Droits de l’homme, discrimination, racisme: la Mauritanie épinglée

Amnesty International publie un rapport sur la répression contre les militants des droits de l’homme en Mauritanie. Selon les chiffres avancés par l’ONG, il y aurait près de 43.000 personnes vivant en situation d’esclavage dans le pays. Et les personnes et les associations qui dénoncent ces discriminations seraient la cible des autorités.
Il y a en Mauritanie, encore aujourd’hui, un problème d’esclavage et de discrimination raciale, pointe François Patuel, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International. « Et les autorités sont dans le déni, elles disent que l’esclavage n’existe pas, que la discrimination raciale n’existe pas… Et elles répriment les défenseurs des droits humains qui dénoncent ces pratiques ».
Cette répression passe par plusieurs moyens, poursuit le chercheur :  arrestations arbitraires, tortures, ingérence dans les activités des associations qui ne sont souvent pas autorisées, ou encore répression des marches pacifiques.

« Ce qu’on demande au gouvernement mauritanien, c’est déjà de libérer des défenseurs des droits humains. Nous avons recensé 268 cas d’arrestations depuis 2014 ; 17 d’entre eux ont été torturés. On demande également au gouvernement de modifier les lois qui sont utilisées pour réprimer les défenseurs des droits humains, mais également à ce qu’il s’abstiennent de passer des lois encore plus liberticides ».
Le gouvernement travaille par exemple à un projet de loi qui rendrait la peine de mort obligatoire pour le crime d’apostasie, souligne le chercheur. « Et enfin, on demande à ce que, sur les violations des droits humains il y ait des enquêtes et que les responsables présumés soient présentés devant la justice ».
Et la situation risque encore de se détériorer à l’approche de l’élection présidentielle de 2019 selon cette organisation occidentale de défense des droits de l’homme.

Algérie: une ONG politique dénonce “des propos choquants et scandaleux” de Ouyahia sur les clandestins

 

Amnesty International a vivement dénoncé les propos du chef de cabinet du président Bouteflika avec rang de ministre d’Etat, Ahmed Ouyahia, sur les migrants clandestins africains, les qualifiant de “choquants et scandaleux !”.

 

Selon l’ONG politique de défense des droits de l’homme, “De tels propos alimentent le racisme et favorisent la discrimination et le rejet de ces personnes”.

 

Dans un rappel à Ahmed Ouyahia, Amnesty souligne que “ces personnes ont fui les guerres, la violence et la pauvreté. Ils sont venus en Algérie chercher la paix et la sécurité. Il est de notre responsabilité de les accueillir, conformément aux textes internationaux signés et ratifiés par l’Algérie “.

 

Source de crime

 

” Ces étrangers en séjour irrégulier sont source de crime, de drogue et de plusieurs autres fléaux”, a déclaré samedi Ahmed Ouyahia sur la chaîne Ennahar TV.

 

“On ne dit pas aux autorités : jetez ces migrants à la mer ou au-delà des déserts. Mais le séjour en Algérie doit obéir à des règles. On ne laissera pas le peuple algérien souffrir de l’anarchie”, a clamé M. Ouyahia, également patron du Rassemblement national démocratique (RND), 2e parti d’Algérie et allié crucial du Front de libération nationale (FLN) de M. Bouteflika.

 

“Et quand on me parle de droits de l’homme, je dis : nous sommes souverains chez nous”, a-t-il ajouté.

 

Signe qu’il ne s’agit pas d’un dérapage, le RND a indiqué assumer les propos de son chef et accusé de nouveau les clandestins d’être “devenus ces derniers temps une source pour tous les types de crimes”.

 

“Ce n’est pas Amnesty International qui va nous dicter notre conduite”, a de son côté expliqué le porte-parole du parti, Seddik Chihab, au site Alg24.

 

A ce sujet, rappelons que les pays du Maghreb endurent en premiers ce que vivent nombre de pays européens.

Terrorisme: Amnesty International pointe la France pour des arrestations abusives

L’ONG Amnesty International a interpellé les autorités françaises après avoir dénombré 69 arrestations pour “apologie du terrorisme”. “Le risque est grand que ces arrestations violent la liberté d’expression”, estime l’ONG dans un communiqué.

