Algérie-Russie : partenariat stratégique et nouvelles perspectives de coopération

L’Algérie et la Russie sont dans le même camp. Crise pétrolière, conflits syrien et libyen, approche anti-atlantiste d’intervention militaire dans les conflits ; que de points de convergence entre Moscou et Alger qui réactivent depuis quelque temps les lignes de l’entente entre les deux pays.

La visite officielle du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, à Moscou, achevée jeudi, a été marquée par « la consolidation » du partenariat stratégique liant les deux pays depuis 2001, ainsi que par l’ouverture de nouvelles perspectives de coopération dans divers domaines sur fond de réaffirmation de l’amitié qui caractérise les relations algéro-russes.

Le Premier ministre a exprimé, à cette occasion, « la détermination du gouvernement algérien à faire de la Russie, un partenaire stratégique et à développer avec ses entreprises une relation exceptionnelle pour consolider l’amitié entre les deux pays ».

Indiquant que « le développement de la coopération algéro-russe doit consolider le partenariat stratégique défini par nos deux chefs d’Etats », Sellal a estimé que l’initiative du Forum économique Algérie-Russie « permet de mettre en contact les entrepreneurs des deux pays pour explorer et exploiter les opportunités de partenariats économiques ».

Il a appelé, dans ce sens, les opérateurs russes à apporter « leur contribution aussi bien dans le domaine de l’énergie que dans ceux des transports, des mines, de l’agriculture, du tourisme, des nouvelles technologies de l’information et de la communication ainsi que la construction ».

Soulignant que « l’Algérie est un pays ouvert, où les opérateurs russes sont les bienvenus », M. Sellal a affirmé que « des mesures législatives et organisationnelles concrètes sont prises en Algérie pour encourager l’investissement et le partenariat, améliorer le climat des affaires et lever tous les obstacles ».

Cinq accords de coopération signés

La visite de M. Sellal à Moscou a été marquée aussi par la signature de cinq accords de coopération dans les domaines de l’Habitat, la culture, la communication, l’énergie atomique et les nouvelles technologies.

 

Les accords signés sont un mémorandum d’entente dans le domaine de l’Habitat, un programme de coopération culturel algéro-russe 2016-2018, un accord de coopération entres l’Agence de presse algérienne (APS) et Rossiya Segodnya, un mémorandum d’entente entre le Commissariat à l’énergie atomique (COMENA) et la corporation d’Etat russe (Rosatom), et un mémorandum d’entente entre l’Agence nationale de promotion et développement des parcs technologiques (ANPT) et la Fondation Skolkovo.

 

Paraphés sous la présidence des Premiers ministres  des deux pays,  ces accords s’inscrivent dans le cadre du renforcement du partenariat bilatérale algéro-russe touchant plusieurs secteurs d’activité.

La constance de la position algérienne réaffirmée 

S’agissant des situations de crise qui prévalent dans certains pays, notamment dans le monde arabe, Abdelmalek Sellal a réaffirmé la constance de la position algérienne, tout en rappelant, les principes devant prévaloir dans toute solution, à savoir le Droit des peuples à leur autodétermination.

Il a soutenu, à ce propos, au cours de la conférence de presse qu’il a conjointement animée avec son homologue russe, Dmitri Medvedev, que « la position de l’Algérie est constante sur toutes les questions : nous sommes pour le respect du droit des peuples à l’autodétermination ».

Pour le Premier ministre, « les solutions doivent être pacifiques, équitables et tiennent compte de la légalité internationale », relevant que l’Algérie et la Russie « se sont entendues pour privilégier le principe de la concertation dans le traitement de toutes les crises ».

M. Sellal qui a noté que les deux pays « partagent les mêmes points de vue dans la plupart des questions » qui se posent actuellement, a tenu à exprimer, à chacune de ses rencontres avec les responsables russes, « la longue histoire d’amitié et de solidarité qui caractérise les relations entre l’Algérie et la Russie ».

Avec APS

Vive l’amitié franco-algérienne!

En visite en Algérie, le Premier ministre Manuel Valls a ouvert, dimanche 10 avril, un forum économique avec son homologue Abdelmalek Sellal. Les deux hommes ont tout fait pour faire passer ce message : l’amitié entre les deux pays doit être plus forte que tout.

Le développement des relations économiques et commerciales entre l’Algérie et la France est l’un des principaux enjeux de la visite de Manuel Valls à Alger. Le Premier ministre français l’a bien fait comprendre, dimanche, lors de l’ouverture d’un forum économique au côté de son homologue algérien Abdelmalek Sellal.

Développer la culture de la confiance, s’éloigner de la culture de la défiance, c’est l’appel que M. Sellal a lancé, avec un objectif : « travailler ensemble, renforcer les liens d’amitié, et je pèse mes mots. Renforcer les liens d’amitié car rien ne saura nous détourner de l’avenir ».

« Les petits problèmes qu’on veut nous créer »

L’amitié, c’est aussi le mot-clé du discours de Manuel Valls, qui s’est dit « heureux, convaincu que cette amitié entre nos deux pays est indestructible. Convaincu que ce qui a été initié par nos deux Présidents est durable, surmontant tous les petits problèmes que parfois on veut nous créer ».

Le Premier ministre insiste et une nouvelle fois évite les différends qui peuvent perturber les relations entre Paris et Alger. Notamment l’affaire du refus des visas à des journalistes français relayant ce qui ressemble bien à une manipulation américaine. Pas question de parasiter cette visite à forte valeur économique.


