Des enquêteurs écossais et américains en Libye

Des policiers américains et écossais se sont rendus en Libye «pour discuter de l’avancement de l’enquête» sur l’attentat de Lockerbie (Ecosse) qui avait fait 270 morts en 1988, a annoncé vendredi le parquet écossais.

L’attentat de Lockerbie a eu lieu le 21 décembre 1988 contre un Boeing 747-100 de la compagnie Pan Am, Londres-New York. Il explosa au-dessus du village de Lockerbie en Écosse et causa le décès de 270 personnes. (Ph : www.letemps.ch)

«Comme annoncé par le Premier ministre britannique, David Cameron le 31 janvier, des visas ont été accordés à des policiers écossais et des procureurs pour se rendre à Tripoli afin de rencontrer leurs homologues sur l’avancement de l’enquête sur l’atentat de Lockerbie», a indiqué le parquet écossais dans un communiqué.

Quatre représentants de la police et du parquet écossais et une délégation du FBI (police fédérale américaine) ont assisté «à des réunions à Tripoli avec des ministres et hauts responsables du gouvernement libyen pour discuter de l’enquête», selon la même source.

«L’objet de ces réunions était de discuter des demandes américaines et écossaises de coopération dans l’enquête en cours et de trouver un terrain d’entente sur la façon de faire des progrès en la matière. Les discussions ont été positives», a ajouté le parquet.

La délégation américano-écossaise a insisté sur le fait que l’enquête «se focalisait sur l’identification d’autres personnes impliquées dans cet acte terroriste soutenu par l’Etat» libyen, selon la même source.

L’attentat contre un avion de la Pan Am le 21 décembre 1988 au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie avait fait 270 morts, en majorité des Américains.

La seule personne condamnée, Abdelbaset Al-Megrahi, est décédée en mai 2012 en Libye après avoir été libéré trois ans plus tôt par l’Ecosse pour raisons de santé. Il avait été condamné en 2001 à la réclusion criminelle à perpétuité.

Après la chute du régime libyen de Mouammar Kadhafi en 2011, le bureau du procureur écossais avait formellement demandé aux nouvelles autorités libyennes de l’aider dans l’enquête, et les Etats-Unis d’avoir accès aux éléments dans le dossier.

En avril 2012, le directeur du FBI et le procureur en chef écossais s’étaient rendus à Tripoli pour discuter avec les autorités libyennes de l’enquête.

Sous la pression occidentale le régime Kadhafi avait reconnu en 2003 sa responsabilité dans l’attentat, puis avait payé 2,7 milliards de dollars en guise d’indemnisation aux familles des victimes.

Lockerbie: La Libye a menacé Londres

La Libye a menacé la Grande-Bretagne l’an dernier de conséquences « extrêmes » si l’auteur libyen de l’attentat de Lockerbie, malade, décédait en prison, révèlent des télégrammes diplomatiques américains dévoilés par WikiLeaks.

Les menaces incluaient la fermeture de toutes les activités commerciales britanniques en Libye, des manifestations contre les représentations britanniques et des allusions menaçantes pour les sujets britanniques dans ce pays, selon ces télégrammes cités aujourd’hui par le Guardian.

Des responsables libyens ont averti leurs homologues britanniques que « les conséquences pour les relations bilatérales seraient extrêmes si al-Megrahi devait mourir dans une prison écossaise », selon un télégramme de l’ambassadeur américain à Tripoli, Gene A. Cretz, daté de janvier 2009. Et si Washington manifestait publiquement son opposition à la libération du Libyen, « l’ambassade américaine et les citoyens américains en Libye pourraient s’exposer à des conséquences similaires », ajoute ce télégramme.

Abdelbaset Ali Mohmet al-Megrahi a été libéré pour des raisons humanitaires en août 2009 de sa prison en Ecosse, après que des médecins lui aient diagnostiqué un cancer de la prostate qui ne lui aurait laissé que trois mois à vivre, ce qui avait suscité une vague d’indignation aux Etats-Unis. Toujours vivant plus d’un an après, le Libyen est le seul condamné dans l’attentat de 1988 contre un Boeing de la Pan Am qui avait explosé au-dessus de Lockerbie, en Ecosse, tuant 270 personnes, la plupart américaines.

Un Canadien soupçonné d’espionnage au profit des Etats-Unis arrêté en Libye

Douglas Oriali est accusé de collaborer avec les services de renseignements américains dans un but bien précis : faire échouer le projet de forage de BP au large des côtes libyennes. Un épisode qui pourrait être lié à la remise en liberté d’Abdelbaset al-Megrahi, un Libyen condamné pour l’attentat de Lockerbie qui avait fait 270 morts en Ecosse en 1988.

On en sait peu sur l’identité réelle de Douglas Oriali, si ce n’est qu’en plus d’être canadien, il détient aussi les nationalités irlandaise et australienne.

A son arrivée en Libye, il s’est présenté comme un simple touriste passionné d’archéologie, mais il a vite intrigué les autorités. En particulier, une prise de contact étrange avec un diplomate en poste en Libye, diplomate soupçonné de travailler pour les services secrets américains.

Mis sous surveillance, Douglas Oriali a donc été empêché de quitter le pays, interrogé et fermement incité à livrer le contenu de son ordinateur et de son téléphone portable.

Il aurait voulu saboter un projet de forage pétrolier mené par la compagnie britannique BP en Libye. Un chantier colossal que BP aurait obtenu, si l’on en croit la thèse américaine, en favorisant l’extradition d’Abdelasset al-Megrahi vers la Libye en 2009 pour raisons de santé.

Les Etats-Unis n’ont jamais accepté la libération de ce Libyen condamné pour l’attentat de Lockerbie, en Ecosse, qui a fait 270 victimes, en majorité américaines. Si la thèse de Tripoli se confirme, on aurait donc un espion américain venu en Libye faire échouer par mesure de rétorsion un projet industriel britannique.