Le chef d’Al-Qaïda appelle les musulmans du Maghreb à combattre la France

Le chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri a appelé les musulmans du Maghreb à combattre les soldats français au Sahel, dans un message vidéo rendu public récemment, selon le Centre américain de surveillance des sites djihadistes SITE. Dans cette vidéo de sept minutes, qu’aucun élément ne permet de dater, le successeur d’Oussama ben Laden ne fait aucune référence aux récents attentats de Ouagadougou, revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), un mouvement jihadiste basé au Mali et affilié à Al-Qaïda.
La semaine dernière, une double attaque coordonnée a visé l’ambassade de France et l’état-major général des armées burkinabè dans la capitale du Burkina, faisant sept morts et plus de 80 blessés parmi les forces de l’ordre. Neuf jihadistes ont été abattus. “Ceux qui ont combattu, tué et pourchassé vos pères sont de retour pour tuer vos frères musulmans (…) et vous rappeler que vous restez sous leur occupation et leur oppression”, affirme Ayman al-Zawahiri, en référence à l’époque de la colonisation.
Il souligne également l’échec des révolutions du Printemps arabe estimant que “l’ancienne corruption est revenue, mais plus féroce (…) qu’avant”. Ayman al-Zawihiri menace régulièrement la France dans ses messages: en septembre dernier, il avait déjà appelé les musulmans du Maghreb et d’Afrique subsaharienne à donner “une leçon aux Français” qui “ont tué vos aïeux, occupé vos terres et torturé vos ancêtres”.
Environ 4.000 soldats français sont déployés au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane qui combat les groupes jihadistes dans la région et appuie les forces des pays du G5-Sahel.

L’armée française opère “secrètement” contre Daech en Libye

  • La France interviendrait militairement, en toute discrétion, en Libye pour lutter contre les djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI). Selon Le Monde, François Hollande a ordonné diverses opérations clandestines en Libye afin de freiner la montée en puissance de l’organisation Etat islamique (EI). La France exclut, pour l’heure, toute intervention officielle et revendiquée.

L’intervention militaire en Libye sous Nicolas Sarkozy a commencé comme celle de François Hollande: par la clandestinité. Dans une longue enquête publiée ce mercredi, Le Monde raconte que la France mène des opérations militaires “secrètes” dans ce pays du Maghreb, en proie à une instabilité qui profite à l’organisation Etat islamique (EI). Et l’urgence à agir est la suivante: depuis plusieurs mois, les djihadistes gagnent du terrain, comme l’illustre notamment la prise de Syrte.

Là où l’ancien président a fini par mener une guerre ouverte contre l’ancien guide Khadafi, l’actuel, échaudé, opterait pour la discrétion histoire de s’épargner un front potentiellement long et difficile et dont les conséquences seraient imprévisibles. D’autant que les autorités libyennes refusent, pour l’heure, toute intervention officielle d’une coalition occidentale, comme c’est le cas en Irak.

La doctrine du hit and run

Le quotidien explique la stratégie française: des agents du service action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE/ renseignements extérieurs) sont disséminés sur le sol libyen incognito, remontent des informations puis des frappes ciblées sont ordonnées par Paris après en avoir référé aux Etats-Unis qui mènent la Coalition, déjà impliqués dans la lutte antiterroriste en Syrie et en Irak. Le 19 février, un raid aérien américain, qui aurait prévenu la France, a ainsi été mené sur un camp d’entraînement de l’EI. Une quarantaine de personnes ont été tuées. Parmi eux, vraisemblablement un haut cadre tunisien de l’organisation, à l’origine des attentats de Sousse et du Bardo en Tunisie.

Toujours selon Le Monde, l’élimination du chef de Daech en Libye en novembre dernier, là encore dans une frappe américaine, a été permise grâce à un renseignement français. Cette stratégie s’appellerait “hit and run” (littéralement “frappe et fuis”), que l’on pourrait comparer à une forme de guerre discrète. Certains diraient du terrorisme… En plus des agents de la DGSE, des forces spéciales françaises évolueraient également sur le territoire libyen.

