L’Algérie aura sa première centrale nucléaire en 2025

L’Algérie compte construire sa première centrale nucléaire en 2025 pour faire face à une demande d’électricité galopante, a affirmé le ministre algérien de l’Energie et des Mines, Yousef Yousfi.

« Nous prévoyons d’avoir notre première centrale nucléaire en 2025, et nous sommes en train de travailler » sur ce projet, a déclaré le ministre cité par l’agence APS.

« L’institut de génie nucléaire, créé récemment, va former les ingénieurs et les techniciens qui seront chargés de faire fonctionner cette centrale », a-t-il ajouté.

L’Algérie avait annoncé en novembre 2008 un projet de première centrale nucléaire en 2020, qui devait être suivi ensuite d’une centrale supplémentaire tous les cinq ans.

Mais elle doit d’abord résoudre des défis liés à la sécurité de l’installation, au lieu de son implantation et à la disponibilité des importantes ressources nécessaires en eau, avait révélé M. Yousfi en mars 2011.

Le ministre avait cependant assuré que l’Algérie disposait de réserves d’uranium suffisantes pour faire fonctionner une centrale nucléaire.

Le pays a des réserves prouvées d’environ 29.000 tonnes, de quoi faire fonctionner pendant 60 ans deux centrales nucléaires d’une capacité de 1.000 mégawatts chacune, selon des données du ministère.

Le choix d’un recours partiel au nucléaire découle d’une volonté de réduire la facture énergétique dans un pays où la demande en électricité a progressé de 15 à 20% ces dernières années, selon le ministère.

Accord de coopération franco-marocain dans le nucléaire

La préparation de cet accord avait été lancée lors d’une visite du président Nicolas Sarkozy au Maroc en octobre 2007. Mal doté en énergies fossiles, le royaume chérifien, qui n’a qu’un réacteur nucléaire, compte construire sa première centrale nucléaire entre 2022 et 2024. Des appels d’offres internationaux pourraient être lancés entre 2011 et 2014.

« C’est un accord général, un accord cadre qui permet d’accompagner le Maroc sur le chemin de la préparation à son entrée dans le champ de l’énergie nucléaire », a déclaré le Premier ministre français François Fillon, à l’issue de la 10e rencontre de haut niveau franco-marocaine, à Paris. L’accord prévoit une coopération en matière technologique et dans les domaines de la formation et de la sûreté.

« Ce n’est pas un accord commercial pour la construction aujourd’hui d’un réacteur nucléaire. C’est dans une deuxième étape que la France fera des propositions en ce sens compte tenu de l’excellence de sa technologie et de ses entreprises », a dit François Fillon lors d’une conférence de presse commune avec son homologue marocain, Abbas El Fassi.

SOLAIRE ET FERROVIAIRE

Le Premier ministre marocain a déclaré plus tard, à l’issue d’un entretien avec le président Nicolas Sarkozy, que la France était aussi intéressée par une participation dans des projets marocains importants touchant aux énergies renouvelables. Le Maroc veut produire 2 000 Mégawatts à l’horizon 2020 par l’énergie solaire et autant par l’énergie éolienne.

« On a choisi cinq sites pour le solaire et le premier sera à Ouarzazate (sud marocain). La France va intervenir dans ce premier site », a expliqué Abbas El Fassi. Au total, la réunion de haut niveau franco-marocaine a été marquée par la signature d’une douzaine d’accords, a-t-il dit.

Le Premier ministre marocain a par ailleurs déclaré que le bouclage financier du train à grande vitesse Tanger-Casablanca, un projet de deux milliards d’euros, était achevé, avec des contributions françaises, saoudiennes et koweïtiennes. La France et le Maroc avaient signé un protocole d’accord sur la construction de ce TGV par des groupes français lors de la visite de Nicolas Sarkozy dans le royaume chérifien.

Abbas El Fassi a également dit avoir parlé avec le président français du rôle que pouvaient jouer la France et le Maroc en Afrique sub-saharienne. « Nous sommes déjà installés en Afrique dans les domaines des banques, des services, de l’informatique, et nous voulons un partenariat franco-marocain pour le développement de l’Afrique », a dit le Premier ministre marocain. « C’est une chose qui est acceptée par la France. »