Tunisie: 2019, année électorale chargée d’incertitudes

Grève générale inédite, création d’un parti censé servir les ambitions prêtées au Premier ministre… La Tunisie, pionnière et unique rescapée du mal nommé Printemps arabe, est entrée de plain-pied dans une année électorale à hauts risques pour sa jeune démocratie. 

Tour d’horizon à quelques mois de ces scrutins législatifs et présidentiel, huit ans après le renversement du président Ben Ali. 

– LES DATES SONT-ELLES CONNUES ? 

L’Instance supérieure indépendante chargée d’organiser les élections (Isie) doit les fixer prochainement. 

La Constitution, dont l’adoption en 2014 fut saluée comme une grande réussite de la transition démocratique, prévoit que les législatives aient lieu dans les 60 jours avant la fin du mandat de l’Assemblée, soit entre début octobre et début décembre. La présidentielle est prévue entre fin octobre et fin décembre. 

Les législatives sont prévues avant la présidentielle, à moins qu’un parti ne parvienne à convaincre la majorité des députés de bousculer ce calendrier ou que le Président ne démissionne. 

La Cour constitutionnelle, saisie en cas de litiges, n’est pas encore constituée, et l’Isie est fragilisée, le Parlement n’ayant notamment toujours pas désigné de nouveau Président. Mais la majorité des élus et les bailleurs de fonds sont opposés à tout report. 

– LE PRESIDENT SERA-T-IL CANDIDAT ? 

Premier Président élu démocratiquement au suffrage universel en 2014, Béji Caïd Essebsi, 92 ans, est le doyen des chefs d’Etat avec la reine d’Angleterre. 

M. Essebsi est envisagé comme candidat par Nidaa Tounes, parti qu’il a co-fondé en 2012 et qui est déchiré par des luttes de pouvoir. 

Il a indiqué récemment dans un entretien à un journal arabophone qu’il ne visait pas “la présidence à vie” et qu’il ne briguerait un second mandat que “dans l’intérêt de la Tunisie” et à condition que Nidaa se ressoude. 

Il a par ailleurs attaqué son Premier ministre Youssef Chahed, accusé de s’accrocher au pouvoir via un pacte “secret” avec les islamistes d’Ennahdha. 

Le fils du Président, Hafedh Caïd Essebsi, dont la mainmise sur Nidaa Tounes a précipité les tensions, est lui très largement rejeté, jusque dans son camp. 

– QUELS CANDIDATS POSSIBLES ? 

Si aucun ne s’est prononcé, le Premier ministre, ex-dauphin du Président, rassemble ses troupes. 

Fin janvier a été annoncée la création prochaine d’un mouvement dont les référents politiques sont très proches de ceux de Nidaa Tounes (“modernisme”, libéralisme…). Si M. Chahed était absent, c’est autour de sa personne et des 44 députés l’ayant rallié cet automne que le mouvement “Tahia Tounes” (“Vive la Tunisie”) se constitue. 

Tahia Tounes, tout comme Nidaa, doit organiser son congrès en mars. 

Ennahdha, formation qui s’en est la mieux tirée lors des municipales de 2018, apparaît pour sa part comme la plus structurée pour les législatives. Elle s’est en outre efforcée d’acter sa mutation en parti à simple “référent” islamiste, ou “islamo-conservateur”. 

Mais Ennahdha n’a pas encore décidé s’il allait présenter un candidat à la présidentielle ou trouver un allié, tel l’ex-président Moncef Marzouki en 2014. Après ce scrutin perdant, Ennahdha avait scellé une alliance surprise avec M. Essebsi, rompue fin 2018. 

Le chef de file historique d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a déclaré qu’il ne souhaitait pas être candidat. Mais la décision relève des instances du parti. 

D’autres personnalités sont évoquées pour ce scrutin, dont l’ex-président Marzouki (2011-14), le chef de file de la gauche Hamma Hammami ou la mécène Olfa Rambourg, dont la Fondation soutient divers projets socio-culturels. 

– QUELS THEMES DE CAMPAGNE ? 

Les 11 millions de Tunisiens attendent avant tout des réponses à la profonde crise sociale et économique qui a suivi le départ du président Ben Ali, alors que la menace jihadiste a reflué. 

La reprise de la croissance n’a pas permis de juguler le chômage, et l’inflation a rogné le pouvoir d’achat. 