“La liberté d’expression ne doit pas être réservée à certains. L’heure n’est pas à l’ouverture de procédures inspirées par des réactions à chaud, mais bien plutôt à la mise en place de mesures réfléchies qui protègent des vies et respectent les droits de tous”, a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale de l’ONG.

John Dalhuisen considère que la définition de “l’apologie du terrorisme” reste vague, ce qui ouvre la porte à des abus, et évoque un “test décisif” pour les autorités françaises, “dans leur volonté de faire respecter les mêmes droits pour tous”.

Silence à propos de Dieudonné

Amnesty International relève que la “provocation” ou “l’apologie d’un acte terroriste” sont des infractions réprimées par le Code pénal, depuis novembre 2014, ce qui “permet aux autorités d’accélérer les procédures”. En France, le délit d’apologie du terrorisme peut être puni d’une peine allant jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende, voire de sept ans et 100 000 euros, si les faits ont été commis en ligne. Après les attentats, la plus lourde peine concerne ainsi un homme de 34 ans, condamné à quatre ans de prison ferme à Valenciennes (Nord). Il avait fait l’apologie des frères Kouachi lors de son arrestation, en état d’ivresse, après un accident de voiture. On se rappelle aussi cette jeune fille de 14 ans mise en examen pour avoir mimé un tir sur des contrôleurs de tram. Mais rien à propos de Dieudonné, l’humoriste le plus écouté mais aussi le plus contesté de France.

La ministre de la Justice Christiane Taubira a émis une circulaire, le 12 janvier, où elle rappelle aux procureurs que “les propos ou agissements répréhensibles (…) doivent être combattus et poursuivis avec la plus grande rigueur”. Mais selon l’ONG, les cas récemment signalés en France ne remplissent pas toujours les conditions nécessaires à des poursuites judiciaires, “même si les paroles prononcées sont révoltantes”.

Pascal Nakache, président de la Ligue des droits de l’homme, s’interroge lui aussi sur l’utilité de ces condamnations, craignant que la prison radicalise les personnes condamnées.

 

Amnesty International accuse Israël de crimes de guerre à Gaza

Israël responsable une fois de plus de crimes de guerre. Pour la première fois Amnesty International emploie ces termes pour dénoncer les exactions de l’armée israélienne. Les faits reprochés remontent à cet été lors de l’opération « Bordure de protection » menée contre la bande de Gaza. L’ONG accuse les forces israéliennes d’avoir délibérément ciblé des civils dans leurs maisons.

Pour l’armée israélienne, l’opération de cet été contre Gaza avait un objectif : celui de détruire les positions du gouvernement du Hamas et de la branche armée de la résistance. Mais dans les faits, Amnesty International expose une toute autre réalité. Selon Philippe Luther, directeur Moyen-Orient de l’ONG, certains bombardements visaient juste à punir une population sans défense : « Pour nous, le déroulement des attaques, comme les déclarations faites à l’époque par des porte-paroles de l’armée israélienne, révèlent qu’elles ont été décidées à titre de sanction collective contre la population de Gaza, et donc ont été des crimes de guerre. »

Pour Philippe Luther, il est impératif de faire la lumière sur ces violations. Amnesty International demande d’ailleurs à ce qu’une commission d’enquête de l’ONU mène des investigations. Problème : les autorités israéliennes ne semblent pas disposer à coopérer. « Jusqu’à maintenant, les autorités israéliennes ne donnent pas l’accès à cette commission d’enquête, ni à Amnesty International, ni à aucune autre organisation internationale de droits humains». Amnesty International appelle également la Cour pénal internationale à juger les responsables de ces exactions. Entre juillet et août derniers, 2 200 Palestiniens ont été tués par les bombes israéliennes dont près de 500 enfants.

Israël rejette ces accusations de crimes de guerre formulées par Amnesty International. Emmanuel Nahschon, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, dénonce ce rapport. « Nous rejetons complètement ce rapport. Nous avons l’impression qu’Amnesty International est victime d’une machination palestinienne. C’est un rapport qui n’a aucun contexte, qui n’explique absolument pas quelles sont les raisons pour lesquelles Israël a dû attaquer certains bâtiments à Gaza », a-t-il expliqué à RFI. Un rapport qui ne signifie pas grand chose du point vue israélien et qui nie les victimes et la souffrance du côté israélien.


