En 2014, la censure progresse en France

Après Dieudonné, Zemmour, Chauprade, et bien d’autres moins connus que l’inspecteur Derrick, la censure progresse en France!

Rappelons que l’Assemblée constituante française issue de la révolution de 1789 proclamait que «la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme et que tout citoyen peut donc parler, écrire et imprimer librement».

Face à la censure d’Etat, Dieudonné cartonne toujours!

Malgré l’interdiction faite aux médias dépendant du pouvoir d’en parler, l’humoriste Dieudonné continue à faire salle comble tous les soirs comme le 13 juin dernier à Lyon. Cette censure – qui n’ose pas dire son nom – pourtant respectée au doigt et à l’oeil n’a que peu d’impact sur un public qui semble ne plus écouter la “grande presse” depuis longtemps. De plus en plus de Français se détournent des “donneurs de leçons” pour rire, réfléchir et agir librement.


La liste de Patrick Cohen

—   —   Par DANIEL SCHNEIDERMANN  source libération.fr.

Eh bien, c’est dit. Il existe une liste noire d’invités sur France Inter. C’est l’animateur de la Matinale, Patrick Cohen, qui a benoîtement mangé le morceau. Cela se passe au micro de l’émission C’est à vous (France 5). Chroniqueur de cette émission, Patrick Cohen reçoit son collègue Frédéric Taddéï, animateur de Ce soir ou jamais, qui vient d’être transférée de France 3 à France 2. Et Cohen ne va pas le rater, Taddéï. A présent qu’il est passé sur France 2, chaîne amiral, Taddéï continuera-t-il d’inviter les maudits, comme il le faisait à l’abri de la (relative) confidentialité de France 3 ? «Vous invitez des gens que l’on n’entend pas ailleurs, mais aussi des gens que les autres médias n’ont pas forcément envie d’entendre, que vous êtes le seul à inviter.» Et Cohen cite quatre noms : Tariq Ramadan, Dieudonné, Alain Soral et Marc-Edouard Nabe.

Un théologien, un humoriste, un publiciste inclassable, un écrivain : voici la liste des proscrits, des interdits, des bannis, dressée pour la première fois, tranquillement, sur un plateau de télé convivial et sympathique. Instant de vérité. Deux quinquas se font face, deux animateurs professionnels, au sommet de leur carrière, que tout pourrait réunir, et dont on réalise en une seconde tout ce qui les sépare. Cohen : «Moi, j’ai pas envie d’inviter Tariq Ramadan.» Taddéï : «Libre à vous. Pour moi, y a pas de liste noire, des gens que je refuse a priori d’inviter parce que je ne les aime pas. Le service public, c’est pas à moi.»«On a une responsabilité. Par exemple de ne pas propager les thèses complotistes, de ne pas donner la parole à des cerveaux malades. S’il y a des gens qui pensent que les chambres à gaz n’ont pas existé.»«Qui ?»«Kassovitz sur le 11 Septembre.»«Si je dis “j’ai des doutes sur le fait que Lee Harvey Oswald ait été le seul tireur de l’assassinat de Kennedy à Dallas”, vous m’arrêtez ?»«Evidemment pas.»«Quelle différence ? Tout ce qui n’est pas défendu est autorisé. Je m’interdis de censurer qui que ce soit, à partir du moment où il respecte la loi.»

Même si la liste Cohen mélange tout (quoi de commun entre les quatre ? Et pourquoi Kassovitz ne figurait-il pas dans la liste initiale ?) chacun en entend bien le point commun : les quatre proscrits, sous une forme ou une autre, ont dit des choses désagréables sur les juifs, Israël, ou le sionisme.

