminution graduelle sur les produits alimentaires et énergétiques, initiée en 2012, et la stabilisation de la masse salariale publique permettront de réduire légèrement le déficit budgétaire en 2014. Si l’accumulation récente de déficits conduit à une hausse de l’endettement public, il est principalement interne et, pour la part externe, essentiellement remboursable à des conditions concessionnelles, donc avantageuses.
Par ailleurs, les exportations seront tirées notamment par les ventes de voitures, de matériel aéronautique et de phosphates. Côté importations, le Maroc tente de réduire sa dépendance aux hydrocarbures en recourant aux énergies renouvelables, mais l’impact ne peut être immédiat. Le déficit commercial sera partiellement compensé par l’excédent des services grâce au tourisme, fortement lié à la demande européenne, et aux transferts des expatriés. Il n’en résultera, néanmoins, qu’un tassement minime du déficit significatif des comptes extérieurs, financé en partie par des flux d’investissements directs étrangers – principalement de l’UE et du Moyen-Orient – souvent liés à des partenariats public-privé relatifs aux infrastructures routières, ferroviaires, portuaires ou touristiques.
Dans ce contexte, le FMI a accordé au Maroc, en août 2012, une « Ligne de précaution et de liquidité » de 6,2 Mds$ sur deux ans, facilité destinée aux pays dont les fondamentaux et les politiques économiques sont sains, mais présentant des vulnérabilités. En raison d’un endettement externe gérable, le Maroc n’aura pas à recourir à cette aide.
De plus, avec un régime de change administré et une très légère réduction du déficit extérieur, le pays devrait bénéficier d’une modeste amélioration de sa capacité de résistance à une crise de change, le niveau de ses réserves devant augmenter.
En outre, son système bancaire, le plus développé d’Afrique (hors Afrique du Sud), demeure suffisamment capitalisé et rentable, l’amélioration de la réglementation prudentielle se poursuit, mais l’accès limité des TPE/PME au crédit bancaire constitue une contrainte pour leur développement.

Réforme constitutionnelle dans le contexte de bouleversements dans le monde arabe
En réponse à une insatisfaction politique et sociale, dans le contexte des révoltes dans le monde arabe, une réforme constitutionnelle, initiée par le roi Mohammed VI, a été approuvée par referendum en juillet 2011. Elle vise un rééquilibrage, par un renforcement des pouvoirs du Premier ministre et du Parlement, une plus grande indépendance de la justice et une régionalisation accrue. Elle ne modifie cependant pas l’essentiel des prérogatives d’un monarque qui reste populaire. Une frange de la population se plaint néanmoins de la corruption et du clientélisme, des mouvements de contestation mettant en cause certains membres du proche entourage du roi (le « makhzen »).
Les élections législatives avancées à fin novembre 2011 se sont soldées par une majorité relative pour le Parti (islamiste) Justice et Développement, la nomination de son dirigeant Abdelilah Benkirane comme Premier ministre et la formation en janvier 2012 d’une coalition gouvernementale avec trois partis laïcs. Après la défection fin juillet 2013 du parti conservateur Istiqlal, un nouveau gouvernement de coalition a été formé en octobre 2013, marquant un retour en force du Rassemblement National des Indépendants – parti libéral, proche du Roi – ainsi que des technocrates.
La mise en œuvre de la nouvelle Constitution semble satisfaisante, mais les progrès en matière de justice sociale – par une réduction de la pauvreté, des inégalités et du chômage – resteront limités.

Environnement des affaires perfectible et expérience de paiement Coface correcte
Les autorités poursuivent les réformes destinées à améliorer le climat des affaires, mais des avancées supplémentaires sont jugées nécessaires, notamment en matière de simplification des procédures administratives, d’amélioration du cadre juridique et de facilitation de la gestion du foncier.
Avec des entreprises faisant des efforts accrus de transparence en matière d’information financière, et sur un marché de l’assurance-crédit en plein développement, l’expérience de paiement Coface – reposant sur un portefeuille sectoriel assez diversifié – est correcte et les taux de recouvrement satisfaisants.


