Tunisie: décès de l’ancien président Zine el-Abidine Ben Ali

Le président Zine el-Abidine Ben Ali, 83 ans, est décédé ce jeudi en Arabie saoudite, où il vivait en exil depuis son renversement début 2011.

Après plus de deux décennies d’une gouvernance à la fois nationale et sociale, Ben Ali avait été renversé début 2011 par un soulèvement soi-disant local, point de départ d’une vague de révoltes dans la région connues sous les noms de « Printemps arabes » ou d’«  Hivers islamistes » .

Il avait conduit sa famille, le 14 janvier 2011, dans des conditions rocambolesques, vers Jeddah, en Arabie saoudite, où, empêché de revenir, il vivait depuis en exil avec ses proches.

Des rumeurs sur sa mort ont circulé à plusieurs reprises ces dernières années. Le 12 septembre, Me Ben Salha avait déclaré que l’ ex-président se trouvait « dans un état critique ». Il avait ensuite démenti les rumeurs de décès. « Il n’est pas mort, mais son état de santé est mauvais. Il est sorti de l’hôpital et se soigne actuellement chez lui. Son état de santé se stabilise », avait-il indiqué à une radio locale.

Réagissant à ces dernières « rumeurs », le Premier ministre tunisien Youssef Chahed avait assuré qu’il était prêt à donner son « feu vert pour son retour ».

« C’est un cas humanitaire. S’il est malade, comme le disent les rumeurs, il peut rentrer dans son pays comme tout Tunisien », avait dit M. Chahed, interrogé sur la chaîne Hannibal TV. « S’il veut rentrer pour être enterré ici, je donne mon feu vert. »

Peu après l’annonce du décès jeudi, le lieu des funérailles – Arabie saoudite ou Tunisie – restait inconnu.

Droits concrets des Tunisiens

Zine el-Abidine Ben Ali, très attaché à l’indépendance de son pays, à la sécurité et au progrès social, a gouverné la Tunisie pendant près de 23 ans, la hissant au niveau des pays les plus développés de la région.  

Le président Ben Ali, comme l’avait affirmé en son temps le président Jacques Chirac, était attaché avant tout aux droits concrets des hommes et des femmes de Tunisie, loin des utopiques Droits de l’homme imposés par la bien pensance occidentale.

Modernisation de l’économie tunisienne et promotion des droits des femmes

Du point de vue économique et social, Ben Ali a poursuivi la politique de Bourguiba. Libéralisme économique, privatisations dans le secteur touristique et ouverture envers les investisseurs étrangers étaient les mots d’ordre en économie.

D’un point de vue social, Ben Ali s’est inscrit dans le prolongement de Bourguiba pour la promotion de la laïcité et la place de la femme. Il a étendu le Code du statut personnel, la loi qui donnait à la femme tunisienne une place inédite dans le monde arabe, en donnant plus de droits aux femmes, et en particulier aux mères. La femme tunisienne a ainsi pu transmettre à son enfant sa nationalité, une nouveauté alors dans le monde arabe.

Huit ans plus tard, le bilan de la Tunisie est catastrophique dans la plupart des domaines. Tout régresse, à l’exemple du très prospère secteur des phosphates dont la Tunisie était le plus gros exportateur régional aujourd’hui très largement distancé par le Maroc.

Il n’est donc pas étonnant de voir fleurir sur la page d’accueil de nombreux portables tunisiens l’image du défunt Président.

Tunisie/élection : l’indépendant Kais Saied rejette toute alliance

Le candidat indépendant Kais Saied, arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle en Tunisie, a écarté l’idée d’une alliance avec des partis, à trois semaines d’un scrutin législatif qui devrait redessiner le paysage politique du pays. 

« Il n’y a pas d’alliance entre des partis politiques, ou avec un parti ou une coalition de partis, il y a un projet », a-t-il déclaré à la presse. 

« Celui qui veut adhérer est libre de le faire », a-t-il poursuivi. 

Le parti de son adversaire au deuxième tour, Nabil Karoui, hommes d’affaires en prison, a de son côté appelé à la mobilisation pour les législatives du 6 octobre. 

« On souhaite tous que la deuxième étape permette aux Tunisiens de choisir leurs représentants au Parlement (et) à la présidence de la République tunisienne, » a déclaré Hatem Mliki, porte-parole de Nabil Karoui, sous le coup d’une enquête pour blanchiment d’argent et fraude fiscale et incarcéré depuis le 23 août. 

Le dirigeant du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, candidat pour la première fois aux législatives, a également appelé ses partisans à voter en nombre à ce scrutin afin qu’Ennahdha pèse dans la composition du gouvernement. 

