Libye : Benghazi, la ville symbole du soulèvement, élit son conseil local

Alors que les élections du Congrès national chargé de rédiger une nouvelle constitution doivent se tenir en juin prochain, Benghazi, le berceau de la révolte libyenne de 2011 soutenue par l’OTAN, a renouvelé les membres de son conseil local. Cela, dans un contexte où la ville, très critique envers le CNT, Conseil national de transition, est tentée par l’autonomie envers Tripoli. Pour ce premier scrutin libre depuis près de 50 ans, les habitants de la ville ont bénéficié d’un jour férié.

Retour au calme à Tripoli

Les autorités libyenne ont déloger des ex-rebelles armés qui avaient pris d’assaut le siège du gouvernement à Tripoli pour réclamer des primes, provoquant des affrontements qui ont fait un mort et quatre blessés, selon le gouvernement.

Après des heures de combats sporadiques, où les forces de l’armée et de la police étaient dépassées par le nombre des assaillants, la situation semblait sous contrôle à la fin de la journée.

La nouvelle de l’assaut sur les bureaux du Premier ministre el-Keib a vite fait le tour de la ville, et les Tripolitains qui avaient repris goût aux sorties nocturnes ont déserté la rue où la police et l’armée ont renforcé les contrôles.

Car rien ne prémunit le gouvernement contre une nouvelle attaque dont la cause première est le non-paiement des primes destinées aux ex-rebelles ayant combattu le régime Kadhafi avec l’aide de l’Otan l’an passé.

Le versement de la prime de 2 400 dinars libyens (soit 1 400 euros) par rebelle a en effet été suspendu de façon unilatérale par le gouvernement en raison de certaines fraudes.

Depuis des semaines, d’anciens rebelles manifestent pour réclamer le versement promis mais ils le faisaient de manière pacifique. Las, ceux de la montagne Nefousa (essentiellement des Berbères) s’estimant lésés en sont venus aux armes contre l’intégrité du gouvernement. Le gouvernement qui a annoncé l’ouverture d’une enquête pour connaître les conditions de la mort d’un responsable de la sécurité, tué lors de l’assaut.

Libye: le CNT rend hommage à Sarkozy

Le Conseil national de transition (CNT) installé au pouvoir en Libye par l’Otan, a rendu hommage au rôle de la France de Nicolas Sarkozy dans la révolution libyenne et a félicité en même temps le nouveau président François Hollande.

« Au moment où nous louons le rôle de la France représentée en la personne de Nicolas Sarkozy, dans son soutien moral et matériel à la révolution libyenne (…), nous présentons nos chaleureuses félicitations au président élu François Hollande », a indiqué à l’AFP le porte-parole du CNT, Mohamed Harizi lisant un communiqué.

La France a été le fer de lance de l’opération menée par l’Alliance atlantique au motif invoqué de protéger les civils libyens de la répression de Mouammar Kadhafi qui a été tué en octobre dernier après plus de 42 ans de pouvoir.

Nicolas Sarkozy avait été par ailleurs parmi les premiers dirigeants occidentaux à dérouler en 2007 le tapis rouge au dictateur Mouammar Kadhafi qui avait fait miroiter des contrats à plusieurs milliards de dollars. Des accusations sur un financement libyen de la campagne de M. Sarkozy en 2007, lancées en 2011 par le fils du colonel Kadhafi, Seïf Al-Islam, ont par ailleurs ressurgi au cours de sa campagne 2012.

Libye/Sarkozy: la note serait « falsifiée » déclare le CNT allié du président-candidat

Selon le Conseil national de transition (CNT), qui dirige la Libye depuis le renversement du régime de Mouammar Kadhafi avec l’aide de la France, la lettre promettant un financement libyen à Sarkozy semble « falsifiée ».

