Edouard Philippe qualifie d'”erreur” les interventions militaires notamment en Libye

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a estimé dimanche à Dubaï que l’idée d’exporter la démocratie par la force comme cela a été le cas avec les interventions militaires en Afghanistan, en Irak et en Libye a été une erreur.
La transformation des Etats prend du temps et doit se faire progressivement, a-t-il déclaré à l’occasion du Sommet mondial sur la gouvernance organisé à Dubaï aux Emirats arabes unis (EAU).
Les interventions militaires en Irak, en Afghanistan et en Libye n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs, a déclaré le chef du gouvernement français.
Une coalition menée par les Etats-Unis a envahi l’Irak et l’Afghanistan respectivement en 2001 et 2003 afin d’imposer un changement de régime et d’installer une démocratie de type occidental, mais les deux pays demeurent des Etats déchirés par la guerre jusqu’ici. Le régime du dirigeant libyen Moammar Kadhafi a été renversé par une coalition menée par l’OTAN en 2011, mais le pays nord-africain n’a pas pu retrouver la stabilité depuis.
En Europe, il a fallu des siècles pour transformer les Etats en démocraties, a noté M. Philippe…(…)…

Afghanistan : l’armée américaine enfin accusée de crimes de guerre

La procureure de la Cour pénale internationale a accusé les soldats américains, mais aussi la CIA, les talibans et le gouvernement afghan d’avoir torturé des détenus, notamment en 2003 et 2004. Elle décidera «de façon imminente» si elle demande l’ouverture d’une enquête.

Quinze ans après l’entrée des forces armées américaines en Afghanistan, et alors que la situation sur le terrain est toujours incontrôlable, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) n’a pas mâché ses mots. Lundi soir, elle a accusé l’armée américaine et la CIA d’avoir pu commettre des crimes de guerre en torturant des détenus, particulièrement durant les années 2003 et 2004. La magistrate doit décider «de façon imminente» si elle demande l’ouverture d’une enquête. Ces accusations sont le résultat d’un long examen préliminaire sur les atrocités commises dans ce pays en proie à la guerre civile depuis mai 2003.

La procureure Fatou Bensouda affirme «avoir une base raisonnable permettant de croire» que les forces armées américaines, l’agence de renseignement CIA, mais aussi les talibans et leurs alliés ainsi que les forces gouvernementales afghanes auraient commis des crimes de guerre. Dans son rapport annuel sur ses examens préliminaires, l’étape préalable à l’ouverture d’une enquête, la procureure affirme que des membres des forces armées américaines auraient infligé «à au moins 61 détenus des actes de torture, traitements cruels, des atteintes à la dignité de la personne sur le territoire afghan». «Au moins 27 détenus» auraient subi les mêmes traitements, infligés par des membres de la CIA en Afghanistan mais aussi dans d’autres pays parties au Statut de Rome qui a créé la CPI, comme la Pologne, la Roumanie et la Lituanie.

Des méthodes d’interrogations critiquées

Ces allégations, assure encore la procureure, «ne concernent pas seulement quelques cas isolés». Elle estime qu’il existe des motifs raisonnables pour croire que ces crimes «ont été commis en application d’une ou plusieurs politiques visant à obtenir des renseignements au travers de techniques d’interrogatoires s’appuyant sur des méthodes cruelles ou violentes destinées à servir les objectifs américains dans le conflit en Afghanistan».

Après les attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington, la CIA avait en effet reçu l’autorisation de l’administration du président George W. Bush d’utiliser les méthodes d’interrogations dites «améliorées», dont la technique du «waterboarding» « supplice de la baignoire » en français, qui consiste à simuler une noyade. La CIA n’a pas utilisé ces méthodes depuis décembre 2007 et le président Barack Obama les a interdites en janvier 2009. Le président élu Donald Trump a néanmoins affirmé avant sa victoire électorale être favorable au recours à de telles techniques.

