Tunisie : 15 millions d’euros de ligne de crédit pour la microfinance

L’Agence Française de Développement (AFD) et Amen Bank ont signé une ligne de crédit de 15 millions d’euros, soit 44 millions de dinars destinée à la promotion et au développement du secteur de la microfinance en Tunisie.

Dans un contexte de besoins financiers croissants des institutions de microfinance (IMF) tunisiennes, cette ligne de crédit vise à soutenir leurs activités et à les inciter à renforcer leur offre en direction des zones économiquement faibles et des populations vulnérables, ainsi qu’auprès des créateurs d’entreprises. Le développement d’une microfinance pérenne favorisera le développement économique et la création d’emploi en Tunisie. En mettant à disposition ces ressources, cette ligne de crédit a vocation à conforter Amen Bank dans ses activités de prêteur à moyen et long terme en faveur du secteur de la microfinance, secteur où elle est activement présente.

La ligne de crédit est accompagnée d’une subvention d’un montant de 300 000 euros soit 870 000 dinars destinée au déploiement d’une assistance technique qui viendra appuyer les capacités d’Amen Bank dans sa relation avec les IMF et favoriser une offre de financement adaptée à celles-ci. Une partie de cette prestation d’assistance technique permettra également aux IMF bénéficiaires des prêts d’Amen Bank d’être appuyées en matière de formation et de création d’outils spécifiques à destination de leurs clients. Pour Gilles Chausse, Directeur AFD Tunisie : « Ce prêt s’inscrit dans la suite logique de l’implication du groupe sur le secteur de la microfinance en Tunisie. Le groupe AFD a investi près de 30 M€ sur le secteur depuis 2011 à travers différents outils financiers (garanties, prêts, subventions, participations…).

Ce partenariat marque une nouvelle collaboration entre le groupe AFD et Amen Bank. » Pour Monsieur Ahmed El Karm, Président du Directoire d’Amen Bank, « cet accord va compléter l’action déjà engagée par Amen Bank en faveur des institutions de la micro finance considérées comme un vecteur privilégié d’inclusion financière. Il parachève le prêt syndiqué déjà réalisé par Amen Bank au début de l’année 2017 avec la participation de treize banques de la place qui ont mobilisé 111 millions de dinars au profit d’Enda. »

Percement du tunnel du réseau ferré rapide du Grand Tunis

Le percement du tunnel est fort en symbole pour le futur réseau ferré qui devrait compter à terme cinq lignes sur 86 km, avec une capacité de 600 000 passagers par jour et ainsi contribuer à désenclaver les périphéries urbaines de la capitale et améliorer ainsi les conditions de vie de leurs habitants.

Un projet de transports urbains très attendu

Le percement constitue un événement important pour le projet de réseau ferré rapide du Grand Tunis, dont la première tranche (lignes D et E), prévue pour une mise en service en juillet 2017, est cofinancée par l’AFD (chef de file, 50 M€), la KfW (70 M€), la BEI (177 M€) et l’Union européenne (FIV, 28 M€).

L’AFD s’est impliquée depuis plusieurs années pour soutenir le développement des transports urbains dans le Grand Tunis. Ce soutien s’est traduit en 2006 par un financement de 40 M€ pour un programme d’extension et de mise à niveau des infrastructures du métro léger (tramway) de Tunis, puis en 2009 par le financement de la première tranche du RFR.

86 km de lignes, 600 000 passagers par jours

Le réseau devrait compter à terme 5 lignes sur 86 km, avec une capacité de 600 000 passagers par jour et pour un investissement total de 2 Mds€. Il contribuera à désenclaver les périphéries urbaines de la capitale et améliorer ainsi les conditions de vie de leurs habitants.
Les quatre grands objectifs du métro léger

♦ La modernisation des réseaux de transport en commun dans le grand Tunis et l’amélioration de la qualité des services

♦ L’amélioration des conditions d’exercice des activités urbaines par la réduction du temps moyen de parcours

♦ Le décongestionnement de la circulation et l’amélioration de la sécurité routière par le développement du déplacement ferroviaire

♦ La maîtrise des impacts négatifs attachés au développement inéluctable du transport urbain à Tunis, en termes de dégradation de l’environnement local et mondial et de dépendance énergétique.


AFD: Quels sont les défis auxquels fait face le Maroc aujourd’hui en termes de développement ?

Pour relever le défi d’une croissance économique davantage génératrice d’emplois, d’équilibres sociaux et territoriaux, le Maroc a défini des politiques ambitieuses. Comment l’Agence Française de Développement (AFD) les accompagne-t-elle ? Quels sont les nouveaux projets qu’elle soutient ? Voici quelques questions auxquelles Joël Daligault, directeur de l’agence AFD à Rabat répond.