Le site Mediapart a publié samedi une note qu’il présente comme signée par Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye, affirmant que le régime de Kadhafi avait accepté en 2006 de financer à hauteur de «50 millions d’euros» la campagne de Nicolas Sarkozy.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « faux et usage de faux » et « publication de fausses nouvelles », à la suite d’une plainte de Nicolas Sarkozy contre Mediapart.

La plainte vise le site Mediapart, son directeur de la publication Edwy Plenel ainsi que les deux journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske qui ont signé samedi l’article faisant état de cette note.

La Libye autorisera les partis religieux

D’autre part, le Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) a abrogé un article de la loi sur les partis politique qui interdisait les formations politiques fondées sur des bases religieuses, tribales ou raciales, selon le texte de loi lu aujourd’hui devant la presse.

Le texte lu par le comité juridique du CNT ne comprend aucune mention de l’interdiction des partis religieux ou tribaux, contrairement à ce qui avait été annoncé par le CNT la semaine dernière.

Le soudanais Béchir en visite à Tripoli

Le président soudanais Omar el-Béchir est arrivé aujourd’hui pour une visite de deux jours à Tripoli, où il a affirmé que son peuple avait souffert du régime de Mouammar Kadhafi, renversé en août après des mois de conflit armé, a rapporté l’agence officielle libyenne Wal.

Cette visite de Béchir, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité au Darfour, a cependant suscité des critiques, l’organisation Human Rights Watch (HRW) estimant que l’accueil réservé à ce « fugitif international » mettait en doute les engagements des nouvelles autorités libyennes en matière de justice.

A son arrivée à l’aéroport de Tripoli, M. Béchir a été accueilli par le chef du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, ainsi que des membres du gouvernement de transition. Le président soudanais, dont le pays est frontalier de la Libye, a expliqué qu’il venait exprimer le soutien du Soudan au peuple libyen et qu’il visitait le pays « comme si c’était la première fois ». « Nous avons tous souffert de l’ancien régime (…). Nous étions les deuxièmes à avoir le plus souffert, après le peuple libyen », a-t-il assuré.

A La Haye, la CPI s’est refusé à tout commentaire sur cette visite. La Libye n’ayant pour l’instant ni signé ni ratifié le traité de Rome sur l’autorité de la CPI, ses autorités ne sont pas tenues de livrer M. Béchir à la Cour. Mais Richard Dicker, un responsable de HRW, a vivement critiqué cette visite: « Omar el-Béchir est un fugitif international recherché pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre », a-t-il déclaré à l’AFP par téléphone depuis New York.

« Beaucoup de gouvernements lui ont refusé l’entrée dans leur pays. Son arrivée à Tripoli envoie un message troublant quant à l’engagement du CNT en matière de droits de l’homme et de l’état de droit », a-t-il ajouté. « Quels que soient l’histoire et les liens politiques entre le CNT et Omar el-Béchir, le respect des droits de l’Homme, sans parler des centaines de milliers de victimes au Darfour, est prioritaire », a-t-il insisté. « C’est le principe de l’Etat de droit ».

Les relations entre la Libye de M. Kadhafi et le Soudan de M. Béchir ont souvent été tendues. L’ancien dirigeant libyen a certes soutenu le président soudanais contre la CPI, accueillant plusieurs fois M. Béchir en Libye, mais il a aussi cherché à accroître son influence dans la région en envoyant des armes au Darfour, dans l’ouest du Soudan. La Libye a aussi accueilli en 2010 Khalil Ibrahim, chef du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour, tué en décembre par l’armée soudanaise peu après son retour au pays.

Selon M. Béchir, l’attaque meurtrière menée par le JEM en 2008 à Khartoum avait été financée par la Libye et menée avec des armes libyennes. En octobre, après la chute du régime de Kadhafi et la mort de l’ancien dirigeant libyen, le président soudanais avait affirmé avoir soutenu les troupes du CNT et fourni des armes aux combattants libyens. Lors de sa visite en Libye, qui doit s’achever dimanche, M. Béchir doit s’entretenir avec le CNT des « questions d’intérêt mutuel », avait annoncé samedi l’agence soudanaise Suna.

