Tunisie: Arrestation de Belhassen Trabelsi en France, Tunis engage une procédure d’extradition

La Tunisie réclame l’extradition de Belhassen Trabelsi, beau-frère de l’ex-président Zine el Abidine Ben Ali, à la suite de son arrestation en France après des années de cavale. 

Cette arrestation n’a pas été confirmée de source officielle française. Interrogée par l’AFP, une source proche de l’enquête en France a toutefois affirmé que M. Trabelsi, homme d’affaires incontournable sous le régime Ben Ali et dont le sort était inconnu, avait été interpellé cette semaine dans le sud de la France. 

Selon l’une des sources interrogées, le frère de l’ex Première dame Leila Trabelsi a été arrêté dans le cadre d’une affaire financière menée par la juridiction inter-régionale spécialisée de Marseille, puis placé en détention. 

Dans un communiqué transmis à l’AFP, le ministère tunisien de la Justice a de son côté précisé avoir été alerté par le bureau d’Interpol de Tunis de l’arrestation en France de Belhassen Trabelsi, poursuivi par la justice tunisienne dans plusieurs affaires de corruption. 

Le même ministère ajoute avoir demandé l’extradition de cet homme faisant l’objet « de 17 mandats de recherche en Tunisie et 43 mandats d’amener internationaux », par le biais du ministère tunisien des Affaires étrangères. 

Belhassen Trabelsi avait été qualifié de « quasi-mafieux » par un câble diplomatique américain révélé par WikiLeaks, et son parcours depuis la révolution est rocambolesque. 

L’UE retire la Tunisie de sa blacklist des paradis fiscaux

La Tunisie ne fait plus partie des juridictions non-coopératives avec l’Union européenne en matière de fiscalité des entreprises. Pour autant, s’agit-il d’une victoire politique et personnelle de l’équipe gouvernementale autour de Youssef Chahed ?

La nouvelle est tombée le 12 mars : les Etats membres de l’UE ont approuvé à l’unanimité la sortie de la Tunisie de la liste dite des « juridictions non-coopératives en matière de fiscalité des entreprises ».

Réunis mardi à Bruxelles, les ministres des Finances de l’Union ont mis à jour la liste de l’UE des juridictions fiscales non coopératives, autrement appelées “paradis fiscaux”.

Il y a un peu plus d’une année, fin janvier 2018, la Tunisie avait pour rappel été retirée dans un premier temps de la liste noire des paradis fiscaux, passée alors en « zone grise », avec huit autres pays ainsi mis à l’épreuve en période de « probation ». Désireux de la voir en sortir, on se souvient de la déclaration de Pierre Moscovici qui avait affirmé que « la Tunisie n’avait clairement pas sa place » dans cette liste qui nuit gravement aux dynamiques d’investissements étrangers.

Selon un communiqué de la Commission européenne, les ministres de la zone Europe ont expliqué qu’« à la suite des engagements pris en 2017, de nombreux pays ont maintenant mis en œuvre les réformes et les améliorations promises et 25 pays du processus de sélection initial ont été déclarés en règle: Andorre, Bahreïn, Iles Féroé, Groenland, Grenade, Guernesey, Hong Kong, Ile de Man, Jamaïque, Jersey, Corée, Liechtenstein, Macao, Malaisie, Montserrat, Nouvelle-Calédonie, Panama, Pérou, Qatar, Saint-Marin, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Taïwan, Tunisie, Iles Turques-et-Caïques et Uruguay ».

En revanche, les autorités européennes ont ajouté 10 nouveaux mauvais élèves dans la liste noire dont les Emirats Arabes Unis, pour porter le total de ladite liste à 15 pays. Une décision que les Emirats disent regretter.  

Outre les cinq juridictions figurant déjà dans la liste noire des paradis fiscaux établie par l’UE – les Samoa américaines, les Samoa, Guam, Trinité-et-Tobago et les îles vierges américaines – la liste révisée de l’UE comprend désormais dix autres juridictions : des destinations aussi exotiques que l’île d’Aruba, Belize, les Bermudes, Fidji, Oman, la Dominique, les Barbades, les Emirats arabes unis, les îles Marshall et Vanuatu.

Pour Chahed, la route sera encore longue

La Tunisie est-elle pour autant débarrassée de cette image de « bad boy » qu’elle est la seule à trainer au Maghreb, les autres pays de la région étant sur la « liste grise » ? Rien n’est moins sûr !

Car si le gouvernement Chahed, empêtré dans l’affaire de la mort des nouveau-nés de la Rabta, communique aujourd’hui abondamment sur cet appel d’air que représente le soulagement de voir le pays sortir définitivement de la liste des états parias fiscalement voyous, il ne faut pas perdre de vue que le pays demeure maintenu dans la liste tout aussi handicapante pour son économie qu’est la liste noire de l’Union européenne en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, et ce conformément aux recommandations du Groupe européen d’action financière (Gafi), une liste qui comporte quant à elle 23 pays auxquels l’Arabie Saoudite a récemment été ajoutée.

