Algérie : un nouveau Parlement pour rédiger une nouvelle Constitution

L’Algérie attend la proclamation, par le Conseil constitutionnel, des résultats validés des élections législatives du 10 mai. Un scrutin largement remporté par le parti présidentiel, le FLN, le Front de libération nationale, avec 220 des 462 sièges. Désormais, le principal chantier du nouveau Parlement est la rédaction d’une nouvelle Constitution, conformément aux souhaits d’Abdelaziz Bouteflika le chef de l’Etat, il y a un an, pour désarmorcer un éventuel printemps algérien.

Ecrire une nouvelle Constitution d’ici début 2013, c’est la mission de ce nouveau Parlement. La question clé est celle du nombre de mandats. Vont-ils être à nouveau limités à deux ? Autrement dit va-t-on revenir au texte de 1993 ?

En 2008, Adelaziz Bouteflika avait modifié la Constitution pour pouvoir briguer un troisième mandat. Aujourd’hui depuis l’éclatement des révolutions arabes, le contexte a changé et la présidence à vie n’est plus à la mode.

Le second débat est celui concernant le type de régime. Présidentiel ou semi-présidentiel ? Cette dernière hypothèse est la plus probable. Mais on sait que l’actuel Premier ministre et d’autres leaders politiques ont clairement exprimé leur préférence pour un système parlementaire.

Cette nouvelle Assemblée dominée par le parti présidentiel pourra-t-elle vraiment porter des réformes synonymes de plus de démocratie ? Certains en doutent. « En donnant 220 sièges au FLN » commente un journaliste du quotidien El Watan, le pouvoir a tué le dernier espoir qui restait aux Algériens de voir arriver un changement par les urnes.

Querelle au sein du FLN

Le scrutin du 10 mai a été largement remporté par le parti présidentiel. Mais ce raz-de-marée du FLN n’empêche pas de profondes divisions en interne. Une partie du comité central du parti demande la tête du secrétaire général Abdelaziz Belkhadem.

La victoire du FLN n’est pas celle du secrétaire général, c’est celle du peuple, disent les contestataires au sein du parti présidentiel. Déjà le 9 avril le Comité central avait réuni le quota nécessaire de ses membres pour retirer sa confiance à Abdelaziz Belkhadem, réunion devant le siège du parti dont les portes avaient été scellées.

Boudjemaa Haïchour, chef de file des protestataires au sein du comité central du FLN déclare : « Je pense que la rupture est consommée parce que fondamentalement on ne peut plus travailler avec ce secrétaire général parce que dans sa démarche, dans ses méthodes, dans sa gestion du parti, il a montré ses limites, tant sur le plan idéologique, que doctrinal. C’est pour ces raisons que nous continuerons à militer pour qu’il ne soit plus le secrétaire général du parti ».

Concrètement, le secrétaire général est accusé d’avoir composé des listes controversées pour les législatives. Boudjemaa Haïchour accuse même certains candidats d’avoir monnayé leur place sur la liste, avec la complicité de la direction du parti.

Plus profondément, c’est la main-mise des proches d’Abdelaziz Belkhadem sur les sections régionales du FLN qui provoque des remous. Plusieurs responsables du parti lui reprochent aussi son conservatisme religieux. Une chose est sûre, la guerre n’est pas finie, sans que l’on sache pour l’instant qui a aujourd’hui le soutien du chef de l’Etat, président d’honneur du parti.

Et ces « redresseurs », comme on les appelle à Alger, sont décidés plus que jamais à se réunir samedi prochain pour élire un nouveau chef.

Source RFI