Mais soudain, Taddéï renvoie la balle. «Vous voulez que je vous fasse la liste des ministres condamnés, y compris pour racisme, que vous avez reçus dans votre émission de radio ?»«Y en a pas beaucoup.» Taddéï ne prononce pas le nom de Hortefeux, mais là aussi tout le monde a entendu pointer son nez l’éternelle concurrence victimaire : il est légitime d’être désagréable aux Arabes, mais pas aux juifs. Qu’on s’entende bien : c’est parfaitement le droit de Cohen, de ne pas inviter Ramadan, Soral, Nabe ou Dieudonné. Aucun cahier des charges du service public ne l’oblige à le faire. On a le droit d’estimer que Dieudonné n’est pas drôle, ou que Nabe n’est pas un grand écrivain. Cohen serait parfaitement fondé à dire «j’estime qu’il existe des théologiens plus pertinents, des humoristes plus drôles». Manchettes, sujets, invités : être journaliste, c’est choisir, trier, hiérarchiser. Mais aucune raison d’en faire une question de principe, et de proclamer que même la baïonnette dans les reins, on n’invitera pas Bidule. En reprochant à Taddéï d’inviter les proscrits, Cohen dit en fait «ce n’est pas parce que je ne les juge pas intéressants, que je leur barre l’accès au micro de France Inter. C’est parce qu’ils ont contrevenu à un dogme».

Se priver d’invités intéressants parce qu’on n’est pas d’accord avec eux est, pour un journaliste payé par le contribuable, une faute professionnelle. Et non seulement c’est indéfendable, mais c’est contre-productif. Aujourd’hui, les dissidents n’ont plus besoin de Cohen et de ses homologues, pour trouver un écho sur Internet. Avant, il était possible de décider qui étaient les «cerveaux malades», et de les condamner pour crime de pensée, comme dans 1984. Mais aujourd’hui, pour un animateur en vue, déclarer qu’il n’invitera pas Bidule, c’est hisser Bidule sur le piédestal de victime de la censure. Le pré carré audiovisuel, s’il veut rester un lieu crédible de débat d’idées, n’a donc plus d’autre choix que de s’ouvrir aux paroles jadis bannies, quitte à leur opposer une contradiction vigoureuse et argumentée, ou à les prendre à leur propre piège de la dialectique. Et de s’en donner les moyens.

Censure de “Ce soir (ou jamais !)” : Pétition pour garder Taddéï

Quand ils ont décidé de changer la case du magazine, les responsables de France 2 étaient sans doute loin de se douter des réactions qu’ils allaient provoquer.

Diffusée actuellement le vendredi à 22h30, Ce soir (ou jamais), l’émission de débat animée par Frédéric Taddéï, devrait être déplacée au jeudi ou au vendredi à 23h30 pour laisser la place au nouveau talk-show d’Alessandra Sublet, transfuge de France 5. Selon le site Arrêt sur images, Thierry Thuillier, le patron de France 2, a lui-même appris la nouvelle à Frédéric Taddéï la semaine dernière.

A peine l’information connue, les réactions, de personnalités connues ou d’anonymes, ont été très vives sur les réseaux sociaux. Beaucoup ont parlé de censure dans la mesure où Frédéric Taddéï n’hésite pas à inviter des personnalités jugées sulfureuses comme Tariq Ramadan, Alain Soral ou encore Marc-Édouard Nabe qu’il avait reçu à propos d’un livre qu’il a écrit sur Dieudonné.

Un lien rejeté par Thierry Thuillier: l’idée que la décision aurait été prise à la suite de l’émission sur Dieudonné «relève du pur fantasme, a-t-il indiqué. Cette émission était parfaitement digne, Frédéric Taddéï est un pilier du service public et la force de cette émission, c’est le débat».

«Choix débiles»

Sur Facebook, Alain de Greef, l’ancien directeur des programmes de Canal + a dénoncé une «connerie» de la part de France 2: «Je ne comprends pas ces choix débiles», écrit-il. Comment expliquer d’être aussi peu créatifs et d’être à ce point l’esclave d’officines de sondages, que j’utilisais c’est sûr, mais le plus souvent pour faire le contraire de ce qu’elles me suggéraient! Je comprends que l’on soit esclave des sondages quand on est à la tête de TF1 ou de M6 où tout est très sensible au moindre point d’audience perdu, mais pas des chaînes du service public ou bien des petites chaînes dont je vois de jeunes amis se faire jeter parce que leurs projets sont segmentants.»

Sur Twitter, un autre grand nom des médias, Rober Namias, a aussi fait part de son indignation: «Attendons la réaction de Taddeï à cette relégation qui est la pire des censures: celle qui n’ose même pas dire son nom, a ainsi écrit l’ancien directeur de l’information de TF1.»

