Sciences po Bordeaux à l’heure marocaine

Direction : le Maghreb pour l’IEP bordelais, et plus particulièrement le Maroc. L’établissement a signé un accord avec l’université de Mundiapolis (Casablanca) pour lancer une filière intégrée franco-marocaine. Inaugurée le 11 juin 2010, en présence des directeurs des deux établissements et des maires de leur ville respective, cette dernière accueillera ses premiers étudiants – cinq de chaque école – à la rentrée 2011.

Intégrer plutôt que délocaliser

Le principe du partenariat ? Comme pour les cinq autres filières intégrées de l’institut, les étudiants suivront une scolarité alternée pendant les cinq années d’études (un an à Bordeaux, un an dans l’établissement étranger), avec à la clé les deux diplômes.

Au lieu d’installer des antennes à l’étranger, Sciences po Bordeaux préfère en effet la stratégie « intégrée ». « Délocaliser une formation française à l’étranger, je ne suis pas sûr que la greffe fonctionne, explique Vincent Hoffmann-Martinot, directeur de l’institut, qui préfère ainsi « combiner deux formations au sein d’une filière constituée d’apports réciproques ».

Un ancien de Sciences po Bordeaux comme entremetteur

Pourquoi ce choix de Mundiapolis au Maroc ? « Cela entre dans notre stratégie africaine », explique le directeur. Son institut compte déjà un laboratoire de recherche sur l’Afrique Noire (avec le CNRS). « Le Maroc joue un rôle d’interface entre l’Afrique subsaharienne et la France, précise-t-il. Nos collègues africanistes sont bien sûr ravis et de plus en plus d’étudiants sont demandeurs. Ces profils devraient également intéresser les entreprises dans le secteur du dialogue et de la coopération euro-méditerranéenne. »

En pratique, le rôle initiateur de Mohamed Berrada, diplômé de Sciences po Bordeaux et parrain de la filière, a été central. Tandis que l’IEP réfléchissait d’abord à l’Algérie – en vain – cet ancien ministre des Finances et ex-ambassadeur du Maroc en France a créé l’occasion en organisant une réunion entre la direction bordelaise et les responsables universitaires et ministériels marocains. Les anciens, c’est utile et plus encore, surtout quand ils sont de la qualité de M. Berrada…

L’université de Mundiapolis s’ouvre aux SHS

Pour l’instant axée sur les sciences de l’ingénierie et le management, l’université de Mundiapolis (Casablanca) va ainsi élargir son offre de formation aux SHS (Sciences humaines et sociales) avec une nouvelle filière en sciences politiques. Première université privée ouverte au Maroc à la rentrée 2009, elle compte 1 150 étudiants et abrite deux laboratoires de recherche.

« Nous allons inviter des collègues marocains à venir faire des cours chez nous et inversement, indique Vincent Hoffmann-Martinot. Nous souhaitons également les aider à développer un potentiel de recherche ».

A noter également : une vingtaine d’étudiants de Mundiapolis pourront suivre le CEP (Certificat d’études politiques) de Sciences po Bordeaux (une année de formation au niveau de la troisième année – 60 crédits ECTS). L’IEP réfléchit également à la création de masters dans des spécialités proches des besoins de l’université marocaine : en Action publique et gouvernance territoriale et Politique internationale.

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