Quels sont les défis auxquels fait face le Maroc aujourd’hui en termes de développement ?
Le Maroc fait face à trois grands défis :
Malgré une nette amélioration des indicateurs sociaux, de fortes inégalités sociales et territoriales persistent. Le pays est marqué par de profondes disparités entre milieu rural et milieu urbain ainsi qu’entre catégories socio-économiques ; à titre d’exemple l’accès des filles à l’éducation, en partie en milieu rural, est encore limité.

La croissance économique est insuffisamment créatrice d’emplois. Dans la mesure où le secteur informel est très présent en milieu rural, le chômage touche très fortement les zones urbaines et tout spécialement les jeunes diplômés (31% des jeunes urbains).

Le Maroc doit, en outre, faire face à des défis environnementaux car ses ressources naturelles sont limitées et fragiles. Le Maroc est très attentif à la gestion de sa ressource en eau car il se situe en-dessous du seuil de stress hydrique.

Le développement des énergies renouvelables est un enjeu de taille pour le Maroc qui est complètement dépendant de l’extérieur pour son approvisionnement en énergies.

Enfin, le Maroc accuse des retards en matière de dépollution et d’assainissement.

Quelles sont les priorités pour l’AFD ?
Face à ces défis de développement, la stratégie de l’AFD s’articule autour de trois objectifs principaux qui contribuent aux priorités nationales :

1. Renforcer la compétitivité économique du pays et le nombre d’emplois créés par la croissance économique. L’AFD accompagne le développement de technopoles et de plateformes industrielles intégrées et soutient les entreprises marocaines dans leur modernisation, au premier rang desquelles l’ Office chérifien des phosphates.

Elle contribue aussi à l’amélioration de la compétitivité du secteur agricole et de la pêche .

Enfin elle appuie la stratégie nationale de l’emploi et de la formation professionnelle afin d’alléger le chômage améliorer l’employabilité des diplômés.

2. Réduire les inégalités sociales et territoriales : l’élargissement de l’accès à l’éducation et à la santé ainsi que l’amélioration de la qualité des services de santé constituent des priorités pour l’AFD. Nos financements concernent également les transports urbains et interurbains afin de favoriser la mobilité, le désenclavement et améliorer les conditions de vie des populations. L’AFD soutient la politique marocaine en matière d’ habitat social en accompagnant la Holding Al Omrane dans une démarche RSE et encourage la politique des villes durables par le financement de l’éco-cité de Zenata à la périphérie de Casablanca.

3. Favoriser une croissance durable et contribuer à la préservation de l’environnement : l’AFD s’est investie dès l’origine de manière forte dans le secteur de l’eau et de l’assainissement (plus de 580 M€ d’engagements depuis le démarrage des activités de l’agence).
Face aux défis énergétiques du Maroc, nous accompagnons la stratégie de développement des énergies renouvelables et en particulier le Plan Solaire marocain à travers le projet de centrale de Ouarzazate .
Pouvez-vous nous citer quelques projets emblématiques de l’action de l’AFD au Maroc ?
L’AFD accompagne les grandes stratégies du pays en matière d’éducation, de santé, d’emploi et de formation et en soutenant les plans sectoriels de développement : Plan Maroc Vert , Plan Halieutis , Plan Emergence Industrielle, Plan Solaire…
Parmi les projets emblématiques figure le projet d’ aménagement de Zenata . Il vise à hisser Casablanca au rang de métropole mondiale. D’envergure nationale et parmi les plus grandes opérations d’aménagement urbain à l’international, Zenata sera une ville de services et l’une des premières éco-cités.
On peut également citer les tramways de Rabat et de Casablanca mis en service en 2011 et 2012 ainsi que le Plan Maroc Vert (50 M€), ayant pour objectif de développer le secteur agricole particulièrement important au Maroc en matière d’emploi (4 millions d’actifs, 80% de l’emploi rural) et de création de richesse (15% du PIB).

Un axe transversal de la stratégie de l’AFD consiste à soutenir la politique de formation professionnelle, fondée sur la gestion déléguée aux branches professionnelles et au recours à l’apprentissage et à l’alternance. L’AFD a ainsi financé 22 centres de formation professionnelles dans douze secteurs d’activités pour un total de 52,2 M€. cette stratégie va être complétée par un appui à la politique de l’emploi sous forme d’une aide budgétaire sectorielle (accompagnement de la politique globale dans un secteur).
Enfin, le programme d’amélioration des performances des réseaux d’eau potable, avec l’ Office National de l’Electricité et de l’Eau potable (ONEE) de 30 M€, est emblématique de l’investissement de l’agence dans le secteur de l’eau. Ce projet doit permettre d’assurer un approvisionnement en eau potable continu, efficace et adapté aux besoins des populations de centres urbains.
Quelles conséquences positives le développement du Maroc peut avoir pour la France ?
Le renforcement de la croissance du Maroc est essentielle pour la France, premier partenaire économique et commercial du Royaume : la France est le premier client et était jusqu’à une date récente le premier fournisseur du Maroc – dépassée en 2012 par l’Espagne.  la France représente 12,5% des importations marocaines, et les exportations marocaines vers la France représentent 22,6% des exportations en 2012. En outre, la France est le premier investisseur au Maroc, avec 34,5% des investissements directs étrnagers (IDE) reçus par le Maroc.