 

Les talibans, eux, seraient responsables de la mort de plus de 17.000 civils et auraient commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. «Depuis mai 2003, des groupes insurgés auraient lancé de nombreuses attaques contre des endroits protégés, notamment des écoles, des bureaux des autorités civiles, des hôpitaux, des lieux saints et des mosquées», ajoute le rapport. Des actes de torture auraient également été commis dans les lieux de détention du gouvernement afghan, une pratique criminelle qui remonterait à la fin des années 70 et concernerait à l’heure actuelle entre 35% et 50% des détenus.

Une enquête explosive

La procureure affirme qu’elle va décider «de façon imminente» si elle demandera ou non aux juges l’autorisation d’ouvrir une enquête sur ces crimes présumés commis par les forces armées et la CIA mais aussi par les talibans et les forces gouvernementales afghanes. Si elle est autorisée à le faire, il s’agira de l’une des enquêtes les plus complexes et plus controversées de l’histoire de la Cour, fondée en 2002 pour juger les pires crimes de l’humanité. Elle exposerait pour la première fois des forces armées américaines à des poursuites de la CPI. Mais Washington n’ayant pas ratifié le Statut de Rome, traité fondateur de la Cour, il est très peu probable que des soldats américains se trouvent un jour sur le banc des accusés.

Kaboul, qui n’a pas non plus ratifié le Statut de Rome, a de son côté reconnu la compétence de la Cour en février 2003, l’autorisant à enquêter sur des crimes commis à partir de mai de la même année. Des poursuites contre les forces gouvernementales afghanes pourraient également être compliquées par une loi générale d’amnistie adoptée par le parlement et en application depuis 2009.

Le rapport intervient alors que doit s’ouvrir à La Haye la réunion annuelle des États membres de la Cour, la première depuis les retraits de plusieurs pays africains, qui accuse avec raison l’institution de ne s’attaquer qu’à l’Afrique. La Russie vient également d’annoncer qu’elle allait quitter la CPI.

Afghanistan : crime de guerre américain à Kunduz

Plusieurs enquêtes sont en cours pour comprendre comment l’aviation américaine, lors de raids visant les talibans, a pu bombarder à plusieurs reprises l’hôpital de Médecins Sans Frontières / Médecins Sans Frontières (MSF) centre de traumatologie / à Kunduz où elle prétend que des rebelles étaient retranchés.

C’est une bavure que l’armée américaine essaye de justifier en prétendant avoir agi à la demande des autorités militaires afghanes. Vingt et une personnes sont mortes dans la nuit de vendredi à samedi dans ce bombardement aérien, à Kunduz. Cette ville du nord de l’Afghanistan était tombée lundi aux mains des talibans et l’armée afghane, appuyé par l’aviation américaine et des forces spéciales, tente depuis de la reprendre.

Enquête menée par … le principal suspect!

Parmi les victimes figurent douze employés de MSF et sept patients, dont trois enfants. Trente-six personnes ont été blessées. Le chef du Pentagone, Ashton Carter, a affirmé qu’une “enquête exhaustive” était en cours. Quant à l’Otan (créée par les Américains) qui dispose toujours de 13.000 hommes en Afghanistan, dont 10.000 Américains, elle, se limitait à parler de “possibles dommages collatéraux”. Son chef de mission en Afghanistan, le général américain John Campbell, a pourtant téléphoné au président Ashraf Ghani pour lui “présenter ses excuses”.

L’ONU, par le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al-Hussein, a déjà prévenu : cette frappe aérienne pourrait relever du “crime de guerre” si elle était jugée “délibérée” par la justice. Le récit livré par MSF est en ce sens accablant. L’ONG affirme que des bombardements se sont poursuivis “pendant plus d’une demi-heure” après qu’elle eut averti les armées afghane et américaine que son établissement, où étaient traités 105 patients, avait été touché par des premiers tirs. MSF assure avoir transmis préventivement les coordonnées GPS de son hôpital à “toutes les parties” du conflit, et “notamment à Kaboul et Washington”.

