Tunisie : Le PM dénonce des débordements

Le premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi a dénoncé « les débordements inacceptables » commis par certains citoyens, citant des manifestations trop fréquentes et l’émigration clandestine vers l’Europe.

« Les manifestations de protestations et les sit-in quotidiens entravent le travail du gouvernement qui essaye de penser à des programmes encourageant les investisseurs étrangers », a averti le premier ministre lors d’une conférence de presse.

Schengen suspendu, « c’est à cause de nous! »

« Les routes ont été bloquées 111 fois par des protestataires et avec des comportements pareils nous hypothéquons l’avenir », a-t-il souligné citant comme autres exemples regrettables la prière dans les rues et les tentatives d’immigration clandestine vers l’Europe.

Selon le premier ministre, « si la France a décidé de suspendre provisoirement l’accord Schengen, c’est à cause de nous! ».

« Je lance un cri d’alarme et je rappelle à tous les Tunisiens qu’ils sont concernés par cette situation », a encore dit le chef du gouvernement en ajoutant: « Cette révolution est bénie et nous ne devons pas la trahir pour des raisons partisanes étroites ».

Les protestations continuelles menacent aussi, selon lui, la production de quelques entreprises importantes « ce qui est inacceptable et ne sert pas l’intérêt du pays », a lancé M. Caïd Essebsi.

Malgré « de grands débordements dans le comportement des citoyens », le gouvernement de transition « ne veut pas avoir recours à la force », a-t-il souligné.

 

Maroc : Le Roi reçoit le Premier ministre tunisien

Le Roi Mohammed VI, a reçu, mercredi au Palais royal de Rabat, le Premier ministre du gouvernement tunisien, M. Béji Caid Essebsi.

Un communiqué du cabinet royal a indiqué que cette visite, la première du genre que le Premier ministre tunisien effectue en dehors de la Tunisie depuis son entrée en fonction, illustre les liens de fraternité et les solides relations historiques qui unissent les deux pays et les deux peuples frères, et consacre la tradition de concertation et de coordination entre eux.

Elle intervient aussi dans le but de renforcer les relations privilégiées de coopération et de solidarité que les deux pays entretiennent dans tous les domaines. Elle offre également l’occasion de procéder à des échanges de points de vue sur des questions arabes, régionales et internationales d’intérêt commun, ajoute le communiqué.

Au cours de cette audience, le Premier ministre tunisien a exposé les développements de la situation dans son pays, ainsi que les mesures de réforme prises par le gouvernement tunisien pour permettre à toutes les composantes du peuple tunisien de s’investir dans le processus de développement et de démocratie.

A cette occasion, le Roi a exprimé son appréciation et s’est félicité de voir que les différentes composantes et forces vives en Tunisie adhèrent unanimement à la voie du dialogue et de la concorde, afin que le peuple tunisien puisse réaliser ses aspirations en termes de quiétude, de stabilité, de progrès et de prospérité, et que la Tunisie puisse continuer à remplir le rôle constructif et efficient qui est le sien au sein de son environnement maghrébin et régional.

A cet égard, précise le communiqué, Sa Majesté a réaffirmé la pleine disposition du Maroc à soutenir cet effort visant à mener à bien la transition souhaitée.

Concernant l’Union du Maghreb Arabe, le Souverain a réaffirmé la nécessité de consolider les fondements de l’Union en tant que choix stratégique incontournable, et en tant que mécanisme de coopération et de solidarité entre les cinq Etats de l’Union, et ce, en accord avec l’esprit et la lettre du Traité fondateur de Marrakech, et conformément à une vision prospective tenant compte des aspirations réelles des peuples de la région en matière de co-développement et de construction démocratique.

Dans ce contexte, le Premier ministre tunisien a relevé que la question du Sahara constitue un obstacle à l’intégration maghrébine et qu’il est important de trouver une solution politique et définitive à cette question, conformément la légalité internationale.

Le Premier ministre tunisien s’est également félicité de la teneur du Discours Royal du 9 mars 2011, ainsi que de la vision innovante de du Roi, qui s’inscrit dans le cadre des initiatives réformatrices visant à mettre au point un projet de société pour un Maroc évolué et moderne.

