Libération du journaliste militant tunisien Taoufik Ben Brik

Le journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brik a été libéré, le 27 avril 2010, après avoir purgé une peine de six mois d’emprisonnement pour l’agression d’une femme. Il a toujours affirmé qu’il s’agissait d’un procès politique.

L’affaire avait perturbé les relations franco-tunisiennes, habituellement au beau fixe. Taoufik Ben Brik a été condamné à six mois de prison en appel pour l’agression d’une automobiliste, une jeune femme d’affaires. Les organisations de défense des droits de l’homme qui le soutiennent ont toujours affirmé qu’il s’agissait d’un procès politique visant à lui faire payer ses critiques du régime, notamment dans la presse française où ses frasques n’intéressent pourtant plus grand monde, particulièrement à Libération.

Le Parti socialiste français et le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui l’avaient soutenus se sont félicités de cette libération. Pourtant à peine sorti de prison, M. Ben Brik s’en est pris vigoureusement au ministre français des Affaires étrangères qui avait osé, à l’occasion de la Journée de la femme, rendre hommage à la place de la femme dans la société tunisienne. Ce qui fait qu’interrogé le dimanche 2 mai sur la radio Europe 1 par le journaliste Jean-Pierre Elkabbach, Bernard Kouchner a taclé méchamment l’opposant tunisien en déclarant : “Je ne remercie pas Taoufik Ben Brik de ne m’avoir pas remercié pour sa libération! Et je ne retire pas ce que j’ai dit à propos du statut de la femme en Tunisie”. On ne savait pas que le ministre français avait une si grande influence sur la Justice tunisienne…

Tunisie : Elections municipales du 9 mai 2010

Les Tunisiens s’apprêtent à élire leurs conseils municipaux pour un nouveau mandat de cinq ans. Les élections municipales concernent un nombre important de villes et de villages, et voient la participation de partis politiques, d’indépendants et de citoyens désireux de participer à la vie de la cité.

Pour chaque commune, le nombre des conseillers municipaux est fixé en fonction de la population. Les villages ou petites villes de moins de 5 000 habitants ont un conseil municipal de 10 membres, les grandes villes de plus de 500 000 habitants, un conseil de 60 élus.
Selon leur taille, les villes vont avoir 10, 12, 16, 22, 30 ou 40, 60 conseillers.

Ces élections municipales se passent tous les cinq ans et concernent la totalité des sièges du conseil. Les sortants peuvent se porter candidats autant de fois qu’ils le souhaitent.

Sont électeurs tous les citoyens de la ville ou du village concerné dûment inscrits sur les listes électorales de la commune en question. Sachant que ces listes sont désormais revisables en permanence et peuvent faire l’objet d’un recours tranché en justice.

Qui peut voter, qui peut se présenter?

Peuvent se porter candidats tous les électeurs de la commune qui sont au moins âgés de 23 ans le jour de présentation de leur candidature. Sont électeurs tous les habitants de la commune ayant 18 ans et plus qui se sont inscrits sur les listes électorales.

Les gouverneurs, les magistrats, les secrétaires généraux de gouvernorat, les délégués et les chefs de secteur administratif n’ont pas le droit de se porter candidats. De même ne peuvent être candidats dans la ville où ils exercent : les comptables municipaux, les ingénieurs et agents des travaux publics municipaux et les salariés de la commune, du gouvernorat et de la délégation en question, afin de ne pas risquer de provoquer des conflits d’intérêts..

A noter que les ascendants, descendants, frères, sœurs ou époux ne peuvent être membres d’un même conseil municipal. Les listes de candidats sont présentées au siège du gouvernorat durant la quatrième semaine avant la date des élections. Chaque liste doit se doter d’une appellation et d’une couleur. Pour être valable, une liste doit absolument comporter un nombre de candidats égal à celui des sièges du conseil municipal concerné. Sachant qu’aucun candidat ne peut figurer sur plus d’une liste.

Le mode de scrutin des municipales est particulier en Tunisie. C’est à la fois un scrutin de liste majoritaire sans panachage, et une élection à la proportionnelle ouvrant les portes des conseils municipaux aux listes minoritaires.?Ainsi 50% des sièges d’une commune donnée sont attribués à la liste ayant obtenu le plus de voix, et les autres 50% sont répartis à la proportionnelle entre toutes les listes.?Sachant que la liste victorieuse ne peut avoir que 75% au maximum de l’ensemble des sièges, sauf si elle n’a aucune liste concurrente.

Tout électeur a la possibilité de mettre en cause la régularité des opérations électorales de sa ville.?La réclamation doit être déposée dans la limite des huit jours suivant le vote, soit à la municipalité, soit au siège du gouvernorat.?Une commission du contentieux, présidée par un juge nommé par le ministre de la Justice, statue sur les réclamations dans un délai de 15 jours.

Grâce à ce mode de scrutin, les conseils municipaux sont désormais un vivier d’idées et un forum où peut débattre tout citoyen dans un esprit pluraliste. Et ceci dans toutes les villes et tous les villages où des candidatures multiples ont été enregistrées.?Cette réalité nouvelle, issue de la volonté du président tunisien, ne manquera pas de renforcer l’image participative de l’action municipale en Tunisie et d’encourager nombre de citoyens à se porter candidats en vue de renforcer cette volonté nouvelle de démocratie participative au quotidien.

Sabri Bachtobji, nouveau consul général de Tunisie à Lyon

Diplomate de carrière, il a succédé début mars à Hamza Raïs, rappelé à Tunis. Auparavant, Sabri Bachtobji était en poste à l’ambassade de Tunisie à Rome, après quoi il a passé quatre mois à Tunis avant de venir à Lyon, une ville qu’il a connue lors de ses études : maîtrise de traduction avant un 3e cycle en relations internationales. Hamza Raïs entend s’employer à développer les relations économiques entre la Tunisie et la région Rhône-Alpes.