Les accusés, eux, s’enferrent dans des défenses fragiles : l’Otan n’évoque qu’une “frappe aérienne” américaine, sans préciser combien de bombes ont été larguées. Le ministre afghan de la Défense a expliqué que l’opération visait sans doute “des terroristes armés qui ont attaqué l’hôpital de MSF et l’ont utilisé en tant que base pour attaquer les forces afghanes et les civils”. C’est exactement ce que disent les Israéliens à chaque fois qu’ils bombardent un centre de soins à Gaza. Et dans la plus totale impunité…

“Nous sommes profondément choqués par l’attaque, le meurtre de notre personnel et les patients et le lourd tribut qu’elle a infligé à la santé, à Kunduz,” explique Bart Janssens, directeur des opérations de MSF. “Nous ne disposons pas encore des chiffres définitifs de victimes, mais notre équipe médicale fournit les premiers soins et le traitement des patients blessés. Nous exhortons toutes les parties à respecter la sécurité des installations et du personnel de santé “.

Le centre de soins de MSF a apporté une aide cruciale à la population depuis lundi, et 394 blessés, majoritairement civils, y ont été soignés. C’est le seul établissement de la région capable de traiter les grands blessés.


Fin de l’occupation anglo-américaine de l’Afghanistan après 13 ans de guerre

Reuters a annoncé le 26 octobre que les dernières troupes de combat américaines -des Marines- et britanniques stationnées en Afghanistan ont vu leur mission prendre fin officiellement et ont quitté le pays, tandis qu’un grand nombre de bases militaires ont été transférées à l’armée afghane. Le nombre des forces américaines et britanniques conjointes restantes est monté jusqu’à 40 000 personnes. Pour des raisons de sécurité, les troupes présentes dans la province d’Helmand n’ont pas précisé le moment de leur évacuation.

Le régime des talibans liés à Al-Qaida avait été renversé il y a 13 ans. Aujourd’hui, les drapeaux américains et britanniques des quartiers généraux militaires internationaux de la région ont enfin été descendus, tandis que les États-Unis ont quant à eux fini la plus longue guerre qu’ils aient jamais menée à l’étranger.

Le camp des Marines américains remis aux autorités militaires afghanes était la plus grande base militaire des Etats-Unis dans le pays. De leur côté, les troupes britanniques en feront également de même avec le Camp Bastion, situé à proximité.

Après le retrait des troupes américaines et britanniques, c’est le 215e Corps de l’armée afghane qui sera stationné sur cette base d’environ 2 600 hectares. A ce moment-là, la province d’Helmand n’abritera plus de troupes étrangères.

 

The looming danger in Maghreb region

Islamist groups such as Ansar Al Dine and Al Qaida have alarmed Arab North Africa and the West by acting in Mali the way the Taliban had behaved in Afghanistan

  • By Oussama Romdhani | Special to Gulf News
  • Arab Maghreb foreign ministers met in Algiers earlier this month for their first ever security-dedicated meeting. Their main concern was the crisis in a neighbouring region that threatens to become the-Afghanistan-next-door.The meeting marked one of those rare moments when senior Algerian and Moroccan officials sat around the same table to discuss regional security issues — the most urgent of which originated from the Maghreb itself.After fighting for the Gaddafi regime in Libya’s civil war, hundreds of Tawareq mercenaries fled Libya and swept with their weapons into drought and poverty-stricken Mali, where they formed the bulk of separatist and pro-Al Qaida forces that have come to exert control over key-towns and even airport strips in northern Mali. “We have underestimated politically the fragility of Mali and the consequences of the fall of Gaddafi,” said Jean-Yves Le Drian, the new French minister of Defence, referring to the inability of the former Sarkozy administration to predict or prevent the unravelling of the situation.Since early June, Ansar Al Dine fighters, and pro-Al Qaida elements, including Al Qaida in the Islamic Maghreb (AQIM) and the Movement for Unity and Jihad in West Africa (MUJWA), have triggered alarm bells in the West by behaving in Northern Mali much like the early-day Taliban. They destroyed Marabou monuments in Northern Mali, the way the Taliban destroyed Buddhist statues in Bamiyan, Afghanistan. They also started to impose an interpretation of the Sharia so drastic that even AQIM’s leader, Abdul Malek Drukdel, found it, “a mistake to impose all the rules of Islam at once on people, overnight”. 