Le développement du Maroc grâce à l’aide publique française permet de renforcer les partenariats avec la France, et notamment de proposer des transferts de technologies, et de valoriser l’expertise française.
Le développement de l’éducation et de la formation favorise les entreprises françaises, très nombreuses au Maroc (750 filiales recensées). Elles peuvent ainsi bénéficier d’une main d’œuvre locale qualifiée et de qualité, ce qui encourage les colocalisations.
Les liens humains entre la France et Maroc sont très forts : les transferts de la diaspora marocaine en France représentent 40% du total des transferts reçus par le Maroc et la France constitue le premier contingent de touristes au Maroc.


Printemps arabe – Printemps des femmes

C’est la question qui était posée l’an dernier aux participants du colloque organisé par le Ministère des Affaires étrangères français qui souhaitait, à la veille de la journée du 8 mars, « rendre hommage au rôle des femmes dans les printemps arabes et marquer son attachement aux libertés qu’elles conquièrent à cette occasion ».

 

Un an plus tard, les menaces qui pèsent sur ces libertés sont plus présentes que jamais et, dans de nombreux pays de la région, les droits des femmes sont remis en question. Les crises économiques qui frappent aujourd’hui la Tunisie et l’Égypte sont une autre forme de violence au quotidien pour les populations, impatientes de voir s’achever la transition.

 

 

La pauvreté n’est ni une question de sexe ni de genre

 

Pourtant, un nombre croissant de recherches montre que le renforcement du rôle économique des femmes stimule les économies nationales. Dans son discours de clôture des Assises du développement et de la solidarité internationale le 1er mars, François Hollande a rappelé que « lorsque l’aide passe par les femmes, elle est souvent plus efficace et plus durable et mise au service également de l’éducation des enfants ». C’est pourquoi, parmi les trois objectifs affichés par le président dans les orientations de la politique de développement, « la promotion des femmes est un critère de notre aide ».

 

Depuis 2004, BATIK International accompagne des acteurs locaux des pays de la rive sud de la Méditerranée dans la mise en œuvre de projets favorisant l’indépendance économique des femmes. Répondre aux besoins pratiques et économiques (grâce à l’accès aux ressources) n’est pas une fin en soi, mais participe d’une stratégie d’évolution de la situation des femmes qui contribue, à plus ou moins long terme, à répondre aux besoins stratégiques (droits politiques, protection juridique, etc.). L’indépendance économique des femmes exerce un véritable effet levier sur leur indépendance sociale, politique et familiale à condition que l’accès aux ressources s’accompagne d’un contrôle de celles-ci.

 

 

Accompagner les femmes pour renforcer leur rôle

 

C’est pour présenter l’un des ces projets, Genre et économie Pluri’Elles (soutenu par l’Agence Française de Développement et par la Commission européenne), mis en œuvre au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Egypte, que BATIK International avait été invité le 7 mars 2012 pour débattre des conditions de l’autonomie économique des femmes dans la région.

 

Élaboré et initié avant les révolutions du Printemps arabe, ce projet a mis l’accent sur la complémentarité des approches économique et sociale dans l’accompagnement des femmes. C’est bien cette approche globale de l’accompagnement qui répond tant aux besoins sociaux (accès aux soins, à l’éducation pour leurs enfants, à une médiation ou assistance juridique en cas de violence, etc.) qu’économiques des femmes qui permet le passage de l’accès au contrôle des ressources. Cette approche favorise ainsi un renforcement du rôle des femmes dans la prise de décision au sein du foyer et de la communauté. Malgré les menaces actuelles sur leurs libertés, les crises économiques poussent les femmes à chercher un emploi ou à créer une activité. Par le biais de l’accompagnement global, le développement économique devient vecteur d’empowerment et de défense des droits des femmes. Elles retrouvent ainsi une place stratégique dans les processus de transition démocratique.

 

Ce dispositif d’accompagnement est enrichi d’actions de sensibilisation en direction des acteurs privés et publics du monde économique, principaux acteurs de l’évolution des politiques publiques en matière d’égalité économique.

 

Enfin, les partenaires locaux du projet Genre et économie Pluri’Elles s’inscrivent dans des dynamiques de partage d’expériences au niveau régional qui favorisent l’innovation et le dialogue entre les cultures et les populations. Cette mise en réseau franchit la Méditerranée puisque le 23 mai prochain, BATIK International organise, à Paris, un forum d’échanges entre acteurs franciliens et méditerranéens sur les enjeux de l’insertion économique des femmes.