Une grève générale inédite a été observée le mois dernier, et un nouvel appel a été lancé par le puissant syndicat UGTT. 

Mais la tentation reste forte de placer le débat sur des questions polarisantes comme les droits des femmes ou la religion. 

“Si Tahia Tounes s’installe et récupère l’électorat de Nidaa, elle pourra décliner” un programme de “réformes économiques”, estime Khayam Turki, du centre de réflexion Joussour. 

“Mais si elle peine à s’affirmer”, la campagne pourrait tourner “autour de l’identitaire pour gêner Ennahdha”. 

– QUEL TYPE DE SCRUTIN ? 

Les conditions pour postuler à la présidentielle sont aussi souples que lors du scrutin historique de 2014, et il pourrait y avoir foule de postulants, ouvrant la voie à des candidatures visant à négocier un ministère ou l’abandon de dossiers judiciaires, estime un observateur. 

Pour les législatives, un projet de loi visant à relever le seuil électoral à 5 % est à l’étude, ce qui accentuerait la domination des gros partis. 

“Le risque est d’appauvrir le débat parlementaire, ce qui n’est pas indiqué dans une démocratie de transition nécessitant des contre-pouvoirs forts”, estime Selim Kharrat, de l’observatoire de la vie politique Al-Bawsala.

Avec AFP

Salvini : ‘’J’ai rencontré un grand président, Essebsi, un véritable héros à 92 ans’’

A son retour de Tunisie, où il était en visite de travail d’un jour, le jeudi 27 septembre 2018, le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini a accordé une interview au journal Corriere Della Sera.

Evoquant sa visite au Pays du jasmin, et sa rencontre avec son homologue tunisien Hichem Fourati et le président de la république Beji Caied Essebsi, Salvini a souligné qu’il respectait les déclarations du président Béji Caied Essebsi à propos des réformes entreprises par le gouvernement tunisien.

Matteo Salvini a qualifié Béji Caied Essebsi d’un vrai héros à 92 ans et une grande personnalité.

‘’J’ai rencontré un grand président de la République, Essebsi, un véritable héros à 92 ans’’!

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, avait reçu, jeudi, au Palais de Carthage, le vice-président du Conseil et ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, en visite de travail en Tunisie.

A l’issue de la rencontre, Salvini a expliqué que sa visite en Tunisie vient témoigner des relations profondes d’amitié unissant les deux pays.

Elle illustre, aussi, le souci de l’Italie de consolider et de diversifier la coopération dans les domaines économiques, sociaux, culturels et sécuritaires pour faire face aux défis communs dans l’espace méditerranéen, a-t-il poursuivi.

Le ministre a salué l’expérience démocratique naissante en Tunisie et les pas franchis sur la voie de l’instauration des institutions démocratiques et de la consécration des droits de l’homme et des libertés.

Relations privilégiées d’amitié et d’étroite coopération 

Il s’est, en outre, félicité du climat social sain en Tunisie qui a encouragé plusieurs investisseurs italiens à s’y installer, générant des opportunités d’emploi pour la jeunesse tunisienne.

Salvini a indiqué que la coopération est “étroite et continue entre les deux pays en matière de lutte contre la migration irrégulière et le terrorisme”.

Le renforcement de cette coopération, a-t-il dit, nécessite la conjugaison de tous les efforts et la mobilisation de tous les moyens pour trouver des solutions radicales à ces fléaux qui menacent la stabilité et la paix dans les deux pays et dans l’espace méditerranéen.

De son côté, le président Caïd Essebsi a mis en avant les relations privilégiées d’amitié et d’étroite coopération entre les deux pays qui, selon lui, doivent être mises à profit pour diversifier les domaines de coopération bilatérale et les hisser aux plus haut niveau, au service des intérêts communs.

Il a relevé que les défis qui mettent en péril la sécurité et la stabilité de la région méditerranéen et entravent les efforts de développement nécessitent de parfaire la coordination et de raffermir la coopération.