Libye: l’Otan occulte les victimes civiles de ses frappes

Plus de quatre mois après la fin de l’opération militaire de l’Otan en Libye, aucune enquête n’a été menée par l’Organisation concernant les victimes civiles dues à ses frappes dénonce Amnesty international, lundi 19 mars, dans un rapport intitulé “Libye : les victimes oubliées des frappes de l’Otan”.

Amnesty, dont les équipes ont recensé sur place 55 victimes civiles identifiées, dont 16 enfants et 14 femmes tuées dans le cadre de frappes aériennes à Tripoli, Zlitan, Majer, Syrte et Brega, note que nombre de ces pertes sont dues “à des frappes aériennes lancées contre des logements privés, où Amnesty International, pas plus que d’autres, n’a découvert d’éléments prouvant qu’ils étaient utilisés à des fins militaires au moment de l’attaque”.

Un bilan d’ailleurs très proche de celui de la Commission internationale d’enquête sur la Libye dans son rapport final rendu au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. La commission conclu en effet dans ce dernier que “sur vingt raids de l’Otan examinés, la Commission a recensé cinq raids durant lesquels 60 civils au total avaient été tués et 55 autres blessés”.

Pas d’investigations

L’ONG insiste sur le fait que “l’Otan n’a pas mené les investigations nécessaires, ni même tenté d’entrer en contact avec les survivants et les familles des victimes”.

“Il est profondément décevant que les victimes qui ont survécu et les familles des personnes tuées par les frappes aériennes de l’OTAN ne sachent toujours pas ce qui s’est passé ni qui était responsable”, souligne Donatella Rovera, conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International.

Celle-ci, qui a passé de longues semaines en Libye, d’abord à Bengazi lors du pilonnage par les troupes de Kadhafi et par la suite dans d’autres villes du pays, rappelle que “les dirigeants de l’OTAN ont mis en avant à plusieurs reprises leur détermination à protéger les civils” et indique qu’à ce titre “ils ne sauraient aujourd’hui balayer d’un revers de main la mort de nombreux civils en se contentant de vagues déclarations de regret, sans enquêter dûment sur ces funestes événements.”

Minimiser les risques

L’Otan, qui agissait en Libye sur la base de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies qui autorisait les Etats membres “à prendre toutes les mesures nécessaires (…) à la protection des civils” en Libye, a semble-t-il “fait de nombreux efforts pour minimiser les risques de dommages sur les civils, notamment grâce à des munitions à guidage de précision et, parfois, en avertissant au préalable les habitants des zones visées”, souligne Amnesty international dans son rapport.

Mais les dommages collatéraux sont pourtant là. Et ils ne concernent pas que des biens matériels. Certains bâtiments visés n’étaient autre que des habitations occupées par des familles.

Je ne peux comprendre pourquoi ils ont frappé ma maison. Nous sommes des civils et n’avons rien à voir avec la guerre, la politique et toutes ces choses”

affirme à Amnesty Ali Ali Hamed Gafez dont la maison à Majer a été détruite le 8 août lors d’un raid. “Jusqu’à aujourd’hui ni l’Otan ni le CNT n’ont pris contact avec nous, ni pour s’excuser, ni même pour s’inquiéter pour les victimes” affirme ce père de famille qui a perdu plusieurs membres de ses proches ce jour-là. “Nous avons été oubliés”.

Selon les survivants, 34 civils dont huit femmes et huit enfants ont été tués lors de trois attaques séparées ce jour-là.

De vifs regrets

C’est pourquoi Amnesty insiste sur le fait que “les enquêtes doivent déterminer si les pertes en vies humaines au sein de la population civile sont la conséquence de violations du droit international et, le cas échéant, les responsables présumés doivent être déférés à la justice”.