    Security experts fear that Northern Mali could become a hub for terrorist activities, narcotics trafficking and money-laundering across the Sahel region and beyond. Such activities are already a lucrative business. Interpol estimates that traffickers make more than $2 billion (Dh7.3 billion) annually by funnelling drugs from Latin America through the Sahara to the Mediterranean coast and on to Europe. Hostage-taking has made Al Qaida-affiliated groups more than $100 million since 2003. Any armed escalation could expose hydrocarbon installations and vital infrastructure in large swathes of land spanning most of the Saharan part of the Maghreb, as well as Niger, Nigeria, Egypt and the Sudan.

    With the fraying of central power, Libya is already concerned about its ability to rein in its own Tabbou and Amazigh populations. Algeria is understandably wary of any Tawareq separatist or terrorist contagion spreading to its territory, especially as it has already been stung deep in its Saharan territory by Al Qaida and its offshoots. Last April, seven Algerian diplomats were kidnapped from the consulate in Gao, Mali.

    But Algeria has always resisted any Western military intervention in its southern “backyard,” or deploying its own troops outside its borders. This month’s UMA (Arab Maghreb Union) security ministerial, held in Algiers, recommended that “all available negotiation channels be explored”, a clear indication that Algeria has not warmed up to the military option.

    A number of international reports have in fact suggested that Algiers, contrary to what the French seem to advocate, would prefer negotiating a deal with Iyad Ag Gali, head of Ansar Al Dine.

    French minister of foreign affairs, Laurent Fabius, has had strong words about the situation in Mali. “We have already had an Afghanistan and we should not have a Sahelistan,” he said. But according to French political analyst Antoine Sfeir, the Hollande administration is still “reviewing its North Africa policy against the background of the Sahel and West Africa threats. As part of that review, it does not want to jeopardise its relations with Algeria.”

    The Europeans are yet to forge a common strategy. They would not object to playing a supporting-role to a “credible” West African military intervention on the ground but are not expected to deploy on land a terrestrial force themselves. The United States will probably offer no more than their current intelligence and surveillance support.

    Among the additional hurdles to any military plan for Mali is the continuing instability of the Bamako central government, which is supposed to lead the effort and give it legal cover.

    So it is no surprise that outside actors have been reluctant until now to rush to the rescue of Mali. Last June, the UN Security Council passed Resolution 2,056 which called on UN states to submit names of individuals and groups linked to Al Qaida, “notably in the north of Mali”, for sanctions. But it stopped short of backing proposed military intervention by a military force from the Economic Community of West African States (ECOWAS). Many doubt the capacity of such a force to dislodge the staunch pro-Al Qaida forces from Northern Mali. Andrew McGregor, director of Aberfoyle International Security, cautions that “any military defeat suffered as the result of an over-hasty deployment could rock the political foundations of West African nations such as Nigeria that are enduring bloody insurgencies of their own.”

    The Maghreb countries have their work cut out for them. Their declared intent to seek “integrated policies” vis-à-vis the Sahel challenge, is a limited but important step ahead, if it leads to more effective cooperation especially between Algeria and Morocco, who still have “another Sahara problem” to resolve. But only time will tell if Arab North Africa manages to get its act together before it has an “Afghanistan-next-door”.

     

    — Oussama Romdhani is a former Tunisian communication minister.

Afghanistan: nouvelles horreurs des soldats américains

Le Los Angeles Times a publié mercredi des photos de soldats américains posant au côté de cadavres d’insurgés afghans, dont certains démembrés. Le Pentagone, qui qualifie ces actes d’ «inhumains», a lancé une enquête.