Devant le Parlement tunisien, Macron rend hommage à une révolution qui se cherche encore

Fin de la visite d’Emmanuel Macron en Tunisie. Le président français s’est exprimé devant l’Assemblée des représentants du peuple ce jeudi matin à Tunis. Un discours qui a duré près d’une heure, en forme d’hommage à la révolution tunisienne.
« Vous avez conduit une véritable révolution culturelle, et celle-là, vous l’avez réussie. Vous avez fait mentir ceux qui, partout dans le monde encore aujourd’hui, disent que des sociétés où l’islam est présent ne sont pas compatibles avec la démocratie. Et vous avez fait mentir ceux qui là aussi, dans nombre de régions du monde veulent faire croire que l’islam est là pour régenter l’Etat et que la séparation n’est pas possible. Vous les avez fait aussi mentir. Vous avez, par ce travail profond, construit un modèle unique ».
Pour Emmanuel Macron, il faut soutenir ce modèle tunisien conforme au format occidental. Le soutenir, car pour lui, la Tunisie est un « espoir et un laboratoire pour toute la région ». Une nouvelle fois ce midi, Emmanuel Macron s’est donc engagé à soutenir la Tunisie pour l’aider à passer le cap, consolider la démocratie en aidant son économie en crise tout comme de nombreux autres secteurs depuis le coup d’Etat qui a chassé le président Ben Ali en 2011.

Macron reconnait la responsabilité de l’Occident dans la déstabilisation de la région

Pour cela, il a promis entre autres de doubler les investissements français sous son quinquennat, mais aussi d’accorder 500 millions d’euros supplémentaires de 2020 à 2022. Il a promis aussi de faire plus pour lutter contre le terrorisme.
Une aide accordée non pas en « ami », a-t-il insisté, mais comme « un frère ou une sœur », car pour Emmanuel Macron la France a une part de responsabilité à assumer dans les difficultés que traverse la Tunisie, notamment face à la menace terroriste et au délitement de la Libye : « L’Europe, les Etats-Unis et quelques autres ont une responsabilité quant à la situation actuelle. C’est indiscutable. Responsabilité qui a conduit, quoi qu’on pense d’un dirigeant, d’imaginer qu’on pouvait se substituer à la souveraineté d’un peuple pour décider de son futur, qu’au fond, destituer un tyran suffisait pour régler tous les problèmes. Nous avons collectivement plongé la Libye depuis ces années dans l’anomie sans pouvoir régler la situation ».
Pour régler la situation, Emmanuel Macron s’est positionné comme un potentiel médiateur aujourd’hui. Une troisième voie face à l’approche américaine à qui il a réservé quelques piques : « On ne peut pas construire une politique arabe à des milliers de kilomètres », a-t-il dit, critiquant aussi l’approche de Donald Trump du conflit israélo-palestinien. Reprenant les images qui lui sont chères de pont et d’union, Emmanuel Macron a affirmé que la France pouvait avoir un rôle pour une vraie stratégie en Méditerranée.

Emmanuel Macron se rendra en Tunisie début février

Emmanuel Macron effectuera une visite d’Etat les 1er et 2 février en Tunisie, un pays avec lequel la France veut “intensifier” sa coopération, notamment dans la lutte antiterroriste.
« La relation avec la Tunisie est prioritaire » car les liens entre les deux pays « sont exceptionnels »

a déclaré le président français après avoir reçu à déjeuner son homologue Beji Caïd Essebsi, venu à Paris pour le sommet sur le climat de mardi.
Il a qualifié d’« exemplaire » le choix fait par la Tunisie « de l’Etat de droit et de la démocratie » à la suite du Printemps arabe qui a renversé le  président Zine el-Abinide Ben Ali en 2011. « Nous ne pouvons qu’être admiratif face au modèle de transition (…) et aux réformes qui sont encore en cours », a-t-il ajouté, en saluant « le courage et la ténacité du peuple tunisien ».
Longue frontière avec la Libye
Emmanuel Macron a notamment indiqué que la visite d’Etat de février permettra « d’intensifier » cette relation, notamment avec la signature d’un accord-cadre dans la sécurité, alors que la Tunisie « est en première ligne en raison de ses 450 km de frontières avec la Libye », selon M. Essebsi.
Sur le plan économique, « la France est le premier partenaire de la Tunisie et entend le rester », a déclaré M. Macron, en annonçant des accords à l’occasion de sa visite.
Liste noire des paradis fiscaux
Le chef de l’Etat français a souhaité que la Tunisie « puisse quitter » rapidement la liste noire des paradis fiscaux publiée le 5 décembre par Bruxelles, qui a suscité une polémique en Tunisie.
« C’est une décision injuste », a réagi M. Essebsi, car « la Tunisie ne mérite pas de figurer sur cette liste ». La Tunisie se retrouve sur cette liste, aux côtés de 16 autres nations comme le Panama, Bahreïn ou les Emirats arabes unis, « parce qu’elle a pris des engagements trop tardifs et incomplets », avait expliqué jeudi le commissaire européen Pierre Moscovici.
M. Essebsi a par ailleurs insisté sur sa « convergence de vue » avec Emmanuel Macron sur la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. « Le processus de paix semble avoir fait son temps » et « il faut y réfléchir rapidement car la situation risque de se détériorer » entre Israéliens et Palestiniens, a-t-il ajouté.

