Chaos en Libye : Alain Juppé fait son mea culpa à Alger

Revue de presse : L’intervention militaire en Libye, un « fiasco » selon Juppé (par Hakim Megatli – Algérie1.com – 2/2/16) paru sur www.france-irak-actualite.com

Le maire de Bordeaux et néanmoins candidat aux primaires républicains à la présidentielle française, Alain Juppé a fait ce matin à Alger son mea culpa au sujet de l’intervention militaire de la France et ses alliés de l’OTAN en Libye. Juppé a fait ces aveux devant des journalistes algériens qui l’ont interrogé alors qu’il fut le chef de la diplomatie française. «Oui, c’est un fiasco et un chaos», a-t-il reconnu, bon joueur contrairement aux autres responsables français notamment Nicolas Sarkozy qui se vante à ce jour d’avoir «libéré» la Libye de Kadhafi.

Au-delà de la rectitude morale et de l’éthique politique dont a fait preuve Juppé en reconnaissant que ce fut une erreur d’avoir installé le chaos en Libye, cet aveu, tardif il est vrai, souligne à grands traits la politique des puissants de ce monde qui se permettent de se jouer du sort des millions de personnes et peut être pour des décennies. Et pour cause, la France était en 2011 aux avant-postes de l’attaque des alliés de l’OTAN contre la Libye en proie à un conflit interne entre le régime de Kadhafi et des dissidents hétéroclites qui ne possédaient aucun agenda.

Malheureusement, ce pays a été mis à genoux par les bombardements de l’OTAN qui ont détruit toute ses infrastructures et provoqué une guerre civile qui dure depuis cinq ans. L’armée française par l’entremise des va-t-en-guerre Sarkozy et son ami BHL, a envoyé un déluge de feu sur la Libye avant de l’abandonner à son funeste sort.

Aveu

Alain Juppé a tenté cependant de se défiler en faisant remarquer que cette intervention s’était faite dans «un contexte de Printemps arabe», où «les peuples demandaient une instauration de la démocratie». Et Juppé de d’ajouter : «On nous reprochait à l’époque, nous, grandes puissances, de soutenir les dirigeants». Ce qui est tout à fait vrai puisque sa collègue de la défense d’alors, Michelle Alliot Marie, proposait des bombes lacrymogènes et des matériels anti-émeutes pour mater les jeunes révoltés en Tunisie.

Aussi, le président Sarkozy avait même autorisé le colonel Kadhafi d’installer son immense tente au palais de l’Elysée moyennant un gros chèque pour financer sa compagne électorale. Cela dit, un péché avoué et à demi pardonné et Alain Juppé a eu l’honnêteté de reconnaitre son erreur. Sera-t-il prêt à cautionner la réédition de cette expédition punitive aujourd’hui qu’on parle de nouvelles frappes contre la Libye ? «Je ne crois pas à une intervention militaire, mais je crois, comme en Syrie, qu’il faut trouver une solution politique». Oui, mais qui va payer les pots cassés en Libye ?

Source : Algérie1.com


Juppé : “Etre premier partenaire de la Tunisie, ça se mérite”

Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé a soigneusement rythmé sa visite de 28 heures à Tunis, pour faire passer des messages ciblés, politiques, économiques, sociaux et culturel, en choisissant le cadre approprié. Le tout, sous un thème fédérateur : confiance et soutien. Et une détermination renouvelée : « Nous devons mériter la première place parmi les partenaires de la Tunisie ».

Faisant le point de sa visite lors d’une conférence de presse tenue vendredi à midi au palais du Baron d’Erlanger, Nejma Ezzahara, à Sidi Bou-Saïd, il a fourni des éclairages utiles sur les différentes séquences avant de conclure : « Je repars confiant en l’avenir de la Tunisie. Je ne sous-estime pas les défis considérables que la Tunisie, ses autorités, son peuple vont avoir à relever dans les mois qui viennent. Principalement les défis économiques et sociaux, bien sûr. Mais je pense qu’il y a suffisamment d’énergie, dans cette société, pour relever ces défis. J’ai été très impressionné, en particulier, par la place qu’occupent les femmes dans la société tunisienne et dans la vie associative tunisienne, au sein de ce processus de démocratisation de la Tunisie. Je souhaite donc la meilleure chance possible au peuple tunisien qui est pour la France, vous le savez, un peuple ami ».

Séquence politique, jeudi : « un accueil exceptionnellement chaleureux », souligne-t-il. « J’ai eu l’occasion, au cours de ces entretiens (avec  Marzouki, Jebali, Ben Jaafar et Abdessalem), ndlr), de renouveler la confiance de la France dans la Tunisie et dans le processus de transition démocratique actuellement en cours. Confiance mais aussi soutien qui se manifeste sur tous les plans : sur le plan politique, sur le plan économique et sur le plan culturel ».

