Algérie : la présidence annonce la composition du nouveau gouvernement

La composition du nouveau gouvernement algérien a été dévoilée, deux semaines après l’entrée en fonction du président Abdelmadjid Tebboune, et ce alors que les manifestations se poursuivent dans le pays. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a nommé ce 2 janvier, deux semaines exactement après son entrée en fonction, son premier gouvernement, composé de 39 membres, selon le porte-parole de la présidence, qui en a donné la composition à la télévision nationale. 

Quatre des cinq principaux ministres figuraient déjà dans le précédent gouvernement, dirigé par Noureddine Bedoui, nommé le 31 mars par le président Abdelaziz Bouteflika, deux jours avant sa démission sous la pression d’un mouvement de contestation inédit, le Hirak. Sabri Boukadoum conserve le portefeuille des Affaires étrangères. Kamel Beldjoud, ministre de l’Habitat dans le gouvernement Bedoui, devient ministre de l’Intérieur, poste dont il assurait l’intérim depuis le limogeage de son titulaire Salah Eddine Dahmoune, le 19 décembre. Belkacem Zeghmati, déjà ministre de la Justice du gouvernement Bedoui conserve lui aussi son portefeuille, de même que Mohamed Arkab à l’Energie. Quant au cinquième, Abderrahmane Raouya, nommé ministre des Finances, il avait déjà occupé le poste entre 2017 et 2019 sous la présidence Bouteflika, dans le gouvernement du Premier ministre Ahmed Ouyahia. Tayeb Zitouni conserve lui son portefeuille de ministre des Moudjahidine (anciens combattants) qu’il occupe sans interruption depuis 2017. Au moins trois autres ministres, Farouk Chiali (Travaux publics), Sid Ahmed Ferroukhi (Pêche), Hassane Mermouri (Tourisme), ont déjà occupé ces portefeuilles sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika, qui fut président durant 20 ans. Parmi ses 39 membres, le gouvernement compte sept ministres délégués et quatre secrétaires d’Etats. Il compte également cinq femmes, selon l’agence de presse algérienne APS. Principale originalité, il ne compte pas de vice-ministre de la Défense, poste qu’occupait depuis 2013, et jusqu’à son décès le 23 décembre, le puissant chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah. Le président de la République est traditionnellement ministre de la Défense en titre en Algérie. Le 28 décembre, Abdelmadjid Tebboune avait nommé Premier ministre Abdelaziz Djerad, un universitaire de 65 ans, ancien secrétaire général de la présidence (1993-1995) puis du ministère des Affaires étrangères (2001-2003), et l’avait chargé de constituer un gouvernement.

Algérie: Abdelaziz Djerad nommé au poste de Premier ministre

Abdelaziz Djerad, a pris ses fonctions samedi après-midi, dans la foulée de l’annonce de sa nomination en tant que Premier ministre. Il succède à Sabri Boukadoum, ancien ministre des Affaires étrangères qui avait été nommé Premier ministre par intérim, le 19 décembre.

Abdelaziz Djerad est un technocrate, fin connaisseur des rouages du pouvoir algérien. Universitaire, titulaire d’un doctorat en sciences politiques, ancien directeur de l’ENA, l’École nationale de l’administration algérienne, le nouveau Premier ministre est un pur produit de la fonction publique. 

Un CV impressionnant

À 65 ans, Abdelaziz Djerad dispose d’un CV imposant. Il a notamment été secrétaire général de la présidence de 1993 à 1995, puis du ministère des Affaires étrangères de 2001 à 2003. Proche d’Ali Benflis, ancien Premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika contre qui il se présente à l’élection présidentielle de 2003, Abdelaziz Djerad se retrouve écarté par le Président la même année.

D’autre part, Abdelaziz Djerad, a procédé ce dimanche 29 décembre, à la nomination de Brahim Bouzeboudjen en qualité de directeur de Cabinet et Mohamed Lamine Saoudi Mabrouk en qualité de chef de Cabinet, selon l’agence de presse officielle (APS).

Lors de sa première allocution, le Premier ministre avait abordé la question de la confiance entre le peuple et ses institutions. Il avait également évoqué les défis qui attendent l’Algérie.

« Nous sommes face à de grands défis socio-économiques en vue de rétablir la confiance dans notre pays. », a-il déclaré, avant d’ajouter : « Nous devons travailler tous, main dans la main, et faire appel aux compétences du pays pour sortir de cette dure épreuve. »

Algérie: Obsèques populaires de Gaid Salah

Le défunt chef d’Etat major et vice ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaid Salah, a été rejoint sa dernière demeure; ce mercredi 25 décembre au carré des martyrs du cimetière d’El Alia à Alger.

Le cercueil du défunt contenant sa dépouille enveloppé du drapeau national a été transporté par des éléments de la Garde républicaine. Une foule impressionnante a accompagné par ailleurs le cortège funéraire depuis le Palais du Peuple jusqu’au cimetière d’El Alia.

La prière funéraire du défunt a été entamée par un imam et suivie par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune ainsi que de ministres et hauts cadres du gouvernement. Des hauts gradés militaires et des hauts responsables du ministère de la Défense nationale ont été également présents sur les lieux pour rendre un dernier hommage à Ahmed Gaid Salah.

Ce dernier, on le sait, avait déjà prévu de passer la main à Said Changriha, nommé ce lundi 23 décembre chef d’état-major de l’armée par intérim.

Algérie: Macron adresse ses «chaleureuses félicitations» au nouveau président

Emmanuel Macron a appelé le nouveau président algérien, Abdelmadjid Tebboune. Après avoir «pris note» de la victoire d’Abdelmadjid Tebboune lors de l’élection présidentielle algérienne du 12 décembre, le président français a présenté «ses vœux sincères de succès» à son homologue, sur fond de tensions diplomatiques. Dans un communiqué cité par l’AFP, l’Elysée rapporte ce 17 décembre qu’Emmanuel Macron a présenté ses «vœux sincères de succès» à Abdelmadjid Tebboune, élu le 12 décembre à la tête de l’Algérie après une élection contestée par de nombreux manifestants qui continuent de protester chaque semaine. 

«La France se tient aux côtés de l’Algérie dans ce moment important de son histoire», ajoute le communiqué français, qui précise encore : «Les deux chefs d’Etat sont convenus de travailler ensemble au développement des relations d’amitié, de respect et de confiance entre la France et l’Algérie et à la coopération sur les crises régionales.» De son côté, la présidence algérienne, dans un autre communiqué cité par l’agence de presse APS ce 17 décembre, a annoncé que le dirigeant français avait adressé, par téléphone, «ses chaleureuses félicitations» à Abdelmadjid Tebboune pour «la confiance que lui a accordée le peuple algérien lors de l’échéance électorale du 12 décembre». Le 13 décembre, Emmanuel Macron avait simplement affirmé avoir «pris note» de l’élection de son homologue algérien. Interrogé par un journaliste le même jour sur la réaction du président français, cet ancien ministre d’Abdelaziz Bouteflika avait lancé : «Je ne lui répondrai pas. Il est libre de vendre sa marchandise dans son pays, moi je suis élu par le peuple algérien et je ne reconnaîtrai que le peuple algérien.» Plusieurs mois après la démission d’Abdelaziz Bouteflika, poussé vers la sortie par la rue, l’élection Abdelmadjid Tebboune au premier tour du scrutin, avec 58,13% des voix au premier tour du scrutin, n’a pas fait retomber le mouvement de protestation, le Hirak, qui réclame une rupture avec le système.

Avec RT