Une pétition est lancée sur le réseau social pour sauver le soldat Taddéï, qui a attiré vendredi soir 909.000 téléspectateurs (6,6 % de part d’audience). La semaine dernière, «Ce soir ou (jamais!)» avait réalisé un record d’audience avec 1 128.000 de téléspectateurs (8 % de part de marché) avec un débat sur l’affaire Dieudonné.

Cette atteinte à la liberté d’expression n’est pas sans rappeler celle qui a frappé Daniel Schneidermann avec l’arrêt de son émission jugée trop libre “Arrêt sur image”.

Liberté d’expression/Dieudonné : La Rochelle doit lui verser 40.000 euros

La ville a été condamnée à verser 40.000 euros à l’humoriste pour avoir annulé un de ses spectacles. Retour sur les 3 dates clés de l’affaire qui est loin d’être bouclée.

coeur-.gifL’humoriste Dieudonné a gagné la première bataille d’une longue guerre juridique qui se prépare entre lui et la ville de la Rochelle. Le tribunal de commerce de La Rochelle a condamné la société responsable de la gestion du Palais des congrès de la ville à verser 40.000 euros au comédien pour avoir annulé son spectacle.

Les 3 dates clefs du feuilleton Dieudonné/La Rochelle

 

– Le 26 décembre 2008 – Pendant son spectacle J’ai fait l’conDieudonné invite Robert Faurisson sur la scène du Zénith de Paris. L’humoriste avait alors remis le prix «de l’infréquentabilité et de l’insolence» devant près de 5.000 personnes à celui qui est connu pour ses déclarations négationnistes sur les chambres à gaz. «Il fallait que je trouve plus fort que Le Pen» s’était-il exprimé quelques jours plus tard, qualifiant cette invitation de «bombe médiatique artisanale.»

-17 avril 2009 -La mairie de La Rochelle interdit le spectacle de Dieudonné prévu au Palais des congrès, invoquant une «inadéquation avec l’esprit et l’image de la Rochelle» et de possibles «troubles à l’ordre public.» D’autres villes ont récemment annulé des one man shows de l’humoriste, comme Montréal ou Montpellier. À Bruxelles, c’est carrément la police qui venu interrompre un spectacle en pleine représentation.

– Le 31 août 2012 -Le quotidien Sud-Ouest révèle que la ville de La Rochelle est condamnée à verser 40.000 euros à Bonnie production, la société de spectacle de Dieudonné. 30.000 euros pour préjudice moral et 10.000 euros pour préjudice commercial. Une condamnation jugée «inadmissible» par Maxime Bono, le maire de La Rochelle. Selon lui «le préjudice c’est bien lui qui nous le fait subir en banalisant des idées nauséabondes» a-t-il confié à l’AFP. Il compte faire appel de cette décision.

Source lefigaro.fr

Dieudonné censuré par la police belge

La police de Bruxelles a interrompu hier soir un spectacle l’humoriste français controversé Dieudonné et dressé un procès verbal pour “propos xénophobes” et “incitation à la haine raciale”, ont indiqué aujourd’hui les autorités de la capitale belge. “Dans la salle (de spectacle), les policiers ont constaté que des propos xénophobes étaient tenus. Ils ont rédigé un procès verbal visant Dieudonné pour propos xénophobes et incitation à la haine raciale”, a expliqué Nicolas Dassonville, le porte-parole du bourgmestre (maire) de Bruxelles, Freddy Thielemans.
Dans un premier temps, Dieudonné, régulièrement accusé dans le passé de dérapages antisémites, devait présenter son spectacle hier soir à Schaerbeek, l’une des communes de l’agglomération bruxelloise, mais les autorités locales ont interdit sa prestation, selon M. Dassonville. Dieudonné et ses admirateurs se sont alors rabattus sur le Fiesta Bar, une salle située sur le territoire de la ville de Bruxelles. Lorsqu’une dizaine de policiers sont arrivés sur place, un premier spectacle était en cours, tandis que d’autres spectateurs attendaient à l’extérieur le début d’une deuxième séance prévue à 22h, selon M. Dassonville. Quelque 500 personnes en tout étaient présentes, a-t-il précisé.