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Un nouvel exemple de conduite ignoble qui ne va pas aider l’armée américaine à corriger son image en Afghanistan. Le Los Angeles Times a publié mercredi des photos de soldats américains posant, souriants, au côté de cadavres d’insurgés afghans, dont certains démembrés. Certains soldats tenaient même dans leurs mains des morceaux des corps déchiquetés des talibans. Sur l’une des photos publiées par le quotidien, on aperçoit un badge «Zombie Hunter» (chasseur de mort-vivant) posé à côté d’un cadavre.

Le Los Angeles Times a reçu ces clichés d’un ancien soldat du bataillon incriminé, la 82e division aéroportée américaine qui a notamment opéré en France durant la Seconde Guerre mondiale. Cet informateur qui veut rester anonyme estime que ces comportements démontrent un dysfonctionnement de la discipline et de commandement au sein des bases américaines en Afghanistan. Un laxisme qui met en danger la sécurité des troupes. Il espère que la publication de ces photos empêchera toute récidive. Ses dix-huit clichés concernent deux missions distinctes qui ont fini de la même manière: des soldats posant joyeux auprès de restes de talibans. Une première série date de février 2010 lorsque la 82e division est envoyée dans la province de Zabol pour relever les empreintes rétinienne et digitales d’un kamikaze qui avait attaqué une unité policière afghane. Trois mois plus tard, bis repetita, cette fois pour récupérer les empreintes de trois talibans qui, par mégarde, ont sauté avec leurs explosifs alors qu’ils s’apprêtaient à piéger une route.

Fermeté des autorités américaines

D’après l’informateur du Los Angeles Times, tous les hommes, la plupart sans grade, apparaissant sur les photos, ont vu des camarades tués ou blessés par les talibans. Un des para arbore un bracelet au nom d’un ami disparu. Lors de ces missions, les soldats ont ressenti «une profonde satisfaction»à la vue des cadavres, surtout lorsqu’ils ont appris que les kamikazes avaient été victimes de leurs propres bombes. «Ils étaient en colère après avoir vu leurs potes se faire exploser. Ils ont voulu célébrer l’occasion». Les photos ont ensuite circulé dans le régiment et plusieurs soldats n’hésitaient pas à plaisanter dessus.

Suite à la publication de ces photos, les condamnations très vigoureuses se multiplient. «Ces images ne représentent en rien les valeurs ou le professionnalisme de la vaste majorité des troupes américaines qui servent aujourd’hui en Afghanistan», a déploré le secrétaire à la Défense américain, Léon Panetta, qui a révélé qu’une enquête était en cours. La plupart des soldats mis en cause auraient été identifiés. Léon Panetta «s’est excusé» de leur comportement au cours d’une réunion à Bruxelles, en particulier pour le tort causé à la réputation de «dizaines de milliers de soldats de l’Isaf qui font leur travail avec zèle et de manière irréprochable». Le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen a condamné «fermement» les photos choc et évoque un «événement isolé». «J’espère qu’il n’y aura pas de débordements» à la suite de cette nouvelle, a-t-il tout simplement souhaité. L’ambassadeur des Etats-Unis à Kaboul, Ryan Crocker, a lui estimé que ces soldats avaient commis des actes «moralement répugnants» qui, ajoute-t-il, «déshonorent les sacrifices de centaines de milliers de soldats et de civils américains qui ont servi avec honneur en Afghanistan».

Cette nouvelle affaire intervient à un moment critique pour les forces occidentales dont l’image a été très ternie après des scandales à répétition : l’incinération d’exemplaires du Coran sur la base américaine de Bagram qui avait engendré de manifestations violentes et l’équipée meurtrière du sergent américain Robert Bales, accusé d’avoir assassiné 17 villageois dans leur sommeil. Sans oublier la vidéo montrant en janvier des marines en train d’uriner sur des cadavres d’insurgés afghans.