Dans sa dernière réponse adressée à Amnesty International le 13 mars, l’OTAN a affirmé qu’il “regrette vivement tous les dommages qui ont pu être induits par ces frappes aériennes”, mais “n’a pas reçu de mandat pour mener une action en Libye lorsque l’opération Unified Protector s’est achevée le 31 octobre 2011”, et que la “responsabilité première” de conduire des enquêtes revient aux autorités libyennes.

Refus d’assumer les responsabilités

Mais pour Donatella Rovera, “la réponse de l’OTAN équivaut à un refus d’assumer la responsabilité de ses actes. Elle donne aux victimes et à leurs familles le sentiment qu’elles ne sont pas prises en compte et n’ont aucunement accès à la justice.”

En outre, Amnesty souligne dans son rapport que “l’OTAN n’a pas pris de mesures afin d’enquêter sur les informations faisant état de victimes parmi la population civile causées par ses frappes dans des zones qui étaient passées sous contrôle du Conseil national syrien avant le 31 octobre 2011, et étaient donc accessibles de manière sûre”.

C’est pourquoi Amnesty appelle l’Otan et le Conseil national de transition à “veiller à ce que des enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies soient menées dans les meilleurs délais sur toutes les allégations de graves violations du droit international et à ce que leurs conclusions soient rendues publiques. Lorsqu’il existe suffisamment de preuves recevables, les suspects doivent être poursuivis.”

Source nouvelobs.com

Amnesty international: la demande d’arrestation de George W. Bush est bloquée en terre africaine

  • L’organisation de défense des droits de l’homme, Amnesty international, a demandé, le jeudi 1er décembre, l’arrestation de l’ancien président américain alors que celui-ci entamait une tournée de cinq jours dans trois pays africains pour promouvoir divers programmes de santé. La Tanzanie l’a chaudement accueilli. Et la Zambie a rabroué l’ONG.
  • Délicate croisade que celle entreprise par Amnesty International : obtenir d’un pays hôte de George W. Bush, l’arrestation de ce dernier. A l’occasion de sa venue en Tanzanie, en Zambie et en Ethiopie, du 1er au 5 décembre, l’ONG a néanmoins réédité l’appel qu’elle avait lancé au Canada au mois d’octobre et qui avait déjà fait chou blanc.
  • L’ancien président américain (2000-2008) s’est en effet lancé dans une tournée africaine avec pour principal objectif de promouvoir une campagne de lutte contre les cancers féminins. A la tête de la fondation The Bush Center, l’ex-chef d’Etat s’est félicité des liens tissés avec certains gouvernements africains dans ce domaine.
  • Autorisation du « supplice de la baignoire, le waterboarding »
  • Mais pour Matt Pollard, conseiller juridique en chef d’Amnesty International, « tous les pays dans lesquels George W. Bush se rend ont l’obligation de le conduire devant la justice pour le rôle qu’il a joué dans des actes de torture ». Des actes, comme le « waterboarding », (simulacre de noyade) autorisés durant la « guerre contre le terrorisme » initiée sous son premier mandat, et pour lesquels Amnesty International et plusieurs autres organisations de défense de droits de l’homme, comme Human Rights Watch, demandent des comptes depuis des années.
  • Or selon la Convention sur la torture de 1984 (ratifiée par les Etats-Unis, l’Ethiopie, et la Zambie, mais pas par la Tanzanie), « tout Etat partie sur le territoire duquel se trouve une personne soupçonnée d’avoir commis une infraction (en l’occurrence ici un acte de torture) assure la détention de cette personne ou prend toutes autres mesures juridiques nécessaires pour assurer sa présence ». « S’il estime que les circonstances le justifient », ajoute le texte.
  • La Zambie s’est donc empressée de botter en touche. « Sur quelle base Amnesty International veut-elle que nous arrêtions M. Bush ? », s’est ainsi interrogé Chishimba Kambwili, le ministre zambien des Affaires étrangères. (…), arguant que seule une décision de la Cour pénale internationale ou d’une autre institution internationale l’y inciterait.
  • Accueil chaleureux
  • La Tanzanie, premier pays à l’avoir accueilli le 1er décembre, lui réserva même un accueil des plus chaleureux. Dans le contexte de la célébration de la journée mondiale de lutte contre le sida, le président Jakaya Kikwete a rappelé les efforts consentis par l’administration Bush dans la lutte contre cette maladie. Et a fait bien peu de cas de l’appel lancé par Amnesty International.
  • Reste l’Ethiopie, dernière étape de la tournée africaine de George W. Bush. Mais il est peu probable qu’on assiste à un scénario similaire à celui qui s’était déroulé en Suisse, en février dernier : devant la menace d’un dépôt de plainte par des victimes présumées de torture devant la justice, l’ancien président américain avait préféré annuler sa visite en territoire helvète.