 

Accompagnement global, pluri-acteurs, échanges sud-sud et nord-sud, sont les trois facteurs de réussite complémentaires de ce type de projets. Si le facteur pluri-acteurs est actuellement bien soutenu par les partenaires publics, cela l’est moins pour les deux autres. L’aide au développement soutient de moins en moins les projets axés sur les questions sociales et les échanges entre pays sont difficiles à développer car ils sont coûteux et souffrent des entraves à la libre circulation des personnes.

 

La participation active des femmes aux révolutions du Printemps arabe a mis en lumière le combat quotidien qu’elles mènent, autrefois dans l’ombre, pour le respect de leurs droits. Les crises politiques et économiques ont rapidement renforcé les menaces sur ces libertés nouvellement revendiquées. Le soutien aux organisations de la société civile qui accompagnent ces femmes dans leur combat pour l’autonomie doit tenir compte de l’indispensable prise en charge des questions sociales : c’est à cette condition que les femmes pourront encore dans les années à venir être actrices à part entière des transitions démocratiques.

 

 

Diplômée en sciences politiques et relations internationales, Pauline de La Cruz intègre l’ONG française BATIK International en 2004. Elle y développe ses compétences de formatrice et d’évaluatrice et anime des projets  internationaux dans le domaine de l’autonomisation économique des femmes. Aujourd’hui chef de projets Méditerranée, elle pilote la mise en œuvre de programmes multi-pays du bassin méditerranéen. Ces programmes de renforcement des capacités favorisent la mise en réseau et l’échange d’expériences entre les acteurs des pays des deux rives et entre les pays du sud au bénéfice des femmes défavorisées.

 

Depuis juin 2010, Pauline de La Cruz est membre élue du comité de pilotage du Programme Concerté Pluri-Acteurs Algérie, programme du MAE et de l’AFD, qui appuie la coopération entre les sociétés civiles algériennes et françaises dans le domaine de l’insertion économique et sociale des jeunes.

 

L’auteur en photo : Pauline de la Cruz, chef de projets « Méditerranée »

paulinedelacruz@batik-international.org

 

Le Plan Maroc Vert mise sur les exploitations familiales pour accroître la productivité et l’emploi dans l’agriculture

La visite au Maroc de M. Juppé, ministre des Affaires étrangères et européennes, début mars, a été l’occasion de signer les conventions de financement du Plan Maroc Vert, en faveur des exploitations familiales du Nord du pays. La subvention à l’Etat marocain s’élève à 300 000 euros et le prêt, concessionnel (taux d’intérêt réduit), à 50 millions d’euros.

Le Plan Maroc Vert, un tournant stratégique dans la relance et la réforme du secteur agricole

Le Maroc, conscient de l’importance de l’agriculture dans le développement économique et social du pays, a adopté en avril 2008 le Plan Maroc Vert, véritable stratégie de relance et de réforme du secteur agricole, considéré comme un moteur de croissance et d’emploi et un moyen de lutte contre la pauvreté.

Véritable plan de relance des investissements et de réforme du secteur agricole destiné à accroitre sa productivité, la richesse et l’emploi qu’il crée, cette nouvelle stratégie repose en particulier sur une forte mobilisation de fonds publics nationaux et internationaux en faveur de la petite agriculture familiale.

Le premier employeur marocain

Le secteur agricole contribue en effet à hauteur de 16 % à la création de la richesse nationale, avec des variations très importantes (12 à 24 %) liées aux fluctuations climatiques interannuelles. L’agriculture représente par ailleurs près de 18 % de la valeur des exportations marocaines dont 60% vers l’Union européenne.

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photos AFD – E. Baudran

En procurant un revenu à près de 43% de la population active marocaine, taux qui atteint 80% en zone rurale, l’agriculture reste surtout le premier pourvoyeur d’emplois au Maroc, dans un contexte de chômage urbain important (près de 15%).
L’élaboration de cette stratégie a fait l’objet d’un diagnostic approfondi des opportunités qui s’offrent à l’agriculture marocaine et des contraintes auxquelles elle est confrontée, réalisé par le cabinet Mc Kinsey en 2007. Elle a été validée par le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, M.Aziz Akhannouch, et présenté au Roi Mohammed VI en avril 2008 à l’occasion des Assises de l’agriculture. Le Plan Maroc Vert s’est ensuite décliné dans chacune des seize régions en plans agricoles régionaux, définissant, selon leurs spécificités, les filières prioritaires à soutenir.
Une nouvelle approche Maroc : le développement de la filière agricole

En effet, alors que les interventions publiques précédentes en matière de développement agricole reposaient essentiellement sur le développement des capacités d’irrigation et sur une approche relativement « techniciste », le Plan Maroc Vert s’intéresse au développement de l’ensemble des filières agricoles, de l’approvisionnement en intrants à la commercialisation des produits agricoles.