Mention spéciale, évoquant ses entretiens avec les dirigeants d’Ennahda : « Nous sommes heureux que les valeurs qui nous sont chères, de démocratie, de liberté, du statut de la femme, etc. sont des valeurs partagées. Avec Ennahda, sur ces principes, nous nous sommes retrouvés ». Sans plus de détails.

La matinée du vendredi était consacrée aux autres séquences que la France a tenu à mettre en exergue. Economie : visite d’une PME française, Cahors, « qui donne, souligne Juppé, je crois un bon exemple de ce que peut être un investissement mutuellement intéressant pour la France et la Tunisie, puisque cette entreprise qui fabrique des coffrets de compteurs électriques pour les grandes entreprises tunisienne, en s’installant ici, crée des emplois en Tunisie – une cinquantaine, si je me souviens bien – mais elle crée aussi des emplois en France puisqu’elle importe une partie de ses matières premières de France. C’est donc là une opération mutuellement avantageuse. Investir en Tunisie, ce n’est pas forcément délocaliser des établissements industriels venus de France mais au contraire rechercher une complémentarité ».

Sur le même registre économique, mais dans son volet touristique, le ministre a entraîné la presse française qui l’accompagnait dans une visite à Carthage où il a été impressionné par l’homme de Byrsa, puis à Sidi Bou Saïd (en photo au café des Nattes avec l’ambassadeur Boillon). Une occasion, pour Juppé de « réaffirmer la confiance de la France dans les possibilités touristiques de la Tunisie. Je sais que le tourisme est un des piliers de l’économie tunisienne. Il a souffert, depuis un an, pour des raisons évidentes mais je pense qu’aujourd’hui, toutes les conditions de son redémarrage sont réunies. J’ai rencontré quelques touristes français et j’espère que la prochaine saison estivale permettra le redémarrage du tourisme. Des mesures conjoncturelles sont nécessaires pour relancer cette activité touristique mais aussi, j’en ai parlé hier avec les responsables tunisiens, des réformes structurelles. La France est prête à coopérer avec les responsables tunisiens pour développer de nouveaux produits qui correspondent mieux à l’attente des touristes qui s’intéressent à cette région ». Une halte s’impose quand on vient dans ce village : la galerie Ammar Farhat.

Social : visite au siège de l’association “Amal”, qui vient en aide aux mères célibataires. « C’est un beau combat, dira-t-il et j’ai pu rencontrer à cette occasion d’autres associations. Vous le savez sans doute, l’ambassade de France a organisé l’année dernière un forum consacré au  tissu associatif et à la société civile. Cela a été un grand succès et nous allons poursuivre cette année avec un nouveau forum, au mois de mars je crois, qui nous permettra de réunir des associations tunisiennes mais aussi de les mettre en contact avec les associations françaises ». Le ministre avait tenu, en effet à poursuivre les contacts établis avec le tissu associatif tunisien « dont, soulignera-t-il, je constate qu’il est très riche et qu’il se développe très vite depuis plusieurs mois. Je pense en effet que la démocratie, ce sont d’abord des élections libres et transparentes mais c’est aussi une culture qui s’acquiert grâce au développement du réseau associatif ».

Quelques réponses rapides aux questions des journalistes :

La montée de l’islamophobie en France : « Ce n’est pas propre à la France. Il y a une sorte de peur face à la transformation du monde, une position de repli. Il faudrait réduire le malentendu, expliquer, il y a toute une pédagogie à faire ensemble ».

Etudiants Tunisiens en France qui n’auront plus le droit de prolonger leur séjour dès la fin de leurs études: « ils sont près de 15 000 et on me dit qu’ils sont parmi les étudiants étrangers les plus performants en France. Il y a eu cette circulaire qui était rédigée de manière inappropriée, mais elle a été modifiée. Le malentendu est dissipé.

Visiblement satisfait de sa visite à Tunis, Alain Juppé réitère son message central : confiance et soutien. A concrétiser.

Source leaders

Alain Juppé en Tunisie et au Maroc les 4 et 5 janvier

Le chef de la diplomatie française Alain Juppé se rendra en Tunisie les 4 et 5 janvier, a appris dimanche Atlasinfo.fr de source diplomatique française.

“Le ministre doit également se rendre au Maroc probablement fin janvier après la formation du gouvernement Benkirane”, précise cette source.

Samedi, Alain Juppé s’est dit prêt à se rendre en Tunisie “dès que possible au tout début de l’année prochaine”.

