Mauritanie : Aide budgétaire de l’AFD

Le Conseil d’administration de l’Agence Française de Développement (AFD) a approuvé l’octroi d’un prêt de 3 millions d’euros à la République de Mauritanie pour le financement de son programme économique et financier. La Mauritanie a été durement éprouvée par la crise alimentaire en 2007/2008, puis par la crise économique mondiale en 2009. Les conséquences de ces chocs externes ont été exacerbées par une crise politique interne, qui a entrainé une diminution des flux d’aide extérieure ainsi que par la baisse de la production de pétrole.

L’élection présidentielle de juillet 2009, qui marque le retour à la légalité constitutionnelle, a permis la reprise des relations avec la communauté internationale. Un nouveau programme économique a été élaboré par le gouvernement pour mener les réformes structurelles indispensables à la croissance et à la réduction de la pauvreté et un accord a été approuvé en mars 2010 avec le FMI. Ce concours couvrira le besoin de financement de l’Etat pour son programme économique et financier pour l’année 2010.

Trois questions à… Dov Zerah, Directeur général de l’Agence Française de Développement (AFD)

Quel regard portez-vous sur l’AFD ?

En dix ans, notre maison, dont nous allons fêter l’année prochaine le 70e anniversaire, a effectué une profonde révolution, je n’hésite pas à utiliser ce mot. L’AFD a connu une très importante extension géographique, ainsi qu’une large diversification de ses domaines d’intervention. Après ces dix années de profondes mutations, je ne peux que m’inscrire dans une période de consolidation. Tous ces acquis doivent être confortés et il convient d’éviter de trop se disperser.

Ces évolutions ont été conduites avec un personnel profondément renouvelé. Un tiers des agents ont moins de 5 ans d’ancienneté. Il est essentiel d’accompagner leur insertion, pour que la qualité du travail de l’Agence, reconnue de par le monde, se perpétue.
Quelle est votre vision pour l’Afrique ?
Sans préjuger d’autres éléments de réflexion, le moment est venu de reprendre les fondamentaux de l’intervention pour le développement agricole, probablement dans le cadre de mécanismes régionaux. Le développement de chaque pays est passé par celui de son agriculture. De nombreux exemples dans le monde entier en attestent.
Le développement agricole est nécessaire au développement économique d’un pays. Il permet de stabiliser les populations rurales, et donc de favoriser le développement rural. Il ralentit l’exode rural, et diminue la pression sur les villes. Il endigue  l’avancée du désert, et constitue un élément essentiel de défense de l’environnement.
Enfin, le développement agricole est créateur de valeur ! Il me semble que, pour les développeurs, une nouvelle page est en train de s’ouvrir. Comme les années soixante ont été les années de financement des infrastructures, l’Afrique connaît maintenant un développement économique, qui doit être conforté et accompagné par le développement agricole. La sécurité alimentaire sera l’un des principaux sujets des trente ans à venir. L’Afrique a les capacités d’être autosuffisante, et il paraît opportun de l’accompagner dans la réalisation d’un tel objectif.
Comment voyez-vous l’activité de l’AFD dans l’Outre-mer ?
Je suis très attaché aux interventions de l’Agence dans l’Outre-mer. A titre d’illustration les activités du groupe AFD dans le secteur privé ont augmenté de près de 20% par rapport à 2008. Cette progression résulte du rôle confié par nos autorités à l’Agence pour la diffusion des instruments de garanties bancaires issus du plan de relance. Ces garanties ont permis de soutenir plus de 11 000 emplois dans l’ensemble de l’Outre-mer français en 2009.Je souhaite que nous renforcions notre action, à la fois en faveur du secteur privé mais aussi en lien avec les collectivités territoriales sur place.

Source AFD

Lancement des travaux pour la création d’un Fonds Carbone Méditerranée

CDC Climat, nouvelle filiale de la Caisse des dépôts (CDC), l’Agence française de développement (AFD), PROPARCO, la Banque Européenne d’Investissement (BEI), la Cassa Depositi e Prestiti (CDP) et la banque de développement allemande KfW Bankengruppe (KfW), ont uni leurs forces pour étudier et appuyer la création d’un Fonds Carbone Méditerranée.

Lancée dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée (UPM), cette initiative vise à conforter le déploiement de projets respectueux du climat sur le pourtour méditerranéen. Elle apportera un complément de savoir-faire et de financement à des projets entrepris dans les pays des rives méridionale et orientale de la Méditerranée. Le Fonds Carbone Méditerranée exploitera le potentiel de crédits carbone issus du Mécanisme de développement propre (MDP), aussi bien dans les énergies renouvelables que dans la gestion des déchets et l’efficacité énergétique. Conformément aux dispositions du « paquet » énergie-climat adopté par l’Union européenne en décembre 2008, les crédits éligibles peuvent être générés jusqu’en 2020.

Le Fonds Carbone Méditerranée regroupera cinq institutions financières publiques de l’Union européenne ayant une grande expérience des marchés du carbone et de la mise au point de projets dans la région. Dans un esprit partenarial ouvert, ces institutions apporteront un appui à long terme à l’initiative, en coopération avec des partenaires financiers des rives sud et est de la Méditerranée, qui pourraient s’associer au Fonds dans un rayon d’action géographique éventuellement plus limité.

Le Fonds Carbone Méditerranée devrait devenir opérationnel au cours de l’année 2011. Sa taille sera définie en fonction de l’évaluation du volume de crédits carbone que pourraient générer les projets MDP dans les pays concernés, y compris la Jordanie, et pourrait atteindre au total 200 millions d’euros en 2020.

Un mécanisme spécial d’études et d’assistance technique complétera le Fonds Carbone Méditerranée en amont afin de garantir le nombre, l’avancement et la qualité des projets. Ce mécanisme visera à fournir un soutien efficace aux porteurs de projets, notamment pour préparer l’enregistrement des projets par le Conseil exécutif du MDP.