Des modèles innovants d’intégration (« l’agrégation ») des agriculteurs dans les filières sont ainsi recherchés pour permettre d’améliorer le lien entre la production et le marché, le conseil aux producteurs, l’accès au financement agricole,…
En finançant les projets productifs présentés par les groupements d’agriculteurs, le Plan Maroc Vert reconnait le rôle des agriculteurs et de leurs organisations dans la réussite des projets de développement agricole. Il attache une importance particulière à la formation des agriculteurs pour la mise en oeuvre de leurs projets mais aussi à la structuration des interprofessions agricoles.

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Investissements publics et incitation des financements privés

Le Plan Maroc Vert repose sur la relance des investissements publics et l’incitation des financements privés en faveur de l’agriculture marocaine, de manière différenciée selon les acteurs et les régions.

Deux “piliers” sont ainsi définis, ainsi qu’un axe transversal :

– un ensemble d’incitations à l’investissement privé pour le développement de l’agriculture à haute valeur ajoutée dans les zones favorisées et les agricultures les plus avancées : 400 000 à 600 000 exploitations doivent ainsi bénéficier d’investissements privés à hauteur de près de 7 milliards d’euros en 10 ans (“pilier 1”)

– des investissements publics importants en faveur des exploitations familiales des zones défavorisées : 600 000 à 800 000 exploitations doivent bénéficier d’investissements publics de 1 à 1,8 milliards d’euros en 10 ans (“pilier 2”)

– un axe transversal d’interventions concernant principalement l’aménagement et la réhabilitation de périmètres agricoles, l’amélioration de l’immatriculation foncière, la recherche-développement, …

Agences, centre de ressources et déconcentration

La nouvelle stratégie de développement agricole comprend, par ailleurs, un ensemble de réformes institutionnelles du Ministère de l’agriculture et de la pêche maritime:

  • des agences spécialisées sous tutelle du ministère ont par ailleurs été crées en 2008 : l’Agence pour le Développement Agricole (ADA) pour la coordination du Plan Maroc Vert et l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA)
  • une partie des services du Ministère de l’agriculture et de la pêche maritime a été déconcentrée dès 2009 au niveau des directions régionales de l’agriculture, en charge notamment de la planification des interventions publiques agricoles
  • un groupement d’intérêt public, le “Centre de ressources pilier 2”, a été constitué à partir d’établissement d’enseignements et de recherche pour renforcer les capacités des services de conseil agricoles
  • la réforme du conseil aux agriculteurs est en cours pour permettre la redynamisation des services publics de proximité et le développement du conseil privé

Mobilisation de fonds nationaux et internationaux

Le gouvernement mobilise des financements importants en faveur du Plan Maroc Vert :

  • le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime et le ministère des Finances ont signé en avril 2009 un accord cadre de financement pluriannuel 2009-2015 permettant la mobilisation du budget national en faveur du pilier I et II et des financements extérieurs exclusivement en faveur du pilier II
  • le Royaume du Maroc recourt à près de 498 millions d’euros de subventions (Millenium Challenge Corporation, Union européenne, Coopération belge) et 350 millions d’euros de prêts (Banque mondiale, Agence Française de Développement) en faveur des exploitations agricoles des zones défavorisées.

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Premières évaluations positives

S’il est prématuré de dressé le bilan de l’ensemble du Plan Maroc Vert, on petut toutefois relever des premiers éléments d’évaluation du « pilier 2 » du Plan Maroc Vert montrent :

  • la pertinence d’une stratégie de développement agricole en faveur du revenu des petites exploitations et du rééquilibrage des territoires (notamment dans le contexte des printemps arabes)
  • la mise en oeuvre effective de nombreux projets productifs liées à la production et à la transformation des produits agricoles mais une prise en compte encore insuffisante des questions de commercialisation et d’appropriation des projets par les bénéficiaires
  • une forte mobilisation de financements nationaux et internationaux rétrocédés sous forme de subventions aux investissements des petits producteurs mais une mobilisation encore modeste des financements bancaires locaux
  • de nouvelles institutions et de nouvelles procédures assez efficaces et conscientes de leurs faiblesses et des nécessités d’une meilleure coordination

Le financement de l’AFD en faveur du « pilier 2 » du Plan Maroc Vert

L’AFD soutient la mise en œuvre du Plan Maroc Vert depuis 2010 par le financement, au travers d’un prêt concessionnel souverain de 40 millions d’euros et d’une subvention de 500 000 euros, du projet d’aménagement de la seconde tranche du périmètre irrigué du Moyen Sébou et de l’Inaouen aval, au Nord de Fès.

Ce projet, visant le développement d’une irrigation économe en eau et sa gestion par les associations d’usagers de l’eau, contribue aux axes transversaux du Plan Maroc Vert.