Dans un courrier adressé à son nouvel homologue tunisien, Rafic Abdessalem, pour le féliciter pour sa nomination à la tête de la diplomatie tunisienne, M. Juppé a assuré ce dernier du soutien de la France au moment où “la Tunisie écrit une page nouvelle de son histoire”.

Il considère que la constitution du gouvernement dans ce pays “parachève la mise en place des institutions provisoires, un an après le début de la révolution tunisienne”. Cette nouvelle étape, estime-t-il, marque la poursuite du processus démocratique en Tunisie qui, “après avoir ouvert la voie du +printemps arabe+, confirme son rôle de pionnier et de modèle dans la région en matière de transition démocratique”.

“La France, liée à la Tunisie par une longue histoire et une profonde amitié, se tient aux côtés du peuple tunisien et souhaite travailler avec les nouvelles autorités tunisiennes à l’approfondissement de notre relation bilatérale”, assure le chef de la diplomatie française.

L’Assemblée constituante tunisienne avait accordé, vendredi soir, la confiance au gouvernement de Hamadi Jebali, en approuvant par 154 voix pour, 38 contre et 11 abstentions, sa composition.

Source Atlasinfo.fr


Le choix d’ouverture du Maroc, un exemple dans le monde arabe

  • Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a salué à Paris, le choix “résolu” d’ouverture du Maroc par opposition à certains pays arabes qui ont opté pour “la répression sauvage” ou encore “la tergiversation”.
  • Clôturant un colloque sur les enjeux des bouleversements en cours dans le monde arabe, M. Juppé s’est félicité que dans certains pays “portés par ce formidable élan vers la liberté, les autorités ont pris le devant en s’engageant résolument dans un processus d’ouverture, soucieux d’apporter des réponses aux demandes légitimes de leurs peuples”.

    “Je pense au Maroc où le Souverain a fait un discours courageux qui ouvre la voie à des réformes institutionnelles majeures”, a-t-il précisé devant un auditoire d’experts, de journalistes et de militants des droits de l’homme venus de plusieurs pays arabes notamment de Tunisie et d’Egypte.

    D’autres pays, a-t-il regretté, ont “fait le choix d’une répression sauvage, c’est le cas de la Libye où la communauté internationale est mobilisée pour protéger la population”.

    “Aujourd’hui, il est clair pour tous, qu’en tirant au canon sur son propre peuple, Kadhafi a perdu toute légitimité et doit quitter le pouvoir”, a-t-il souligné.

    D’autres pays tergiversent, comme au Yémen ou la Syrie, où la situation est “extrêmement préoccupante”, selon M. Juppé.

    “Ces pays doivent savoir qu’il n’y a pas d’autre voie qu’un dialogue ouvert, susceptible d’apporter une réponse claire aux aspirations des citoyens et leur permettre de s’exprimer en liberté”, a-t-il souligné.

    Tirant les conclusions de ce colloque organisé par le Quai d’Orsay avec l’Institut du monde arabe (IMA ) à Paris, le chef de la diplomatie française n’a pas hésité à faire le mea-culpa de la France sur ses positions passées à l’égard de certains régimes arabes.

    “C’est vrai que par le passé, compte tenu de la crainte de la menace fondamentaliste, nous avons parfois hésité à réagir face à certaines atteintes” aux droits de l’homme, a-t-il reconnu.

    Pour l’avenir, a-t-il assuré, la France, à l’instar de ce qu’elle fait en Libye, continuera à faire preuve de “la plus grande clarté et de la plus grande fermeté vis-à-vis de toute violation avérée” de ces droits, soulignant qu’en fonction de la gravité de la situation, Paris pourrait utiliser tous les moyens disponibles notamment des sanctions et des actions militaires dans les cas extrêmes, avec l’autorisation du Conseil de sécurité.

    M. Juppé a également exprimé la disposition de la France à accompagner les pays de la rive sud de la Méditerranée dans leur transition démocratique, en leur proposant de partager son expertise et son expérience notamment dans les domaines du Droit constitutionnel, système politique, libertés publiques ou encore de la liberté de la presse.

    Dans un souci de changer de regard sur le monde arabe, le ministre a souligné, en outre, l’ambition de la France d’élargir le cercle de ses interlocuteurs dans la région à l’ensemble des acteurs politiques et composantes de la société civile dans ces pays, y compris les islamistes, à condition de respecter “les règles du jeu démocratique et bien sûr le principe fondamental du refus de toute violence”.