Vers une intervention navale?

A en croire le quotidien, la France serait aussi “présente dans le ciel libyen”, mais le ministère de la Défense refuse de détailler dans quelle mesure l’armée française se préparerait aussi à intervenir sur mer étant donné que l’EI est implanté sur les côtes libyennes. Une première.

Toutefois, plusieurs spécialistes émettent des réserves sur cette orientation militaire. “Cela fait des années que Washington mène des frappes ponctuelles contre Al-Qaïda au Yémen et au Pakistan. On voit que cela n’a rien donné”, estime, par exemple, Mattia Toaldo, spécialiste de la Libye, dans une interview à L’Express. Selon l’analyste, seule une réponse politique pourrait redonner de l’air au pays.


Attentats de Paris: Le Maroc a permis de localiser Abaaoud (El Khayam)

Les services marocains ont communiqué, à temps, à leurs homologues français des renseignements très opérationnels dans le cadre de l’enquête sur les attentats meurtriers du 13 novembre à Paris. “L’une de ces informations a permis de remonter jusqu’au logement d’Abdelhamid Abaaoud, la plaque tournante des attaques”, a affirmé le Directeur du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), Abdelhak El Khayam.

 

“Nous avons communiqué, à temps, des informations à nos homologues français car nous jugions ces renseignements très opérationnels sur certains auteurs desdits attentats”, a souligné M. El Khayam dans entretien publié mercredi par le quotidien français “Le Figaro”, précisant que “l’une de ces informations a permis de remonter jusqu’au logement d’Abdelhamid Abaaoud, la plaque tournante des attaques”.

 

Il a également souligné que la coopération avec les services occidentaux est aussi excellente qu’ancienne car le terrorisme est “notre ennemi commun”, faisant savoir que depuis toujours, les services de sécurité marocains ont fourni à leurs partenaires étrangers des renseignements hautement opérationnels ayant permis la destruction de camps d’entraînement comme celui de Khalden en Afghanistan, détruit en 2011 par l’aviation américaine, et la détection de projets terroristes ayant visé des sites sensibles dans certains pays européens tels la basilique de Bologne ou le siège d’un service de police à Paris, ainsi que la saisie de lots d’armes notamment en France et en Belgique.

 

“Le terrorisme n’a pas de nationalité, ni de frontières. Il est l’ennemi de tous”, a dit M. El Khayam, ajoutant que le nombre de Marocains qui sont partis en Syrie pour rejoindre Daesh s’élève à 1.500, notant qu’ils “sont, pour nous, tous des terroristes et font l’objet de mesures de recherche et d’interception s’ils retournent au Maroc”.

 

Il a rappelé que la loi antiterroriste punit de 5 à 10 ans de prison les actes ou les tentatives de ralliement d’un foyer de tension où sévissent des organisations terroristes. “La stratégie de notre pays est l’anticipation”, a-t-il dit, ajoutant que depuis le déclenchement de la crise syrienne, les services de sécurité marocains ont procédé au démantèlement de 29 structures liées à cette zone de guerre sur fond d’arrestation de plus de 200 individus, porteurs de projets malveillants, conformément à l’agenda d’Abou Bakr al-Baghdadi.

 

“Mis au défi par le danger terroriste, le Royaume s’est inscrit dans une dynamique sécuritaire pour contrer la menace incarnée par al-Qaida et ses groupes franchisés, et aujourd’hui Daech”, a expliqué le patron du BCIJ, précisant que depuis 2002 l’action d’anticipation a permis la neutralisation de 150 structures terroristes, dont plus d’une cinquantaine liées aux différents foyers de tension, notamment la zone afghano-pakistanaise, l’Irak, la Syrie et le Sahel.