Libye : Un commentateur arrêté après avoir appelé à manifester

Un commentateur politique qui avait appelé à des manifestations pacifiques en Libye à la suite de celles de Tunisie et d’Égypte a été arrêté sous le prétexte d’un accident de voiture présumé, dit Amnesty International.

Selon l’organisation de défense des droits de l’homme, Djamal al Hajji, qui possède les nationalités libyenne et danoise, a été arrêté le 1er février à Tripoli, peu après avoir lancé sur internet un appel à des manifestations en faveur d’une plus grande liberté en Libye.

«Hajji a été appréhendé dans un parking de Tripoli par un groupe d’une dizaine d’officiers de sécurité en civil qui lui ont dit qu’un homme affirmait avoir été heurté par sa voiture, qu’il venait de garer», précise Amnesty.

Hajji dément cette allégation et l’incident est «un simple prétexte visant à dissimuler ce qui constituait en réalité une arrestation à caractère politique», ajoute l’organisation.

Les partis politiques sont interdits en Libye, la dissidence publique y est rare et, selon les groupes de défense des droits de l’homme, de nombreux adversaires politiques de Mouammar Kadhafi sont emprisonnés. Le dirigeant libyen, lui, affirme que son pays bénéficie d’une plus grande démocratie que les États occidentaux en raison de son modèle de gouvernement par la base.

Le gouvernement de Tripoli n’a fait aucun commentaire.

Selon Amnesty, Hajji a comparu le 3 février devant le procureur général de Tripoli et a été accusé d’avoir blessé une personne avec son véhicule. Sa détention a été prolongée de six jours et il a été transféré à la prison de Jdaida, à Tripoli.

Hajji a écrit une série d’articles sur la vie politique et la question des droits de l’homme en Libye, qui ont pour la plupart été publiés sur des sites internet basés à l’étranger.

Il a été incarcéré plus de quatre mois pour «outrage aux autorités judiciaires» après s’être plaint aux autorités d’avoir subi de mauvais traitements en purgeant une peine de deux ans de prison qui s’est achevée en mars 2009, indique encore Amnesty.

Irak des droits de l’homme : 30 000 détenus sans procès

Environ 30 000 personnes sont détenues sans procès dans les prisons irakiennes, où des aveux leur sont parfois extorqués sous la torture, dénonce Amnesty International, qui pointe aussi la responsabilité des forces américaines dans cette situation.

“Les forces de sécurité irakiennes sont responsables de violations systématiques des droits des détenus, et ce (…) en toute impunité”, a déploré dans un communiqué Malcolm Smart, directeur pour le Moyen-Orient de l’organisation de défense des droits de l’homme basée à Londres.

Dans ce rapport de 56 pages intitulé “Nouvel ordre, mêmes sévices : détentions illégales et torture en Irak”, Amnesty détaille des centaines de cas de détention arbitraire, parfois depuis plusieurs années, de torture et de disparition de détenus.

L’organisation raconte notamment l’histoire de Ryad Mohamed Saleh al-Ouqabi, arrêté en septembre 2009. “Lors de son interrogatoire, il a vraisemblablement été battu avec une telle violence qu’il a eu les cotes cassées et le foie endommagé”, indique le rapport. “Il est mort le 12 ou le 13 février en raison d’une hémorragie interne. Son corps a été rendu à sa famille quelques semaines plus tard. Le certificat de décès faisait état d’un arrêt cardiaque.”

Viol, menace de viol, coups infligés avec des câbles ou des tuyaux, suspension prolongée par les membres, décharges électriques, arrachage des ongles de pied avec des pinces, mutilations à la perceuse font partie des formes de torture employées dans les prisons irakiennes, dénonce Amnesty.