A la demande du gouvernement marocain, l’AFD accompagne désormais la mise en oeuvre effective du « pilier 2 » du Plan Maroc Vert en finançant un programme d’appui dans le Nord du pays..
La définition de ce programme a fait l’objet d’une étude de faisabilité approfondie réalisée de janvier à avril 2011 par un bureau d’études français recruté par les autorités marocaines sur appel d’offres international, ainsi que plusieurs missions d’évaluation de l’AFD, en étroite collaboration avec le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime.

Réduire la pauvreté rurale et la vulnérabilité des agriculteurs

Le programme ainsi défini visera la réduction de la pauvreté rurale et de la vulnérabilité des agriculteurs aux aléas économiques et environnementaux, le développement des filières agricoles pour l’approvisionnement des marchés nationaux et l’exportation des produits à valeur ajoutée et la préservation des ressources naturelles.
Il financera les projets productif conçus et identifiés à travers le dispositif national existant et contribuera à son amélioration par la mise en œuvre d’actions pilotes et le renforcement des capacités des acteurs.

Pour quelles filières prioritaires ?

Le Programme interviendra dans les trois régions de Tanger-Tétouan, Fès-Boulemane, et Taza-Taounate-Al Hoceima, sur une durée de 4 ans, et pourrait toucher 30 000 exploitations, soit 150 000 personnes environ.

Le programme contribuera au financement des projets productifs des filières prioritaires définies dans le cadre des Plans agricoles régionaux présentés par des groupements d’agriculteurs, tels que la construction et l’équipement de petites unités laitières, la plantation de vergers d’oliviers, d’amandiers, de pruniers et de pommiers, l’installation de petites unités de transformation de fruits, l’acquisition de ruches améliorées et la construction d’unités de production de miel, …

Les investissements et les mesures d’accompagnement des groupements de producteurs qui en sont promoteurs prioritaires identifiés (olives, ovins, caprins, bovins lait, câpres, miel…).

Le Programme financera ces projets au travers d’une approche programme en deux phases, la première correspondant aux projets déjà identifiés et programmés dans le cadre du budget 2012 et la seconde, correspondant aux projets qui seront identifiés avec l’appui de l’assistance technique, à partir de 2013.

Tester de nouvelles approches

Le programme contribuera au financement d’actions pilotes destinés à tester un nombre limité de nouvelles approches, de méthodes, d’outils, d’organisations de développement agricole portant sur des problématiques relativement nouvelles.

Le programme appuiera ainsi des appuis à la commercialisation et à la valorisation des produits (études de filières et de marchés, constitution de groupements d’intérêts économiques, mise en place de sites internet ou de boutiques dédiés, contractualisation avec des agro-industriels). Il financera des actions en matière de développement des produits de terroir  (identifications des produits et des terroirs, labellisations, élaboration de chartes de qualité, marketing…).

Améliorer l’accès au financement

Le Programme contribuera par ailleurs à l’amélioration de l’accès au financement (analyse des outils et produits bancaires agricoles, identification de sources de financement du besoin de fonds de roulement des unités de transformations, mise en place de centres de conseil de gestion aux exploitations agricoles et aux organisations professionnelles. Il mettra enfin en œuvre des actions de recherche-développement, en particulier pour une meilleure maitrise des risques environnementaux (techniques de semis sans labour et autres mesures de conservation, techniques de transformations des produits,…).

Renforcement de capacités des acteurs

Le programme contribuera au financement d’actions de renforcement des capacités des promoteurs de projets et des services agricoles en charge de les conseiller.

Il est ainsi prévu la formation des cadres de l’ADA et des directions régionales et provinciales de l’agriculture et l’accompagnement des nouvelles structure en charge de l’appui-conseil de proximité aux agriculteurs, par la mobilisation d’une expertise nationale et internationale (analyse technico-économique des projets, l’analyse des filières, contractualisation et négociation commerciale au sein des filières, ingénierie sociale et l’approche participative, labellisation et la certification des produits de qualité, conseil de gestion agricole, maitrise des risques environnementaux,…)

Coût et financement

D’un coût total de 68 millions d’euros, le programme est financé par l’AFD, au travers d’un prêt concessionnel (dont une partie du coût est pris en charge par l’Etat français) de 50 millions d’euros au Royaume du Maroc. En outre, une subvention de 300 000 euros a été accordée pour permettre la mobilisation de moyens d’expertises supplémentaires.
Le programme est par ailleurs financé par l’Etat marocain à hauteur de 18% et par les bénéficiaires à hauteur de 8%. Il sera mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime et ses services déconcentrés, sous la coordination de l’Agence pour le Développement Agricole (ADA).

En finançant la déclinaison de ce plan dans trois régions du nord du Maroc, l’AFD soutient les efforts du Royaume en faveur du développement de la petite agriculture familiale et de la réduction des inégalités territoriales et sociales.

Cohérence

Cette contribution est cohérente avec l’accompagnement des autres grands plans sectoriels du Maroc (Plan solaire, Plan émergence industrielle, Plan Halieutis) et aux stratégies du Royaume en matière sociale (santé, éducation, formation professionnelle) qui caractérise désormais les interventions de l’AFD au Maroc.