Tunisie: 11 accords signés en marge de la visite du Premier ministre français Edouard Philippe

 

Le Premier Ministre français, Édouard Philippe, a mené sa visite officielle en Tunisie,  tambour battant. C’est à la tête d’une importante délégation d’hommes d’affaires et de députés qu’il a effectué son premier déplacement hors de l’Union européenne, placé sous le sceau de la coopération et de l’économie. Il a beaucoup échangé avec le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, et s’est entretenu avec le président Béji Caïd Essebsi.

« Soyez, soyons tous, utiles. Préférons les projets aux concepts, les réalisations concrètes aux idées générales. (…) Créons des emplois, créons de la richesse locale. Nous créerons un avenir, nous créerons de l’espoir », a lancé Édouard Philippe au moment de donner le coup d’envoi du volet tunisien des « Rencontres Africa » qui se déroulaient au même moment à Abidjan et Nairobi.  Un événement pour remettre au premier plan la France sur les marchés africains où la concurrence chinoise et turque la mettent à l’épreuve.

La visite du locataire de Matignon, reçu par le président tunisien Béji Caïd Essebsi, reste marquée par la première réunion du Haut Conseil de coopération tuniso-français, objet d’un accord entre la France et la Tunisie signé en avril 2015 à l’occasion du dernier voyage officiel de Béji Caïd Essebsi à Paris. Un Haut Conseil qui place haut la barre et qui permet à la France de consolider ses partenariats avec la Tunisie. Pas moins de 11 accords ont été signés à faveur de ce premier round d’échanges officiels. Le soutien de la France est axé sur l’éducation et l’appui aux institutions universitaires, au financement de projets agricoles, à la microfinance, au transfert technologique dans le domaine des TIC et des nouvelles technologies de l’énergie et à la création d’un réseau de hubs sur le continent africain.

Une enveloppe de 92,3 millions

Les déclarations d’Édouard Philippe sur la volonté de la France de soutenir la démocratie, les grandes réformes et le développement économique et social de la Tunisie se sont traduites par un soutien budgétaire aux réformes liées à la gouvernance de l’État et des entreprises publiques. Les accords signés portent sur une enveloppe globale de 92,3 millions d’euros monitorés notamment par l’Agence française de développement (AFD). Côté français, certains affirment que ces accords ne sont qu’une étape pour consolider un rapport gagnant-gagnant entre l’Hexagone et la Tunisie.

La délégation française suggère aussi que la visite d’Édouard Philippe a été l’occasion de revenir sur la conversion d’une partie de la dette tunisienne en investissements. Une annonce que pourrait faire le président Macron, qui se déplacera à Tunis en janvier 2018. Une décision similaire, portant sur 60 millions d’euros, avait été prise précédemment par François Hollande en 2014. Une manière de « préférer l’utile à l’éclat », comme l’a souligné Édouard Philippe, citant l’historien antique Tite-Live.

Tunisie: Inauguration d’une Ecole de renseignements et sécurité militaire

Le président tunisien, Beji Caid Essebsi, commandant suprême des forces armées a, à l’occasion du 61ème anniversaire de la création de l’armée nationale, inauguré vendredi,  à l’Aouina dans la banlieue de Tunis, l’Ecole des renseignements et de la sécurité militaire dont il avait annoncé la création le 24 juin 2016.

L’école supervise principalement la formation des membres des forces armées dans le domaine du renseignement et de la sécurité par l’organisation de sessions de formation et de séances particulières ainsi que la formation sur le terrain dans le cadre de la formation continue au profit de l’Agence de renseignement et de sécurité de la défense, l’équivalent de la DGSE française.