 

Le Maroc a aussi renforcé son arsenal antiterroriste avec notamment l’inauguration, en mars 2015, du BCIJ, qui constitue une interface judiciaire de la Direction générale de surveillance du territoire (DGST), dont l’action, qui s’effectue dans le strict respect des droits de l’homme, vise à assurer la sécurité des citoyens, a dit M. El Khayam, rappelant que depuis sa création, ce bureau a démantelé 23 cellules terroristes, ayant à leur actif des projets malveillants visant des intérêts nationaux et occidentaux, ainsi que le recrutement et l’acheminement de combattants au profit des groupes armés en Syrie et en Irak, dont notamment Daech.

 

La dernière cellule, mise hors d’état de nuire en janvier 2016, envisageait aussi de rallier la Syrie, avant d’opter pour la Libye en guise d’alternative pour intégrer la branche de l’Etat islamique dans ce pays, dès lors que le périple pour rallier ce dernier foyer de tension s’avère moins risqué et moins coûteux, a-t-il indiqué.

 

 

Interrogé sur la situation en Libye, M. El Khayam a affirmé que cette dernière constitue un terrain par excellence pour les djihadistes de la région, car Daech a pris le contrôle de points importants et constitue une menace pour la région maghrébine et pour les pays du pourtour méditerranéen.

 

Par rapport à la Syrie, la Libye connaît la présence de cas isolés de combattants marocains dont la première vague avait rallié les rangs des islamistes d’Ansar al-Charia dans ce pays, avant de rejoindre les rangs d’Aqmi, a-t-il fait savoir, précisant que d’autres ont été influencés par les thèses de l’Etat islamique en Libye.

 

“Le Maroc prend au sérieux le cas de ces combattants dès lors qu’ils sont très bien entraînés et scrutent l’opportunité de revenir au Royaume pour y sévir en tant que conquérants”, a affirmé le directeur du BCIJ.

 

 

Source Atlasinfo


Tunisie: un douanier tué par des jihadistes à la frontière avec l’Algérie

Un agent de la Garde douanière tunisienne a été tué dimanche par des jihadistes armés à Bouchebka, près de la frontière avec l’Algérie, ont annoncé la télévision d’Etat et le président d’un syndicat douanier.

“Un agent douanier tué et trois autres blessés dans un échange de tirs avec un groupe terroriste à Bouchebka”, a indiqué la chaîne Wataniya 1.

Le président du syndicat, Ridha Ennasri, a parlé d'”une attaque terroriste contre une patrouille de la Garde douanière” à Bouchebka, dans le gouvernorat de Kasserine.

“Un agent de la douane a été tué et un autre a été grièvement blessé”, a-t-il dit à l’AFP.

Ces nouvelles violences interviennent alors qu’un policier a été tué mercredi par deux inconnus à moto dans la région de Sousse (centre-est), théâtre en juin de la pire attaque jihadiste de l’histoire du pays. Les autorités ont indiqué ne pas avoir établi s’il s’agissait d’un attentat jihadiste, l’enquête étant toujours en cours.

La Tunisie fait face depuis sa révolution en 2011 à une progression de la mouvance jihadiste, responsable de la mort de plusieurs dizaines de soldats et de policiers et de 59 touristes au total.

Plusieurs attaques ont eu lieu dans la région de Kasserine, notamment sur le mont Chaambi, le principal maquis jihadiste de Tunisie où l’armée tente de déloger depuis fin 2012 des groupes armés.

Les autorités tunisiennes ont annoncé le mois dernier avoir tué trois dirigeants du principal groupe extrémiste armé tunisien lié à Al-Qaïda, la Phalange Okba Ibn Nafaa. Le ministre de l’Intérieur Najem Gharsalli avait assuré que cette opération avait “cassé le dos de la Phalange Okba Ibn Nafaa, (….) jusqu’à 90%”.

Le chef de la Phalange, Lokmane Abou Sakr, avait lui été tué fin mars lors d’une opération des forces spéciales dans la région de Gafsa (centre).

Ce groupe est l’auteur de plusieurs attaques meurtrières contre les forces armées tunisiennes. Selon Tunis, il est aussi responsable de l’attentat contre le musée du Bardo le 18 mars (21 touristes et un policier tués), bien qu’il ait été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI).