Tunisie/AFD: soutenir le développement du Pôle de compétitivité de Sousse

Spécialisé dans les industries mécaniques, électriques et électroniques, le Pôle de compétitivité de Sousse a une place centrale dans ce secteur, premier secteur d’exportation de la Tunisie. Une convention de subvention de 750.000 euros a été signée, le 10 janvier entre l’AFD, l’ambassade de France et le Pôle de compétitivité.

La subvention entre dans le cadre du Programme de renforcement des capacités commerciales (PRCC) mis en œuvre conjointement par les ministères français de l’Economie, des Finances et de l’Industrie et l’Agence française de développement (AFD).

Ce programme vise la bonne intégration des pays en développement et émergents dans le commerce mondial, à travers le renforcement des capacités commerciales en termes d’activité et de développement concret des exportations.

Compétitivité, attractivité du pays et création d’emplois

La création en Tunisie des pôles de compétitivité relève d’une politique nationale, qui répond à la nécessité d’appuyer la compétitivité, l’attractivité du pays et la création d’emplois. Pour réussir cet objectif, les sociétés de gestion des pôles ont une mission d’animation et de recherche de synergies à travers des processus de mise en réseau, des projets collaboratifs et d’innovation.

La démarche de “clustering” ou “systèmes productifs locaux (SPL)”, qui permet de mettre en lien les entreprises entre elles, puis avec les autres composantes d’un pôle de compétitivité, est de nature à apporter une réponse à cette mission d’animation.

Le secteur des Industries mécaniques électriques et électroniques (IMEE), domaine de compétence du Pôle de compétitivité de Sousse, est aujourd’hui le premier secteur d’exportation de la Tunisie. L’enjeu de développement et de compétitivité internationale de ce secteur réside en l’essor d’activités à haute valeur ajoutée destinées à prendre le relais des industries traditionnelles.

Un “cluster mécatronique”!

Ce projet PRCC d’appui au “Cluster mécatronique” vise à fidéliser et prospecter de nouveaux membres pour le cluster et à développer des projets collaboratifs autour de l’emploi et des compétences, de l’accès aux marchés, du développement d’outil de veille et de l’optimisation de la chaîne de valeur.


Maroc/AFD: signature d’une convention de prêt avec l’Office national de l’eau potable

Réhabilitation et extension de réseaux d’assainissement, construction de stations d’épuration, acquisition du matériel d’exploitation, appui à la dépollution industrielle et  plan de communication sont les grands axes de ce programme mené dans le cadre d’un cofinancement européen.
La convention de financement de 20 millions d’euros a été signée, lundi 19 décembre 2011, en marge du 1er Forum Méditerranéen de l’Eau à Marrakech avec l’Office National de l’Eau Potable (ONEP).

Le prêt est destiné à contribuer au Programme national d’assainissement pour 30 centres urbains, au bénéfice d’une population de plus de 570 000 personnes.

Une collaboration netre bailleurs de fonds européens

Ce concours s’inscrit dans le cadre d’un co-financement auquel participera l’Union européenne, au titre de la Facilité d’Investissement de Voisinage (UE/FIV), la Banque Européenne d’Investissement (BEI), la Kreditanstalt fur Wiederaufbau (KfW), et le Royaume du Maroc, pour un montant total de 176 millions d’euros.

Dans le cadre de l’Initiative de reconnaissance mutuelle des procédures, l’Agence Française de Développement (AFD) assumera le rôle de chef de file des bailleurs.

La Coopération belge, avec une subvention de 23 millions d’euros, participera également au financement de la composante gérée par l’ONEP du Plan national d’assainissement. Entre les deux financements européens, une mutualisation des moyens est prévue, concernant l’assistance technique et le plan de communication. Une lettre d’entente entre l’AFD et la Coopération Technique Belge (CTB) a ainsi été signée le 14 décembre 2011.

La collaboration entre l’ONEP et l’AFD remonte à 1993 avec désormais neuf concours octroyés totalisant 180 millions euros, pour des projets d’eau potable en milieux urbain ou rural et des projets d’assainissement liquide en milieu urbain.

Maroc/France : énergie solaire

 

Le Conseil d’administration de l’Agence Française de Développement (AFD) a approuvé l’attribution d’un financement de 100,3 M€ (prêt de 100 M€ et subvention de 300.000 €) à la Moroccan Agency for Solar Energy (MASEN) pour appuyer la mise en œuvre du Plan Solaire Marocain et la construction d’une centrale solaire à Ouarzazate.