Le renforcement des capacités des membres des forces armées affectées à des tâches à l’étranger, avec l’ouverture aux reste des organismes nationaux impliqués dans le domaine du renseignement afin de mener à bien un rôle commun dans le domaine de formation au niveau national ainsi que l’ouverture régionale et internationale dans la formation et la coopération avec des pays amis ou alliés, ont figuré parmi la mission de cette école.

Le président de la République, qui était accompagné du ministre de la Défense, a visité les sections au sein de l’école et inspecté les différents éléments du bâtiment et de l’équipement des salles de classes modernes dont une bibliothèque, une salle de conférence numérique, dont la réalisation a été supervisée par la Direction générale du génie militaire du ministère de la Défense.

Depuis deux ans, la Tunisie s’efforce de renforcer ses moyens militaires de défense y compris dans le domaine du renseignement.

Le FMI s’engage pour la croissance de la Tunisie

Le FMI débloque 314 M$ pour la Tunisie dans le cadre du Mécanisme élargi de crédit (MEDC).  Ce soutien accordé au pays est le bienvenu. Il permettra de donner la marge de manoeuvre suffisante aux autorités tunisiennes pour commencer à conduire les réformes qui contribueront à  améliorer les chiffres du chômage et le niveau de vie de la population.

Cela servira surtout comme effet de levier pour lever d’autres emprunts qui attendaient la position du FMI qui est l’organisme de référence .

Les autorités tunisiennes redoublent d’efforts pour relever les défis d’un ralentissement de la croissance. Désormais les réformes engagées par le gouvernement pour stabiliser la dette publique en dessous de 70% du PIB à l’horizon 2020 et les efforts déployés pour créer des  débouchés économiques, devraient améliorer le climat des affaires et promouvoir une croissance génératrice d’emplois tirée par le secteur privé.

Grâce à l’appui du FMI et de la Banque mondiale, et à la bonne tenue  depuis le début de l’année de la croissance tunisienne  la tendance est à l’optimisme. Les organismes prévoient une croissance de  de 3,3% pour 2017, puis de 4,9% en 2018.

Les entreprises françaises reviennent s’installer dans le pays avec d’autres modèles de partenariat et de coopération. Les Tunisiens sont leaders sur certains marchés avec un savoir-faire reconnu, tel ce spécialiste de production de plants greffés de piment, tomate, melon qui est, avec ses serres, leader sur son marché et sert des sociétés hollandaises, espagnoles, italiennes et… tunisiennes. Il s’occupe déjà de transfert de technologie pour une société algérienne et lance un appel à des partenaires français et allemands. Le secteur des nouvelles technologies est aussi en plein boom. La digitalisation des service publics tunisiens est une priorité et on parle de la création d’un cloud tunisien avant 2020. Un grand plan numérique est en route avec la création de  Smart Tunisia, la France ne restant pas inactive puisque l’Alliance pour le Numérique franco tunisienne a déjà eu quelques succès et se cherche maintenant un second souffle.

L’objectif à atteindre est la création de 50 000 emplois dans le secteur avec l’ouverture des licences IOT, dans les domaines de l’offshoring, du nearshoring… Un challenge qui permettrait de réduire le taux de chômage, principale préoccupation des autorités tunisiennes, et notamment pour les jeunes diplômés qui sont bien formés et compétents mais souffrent d’un manque de débouchés.

Côté industries électronique et automobile, l’optimisme est de mise, Airbus Aerospace a ouvert des unités en Tunisie et l’AFD a financé plusieurs accords pilotes dans le domaine de la mécatronique notamment à Sousse.

Forte de ces bonnes nouvelles, la Tunisie organisera l’une des étapes des Rencontres Africa le 5 et 6 octobre prochain qui sera la pus grosse opération de matching business jamais organisée dans le pays avec la rencontre entre 250 chefs d’entreprises français, 500 chefs d’entreprises tunisiens et 300 africains de 25 pays. Elle se déroulera à Gamarth dans la banlieue de Tunis et les gouvernements Tunisien et Français attendent beaucoup de cette manifestation qu’ils ont voulu très différente d’une grande messe politique mais au contraire très orientée vers les affaires et vers les chefs d’entreprises.

 

Tunisia 2020: Tunis en quête “d’un soutien exceptionnel !”

Pour tenter de relancer son économie, le pays organisait jusqu’à hier soir 30 novembre la conférence Tunisia 2020. Plus de 2 000 participants d’une cinquantaine de pays se sont rassemblés au Palais des Congrès de Tunis. Depuis mardi, les signatures de conventions bilatérales et les promesses d’investissement se multiplient.