La justice belge enquêtait déjà sur Dieudonné

Après avoir constaté la tenue de propos “xénophobes”, les policiers ont exigé que l’exploitant interrompe le spectacle en coupant l’électricité. Les spectateurs se sont alors dispersés dans le calme, selon la même source. Le porte-parole n’a pas précisé la nature exacte des propos tenus, mais il a souligné que le “PV de la police avait été transmis au parquet”, qui pourra entamer des poursuites. La ville de Bruxelles étudie également les suites judiciaires à donner à cette affaire, selon M. Dassonville.

“Le bourgmestre de Bruxelles condamne fermement le spectacle de Dieudonné et les propos tenus”, a encore souligné le porte-parole de M. Thielemans. La justice belge avait déjà ouvert en mars une enquête visant Dieudonné afin de voir s’il avait enfreint la législation réprimant l’incitation à la haine et le négationnisme lors d’un spectacle donné près de Liège (est).

Tunisie/Web: la censure du porno cassée

La Cour de Cassation tunisienne a cassé mercredi le jugement ordonnant la censure des sites pornographiques sur internet et a renvoyé l’affaire en appel, ont indiqué à l’AFP une source judiciaire et l’organisation Reporters Sans Frontières.

“La Cour a cassé le jugement de première instance et d’appel qui ordonnait la censure des sites pornos et l’affaire sera rejugée en appel”, a indiqué la source judiciaire ajoutant que les motivations de cette décision n’étaient pas encore connues.

Twitter va collaborer à la censure de chaque pays dont la France

Le site de micro-blogging va mettre en place un filtrage des tweets dans les pays où la loi sur la liberté d’expression est plus stricte qu’aux États-Unis, comme la France.

coeur-.gifC’est une petite révolution pour Twitter. Le service a annoncé jeudi sur son blog que certains tweets ne seront plus visibles dans les pays dont ils enfreignent la loi. Pour Twitter c’est une manière de se mettre en règle pour poursuivre son développement dans de nouveaux territoires. «Au fur et à mesure que nous nous développons à l’international, nous irons dans des pays qui ont des positions variables sur la liberté d’expression», justifie le site.

Jusqu’à présent, le réseau social ne permettait que la suppression pure et simple d’un tweet considéré comme illégal au regard du droit américain, en particulier du Digital Millenium Copyright Act (DMCA), la loi régulant les droits d’auteur aux Etats-Unis. La plupart des tweets déjà censurés étaient donc ceux qui pointaient vers des sites de téléchargement illégal.

«Une mauvaise nouvelle pour la liberté d’expression»

Désormais, Twitter va donc se plier aux réglementations locales et notamment celles sur la liberté d’expression ou le négationnisme. Les tweets ne seront visibles que dans les pays où ils seront jugés conformes aux limites de la liberté d’expression. Les utilisateurs français ne devraient donc plus avoir accès aux tweets niant le génocide arménien, la contestation de son existence étant désormais sanctionnée. Mais ces messages resteront publics aux États-Unis.

Pour être filtrés, ces tweets devront être signalés à Twitter par une «demande valide et correctement portée par une entité autorisée», c’est-à-dire, le plus souvent, par une décision administrative ou judiciaire. Sur un réseau axé sur l’instantanéité et le temps réel, cette suppression interviendra donc bien après la publication du message. Pour des raisons de transparence, toutes les requêtes de filtrage seront archivées sur une page dédiée, à la manière de Google, qui publie régulièrement toutes les demandes judiciaires de suppression de contenus.

Les réactions à cette décision ont été vives. Le site spécialisé Gizmodo dénonce une censure: «A quel point les bouleversements du printemps arabe dans le Moyen Orient auraient-ils été différents si Twitter avait adopté cette politique l’an dernier?». Pour Reporters sans frontières, il s’agit d’une «mauvaise nouvelle pour la liberté d’expression en ligne». Interrogée par l’AFP, Lucie Morillon, responsable du bureau Nouveaux médias de l’organisation considère que «Twitter va collaborer avec les censeurs, et finalement les aider à empêcher des informations critiques sur le gouvernement ou des dénonciations de corruption». Jilian C. Work de l’Electronic Frontier Foundation, une organisation luttant pour la libre expression sur le net, pense également qu’il s’agit de «censure». Mais «Twitter n’est pas au-dessus des lois [et] fait du mieux possible dans une situation difficile», juge-t-elle.