 

Libye/Chavez : Paris rejette la médiation de paix

La France a rejeté jeudi une proposition de médiation du président vénézuélien Hugo Chavez en Libye, écartant toute initiative visant au maintien au pouvoir du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a déclaré le ministre des Affaires étrangères. “Toute médiation permettant au colonel Kadhafi de se succéder à lui-même n’est évidemment pas la bienvenue”, a déclaré le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, en réponse à une question sur la proposition vénézuélienne.

Alain Juppé tenait une conférence de presse avec son homologue britannique William Hague, en déplacement à Paris. Hugo Chavez a proposé lundi de créer une mission internationale de paix formée par plusieurs pays amis qui puisse faire office de médiateur entre le dirigeant libyen et les insurgés, a annoncé mercredi son gouvernement. Le président vénézuélien s’est lui-même entretenu de cette proposition avec le dirigeant libyen et a condamné toute intervention militaire qui, selon lui, serait “une catastrophe”.

 

Juppé souhaite relancer l’UPM

Le nouveau chef de la diplomatie, Alain Juppé, a appelé aujourd’hui à “relancer” l’Union pour la Méditerranée (UPM), “plus nécessaire que jamais”, selon lui, pour permettre aux citoyens de sa rive Sud de vivre chez eux en connaissant démocratie et prospérité.

“C’est notre devoir d’accompagner les peuples du Sud dans leur marche pour la démocratie. Le destin hésite en Tunisie, en Egypte, en Libye : le meilleur est possible, le pire est possible”, a-t-il rappelé devant l’Assemblée nationale, alors que les Libyens sont encore en pleine insurrection contre le colonel Kadhafi et que rien n’est réglé en Tunisie et en Egypte après les renversements de Ben Ali et de Hosni Moubarak.

L’UPM est “une idée, plus nécessaire que jamais”, car “la Méditerranée est le berceau des civilisations européennes, berceau des trois religions du Livre qui sont notre bien commun”, a-t-il dit. “C’est notre intérêt de faire en sorte que le développement sur ses deux rives permette aux citoyens du Sud de vivre chez eux, sur leurs terres, dans leur pays et d’y trouver la paix, la liberté, le travail et la prospérité qu’ils sont en droit d’attendre”, a ajouté Alain Juppé.

“C’est ce que nous allons faire en relançant l’UPM, avec le soutien de tous les pays de l’Union européenne” (UE), a-t-il dit.

L’UPM, créée le 13 juillet 2008 sur une idée du président Nicolas Sarkozy, compte une quarantaine de membres, dont les pays de l’UE, la Turquie, Israël et les pays arabes riverains de la Méditerranée. Coprésidée par le président Nicolas Sarkozy et Hosni Moubarak, aujourd’hui écarté du pouvoir, elle a récemment perdu son secrétaire général, démissionnaire. Moribonde, elle ambitionnait, en développant des projets concrets dans divers domaines (environnement, transports, énergie, culture, éducation), de relancer la coopération euro-méditerranéenne lancée en 1995 à Barcelone.

 

Tunisie/Juppé : “nous avons sous-estimé l’exaspération” des Tunisiens

Le ministre de la Défense Alain Juppé a déclaré lundi à Bordeaux que les pays “occidentaux”, considérant que la Tunisie était un pays “stable”, avaient “sous-estimé l’exaspération de l’opinion publique tunisienne face à un régime policier” et “dictatorial”.

“Tous les pays, disons occidentaux au sens large du terme, européens et américains, ont considéré que la Tunisie était un pays stable politiquement, qui se développait économiquement, où le statut de la femme s’améliorait, où des classes moyennes émergeaient, où un effort important a été fait du point de vue de l’éducation”, a déclaré M.Juppé, par ailleurs maire de Bordeaux et qui s’exprimait en marge de ses voeux à la presse.

“Sans doute avons-nous, les uns et les autres, sous-estimé le degré d’exaspération de l’opinion publique face à un régime policier” et “dictatorial”, a-t-il estimé.

Il a rappelé que les touristes français en Tunisie sont actuellement rapatriés par les voyagistes, tandis que les résidents français, “pour beaucoup des bi-nationaux qui ont leur vie en Tunisie”, “ne font pas l’objet de menaces particulières aujourd’hui”, selon lui.

“Ce que je souhaite surtout, c’est que la Tunisie réussisse son processus d’alternance, ce n’est pas évident parce que, quand on est dans une dictature, les forces d’oposition sont, par définition, mal structurées mais j’espère qu’elles vont pouvoir s’organiser pour présenter au peuple tunisien une alternative crédible”, a-t-il ajouté.

Demain midi, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, présentera ses voeux à la presse au cours desquels il évoquera la situation en Tunisie.