Nouveau code de l’investissement, projet de « loi d’urgence économique », la Tunisie insiste sur ces réformes censées faciliter les démarches administratives. Des annonces qui semblent convaincre Claudio Amorese. Cet Italien est venu en repérage pour son entreprise d’ingénierie. « La Tunisie est censée être un marché très prometteur, explique-t-il. Je suis là pour explorer les opportunités possibles pour mon entreprise. »

Au total, 140 projets d’investissements, pour un montant d’environ 30 milliards d’euros, ont été présentés aux partenaires. Mais certains semblent sceptiques sur l’engagement ferme des investisseurs. « Ce qu’il va y avoir, c’est qu’on va présenter des projets, mais ces projets, je crois, vont donner lieu à des promesses qui vont tarder à venir à se concrétiser », a déclaré Abdeljelil Bédoui, économiste au Forum tunisien des droits économiques et sociaux.

La Tunisie appelle donc ses partenaires à soutenir cette transition économique. Selon les mots du président Béji Caïd Essebsi, « le pays fait face à des circonstances exceptionnelles, et a besoin d’un soutien exceptionnel ! »

Tunisie : l’appel aux touristes français du Président

Interrogé sur TF1 jeudi soir, Béji Caïd Essebsi a affirmé que les voyageurs français pouvaient toujours aller dans son pays “en toute sécurité”. Le tourisme, qui représente environ 7% de l’économie, est un secteur vital pour la Tunisie.

“Ils peuvent venir en toute sécurité. Nous avons pris les mesures pour”. Conscient de l’impact que pourrait avoir l’attentat de Tunis sur le tourisme tunisien, Béji Caïd Essebsi, le président tunisien, est monté lui-même au créneau jeudi soir sur TF1.

En attaquant le musée du Bardo, un lieu très fréquenté par les étrangers, en plein cœur de Tunis, les terroristes avaient un double objectif : frapper la république tunisienne bien sûr, mais aussi, et surtout, le secteur touristique. Et c’est peu dire qu’il s’agit d’un des piliers de l’économie tunisienne. Il représente en effet environ 7% du PIB et génère 400.000 emplois, soit 10% de la population active.

950.000 touristes français l’année dernière

Avec son patrimoine historique à Tunis et Carthage, ses plages, notamment à Djerba, et son désert, la Tunisie attirait 7 millions de personnes en 2010. Le “Printemps arabe”, parti de Tunisie, a fait chuter ce chiffre d’environ 50% avant une belle remontée que les professionnels espéraient confirmer dans les mois qui viennent.

Histoire commune oblige, les Français représentent la principale clientèle étrangère. D’où la crainte de les voir une nouvelle fois se reporter sur d’autres destinations comme après le renversement  de Zine El Abedine Ben Ali. De 1,4 million à l’époque, ils n’étaient plus que 950.000 l’an passé. Un chiffre qui retrouvait, lui aussi, une courbe ascendante. Pour qu’il ne retombe pas brutalement, il faut donc rassurer. D’où la déclaration de Béji Caïd Essebsi.

“Message de solidarité” 

u-delà de l’aspect sécuritaire, le président tunisien a aussi joué sur la fibre du soutien entre les deux peuples. “Lorsqu’ils viendront, c’est un message de solidarité que les touristes français enverront aux Tunisiens”, a-t-il souligné. Il a ajouté qu’il s’agirait aussi d’un message lancé aux terroristes leur disant ceci :  “Même si la Tunisie a été frappée, nous n’avons pas peur, nous allons continuer”.

Un message relayé par François Hollande vendredi. Lors de sa conférence de presse au sommet européen de Bruxelles, le chef de l’Etat a rappelé que la Tunisie est “un pays qui a besoin plus que jamais de sécurité et de solidarité”.


Tunisie: deux vedettes arrêtées pour offense

  • L’animateur vedette de télévision, Moez Ben Gharbia, et l’humoriste Wassim Lahrissi, ont été arrêtés aujourd’hui pour offense au président Béji Caïd Essebi, a indiqué le parquet.

 

Il s’agit des premières arrestations du genre depuis l’élection en décembre 2014 de Essebsi. “Le parquet a décidé de les placer en détention”, a dit le porte-parole du parquet, Sofiène Sliti, indiquant qu’ils avaient “commis une offense au chef de l’Etat”.