 

Le Maroc dépend à 97% de l’extérieur pour son approvisionnement en énergie, ce qui grève lourdement sa balance commerciale et son budget. Le pays est doté d’une ressource solaire qui est parmi les plus abondantes de la planète et ses zones désertiques sont particulièrement propices aux centrales solaires à concentration, solution d’avenir pour produire de l’électricité renouvelable. En 2009, le Plan Solaire Marocain a été lancé avec l’objectif de développer une capacité de production d’électricité à base d’énergie solaire de 2 000 MW minimum d’ici 2020. La MASEN, société publique créée en 2010, est chargée de le mettre en œuvre. L’électricité verte produite sera orientée prioritairement vers le marché local et, pour partie, exportée vers l’Europe. Le Programme de Ouarzazate sera développé en plusieurs phases, la première comportant une centrale cylindro-parabolique, d’une capacité comprise entre 125 MW et 160 MW, avec un système de stockage thermique de trois heures. L’économie de combustible pour le Maroc est estimée à 38,5 MUSD par an et la première phase d’une centrale de 150 MW évitera l’émission de 270 000 tonnes de CO2 par an.

 

 

 


 

AFD / Un tramway pour accompagner la croissance de Rabat

Le tramway de Rabat-Salé et le pont Hassan II sur le Bouregreg ont été inaugurés par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 18 mai 2011. En reliant les deux villes de Rabat et Salé, le tramway, co-financé par l’AFD permettra de faire face à la forte croissance des déplacements, tout en respectant l’environnement, et de reconquérir l’espace urbain.

En reliant les deux villes de Rabat et Salé, ces infrastructures renforceront la cohésion économique et sociale de l’agglomération capitale. Le tramway permettra de faire face à la forte croissance des déplacements, tout en respectant l’environnement, et de reconquérir l’espace urbain, pénalisé par la circulation automobile.

Le réseau de tramway, composé de deux lignes sur 19,5 km avec 31 stations, dessert les principaux pôles d’activité dans l’agglomération (quartier universitaire, hôpitaux, administrations, centres villes, gares).

Un projet de reconquête de l’espace urbain

L’agglomération de Rabat-Salé compte environ 1,9 millions d’habitants. Cette population se distribue des deux côtés des rives du fleuve Bouregreg, qui marque la limite administrative entre les deux communes. Salé, dont la population excède celle de Rabat, abrite plutôt une main d’oeuvre de salariés.

Chaque jour, 639.000 personnes franchissent la vallée du Bouregreg.

La situation du transport dans l’agglomération de Rabat-Salé peut être qualifiée de dégradée sous l’effet conjugué de la dégradation ou de l’inefficience des modes de transport en commun et de la forte croissance des transports individuels.

Cette situation occasionne des nuisances très perceptibles en terme de pollution atmosphérique, de pollution sonore, de sécurité routière, de pertes de temps, qui se répercutent directement sur la santé des personnes, les conditions du développement économique de la ville et sur la cohésion sociale.

L’AFD a été fortement impliquée sur ce projet.

L’AFD a  financé l’étude d’impact environnemental et social du projet et contribué à hauteur de 45 M€ au plan de financement, d’un montant de 330 M€, aux côtés de la BEI.

Elle a également assumé le rôle de Chef de file des bailleurs de fonds européens dans le cadre de l’Initiative de reconnaissance mutuelle des procédures.

La présence de deux bailleurs de fonds européens a permis de mobiliser une subvention de 8 M€ de la Facilité d’investissement pour le voisinage (FIV) de l’Union européenne. L’AFD a assuré la mise en œuvre de cette subvention pour le compte de la commission européenne.

Enfin, l’AFD a accordé une subvention d’accompagnement de 300 k€ pour la mise en place d’une coopération décentralisée entre le Grand Lyon et la Société du tramway Rabat-Salé sur les thématiques de l’exploitation du tramway.

La mise en service commerciale du tramway a eu lieu lundi 23 mai après trois journées « portes ouvertes ». Le ticket unitaire est au prix de 7 DH (0,65 €). Gageons que le tramway trouvera rapidement sa place dans la vie quotidienne des Rbatis et des Slaouis.

 

Mauritanie : Aide budgétaire de l’AFD

Le Conseil d’administration de l’Agence Française de Développement (AFD) a approuvé l’octroi d’un prêt de 3 millions d’euros à la République de Mauritanie pour le financement de son programme économique et financier. La Mauritanie a été durement éprouvée par la crise alimentaire en 2007/2008, puis par la crise économique mondiale en 2009. Les conséquences de ces chocs externes ont été exacerbées par une crise politique interne, qui a entrainé une diminution des flux d’aide extérieure ainsi que par la baisse de la production de pétrole.

L’élection présidentielle de juillet 2009, qui marque le retour à la légalité constitutionnelle, a permis la reprise des relations avec la communauté internationale. Un nouveau programme économique a été élaboré par le gouvernement pour mener les réformes structurelles indispensables à la croissance et à la réduction de la pauvreté et un accord a été approuvé en mars 2010 avec le FMI. Ce concours couvrira le besoin de financement de l’Etat pour son programme économique et financier pour l’année 2010.