Tunis a jugé possible une scission au sein de la Phalange Okba Ibn Nafaa, dont une partie aurait rejoint l’EI.

“Il n’y a pas encore de présence en Tunisie d’une organisation structurée appelée Daech. Cela n’empêche pas l’existence de certains éléments ayant prêté allégeance à Daech” dans le pays, avait dit M. Gharsalli lors d’une conférence de presse en juillet, utilisant un acronyme arabe de l’EI.

L’EI a aussi revendiqué l’attentat sanglant du 26 juin dans un hôtel près de Sousse qui a tué 38 touristes étrangers, dont 30 Britanniques.


Tunise: 4 gendarmes tués par des djihadistes

  • Quatre gendarmes tunisiens ont été tués dans la nuit de mardi à mercredi dans une “attaque terroriste” près de la frontière algérienne dans une zone où un groupe djihadiste est actif.

 

L’attaque a eu lieu à Boulaaba, lieu dans la région du Mont Chaambi, un massif montagneux à la frontière avec l’Algérienne où est actif le principal maquis djihadiste tunisien. Ce groupe, lié à al-Qaïda, est pourchassé depuis décembre 2012 par les forces tunisiennes qui tentent de neutraliser ces combattants sans succès malgré plusieurs campagnes de bombardements et opérations terrestres.

 

Des dizaines de militaires et policiers ont été tués ou blessés dans des embuscades et dans les explosions de mines disséminées dans la zone de Chaambi mais aussi plus au nord, le long de la frontière. Ce groupe, la “Phalange Okba Ibn Nafaâ”, est notamment responsable de l’attaque la plus sanglante de l’histoire de l’armée tunisienne (15 soldats tués à Chaambi en juillet dernier). Il a aussi revendiqué un assaut fin mai contre le domicile du ministre de l’Intérieur de l’époque.

 

La Tunisie connait depuis la révolution de janvier 2011 un essor de la mouvance djihadiste armée. Le pays avait en particulier été profondément déstabilisé en 2013 par les assassinats de deux personnalités anti-islamistes. Ces derniers mois, à l’approche des élections générales de fin 2014, la police tunisienne a dit multiplier les arrestations, assurant avoir déjoué plusieurs attentats. Par ailleurs, la Tunisie est devenue l’une des principales terres de recrutement pour les groupes islamistes armés en Syrie, en Irak ainsi qu’en Libye. De 2000 à 3000 Tunisiens combattraient ainsi dans les rangs des jihadistes à l’étranger. Cinq cents autres sont pour leur part rentrés en Tunisie, selon la police, et sont considérés comme l’une des plus grandes menaces sécuritaires pour le pays.

Parution du récit «historique» d’un détenu mauritanien de Guantanamo

Cette semaine paraît en France un livre exceptionnel intitulé Carnets de Guantanamo. Il s’agit du journal intime d’un Mauritanien soupçonné d’appartenir à al-Qaïda et détenu depuis août 2002 dans la terrible prison militaire américaine. C’est la première fois qu’un prisonnier toujours détenu à Guantanamo raconte sa captivité, et notamment les nombreuses tortures et humiliations qu’il a subies.

Il s’appelle Mohamedou Ould Slahi. Il est Mauritanien, âgé de 44 ans, et le récit qu’il publie cette semaine dans vingt pays était très attendu. Mohamedou Ould Slahi est détenu à Guantanamo depuis août 2002. Dans son journal intime, paru ce jeudi en France, il raconte les tortures qu’il a subies dans le centre de détention militaire américain situé à Cuba.

Au cours de la longue procédure ayant conduit à déclassifier ce document, Mohamedou Ould Slahi a vu ses écrits être retouchés et amendés plus de 2 500 fois! Samedi dernier, The Guardian a publié de larges extraits de son texte (en anglais).

Bénédicte Lombardo, responsable du domaine étranger chez Michel Lafon, maison d’édition de Carnets de Guantanamo en France, explique en quoi ce livre constitue selon elle un « document unique à portée historique » :

« C’est la première fois qu’un détenu à Guantanamo, qui est encore emprisonné, réussit à faire publier son manuscrit. Grâce à ses avocats américains, et grâce à un éditeur américain, ils ont réussi à publier ses carnets.