S’agissant des événements en cours dans certains pays arabes, notamment la Libye, le Premier ministre tunisien a salué les positions sages du Souverain à ce sujet, affirmant partager la grande préoccupation du Roi Mohammed VI face à l’escalade des violences et des combats dans ce pays frère, et de leurs retombées sur la stabilité et la sécurité de la région.

Par ailleurs, M. Caïd Essebsi a exprimé les remerciements de son pays à Sa Majesté le Roi, et sa profonde gratitude pour les aides humanitaires que le Royaume du Maroc a fourni à la Tunisie afin de l’aider à faire face à l’afflux massif des communautés étrangères, consécutif à ces événements.

Cette audience a été également l’occasion d’exprimer une satisfaction commune quant au niveau atteint par les relations privilégiées entre les deux pays, ainsi qu’une détermination à élargir les perspectives de développement de ces relations, en veillant notamment à la mise en oeuvre optimale de l’Accord d’Agadir pour la création d’une zone de libre-échange arabo-méditerranéenne, et la levée des barrières qui empêchent la mise au point d’un partenariat économique répondant aux exigences de la mondialisation et des ensembles régionaux.

Cette audience s’est déroulée en présence du Premier ministre M. Abbas El Fassi, et du secrétaire d’Etat tunisien aux Affaires étrangères, M. Redhouane Nouicer.

Source MAP

 

Le PM tunisien : la Tunisie souhaite bâtir un avenir commun avec l’Algérie

Béji Caïd Essebsi, Premier ministre du gouvernement provisoire tunisien et envoyé spécial du président tunisien par intérim Fouad Mebazaa a exprimé mardi le souhait de son pays de bâtir un avenir commun avec l’Algérie dans l’intérêt des deux pays. « L’Algérie et la Tunisie ont une histoire, une lutte et une coopération communes », a déclaré M. Essebsi à la presse à l’issue de l’audience que lui a accordée le président de la République Abdelaziz Bouteflika à la résidence Djenan El Mefti avant son départ d’Alger. Le premier ministre tunisien a fait part de sa confiance en le président de la République et les responsables algériens qui travaillent sous sa direction. Les relations algéro-tunisiennes, a-t-il souligné, sont « naturelles et profondes ». S’agissant de la situation en Tunisie, M. Essebsi a indiqué qu’elle était « bonne. Béji Caïd Essebsi devait ensuite se rendre au Maroc.

 

Tunisie : Béji Caïd Essebsi, nouveau Premier ministre de transition

En Tunisie, Fouad Mebazza, le président par intérim a nommé l’ancien ministre Beji Caïd Essebsi à la tête du gouvernement. Il succède à Mohammed Ghannouchi qui a fini par céder à la pression de la rue. Le Premier ministre tunisien de transition, perçu comme l’homme du président renversé Ben Ali, a démissionné le 27 février, emporté par 48 heures de contestations et de violences qui ont fait au moins cinq morts à Tunis, un mois et demi après la chute de Zine El Abidine Ben Ali.

Pour trouver un nouveau Premier ministre n’ayant pas servi sous Ben Ali, le président par intérim Fouad Mebazza est allé chercher très loin, une ancienne figure politique de l’après-indépendance tunisienne. Bien connu dans le pays, estimé par les anciens, ex-militant du Destour Béji Caïd Essebsi, 84 ans, connaît parfaitement les rouages de l’Etat.

A quatre reprises, il fut ministre sous Bourguiba, le père de l’Indépendance. Entre 1965 et 1986, cet avocat de formation endosse notamment les portefeuilles de la Défense, de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Ancien de la Sorbonne à Pa ris, Béji Caïd Essebsi, connait bien la France également pour y avoir été ambassadeur dans les années 1970.

Face aux manifestants, le nouveau Premier ministre aura peut-être, un atout celui

de s’être retiré de la vie politique cinq ans après l’accession au pouvoir de Ben Ali, alors qu’il était au perchoir, président de l’Assemblée nationale tunisienne. Une époque peut-être lointaine pour une partie de la jeunesse tunisienne qui vient tout juste de faire tomber son prédécesseur en descendant dans la rue.