Il a souligné qu’il revenait à la choura, l’organe consultatif du mouvement, de décider quel candidat soutenir à la présidentielle puisque celui présenté par Ennahdha, Abdelfattah Mourou, est arrivé troisième au premier tour avec 12,9% des voix. 

Sept millions de Tunisiens sont appelés à élire leurs députés le 6 octobre, lors d’un scrutin à un tour, tandis que le second tour de la présidentielle est prévu le 6 ou le 13 octobre.

Tunisie: les autorités auraient abattu de hauts cadres d’Aqmi

Les trois jihadistes présumés tués lundi dans le centre-ouest de la Tunisie à la frontière algérienne étaient trois Algériens, cadres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) recherchés de longue date, selon le ministère de l’Intérieur tunisien. 

L’un d’eux est un homme identifié par les autorités comme El Behi Akrouf, surnommé Abou Salma, un quinquagénaire qui serait un grand dirigeant de la Phalange Okba ibn Nafaa, la branche d’Aqmi en Tunisie, a indiqué le ministère l’Intérieur. 

Les deux autres hommes ont été identifiés par la même source comme Tahar Jijli, opérant dans le maquis algérien puis tunisien depuis les années 90, et El Mahi, quadragénaire. 

Ils étaient respectivement responsables du groupe pour les régions du Kef et de Jendouba (nord-ouest), et agissaient également en coordination directe avec Aqmi, selon la Garde nationale tunisienne. 

Cette opération est intervenue au premier jour de la campagne pour l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre. 

« Il s’agit d’une opération préventive en coordination avec l’armée », a souligné le porte-parole de la Garde nationale, Housemeddine Jebabli, soulignant que les trois hommes sont « parmi les dirigeants les plus dangereux de leur groupe ». 

Ils sont soupçonnés d’avoir participé à un attaque qui avait coûté la vie à six policiers près de Jendouba en juillet 2018, selon le porte-parole du ministère Khaled Ayouni. Cette opération jihadiste, la plus sanglante depuis la série d’attaques de 2015 et début 2016, avait été revendiquée par Aqmi. 

Les combats près de Haïdra, une zone montagneuse de la région de Kasserine, ont également coûté la vie à un jeune cadre de la Garde nationale. 

Même si la situation sécuritaire s’est nettement améliorée, le pays reste sous état d’urgence – renouvelé récemment jusqu’au 31 décembre -, depuis l’attentat suicide commis en plein Tunis contre la Garde présidentielle (12 agents tués) en novembre 2015. 

Les massifs montagneux frontaliers dans la région de Kasserine restent un repaire pour des groupes jihadistes, dont Jund al-Khilafa (« Les soldats du califat »), affilié à l’organisation Etat islamique (EI), et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). 

Tunisie: le président Beji Caïd Essebsi est décédé

Beji Caïd Essebsi s’est éteint ce jeudi à l’hôpital militaire de Tunis, a annoncé la présidence tunisienne dans un communiqué. Il avait 92 ans. Le président du Parlement Mohamed Ennaceur reprend l’intérim, après une prestation de serment.

Premier président démocratiquement élu en 2014, trois ans après le renversement de Zine el Abidine ben Ali, Beji Caïd Essebsi est mort ce jeudi 25 juillet au matin à l’hôpital militaire de Tunis, où il avait été admis la veille en soins intensifs en raison de très grandes difficultés respiratoires.

Son décès intervient à quelques mois de la fin de son mandat présidentiel. Il disparait le jour anniversaire de la proclamation de la République en 1957 au cours duquel il devait prononcer un discours, comme chaque année.

Le chef de l’État avait été hospitalisé en urgence par deux fois le mois dernier dont le 27 juin, officiellement pour intoxication alimentaire. Il était ressorti très affaibli, pouvant à peine parler, ne pouvant plus marcher, d’une hospitalisation de quatre jours. Les deux apparitions médiatiques qu’il avait faites depuis n’avaient pas rassuré les Tunisiennes et les Tunisiens. Elles avaient fait prendre conscience de la fragilité de l’homme qui occupe le palais de Carthage depuis bientôt cinq ans.

Pour l’heure c’est Mohammed Ennaceur, le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) qui prend provisoirement la place de chef de l’État. Ce vétéran de la politique, âgé de 85 ans, ancien ministre sous Bourguiba et proche du président défunt, est respecté par les différentes franges politiques tunisiennes.

Une cérémonie d’intronisation s’est déroulée sans accroc ce jeudi en début d’après-midi. Le mois dernier, le grave accident de santé du président Essebsi avait laissé planer la crainte d’une instabilité à la tête de l’État en cas de vacance du pouvoir, il n’en est rien.