Ils sont rédigés en anglais ; c’est une langue qu’il a apprise pendant sa détention. Il y a des pages entières et certains passages – ou certains mots, certains noms de personnes -, qui ont été barrés en noir. Ça apparaît dans le livre ainsi.

On n’avait pas le droit de citer notamment tous les noms des gardiens, des personnes qui l’ont interrogé, de ses codétenus, etc. Tout cela est censuré.

Mohamedou Ould Slahi a montré qu’il était un vrai écrivain. Il a une façon de raconter tout son parcours et son emprisonnement de façon très personnelle, très touchante.

C’est un récit à la fois terrifiant bien sûr, mais aussi drôle, très élégant, et qui donne vraiment une vision de ce qui se passe réellement à Guantanamo. C’est un document exceptionnel. »

avec RFI

Syrie: 2400 jihadistes venus de Tunisie combattent avec les rebelles

Près de 2 400 Tunisiens combattent en Syrie dans les rangs des jihadistes : c’est une estimation donnée, le mardi 24 juin, par le ministre tunisien de l’Intérieur. Selon Lotfi Ben Jeddou, la plupart de ces combattants islamistes sont membres de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe qui a récemment investi la moitié nord de l’Irak. A ceux-ci, on peut ajouter les volontaires tunisiens résidant à l’étranger qui seraient plusieurs centaines.

Avec 2 400 jihadistes en Syrie pour 10,5 millions d’habitants, la Tunisie est l’un des pays au monde le plus touchés par le phénomène. Selon le ministre de l’Intérieur, sur ces 2 400 ressortissants en Syrie 20% de ces jihadistes combattraient chez Jabat al-Nosra branche syrienne d’al-Qaïda, et 80% seraient au sein de l’Etat islamique en Irak et au Levant, l’EIIL qui contrôle la région de Raqqa en Syrie et menace d’attaquer Bagdad après avoir conquis Mossoul, la deuxième ville d’Irak.

Postes importants

Au sein de l’EIIL, les Tunisiens, qui ont été parmi les premiers étrangers à partir se battre en Syrie dès 2011, occupent parfois des postes importants avec une vraie expérience militaire. Beaucoup communiquent sur internet. Ces derniers jours, l’un d’entre eux n’a pas hésité à poster sur les réseaux sociaux une vidéo de lui en train d’exécuter cinq prisonniers chiites.

400 jihadistes déjà rentrés

En février, le ministère de l’Intérieur tunisien estimait que 400 de ces jihadistes étaient déjà rentrés en Tunisie. Une estimation confirmée par RFI de sources jihadistes. Un chiffre qui fait planer la menace d’actions armées d’ampleur en Tunisie. Et ce alors que mi-juin, al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) revendiquait pour la première fois une attaque en Tunisie. Une attaque menée contre le domicile personnel du ministre tunisien de l’Intérieur, dans la ville de Kasserine, au pied du mont Chaambi où depuis un an et demi des groupes jihadistes armés liés à Aqmi mettent en échec les forces armées tunisiennes.

Avec RFI

Exclusivité RFI: les jihadistes marocains en Syrie

—   —   par RFI   Par David Thomson et Wassim Nasr.

 

Les Marocains seraient aux alentours de 1500 au sein des factions jihadistes en Syrie. Beaucoup combattent dans la brigade marocaine Harakat Sham al-Islam. D’autres dans les rangs du Front al-Nosra, branche officielle d’al-Qaïda en Syrie ou de son frère rival de l’Etat islamique en Irak et au Levant. RFI a pu s’entretenir par téléphone avec Abou Hamza, un Marocain qui combat au sein de l’EIIL depuis plus d’un an, avec ses fils.