Coface fait son entrée en bourse

Le groupe Coface, l’un des leaders mondiaux de l’assurance-crédit, a lancé son introduction en bourse.    ” Au cours des trois dernières années, le groupe Coface s’est repositionné sur son cœur de métier, l’assurance-crédit et a réinventé son modèle de développement. Sur un marché à fort potentiel, le groupe Coface dispose aujourd’hui d’une plateforme mondiale unique pour offrir à ses clients son expertise reconnue dans l’analyse et la gestion des risques d’impayés ” commente Jean-Marc Pillu, directeur général de Coface. ” Nos performances financières, fruits d’une gestion rigoureuse, nous confortent dans nos choix stratégiques. Plus que jamais notre développement sera fondé sur l’innovation produits et une approche de distribution multicanale visant à saisir les opportunités de croissance rentable partout dans le monde”.

Source : CP

Algérie/Risque pays: léger rebond de la croissance

La croissance a été moins élevée que prévu en 2013, en raison notamment de l’impact négatif de l’attaque terroriste d’une installation gazière mi-janvier 2013. Elle va rebondir légèrement en 2014, grâce à une augmentation modérée de la production d’hydrocarbures et au programme d’investissements publics couvrant la période 2010-2014 (construction de logements, de routes et de voies ferrées).Toujours soutenue par les hausses des salaires du secteur public ainsi que par le subventionnement des produits de base, la consommation privée pourrait également être dopée par un éventuel assouplissement des conditions de crédit, de même que l’investissement privé.
La dépendance des comptes publics aux hydrocarbures perdure, puisqu’ils représentent environ 70% des recettes de l’Etat. Grâce à une gestion prudente, avec la rationalisation escomptée des dépenses courantes et la hausse des recettes hors hydrocarbures, le déficit budgétaire devrait diminuer de nouveau en 2014. En tout état de cause, les revenus des hydrocarbures mis en réserve dans le Fonds de Régulation des Recettes permettent de financer ce déficit et le pays bénéficie d’un faible endettement public. Au regard des soulèvements intervenus depuis début 2011 dans d’autres pays arabes, le pouvoir a pris des mesures destinées à lutter contre le chômage des jeunes et à augmenter les logements sociaux, afin de désamorcer la contestation politique et sociale.
Source : coface.fr


Classe Export : “Toutes les raisons d’exporter”

Des raisons d’exporter pour 2014 ? Pour Classe Export, estampillé « facilitateur du commerce international », toujours ! La réussite des salons de Marseille, Paris, Lyon et Liège, véritables révélateurs du dynamisme de nos entreprises, atteste que celles qui exportent tirent leur épingle du jeu. Mais encore faut-il savoir où, comment et avec qui ?

Avec la volonté de jouer la carte de la complémentarité -et non de la substitution- dans l’écosystème du commerce extérieur français, qui d’année en année se structure entre les acteurs privés et publics, Classe Export s’attache à fournir coûte que coûte la bonne information pour optimiser l’accompagnement des entreprises.

 

Effectuer une veille stratégique (technologique et médiatique), renforcer sa trésorerie pour développer sa R&D et in fine, innover, étoffer et mobiliser pleinement ses équipes techniques et commerciales à l’export sont autant de points cruciaux à ne pas négliger pour aborder les nouveaux marchés. Et surtout ne pas croire que la proximité linguistique et/ou géographique d’un pays facilite la compréhension des affaires. On peut parler la même langue sans opérer le même business modèle !

C’est pourquoi Classe a développé plusieurs métiers complémentaires : l’Édition, les Salons, l’Assistance aux entreprises, l’Ingénierie Financière, la Formation, le fonds de développement… Autant d’activités portées par des équipes d’experts, qui grâce à un réseau mondial solide, suivent l’actualité des marchés étrangers pour répondre dans les meilleurs délais aux besoins des Pme.

La conjoncture mondiale, qui sera décryptée dans les prochains jours, notamment, lors du grand colloque Risques pays organisé par Coface, fait souffler un vent d’optimisme pour 2014, appuyé par les récentes déclarations de Christine Lagarde, directrice du FMI et qui révise à la hausse sa prévision de croissance mondiale. Cet optimisme qui nous caractérise aussi, nous souhaitons vous le faire partager : c’est donc décidé, en 2014, tous ensemble on décolle à l’international !

Source www.classe-export.com

Communiqué