Censuré, Ménard animera la matinale de Sud-Radio

Le journaliste Robert Ménard animera à partir du 18 août la matinale de Sud Radio, qui émettra également pour la première fois sur une fréquence parisienne, a annoncé vendredi la radio.

Le fondateur de Reporters sans frontières (RSF), dont le contrat n’avait pas été renouvelé en juin après un an de collaboration avec RTL en raison, notamment, de “certaines de ses prises de position”, occupera l’antenne tous les jours entre 7h00 et 8h30. Il “invitera des personnalités et des auditeurs à débattre et à échanger en direct avec lui”.

On pourra désormais écouter Sud Radio à Paris, sur la fréquence 99.9, la radio couvrant à présent le Centre, les Poitou-Charentes, le Limousin, le Pays de la Loire, la Bourgogne, l’Aquitaine, l’Auvergne, les Midi-Pyrénées, la région Provences-Alpes-Côte d’Azur et l’Île-de-France.

Liberté d’expression: La Commission européenne se félicite de la censure d’Al-Aqsa TV

Stratégie numérique: la Commission se félicite des mesures prises par l’autorité française de régulation pour lutter contre l’incitation à la haine et clôt l’action en justice

La Commission européenne a noté avec satisfaction que la France respecte désormais les règles de l’Union européenne en matière de radiodiffusion et a décidé de clore la procédure d’infraction concernant la chaîne de télévision Al-Aqsa TV, qui diffusait régulièrement, depuis 2006, des émissions incitant à la haine pour des raisons de religion, de nationalité ou de race. Ce type de pratique est proscrit par l’article 6 de la directive «Services de médias audiovisuels (SMA)». Suite aux mesures prises à son encontre par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), l’opérateur de réseaux satellitaires Eutelsat a cessé de diffuser le service Al-Aqsa TV en Europe. Le CSA a ainsi donné suite à la lettre de mise en demeure adressée par la Commission aux autorités françaises en juin 2010 en application des procédures d’infraction de l’Union européenne. Curieusement, l’ONG militante Reporters Sans Frontières n’a pas protesté. La Commission suivra l’évolution de la situation en étroite coopération avec les autorités nationales.

La chaîne de télévision Al-Aqsa TV était diffusée par le satellite Atlantic Bird 4 (exploité par l’entreprise française Eutelsat), dont la station de liaison montante est située hors de l’Union européenne. Elle pouvait être reçue en Europe méridionale avec un équipement standard, et dans toute l’Europe avec une grande antenne parabolique. En vertu de la directive «SMA» (2010/13/EU), Al-Aqsa TV relevait de la compétence de la France et de l’Union européenne.

En 2008, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a constaté qu’Al-Aqsa TV diffusait des émissions contenant une incitation à la haine, en violation des droits français et européen. En dépit des mesures prises par l’autorité française de régulation, Al-Aqsa TV a continué de diffuser les émissions incriminées.

La Commission a donc adressé, le 3 juin 2010, une lettre de mise en demeure aux autorités françaises dans laquelle elle demandait que le CSA use de ses pouvoirs pour garantir le respect des règles européennes interdisant les émissions contenant une incitation à la haine. Le 8 juin, le CSA a rendu publique une décision mettant Eutelsat en demeure de cesser la diffusion du service Al-Aqsa TV. Le 24 juin, cette chaîne a cessé de diffuser ses programmes en Europe via Eutelsat.

Rappel

La directive «Télévision sans frontières» a été adoptée en 1989 (IP/91/898) et modifiée pour la première fois en 1997 (IP/97/552). Une directive la modifiant a été adoptée en décembre 2007 (voir IP/07/1809 et MEMO/08/803). Les États membres devaient l’avoir transposée dans leur droit national avant fin 2009. Le 10 mars 2010, les dispositions de la première directive «Télévision sans frontières» et des directives qui l’ont modifiée ultérieurement ont été fusionnées pour donner naissance à la directive «Services de médias audiovisuels» (version codifiée). La disposition proscrivant l’incitation à la haine existait déjà dans la directive de 1989 et n’a jamais été modifiée.

Le texte de la directive «Services de médias audiovisuels» peut être consulté à l’adresse suivante:

http://ec.europa.eu/avpolicy/reg/avms/index_fr.htm

Pour en savoir plus sur les procédures d’infraction de l’Union européenne, lire le MEMO/10/530