Libye: le CNT, nouvelle cible des manifestants de Benghazi

Des milliers d’opposants et de partisans du Conseil national de transition (CNT) manifestent depuis le début de la semaine à Benghazi, foyer du soulèvement libyen du 15 février 2011. Les uns réclament plus de transparence de la part des nouvelles autorités, les autres renouvèlent leur soutien à Moustapha Abdeljalil, le chef du CNT.

C’est la fin de l’union sacrée. Jusqu’à aujourd’hui, ils étaient soudés autour du Conseil national de transition (CNT), mais les habitants de Benghazi ne voient pas grand-chose évoluer depuis la libération du pays. Alors, les appels à la mobilisation tournent sur les réseaux sociaux avec plusieurs mots d’ordre : «Non à l’opacité». «Non à la corruption». «Non aux opportunistes…»

Les manifestants ont le sentiment que les nouveaux dirigeants libyens sont loin, très loin du peuple. Qui sont-ils ? Que font-ils ? Comment gèrent-ils l’argent du pays ? Personne ne sait vraiment.

Abir Imnina, professeur de Sciences Politiques à l’université de Benghazi analyse les inquiétudes : « les gens voient que les autorités n’ont rien fait et c’est pour cela qu’ils manifestent. On a eu ça pendant 40 ans, et ce n’est pas aujourd’hui qu’on va l’accepter. C’est nous qui avons fait la révolution ! Il faut changer le conseil local de Benghazi. Il faut penser aux jeunes, aux femmes… Personne ne sait qui est le CNT. Il vit dans un autre monde, une autre vie ! Notre colère est justifiée ».

Face à cette colère, le numéro 1 du Conseil, Moustapha Abdeljalil répond : « patience » Mais certains n’ont déjà plus confiance. En annonçant que la Libye était capable de pardonner aux partisans de l’ancien régime ayant combattu les ex-rebelles, il s’est attiré les foudres des protestataires. Des manifestants sont allés jusqu’à brûler le portrait du chef du CNT qui était pourtant acclamé par la foule de Benghazi après la mort de Mouammar Kadhafi.

Lundi 12 décembre, des milliers d’opposants aux nouvelles autorités se sont rassemblés sur la place al-Chajara où avait eu lieu la première manifestation contre Mouammar Kadhafi, en février. Alors que certains passaient la nuit sur cette place, le lendemain, les pro-CNT se retrouvaient sur la place Tahrir, autre lieu symbolique du soulèvement pour renouveler leur soutient à Moustapha Abdeljalil.

Le Premier ministre Abdel Rahim al-Kib a désigné les membres de son gouvernement le 22 novembre dernier avec pour mission de préparer des élections constituantes dans un délai de huit mois maximum, suivies d’élections générales, un an plus tard.

Source RFI

Libye: 7000 détenus dont des femmes et des enfants

Quelque 7000 personnes, dont de nombreux étrangers, sont détenues dans des centres de détention contrôlés par les milices des « brigades révolutionnaires », souligne aujourd’hui un nouveau rapport de l’ONU.

Des femmes et des enfants figurent parmi les détenus et certains auraient été torturés, selon ce rapport du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon diffusé avant une réunion lundi du Conseil de sécurité sur la reconstruction de la Libye après la mort du dictateur Mouammar Kadhafi.

Les prisonniers politiques du régime de Kadhafi ont été libérés, mais les quelque 7000 nouveaux détenus n’ont pas accès à des tribunaux « en l’absence d’une police et d’une justice en état de fonctionnement », selon ce rapport. Le document souligne que des ressortissants de pays d’Afrique sub-saharienne (des Noirs) accusés ou soupçonnés d’avoir été des mercenaires de Kadhafi représentent un grand nombre des détenus.