Algérie: composition du nouveau gouvernement du président Bouteflika

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a désigné, le 5 mai, un gouvernement comprenant 35 membres, dont aucune figure connue de l’opposition. Sollicités pour former un gouvernement d’union nationale, le FFS (Front des forces socialistes), le PT (Parti des Travailleurs) de Louisa Hanoune et Abdelaziz Belaïd, candidat à la présidentielle d’avril 2014, ont décliné l’offre présidentielle.

Dans le premier gouvernement du quatrième mandat de M. Bouteflika, les titulaires des portefeuilles régaliens ont été reconduits dans leurs fonctions. Ramtane Lamamra, diplomate de carrière ayant notamment été ambassadeur à Washington, reste aux Affaires étrangères. Tout comme Tayeb Bélaïz à l’Intérieur, Tayeb Louh à la Justice, Youcef Yousfi à l’Energie et le général Ahmed Gaïd Salah, à la Défense avec le rang de vice-ministre, la fonction de ministre étant assurée par le chef de l’Etat.

Quatorze nouveaux ministres ont fait leur entrée dans la nouvelle équipe gouvernementale. Parmi les nouveaux venus figure la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, une autre universitaire qui dirigeait un centre de recherche en anthropologie. Le plus jeune ministre est aussi une femme, Aïcha Tagabou, 35 ans, nommée au poste de ministre déléguée au Tourisme et à l’Artisanat.

Parmi les partants figure la ministre de la Culture Khalida Toumi, ex-opposante et ancienne égérie des féministes algériennes, devenue partisane acharnée de M. Bouteflika qui lui a ouvert en 2002 les portes du gouvernement. Elle est remplacée par une autre femme, Nadia Labidi, cinéaste et enseignante à l’université d’Alger. Le ministre des Finances, Karim Djoudi, n’a pas, lui non plus, été reconduit, des sources informées assurant qu’il avait demandé son départ pour des «raisons de santé». Il est remplacé par Mohamed Djellab, anciennement ministre délégué au Budget.

Voici la liste complète des ministres du gouvernement algérien :

  • Abdelmalek Sellal, Premier ministre
  • Tayeb Belaïz, ministre d’État, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales
  • Le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire
  • Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères
  • Tayeb Louh, ministre de la Justice, garde des Sceaux
  • Mohamed Djellab, ministre des Finances
  • Youcef Yousfi, ministre de l’Énergie
  • Abdessalem Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines
  • Abdelwahab Nouri, ministre de l’Agriculture et du Développement rural
  • Tayeb Zitouni, ministre des Moudjahidine
  • Mohamed Aïssa, ministre des Affaires religieuses et des Wakfs
  • Amara Benyounès, ministre du Commerce
  • Amar Ghoul, ministre des Transports
  • Hocine Necib, ministre des Ressources en Eau
  • Abdelkader Kadi, ministre des Travaux publics
  • Abdelmadjid Tebboune, ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville
  • Nouria Benghebrit, ministre de l’Éducation nationale
  • Mohamed Mebarki, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique
  • Nouredine Bedoui, ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels
  • Mohamed El Ghazi, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale
  • Dalila Boudjemaâ, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement
  • Nadia Labidi, ministre de la Culture
  • Mounia Meslem, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme
  • Khelil Mahi, ministre des Relations avec le Parlement
  • Abdelmalek Boudiaf, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière
  • Abdelkader Khomri, ministre de la Jeunesse
  • Mohamed Tahmi, ministre des Sports
  • Hamid Grine, ministre de la Communication
  • Zohra Derdouri, ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication
  • Nouria Yamina Zerhouni, ministre du Tourisme et de l’Artisanat
  • Sid-Ahmed Ferroukhi, ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques
  • Abdelkader Messahel, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires maghrébines et africaines
  • Hadji Baba Ammi, ministre délégué auprès du ministre des Finances, chargé du Budget et de la Prospective
  • Aïcha Tagabou, ministre déléguée auprès du ministre du Tourisme et de l’Artisanat chargée de l’Artisanat.

Algérie: Abdelmalek Sellal nommé PM

L’actuel ministre des Ressources en eau Abdelmalek Sellal, 64 ans, a été nommé ce soir premier ministre par le chef d’Etat algérien Abdelaziz Bouteflika, quatre mois après les élections législatives, a annoncé la présidence.

Le président Bouteflika « a mis fin ce jour aux fonctions du premier ministre Ahmed Ouyahia, qui lui a présenté la démission du gouvernement », selon un communiqué officiel qui ajoute que « le président de la République nomme M. Abdelmalek Sellal, premier ministre ».

Enarque spécialisé dans la diplomatie, Abdelmalek Sellal avait dirigé les deux dernières campagnes présidentielles de Abdelaziz Bouteflika, en 2004 et en 2009.

Doté d’une grande expérience politique, il a exercé de hautes fonctions locales et occupé plusieurs postes ministériels.

Le nouveau gouvernement devrait intégrer d’anciens ministres et de jeunes hauts fonctionnaires, selon plusieurs sites d’informations locales.

L’actuelle équipe avait assuré la conduite des affaires courantes, amputée de six ministres élus députés qui ne pouvaient cumuler les deux fonctions en vertu d’une loi votée fin 2011 dans le cadre des réformes politiques présidentielles.

Aucun gouvernement n’avait été nommé à l’issue des élections législatives du 10 mai, largement remportées par le Front de libération national (FLN) dont est issu Abdelaziz Bouteflika, amenant l’opposition à évoquer « une hibernation ».

Ce retard « a plongé le pays dans une période d’hibernation et bloqué sa vie politique », avait estimé lundi le Premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS, opposition) Ali Laskri.