Algérie : 26 missiles Grad et sol-air saisis par l’armée en moins de 2 mois

En début de semaine, l’armée algérienne a saisi un missile Grad BM-21 dans la wilaya de Tamanrasset, dans le sud de l’Algérie. Cette prise est la troisième du genre, après la saisie en décembre 2018 de 25 missiles sol-air de différents calibres. Ces opérations confirment les craintes de certaines sources autour de la sécurité au Maghreb.

C’est la troisième fois, en moins de deux mois, que les unités de lutte antiterroriste de l’Armée nationale populaire (ANP) algérienne saisissent des missiles dans le sud du pays. Ces découvertes viennent s’ajouter à la saisie, le 20 décembre, par les services des douanes de Tripoli, en Libye, de deux conteneurs d’armes et au retour d’anciens combattants de Syrie et d’Irak, faisant ainsi peser de graves dangers sécuritaires sur le pays, dans la région qui s’étend du Maghreb au Sahel.

«Dans le cadre de la lutte antiterroriste et grâce à l’exploitation de renseignements, un détachement de l’Armée Nationale Populaire a découvert, hier, le 21 janvier, lors d’une opération de recherche et de fouille menée à Tamanrasset, une cache de munitions contenant un missile de type Grad BM-21 de calibre 122 mm et six obus de mortiers de calibre 82 mm […]», a annoncé le communiqué du MDN.

Auparavant, le MDN avait annoncé la saisie par les unités de l’ANP, mardi 18 décembre 2018, de 10 missiles sol-air de calibre 55 mm. Le 25 décembre, l’armée algérienne avait également saisi 15 missiles de même type mais de calibre 57 mm, selon la même source.

Pour les spécialistes des questions sécuritaires, «les [10 missiles sol-air, ndlr] découverts ces derniers jours aux frontières sud du pays et les 4,2 millions de balles saisies [en Libye, ndlr] constituent une véritable déclaration de guerre à notre pays [l’Algérie, ndlr]».

Il y a quelques semaines, les services de sécurité algériens ont arrêté une centaine d’ex-combattants syriens de Daech et d’Al-Qaïda, arrivés en Algérie du Moyen-Orient avec de fausses pièces d’identité. Évoquant cet épisode, les mêmes sources ont affirmé qu’il existait «un plan de déstabilisation des pays du Maghreb qui se dessine et prend forme». «Allons-nous assister au transfert du scénario du Moyen-Orient vers le continent africain? Toutes les conditions sont réunies pour le déroulement de ce plan chaotique pour la région en général et pour notre pays en particulier», ont-elles encore soutenu.

Avec Sputnik

L’un des assassins présumés d’Hervé Gourdel tué fin octobre

  • Sa mort remonterait à fin octobre, mais ce n’est que ce mercredi que le gouvernement algérien l’a rendu publique: l’un des auteurs présumés de l’assassinat du touriste français Hervé Gourdel, décapité en septembre dernier en Algérie, a été tué par l’armée. Son identité et les circonstances de sa mort restent inconnues.

«Il ressort de l’enquête sur l’assassinat du ressortissant français Hervé Gourdel que l’un des auteurs de ce meurtre, identifié auparavant, a été éliminé en octobre par les éléments de l’Armée nationale populaire (ANP) dans le cadre d’une opération antiterroriste», a en effet déclaré Tayeb Louh, le ministre algérien de la Justice, cité par l’agence de presse APS. «L’enquête préliminaire dans cette affaire a permis d’identifier un nombre de terroristes responsables de l’enlèvement et de l’assassinat du touriste français, parmi lesquels figure le terroriste éliminé par les éléments de l’ANP», a précisé le ministre.

Le corps du Français toujours introuvable

Hervé Gourdel, guide de haute montagne de 55 ans originaire de Nice, avait été enlevé le 21 septembre dans la région montagneuse de Tizi Ouzou, à 110 km à l’est d’Alger. Dans une vidéo, le groupe islamiste Jund al-Khilafa ( «Les soldats du califat»), qui a prêté allégeance au groupe Etat islamique, avait revendiqué le rapt puis la décapitation de l’otage, en représailles à la «nouvelle croisade» menée selon eux par les Etats-Unis et la France contre l’EI en Irak.

Depuis l’annonce du meurtre du Français, l’armée algérienne tente de retrouver sa dépouille et traque ses assassins. Le mois dernier, elle a annoncé avoir retrouvé le camp de ses geôliers après avoir ratissé la région de la forêt d’Aït Oubane, près du lieu du rapt, et identifié les cinq djihadistes ayant participé au meurtre d’Hervé Gourdel. «L’égorgeur (…) n’est autre que Kherza Bachir, un terroriste notoire qui fait office de mufti du groupe», indiquait ainsi le quotidien algérien El Watan le mois dernier. Agé d’une cinquantaine d’années, Kherza Bachir «est natif de Bab El Oued, à Alger, et a à son actif de nombreux assassinats et attentats terroristes», précisait le journal.

De son côté, la justice du pays a lancé des poursuites contre quinze Algériens, actuellement en fuite et soupçonnées d’avoir participé au rapt. Ils sont poursuivis notamment pour «création d’un groupe armé terroriste», «prise d’otage» et «assassinat avec préméditation». Parmi elles, Abdelmalek Gouri, dit Khaled Abou Souleïmane, 37 ans, qui serait le chef de Jund al-Khilafa.

L’Algérie a eu les réponses les plus adaptées à la prise d’otage à In Amenas (Hollande)

  • Le président français, François Hollande, a estimé samedi que l’Algérie avait eu “les réponses” les “plus adaptées” lors de la prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas, car “il ne pouvait y avoir de négociation” avec les ravisseurs.
  • “Nous n’avons pas encore tous les éléments mais, quand il y a une prise d’otages avec autant de personnes concernées et des terroristes aussi froidement déterminés, prêts à assassiner, ce qu’ils ont fait, leurs otages, un pays comme l’Algérie a les réponses qui me paraissent à mes yeux les plus adaptées car il ne pouvait y avoir de négociation”, a déclaré le chef de l’Etat devant des journalistes à Tulle.
  • Le chef de l’Etat français s’exprimait à la préfecture de Corrèze, où il devait rencontrer une délégation du 126e régiment d’infanterie de Brive-La-Gaillarde, dans le cadre de l’intervention de la France au Mali.
  • Les assauts donnés par les forces spéciales de l’Armée nationale populaire algérienne (ANP) pour libérer les otages détenus par un groupe terroriste au site gazier de Tiguentourine (In Amenas, Illizi) s’est soldé par la neutralisation de 32 terroristes et le décès de 23 personnes, selon un bilan provisoire établi samedi.