Des élus américains ont vu les photos de Ben Laden mort

La CIA a commencé à montrer à des élus des deux chambres et des membres des commissions du Renseignement et des Forces armées des photos de la dépouille d’Oussama Ben Laden, a-t-on appris mercredi 11 mai auprès du Congrès américain.

Le sénateur républicain de l’Oklahoma James Inhofe a déclaré à la chaîne de télévision CNN avoir vu 15 clichés de Ben Laden mort. « Un des projectiles est entré par une oreille et ressorti par un globe oculaire. Ou est entré par le globe oculaire et a explosé (…) le cerveau sortait de l’orbite, c’était plutôt horrible », a commenté le sénateur.

L’élu a assuré n’avoir aucun doute sur l’identité du mort. « Je les ai vues. C’était lui », a indiqué James Inhofe, coupant l’herbe sous le pied aux thèses conspirationnistes. Ben Laden aurait reçu 2 balles dans la tête ce qui prouve que les Américains le voulait bien mort.

 

Mort de Ben Laden : « le pire » à venir

Le chef d’al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa), Nasser al-Wahishi, a prévenu les Etats-Unis que « le pire » était à venir après la mort d’Oussama Ben Laden, dans un message mis en ligne sur des sites islamistes.?? »Les Américains ont tué le cheikh (…) mais ils doivent savoir que les braises du jihad rougeoient à présent plus que pendant sa vie », affirme le Yéménite al-Wahishi dans le message publié mercredi le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE.? »Ne pensez pas que l’affaire est finie (…) ce qui est à venir est encore pire, ce qui vous attend est plus intense et plus nocif », poursuit le chef d’Aqpa, ajoutant: « vous allez vous mordre les doigts et regretter les jours du cheikh » Oussama Ben Laden.??L’AQPA est née d’une fusion, en 2009, des branches yéménite et saoudienne du réseau. Elle a tenté le 25 décembre 2009 de faire exploser en vol un avion reliant Amsterdam à Detroit, et a revendiqué l’envoi par avion cargo de colis piégés aux Etats-Unis fin octobre 2010, découverts par la police à Dubaï et en Grande-Bretagne avant leur explosion.??Al-Qaida avait déjà menacé de venger la mort de son chef en s’en prenant aux Etats-Unis.

Libye : Pour une fois que Kadhafi a raison …

Issa K. Barry.

Et le Guide fait encore parler de lui ! C’est par le truchement d’une interview réalisée par la chaîne de télévision France 24.

Et une sortie du président libyen, Mouammar Kadhafi, passe rarement inaperçue. Quelques morceaux choisis nous démontrent que malgré l’âge, l’interviewé n’a pas perdu de sa superbe. Concernant la présence en Libye de Khalil Ibrahim, chef du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), le plus important des groupes rebelles du Darfour, il fait remarquer :

« Il est normal que sa présence en Libye préoccupe le Soudan et le Tchad. Nous lui avons cependant interdit de faire des déclarations, à moins que cela soit dans l’intérêt de la paix ou pour déposer les armes ». A propos d’Omar El-Béchir, le président soudanais, qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt international, il fustige : « Nous ne reconnaissons pas la Cour pénale internationale, qui est un instrument au service du colonialisme et du terrorisme international …

Il faudrait juger un certain nombre de dirigeants occidentaux et israéliens avant de juger El-Béchir ». A propos d’al-Qaida Maghreb, il balaie d’un revers de la main leur appartenance à « la nébuleuse » : « En réalité, il s’agit de petits groupes criminels comme les Brigades rouges en Italie. Ils ont commis des attentats, des kidnappings et des assassinats, cela n’a rien à voir avec l’islam ».

Et ce personnage haut en couleur de faire constater que Ben Laden n’est pas responsable des actes de ce groupuscule terroriste. « Ben Laden, dont cette organisation se revendique, peut se comporter comme un homme raisonnable, comme un cheikh, comme un théologien, il a notamment proposé la trêve à l’Europe. Je ne pense pas qu’il accepte ces groupes de la mort ».

Certes, beaucoup de provocation dans les propos. Une sortie de plus de la part du fantasque président, pourraient même conclure certains. Et pourtant, à notre sens, les propos du dernier invité VIP de ce média français comportent souvent quelques analyses édifiantes.

  • C’est, par exemple, le cas lorsqu’il aborde la question de l’attitude de ces terroristes qui revendiquent une religion, l’islam notamment, pour justifier leurs basses besognes. En effet, à aucun endroit, selon les érudits musulmans en tout cas, cette religion n’a encouragé la violence. Si ces soi-disant membres d’al-Qaida Maghreb construisaient des dispensaires ou des écoles, l’on n’y trouverait, par contre, rien à redire.

Malheureusement pour le président libyen, les préjugés sur sa personne ont la dent dure. D’un, ces propos sortent de la bouche d’un chef d’Etat que certains (à dessein ?) confinent dans le rôle d’amuseur de la galerie. De deux, quand le président libyen donne des leçons de bonne conduite, il est difficile pour lui d’occulter qu’il n’est souvent pas un exemple de vertu en la matière.

Nous reviennent en mémoire les charters d’émigrés africains renvoyés sans ménagement aucun dans leurs pays d’origine. Sans oublier les opérations de déstabilisation de pays africains pendant les années 80 et dirigées en sous-main par l’enfant terrible de Syrte. Sans non plus passer sous silence les attentats dans lesquels les services secrets libyens ont été impliqués.

Par contre, en matière de développement, le géniteur, dans son pays, du plus grand fleuve artificiel du monde, avec une longueur de canalisation de 4 200 kilomètres, n’a pas de leçon à recevoir de beaucoup de dirigeants, surtout pas ceux africains. Elle est aussi l’un des rares pays disposant de pétrole dans lequel l’éducation, la santé et le logement sont gratuits. La Libye est l’un des rares pays où lorsque vous allez dans une boulangerie pour payer une baguette de pain on vous l’offre gratuitement. De temps en temps, il faudrait donc prendre en compte certains points de vue de son dirigeant, même si ses actes sont souvent en contradiction avec son comportement.

« Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ». Cette phrase devenue proverbiale et dite à propos de quelqu’un qui se dispense d’appliquer les conseils qu’il donne à autrui s’applique bien à son attitude. Cependant, ne dit-on pas qu’il faut un fou du roi dans toute société bien organisée ? Alors, accordons de temps en temps au bouillant colonel quelques circonstances atténuantes.