Tuerie en Afghanistan: marathon judiciaire pour le sergent américain

Le sergent Robert Bales, actuellement détenu dans une prison militaire du Kansas, est officiellement inculpé, ce vendredi 23 mars 2012, de 17 meurtres. Première étape face à la justice militaire américaine pour ce soldat qui avait soulevé la colère et la douleur le 11 mars 2012 après son échappée nocturne sanguinaire dans deux villages afghans.

Le bilan initial du massacre était de 16 civils tués, dont une majorité d’enfants. Les 17 inculpations pour meurtres suggèrent donc que l’un des blessés graves, attribués également au sergent Bales, n’a pas survécu à ses blessures. L’annonce de ces inculpations intervient moins de deux semaines après les faits et Washington escompte que ce court délai sera perçu comme un gage de sa volonté d’aller vite pour enclencher la machine du procès.

L’opinion publique et les autorités afghanes se montrent en effet sceptiques envers une procédure qui se déroule aux Etats-Unis, loin de l’endroit où les assassinats ont été perpétrés. De fait, le chemin jusqu’au procès pourrait prendre maintenant des années après ce premier pas. Le principe d’une cour martiale qui, théoriquement en tout cas selon le ministre de la Défense Leon Panetta, pourrait condamner à mort Robert Bales, n’est même pas encore acquis. L’armée en décidera lors d’une audience préliminaire de comparution, dite « de l’article 32 » en référence au code militaire, dont la date n’est pas fixée.

Altération du discernement ?

L’avocat du sergent estime avoir des arguments à faire valoir pour diminuer la responsabilité de son client. Ce « patriote » – ainsi considéré parce qu’il s’était engagé deux mois après les attentats du 11-Septembre 2001 – faisait l’expérience en Afghanistan d’un quatrième déploiement éprouvant, avec à la clé alcoolisme, difficultés financières et, surtout, une possible commotion cérébrale suite à un accident de voiture en 2010 en Irak, qui n’aurait pas été correctement traitée. Si la défense arrivait à accréditer l’idée d’une « altération du discernement », Robert Bales risquerait la réclusion à vie comme peine maximale mais avec une libération conditionnelle possible au bout de dix ans.

Néanmoins, l’accusation ne semble pas près de croire à l’amnésie ponctuelle dont Robert Bales affirme avoir souffert au moment du massacre. Les procureurs sont au contraire convaincus (leur hâte à mettre la justice en marche et à qualifier les faits de « meurtres » en témoigne) que la tuerie a été préméditée, ce qui élimine l’hypothèse de circonstances atténuantes.


Les «Soldats du Califat» voulaient punir la France

«Les Soldats du Califat» (Jound al-Khalifah) ont revendiqué jeudi dans un communiqué la tuerie de Toulouse, et appelé la France à revoir sa politique à l’égard des «musulmans».

Le 25 octobre, ce groupe, basé le long de la frontière afghano-pakistanaise, avait menacé le gouvernement du Khazakstan, qui venait – après la France – d’imposer une loi interdisant le port du voile intégral dans les établissements publics. Cette initiative a été citée par Mohamed Merah comme l’une des raisons ayant justifié ses meurtres de Toulouse et de Montauban.

Apparu récemment sur les médias djihadistes, «Les Soldats du Califat» ont publié deux vidéos d’attaques contre des bases américaines dans la province afghane de Khost, où le réseau Haqqani proche d’al-Qaida est actif. «Jound al-Khalifah est très certainement lié aux groupes de combattants étrangers appartenant au réseau Haqqani dans l’est de l’Afghanistan et dans le nord Waziristan au Pakistan», affirmait récemment un haut-responsable du renseignement américain, cité par la revue spécialisée The Long War Journal.

Or d’après de premières informations, Mohamed Merah aurait séjourné dans le nord Waziristan en 2011, où il avait été pris en charge par le MOI, le mouvement islamique ouzbek, en charge de l’encadrement des djihadistes étrangers.