 

Avant de quitter le Maroc pour combattre Bachar al-Assad, Abou Hamza cuisinait le poisson dans la restauration. Son premier départ sur une terre de guerre sainte remonte à 2007, lorsqu’il tente de rejoindre l’Irak. Mais il est arrêté à la frontière syrienne et extradé au Maroc où il est directement envoyé en prison.

Après quatre ans derrière les barreaux, il est libéré fin 2011 et repart six mois plus tard pour la Syrie. Abou Hamza, 46 ans, n’est pas parti seul mais avec sa femme et ses quatre fils qui combattent avec lui avec lui dans les rangs de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), même si certains sont encore adolescents. Pour lui, le jihad se conçoit en famille :

« Je suis rentré le 25 février 2013 en Syrie. J’ai souhaité vivre cette expérience en famille sous la bannière de l’État Islamique en Irak et au Levant, pour participer à sa construction et pour que l’islam soit notre voie. Les enfants sont venus avec moi sans problème parce qu’ils sont convaincus. Ils ne travaillaient pas, ils étaient tous étudiants. La maman nous a suivis. On est toujours là sains et saufs. »

Abou Hamza combat depuis plus d’un an dans la région de Lattaquié mais actuellement, ce Marocain de l’EIIL se repose loin du front, en Turquie. Sa femme, malade, y reçoit des soins. Mais ce père de famille est également en Turquie pour se tenir éloigné des heurts meurtriers entre légions jihadistes. Selon lui, des Marocains continuent d’affluer en Syrie mais beaucoup retournent au Maroc en raison de ces combats fratricides. Lui-même s’est rendu en Syrie pour y instaurer un califat islamique, mais les divisions entre l’EIIL et les autres factions l’ont dissuadé d’y retourner :

« J’ai décidé de ne pas m’en mêler en attendant que les choses deviennent plus claires. Malgré les problèmes qui se multiplient et malgré la discorde, des Marocains continuent de venir en Syrie, et moi j’y crois toujours. Il est certain que nous sommes combattus tous les jours, mais Dieu tout puissant prédestine des hommes pour défendre la foi et la religion. Malgré les combats fratricides et tout ce qui se passe aujourd’hui, cela reste une certitude pour moi. C’est notre devoir et il est certain que nous allons libérer la Syrie. Mais aujourd’hui, à cause de cette guerre fratricide et des désaccords entre les factions, beaucoup de Marocains prennent le chemin du retour vers le Maroc. Mais moi, ce n’est pas du tout mon choix, car je sais très bien ce qui se passe au Maroc, il y a beaucoup d’injustice. Actuellement on attend l’ordre de Dieu, ce sera probablement vers une autre terre de jihad. Je ne compte pas retourner en Syrie mais j’ai l’intention de rester sur la voie du jihad. Je ne suis pas encore décidé, mais ça ne sera pas la Syrie, plutôt un autre pays. »

 

Trois questions à…

Romain Caillet, chercheur et auteur d’un rapport sur les jihadistes marocains en Syrie

A combien s’élève le nombre de jihadistes marocains en Syrie ?

On estime le nombre de Marocains en Syrie entre 1000 et 1500 combattants. Si on ajoute à ce chiffre les bi-nationaux de la diaspora marocaine venant de Belgique, de France, de Hollande, on pourrait arriver à 2000 combattants marocains en Syrie. Si l’on compare aux expériences militantes jihadistes dans le passé, notamment des « Afghans marocains » c’est-à-dire des Marocains qui avaient participé au premier jihad afghan contre les soviétiques, même cette mobilisation qui était historiquement la plus importante, est en-deçà du phénomène auquel on assiste aujourd’hui [en Syrie].

Mais proportionnellement au nombre d’habitants, le nombre de jihadistes marocains semble tout de même en-dessous de la mobilisation des Tunisiens par exemple. En revanche, proportionnellement, le nombre de Marocains en Syrie dépasse celui des Algériens ou des Mauritaniens.