Dans sa courte allocution, il a appelé le peuple tunisien à « unir les rangs », puis il a tenu à affirmer « la continuité des institutions de l’État. » Il devrait présider samedi des funérailles nationales auxquelles sont attendus nombre de chefs d’État. Le deuil national est de sept jours.

Tunisie: les frasques d’Olivier Poivre d’Arvor (suite)

Selon nos sources tunisiennes (des plus fiables), les frasques de l’ambassadeur de France en Tunisie – Olivier Poivre d’Arvor (le frère de l’autre), petit protégé de Laurent Fabius – ne cessent de défrayer et d’amplifier la chronique locale et plus largement celle des chancelleries, au point d’inquiéter la plus haute hiérarchie du Quai d’Orsay. Dernièrement à l’unisson des consignes du président de la République – « appel estival au calme » -, les grands chefs à plumes du ministère des Affaires étrangères ont demandé à ce cher Olivier de se calmer. Se calmer, c’est-à-dire de faire cesser, notamment les parties nocturnes de piscine dénudée (les baigneurs, pas la piscine) et les soirées arrosées durant lesquelles officient de drôles d’officines… Ces fantaisies, en comparaison desquelles homards et grands crus de Monsieur de Rugy passent pour de simples dérapages de cantine, scandalisent les autorités locales, toutes appartenances politiques confondues. Dans le même temps, ces mêmes élites tunisiennes, qui ont bien d’autres problèmes économiques, sociaux et sécuritaires à gérer, s’interrogent vraiment sur le rôle et les objectifs de la France éternelle dans la région, représentée par « un tel pitre qui visiblement passe plus de temps en fêtes où sont seulement conviés ses intimes – dont, régulièrement Frédéric Mitterrand -, qu’à travailler pour les intérêts conjoints de la France et de la Tunisie », déplore un grand syndicaliste du pays. Message reçu ! Décidément, comme le constate régulièrement la rédaction de prochetmoyen-orient.ch, la diplomatie est un métier bien difficile…

Par Richard Labévière, rédacteur en chef de prochetmoyen-orient.ch 

Tunisie: Le président Essebsi « hors de danger » selon son fils

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, victime d’un grave malaise jeudi, est « hors de danger » et pourrait sortir de l’hôpital en début de semaine, a assuré son fils Hafedh Caïd Essebsi. 

« Le Président va mieux, il est hors de danger et nous espérons qu’il va quitter l’hôpital lundi ou mardi, », a déclaré à l’AFP M. Essebsi, qui est également le dirigeant du parti présidentiel Nidaa Tounès. 

Béji Caïd Essebsi, 92 ans, est soigné à l’hôpital militaire de Tunis, où il a reçu vendredi le Premier ministre Youssef Chahed. 

Le plus vieux chef de l’Etat au monde après la reine d’Angleterre se trouvait dans un état « critique » jeudi, selon la présidence, le jour même où Tunis était visé par un double attentat suicide contre la police revendiqué par l’organisation Etat islamique (EI). 

Un policier a été tué et huit autres personnes blessées dans ces attaques ayant fait ressurgir la terreur jihadiste. 

Pionnière des mal nommés Printemps arabes de 2011, la Tunisie est allée doucement vers la démocratisation à l’occidental ces huit dernières années, avec ses soubresauts politiques, sa morosité économique et les attaques jihadistes. 

Une éventuelle absence prolongée du Président a toutefois fait craindre de nouvelles incertitudes politiques, notamment à l’approche des législatives puis de la présidentielle en fin d’année.

Tunisie: Deux attentats suicides à Tunis, notamment contre le siège de l’anti terrorisme

Une première explosion a visé un véhicule de police, ce jeudi 27 juin, sur l’avenue Bourguiba, une des principales artères de Tunis. Une deuxième explosion a eu lieu près d’une caserne de la Garde nationale. Un kamikaze s’est fait exploser devant la porte arrière du complexe de Gorjani, ce sanctuaire de l’anti terrorisme où sont rassemblés des services de la Garde nationale et de la police judiciaire.. Un policier a été tué et huit personnes, dont un autre policier, ont été blessés.

La protection civile et la police ont rapidement déployé des renforts sur l’avenue Bourguiba, où se trouve le ministère de l’Intérieur. Après un mouvement de panique, de nombreux badauds se pressaient autour des lieux de l’attentat, exprimant leur colère notamment envers les autorités.

4 ans après les attentats de Sousse

Ces explosions interviennent quasiment quatre ans, à un jour près, après les attentats meurtriers de Sousse qui avait eu lieu le 26 juin 2015. Un étudiant tunisien armé d’une Kalachnikov avait ouvert le feu dans un hôtel et avait fait 39 morts. L’attaque avait été revendiquée par le groupe État islamique.