Afghanistan: un soldat américain massacre au moins 16 civils

En Afghanistan, au moins 16 civils ont été tués par un soldat américain ce dimanche 11 mars 2012 dans la province de Kandahar. L’homme a été placé en détention. La police afghane et la force de l’Otan en Afghanistan enquêtent pour connaître les circonstances exactes de ce drame qui risque d’aggraver le ressentiment de la population vis à vis des forces américaine.

C’est la thèse d’un coup de folie qui est privilégiée pour l’instant. C’est en pleine nuit, à 3h du matin, que le soldat américain serait sorti de sa base militaire. Seul et armé, il serait entré dans plusieurs maisons et aurait ouvert le feu à l’aveugle sur des civils afghans. La plupart des victimes seraient des femmes et des enfants selon les autorités locales.

Cette fusillade intervient dans un contexte déjà très tendu. La confiance, les relations entre la population afghane et les forces étrangères se détériorent. Le sentiment anti-américain est même à son comble depuis 2001. Le mois dernier, le pays s’était embrasé après l’incinération de corans dans une base américaine. De violentes manifestations et six militaires américains abattus par leurs collègues afghans.

La force de l’Otan en Afghanistan et l’ambassade américaine ont présenté leurs condoléances aux familles des victimes de ce crime de guerre. Mais plusieurs sources militaires étrangères craignent, à juste titre, des représailles dans les jours qui viennent. D’autant plus que le drame a touché la province de Kandahar, un bastion des talibans.


Afghanistan/Guerre : 3/4 des Français opposés

Quelque 76% des Français se déclarent opposés à l’intervention militaire française en Afghanistan, et une large majorité d’entre eux souhaite un retrait anticipé de ce pays, selon un sondage Ifop à paraître lundi dans le quotidien L’Humanité. Les personnes interrogées sont 41% à se dire “plutôt opposées” et 35% “tout à fait opposées” à l’intervention en Afghanistan.
Les sympathisants du Front national (88%) et de gauche (84%) sont les plus hostiles à la présence française en Afghanistan, mais même les personnes proches de l’UMP y sont majoritairement opposés (54%). Alors que l’année 2011 est de loin la plus meurtrière pour les troupes françaises, 44% des sondés souhaitent leur retrait d’ici la fin de l’année. 31% veulent qu’il intervienne d’ici 2012 ou 2013 et seulement 25% d’ici 2014, comme c’est prévu actuellement.

Seuls 38% des personnes interrogées pensent que la présence française a permis de faire progresser l’Afghanistan vers la démocratie, alors que 87% estiment qu’il y a un vrai risque d’enlisement des troupes occidentales. Le taux de personnes sondées hostiles à l’intervention en France ne cesse de croître à chaque sondage. Lors de la précédent enquête, en février 2011, 72% des sondés se déclaraient opposés à l’intervention en Afghanistan.

Ils étaient 70% en juillet 2010 et 64% en août 2009 à y être opposés, très loin des 55% d’avis favorables enregistrés en France en octobre 2001, au début du déploiement des forces internationales en Afghanistan. Quelque 130.000 soldats étrangers, aux deux tiers américains, sont actuellement déployés au sein de la coalition internationale en Afghanistan sous commandement de l’Otan.

En dépit de cette présence militaire, les violences ne cessent de s’intensifier en Afghanistan, où au moins 2400 civils ont été tués en 2010, soit plus de six par jour, un record en neuf ans de guerre, selon l’ONG Afghan Rights Monitor, et où les insurgés talibans mènent des attaques audacieuses, jusqu’au coeur de Kaboul.
Quelque 4000 soldats français sont déployés en Afghanistan. Soixante-quatorze militaires français sont morts dans ce pays depuis fin 2001, dont 22 depuis le début de l’année.

Le sondage a été réalisé par questionnaire en ligne du 17 au 19 août auprès d’un échantillon de 1.001 personnes représentatif de la population française âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.