Comment est né le groupe des Marocains en Syrie, Harakat Sham al-Islam ?Ce groupe, composé à 90 % de Marocains et commandé par des Marocains, s’appelle Harakat Sham al-Islam, c’est-à-dire littéralement le « Mouvement de l’islam du Levant ». Sa formation remonte à août 2013. Ce groupe a été fondé par des anciens détenus de Guantanamo qui étaient passés par les camps d’entraînement d’al-Qaïda au début des années 2000. C’est donc un groupe qui s’inscrit dans la lignée d’al-Qaïda.

A l’époque du régime des talibans, les jihadistes qui rejoignaient les rangs d’al-Qaïda étaient regroupés par nationalité. Pourquoi se regrouper par nationalité ? D’abord pour éviter les infiltrations. Et l’autre valeur ajouté pour un groupe jihadiste, c’est de pouvoir envisager sur le long terme des actions armées dans son pays d’origine même si ce n’est pas à l’ordre du jour pour le moment. Car il y a actuellement une alliance de Harakat Sham al-Islam avec des groupes non jihadistes, ce qui leur permet d’accéder à un arsenal d’armes lourdes et également à des financements venus de pays du Golfe.

Ce groupe combat dans le nord de Lattaquié et participe depuis la fin du mois de mars à une offensive qui regroupe à la fois le Front al-Nosra, qui est la branche syrienne d’al-Qaïda, mais aussi des groupes salafistes non jihadistes qui sont liés au Front islamique et ce même Front islamique est reconnu par les Américains comme un partenaire dans la crise syrienne.

 

Deux chefs militaires jihadistes marocains sont morts récemment en Syrie. Peut-on dire que chacun représentait par son parcours, la nouvelle et l’ancienne génération du jihad ?

Oui le premier, c’est Ibrahim Benchekroun alias Abou Ahmed al-Magrhibi ou Abou Ahmed al-Muhajir. Il était le fondateur du mouvement Harakat Sham al-Islam (HSI). Il est mort à 35 ans, le 2 avril 2014, dans le cadre de l’offensive baptisée « al Anfal » organisée par la coalition qui regroupe le Front al-Nosra, le Front islamique via une brigade salafiste, et HSI, troisième composante de cette troïka qui a mené l’offensive au nord du gouvernorat de Lattaquié.

Ibrahim Benchekroun est quelqu’un qui avait quitté le Maroc à la fin de l’été 2000 puis qui avait rejoint les talibans et intégré les camps d’entraînement d’al-Qaïda en Afghanistan. Après l’offensive américaine, il s’est réfugié au Pakistan et il a été arrêté par les services secrets pakistanais, puis livré aux Américains. Il est passé par les prisons de Baghram et de Kandahar en Afghanistan avant d’être transféré dans la fameuse prison de Guantanamo. En 2005, il est rentré au Maroc où il a fait de nouveau un séjour en prison pour des affaires de terrorisme. Donc lui c’est clairement quelqu’un dont le parcours s’inscrit dans le cursus classique des cadres moyens d’al-Qaïda.

En face, on a Abou Oussama al-Maghribi qui représente ce phénomène de la nouvelle génération. Il n’a pas véritablement de passé militant jihadiste même s’il avait participé à des manifestations islamistes au Maroc. C’est la Syrie qui va lui donner l’occasion de se forger une identité militante. Il a été parmi les premiers Marocains à rejoindre le jihad en Syrie, d’abord au sein du Front al-Nosra, puis dans l’Etat islamique en Irak et au Levant. Et sur le front, il va s’imposer comme un chef de bataillon de l’EIIL, il va mourrir dans une embuscade tendue par le Front al-Nosra, le 21 mars 2014 à l’âge de 28 ans.


Parano américaine: Mme Aïda “Al-Qaïda” ne peut monter dans l’avion pour New York

Une Française nommée Aida Alic affirme avoir été “blacklistée” car son nom ressemblait trop à “Al-Qaïda”, et n’avoir pas pu prendre un avion pour New York.

 

Une Française demeurant en Savoie, Aida Alic, 33 ans, n’a pas pu prendre l’avion pour les Etats-Unis car elle était “blacklistée” du fait, pense-t-elle, de la ressemblance de son nom avec celui de l’organisation terroriste Al-Qaïda, a-t-elle raconté à l’AFP, confirmant une information du Dauphiné Libéré.