Les mesures de sécurité avaient été relevées dans le pays après ces attaques. Fin octobre 2018, une femme kamikaze avait déclenché sa bombe près du Théâtre municipal, sur l’avenue Habib-Bourguiba, l’artère principale de la capitale.

Tunisie: Le président Béji Caïd Essebsi, hospitalisé après un « grave malaise »

En Tunisie, le chef de l’État, Béji Caïd Essebsi, a été transféré ce jeudi à l’hôpital militaire de Tunis après avoir été « victime d’un grave malaise », a annoncé la présidence, alors que la capitale venait d’être frappée par deux attentats suicides.

La présidence tunisienne a annoncé dans un post Facebook que le chef de l’État, Béji Caïd Essebsi, âgé de 92 ans a fait « un grave malaise, a été transféré à l’hôpital militaire de Tunis ».

L’annonce de son malaise est survenu peu après deux attentats suicides qui ont frappé la capitale, tuant un policier et faisant au moins huit blessés, selon les autorités.

« La situation du Président est critique », a indiqué son conseiller Firas Guefrech, sur Twitter. M. Essebsi avait déjà été hospitalisé en fin de semaine dernière, un des conseillers de la présidence assurant alors qu’il s’agissait d’examens de routine, tandis qu’un autre évoquait un souci de santé mineur.

À la tête de cet État du Maghreb depuis 2014 et président démocratiquement élu depuis le renversement du président Ben Ali, Béji Caïd Essebsi avait annoncé qu’il ne se représenterait pas au scrutin présidentiel de novembre prochain.

Tunisie: le président Béji Caïd Essebsi ne souhaite pas se représenter

« La Tunisie a besoin de changement et je ne voudrais pas me représenter à la présidentielle !  » a déclaré le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, qui inaugurait ce samedi 6 avril 2019 le congrès de Nidaa Tounes à Monastir. 

Le président de la République et fondateur du parti, a affirmé que personne ne peut surenchérir avec Nidaa sur sa fibre destourienne et son affiliation au libérateur de la nation, Habib Bourguiba.

« Nidaa a été créée pour répondre à une responsabilité qui s’est imposée au temps de la Troïka, celle de faire prévaloir sur tout le reste l’intérêt de la Tunisie et ce qui reste de Nidaa est bien assez ! Oui c’est vrai, il y a encore des choses à faire, oui le bilan est ce qu’il est mais quand Nidaa est arrivé au pouvoir il a trouvé un contexte difficile et aussi des citoyens difficiles. La Tunisie doit se ressaisir, elle doit pouvoir compter sur ses enfants et les élections qui arrivent doivent apporter du changement. La Tunisie a besoin de changement et je ne voudrais pas me représenter à la présidentielle car j’estime que le pays a enfanté des hommes capables de mener à bien cette mission. Ils sont toutefois tous à l’étranger et je les appelle d’ailleurs à revenir pour leur pays » a affirmé Béji Caïd Essebsi.

Tunisie: 3 djihadistes abattus par les troupes d’élite

Trois djihadistes liés au groupe Etat islamique (EI) ont été abattus par les forces de sécurité tunisiennes, qui ont également saisi des armes lors d’une opération dans la région de Kasserine (centre-ouest), a annoncé mercredi le ministère de l’Intérieur.

Le porte-parole de la Garde nationale Houssemeddine Jebabli a indiqué à l’AFP que les trois djihadistes tués étaient membres du groupe Jund al-Khilafa («Les soldats du califat»), lié à l’EI. «Trois terroristes ont été arrêtés dans la nuit de mardi à mercredi et nous avons saisi des fusils kalachnikov, des ceintures d’explosifs, des grenades, des explosifs et des munitions dans la région du mont Salloum», a-t-il précisé. Les opérations sécuritaires dans la région se poursuivent, a-t-il ajouté.

Les forces de sécurité tunisiennes mènent régulièrement des opérations de ratissage dans les zones montagneuses frontalières de l’Algérie, pour traquer les djihadistes qui s’y cachent. Samedi dernier, le centre américain de surveillance des sites djihadistes, SITE, a indiqué que l’EI avait revendiqué le meurtre d’un Tunisien retrouvé décapité le mois dernier dans la région du Mont Mghilla, près de Kasserine. Les zones montagneuses du centre de la Tunisie sont également un repaire de la branche locale d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), la Phalange Okba Ibn Nafaa. Les autorités tunisiennes ont évalué entre 100 et 150 le nombre des combattants actifs de ce groupe.