« Certains détenus auraient été soumis à la torture ou à des mauvais traitements. Des cas ont été signalés d’individus pris pour cible en raison de la couleur de leur peau », explique le rapport de M. Ban Ki-moon. Les « brigades révolutionnaires », d’origine largement tribales, se sont unies pour forcer le colonel Kadhafi à quitter le pouvoir mais elles ont maintenu un contrôle significatif dans leurs propres régions, selon des diplomates et des responsables de l’ONU.

Le rapport de l’ONU souligne que le Conseil national de transition (CNT) a commencé à prendre le contrôle sur les milices mais « beaucoup reste à faire pour régulariser les mises en détention, prévenir les abus et libérer ceux dont la détention ne doit pas être prolongée ».


Libye: une base de l’OTAN avec 20 000 militaires

Selon NessBook, une source autorisée a déclaré que l’Otan va créer une base militaire en Libye avec un effectif de 20 000 soldats.

Les responsables américains cherchent depuis plusieurs années à s’implanter dans la région via leur projet militaire Africom. Les USA pourraient participer jusqu’à 12 000 militaires américains à ce projet.

Selon les mêmes sources, des membres de la direction du CNT ont demandé à l’Otan d’installer cette base militaire pour faire face à la « résistance » des loyalistes du colonel Kadhafi.

Libye: le CNT veut prolonger l’Otan

Le nouveau pouvoir libyen souhaite que l’Otan prolonge sa mission en Libye d' »au moins un mois », a déclaré mardi le « ministre » du Pétrole et des Finances, Ali Tarhouni.  « Je demande à l’Otan de rester au moins un mois de plus », a-t-il déclaré à des journalistes à Benghazi (est), la ville où est née la révolte contre l’ex-dirigeant Mouammar Kadhafi.

La déclaration d’Ali Tarhouni, qui est à la tête du Conseil suprême de sécurité formé en septembre, intervient quatre jours après que l’Otan a annoncé son intention de mettre fin à sa mission de sept mois en Libye le 31 octobre.

Libye: Gouvernement introuvable

En Libye, le Conseil national de transition (CNT) a annoncé lundi 3 octobre la formation d’un nouvel exécutif provisoire. Il s’agit, en fait, de la prolongation de l’exécutif provisoire déjà en place, dont le mandat officiel avait pris fin le 15 septembre. Mais le nouvel exécutif remplit le rôle de gouvernement provisoire et n’est toujours pas un véritable gouvernement de transition.

 

Le gouvernement de transition, qui devra mettre en œuvre la transition démocratique de la Libye, ne sera formé qu’à la « libération » du pays. C’est-à-dire lorsque la ville de Syrte sera tombée, comme l’a défini le Conseil national de transition. En attendant, un comité exécutif gère les affaires courantes. Et c’est pour cette raison que son renouvellement se veut modeste.

« Il aurait été contre-productif de nommer un nouveau gouvernement de transition, alors qu’il n’aurait peut-être vécu que dix jours ! Donc il semblait plus adéquat de continuer avec les personnalités déjà en poste, explique Jalal el-Gallal, porte-parole du CNT. Ce que l’exécutif doit faire, le plus important, c’est de gérer les problèmes du quotidien : la santé, la sécurité, et la stabilité ».

Mahmoud Jibril, qui assume un rôle équivalent à celui de Premier ministre, et qui pensait quitter son poste, reste finalement le numéro 1 de l’exécutif. Le poste de son numéro 2, en revanche, est supprimé. Deux nouveaux portefeuilles font également leur apparition. « Un ministère de l’Environnement a été créé, et un autre pour les martyrs et les personnes blessées pendant la révolution. C’est très important, parce que cela permettra aussi de renforcer les services de santé », souligne Jalal el-Gallal.

Le comité exécutif est officiellement basé à Tripoli, même si en pratique tous ses membres n’y sont pas en permanence en raison de l’activisme de groupes pro-Kadhafi. La présidence du CNT, elle, restera à Benghazi tant que la libération du pays ne sera pas déclarée.