La jeune femme devait embarquer mercredi à l’aéroport de Genève dans un vol de la compagnie Swiss pour New York, en compagnie de son mari, Sébastien Michel, et de leurs enfants. Prévu de longue date, le voyage avait été financé “par la cagnotte de mariage” du couple, il y a un an et demi.

 

Mais à l’aéroport, “on m’a dit qu’ils avaient reçu un appel de l’immigration américaine disant que j’étais “blacklistée” et que je ne pouvais pas monter à bord”, a-t-elle raconté.

Aucune explication n’a été donnée à la famille qui a dû renoncer à ses dix jours de vacances new-yorkaises et rentrer à La Motte-Servolex, près de Chambéry. C’est en consultant les sites de l’administration américaine qu’Aida Alic a fait “la déduction” qu’elle avait pu être interdite de vol à cause de son nom.

“Mon nom (Alic Aida) peut être assimilé à un groupe terroriste. C’est arrivé qu’on me fasse la remarque pour rigoler”, dit-elle. “C’est l’explication qui me semble la plus probable”, ajoute la jeune femme, conseillère en formation, née à Zvornik (Bosnie-Herzégovine) mais de nationalité française.

Interrogée par l’AFP, la compagnie aérienne Swiss a répondu qu’elle était tenue “de respecter les demandes d’interdiction d’entrée sur les territoires des autres pays”.

“Dans le cas présent, si l’administration américaine émet une interdiction d’entrée pour un citoyen, qu’il soit Suisse, Français ou autre, c’est notre devoir d’empêcher la personne de monter à bord. Si la personne arrive à New York, on est en tort”, a insisté un porte-parole de Swiss, précisant que la compagnie ne connaissait jamais les motifs des interdictions.

“C’est quelque chose qui n’est pas communiqué”, a-t-il dit, ajoutant: “c’est une situation désagréable… Mais en tant que compagnie aérienne, on n’a pas d’influence sur ça”.

Contactée par l’AFP, l’ambassade américaine à Berne n’avait pas donné suite vendredi matin.

Aida Alic a perdu 2.700 euros en billets d’avion dans cette mésaventure, qui n’entre pas, selon elle, dans les critères de remboursement de l’assurance annulation. Elle affirme vouloir écrire au Premier ministre et au président de la République ainsi qu’à l’administration américaine pour obtenir des explications: “je ne veux pas en rester là, je veux comprendre. J’estime que c’est injuste”.


Al-Qaïda entraînerait en Syrie des centaines de Britanniques au terrorisme

Al-Qaïda entraîne des centaines de Britanniques combattant en Syrie à devenir des jihadistes, les exhortant à lancer des attaques à leur retour dans leur pays, selon l’interview d’un déserteur publiée lundi par le Daily Telegraph.

Le déserteur, présenté comme Mourad et appartenant au mouvement “État islamique d’Irak et al-Sham” (ISIS), a affirmé au quotidien britannique que d’autres recrues venant d’Europe et des États-Unis étaient également entraînées à fabriquer des voitures piégées avant d’être renvoyés chez eux pour former des cellules terroristes.
“Les étrangers étaient fiers du 11 septembre et des attentats de Londres. Un Américain a dit qu’il rêvait de faire sauter la Maison Blanche”, a témoigné Mourad.
Ce témoin a qualifié l’entraînement d’ISIS, apparenté à Al-Qaïda en Irak, de “très extrémiste”.
Les services de renseignement britanniques estiment à environ 500 le nombre de combattants britanniques en Syrie et craignent qu’ils ne reviennent radicalisés. Les gouvernements occidentaux qui ont tant vanté une “guerre juste” contre la Syrie risquent de le payer cher en retour.
Vendredi, la police britannique a accusé deux hommes de 21 ans de Birmingham (centre) de vouloir se rendre en Syrie pour commettre des actes terroristes.