Or, pour sortir un jour de cette liste du réputé intransigeant Gafi, Chahed devra sans doute redoubler ses efforts de réforme, de séduction et de lobbying, à l’image de ceux déployés auprès des pays membres de l’UE, en particulier la France de Macron, si le futur candidat à la présidentielle qu’il est veut potentiellement pouvoir se prévaloir lors de sa campagne électorale d’être celui qui a intégralement sorti le pays de ces deux listes.

Tunisie: annonce de la construction du port d’Enfidha

Le ministre tunisien des Transports, Hichem Ben Ahmed, a annoncé en marge de la conférence sur le dialogue régional sur les transports terrestres et maritimes, le début des travaux de construction du port d’Enfidha. Les travaux coûteront environ 2500 millions de dinars et créeront plus de 50 000 emplois. La Société Eaux Profondes du Port d’Enfidha, société publique associée au ministère des Transports, supervisera le développement et la maintenance du port et a déjà été enregistrée au Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT). La première réunion du Conseil d’administration se tiendra le 28 février 2019. L’objectif principal de cet impressionnant projet est de créer l’un des ports d’escale les plus importants du sud de la Méditerranée et de faire de la Tunisie un centre commercial et de services régional et international, capable de répondre aux besoins toujours croissants du trafic maritime national. En outre, grâce à la création d’un port de nouvelle génération, il sera possible de développer une synergie entre le port et les zones voisines d’activité économique et logistique, favorisant ainsi le transport multimodal et d’autres investissements dans la région (il existe déjà dans la région un parc industriel, où se trouvent plusieurs entreprises italiennes et un aéroport). La réalisation du port d’Enfidha fait partie des 33 grands travaux, prévus dans le cadre de partenariats public-privé (PPP), d’une valeur de 6 milliards de dinars, promus par le ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, en collaboration avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque mondiale.

Tunisie: législatives et présidentielle les 6 octobre et 10 novembre

  • Les élections législatives et présidentielle tunisiennes auront lieu les 6 octobre et 10 novembre prochains, a annoncé aujourd’hui la Commission électorale. C’est la troisième fois que les Tunisiens sont appelés aux urnes dans le cadre d’élections depuis la « révolution de jasmin » qui a mis fin en 2011 à la présidence de Zine el Abidine Ben Ali.Le scrutin législatif, qui se tiendra le 6 octobre, devrait donner lieu à une compétition serrée entre les islamistes « modérés » d’Ennahda, le parti Yahya Tounes d’inspiration laïque du premier ministre Youssef Chahed, et le parti Nidaa Tounes mené par Hafedh Caïd Essebsi, le fils de l’actuel chef de l’Etat.

Ces trois mouvements dirigent le pays au sein d’une coalition mais leurs divergences paralysent les décisions gouvernementales, notamment les réformes économiques réclamées par les bailleurs internationaux de la Tunisie.

Aucun candidat ne s’est pour le moment déclaré pour l’élection présidentielle, dont le premier tour se déroulera le 10 novembre.

Tunisie: salon du Tourisme Mahana, Halle Tony Garnier, du 8 au 10 mars 2019 à Lyon, et au salon Mondial du Tourisme, du 14 au 17 mars à Paris

La destination Tunisie a le vent en poupe pour la 3ème année consécutive !

Les Français reviennent nombreux en Tunisie, car c’est un pays accueillant tout simplement, mais pas seulement ! Un pays proche, un pays ami, un pays où sans cesse de nouvelles expériences sont à découvrir : Des canyons de Midès pour la randonnée, aux villas souterraines de Bulla Regia, en passant par une balade dans le vieux centre-ville de Tozeur. 

La Tunisie, certains l’aiment sucrée comme les Makroud de Kairouan, d’autres l’aiment salée comme les briques au thon de Djerba … Mais le plus important est de se sentir bien, avec un confort relaxant, une qualité de service de haut niveau et un encadrement rassurant. 

La Tunisie de retour dans le coeur des Français

En ce mois de mars, force est de constater que la Tunisie confirme son retour dans le coeur des Français. Avec près de 800 000 touristes français en 2018, l’année 2019 s’annonce d’ores-et-déjà comme l’une des meilleures depuis ces dernières années. L’objectif est d’atteindre 1 million de touristes Français.. ! 

 La Tunisie toute l’année

AUTOMNE 

Profitez des températures encore clémentes de l’automne pour des baignades à la plage, des balades en mer ou une escapade au Sahara. Et pour les plus sportifs : golf, sports nautiques ou kite surf. Quel que soit votre choix, vous vous laisserez aussi tenter par des soins dans l’un des nombreux centres de thalasso & Spa. 

HIVER

Doux et ensoleillé, l’hiver se prête aux longues randonnées à pied, à cheval, en auto ou moto. C’est la saison idéale pour explorer le Sahara ou pour visiter les médinas, musées et sites archéologiques. Autres options : une cure de thalasso et de remise en forme, ou un circuit golfique à travers les greens de Tunisie. 

PRINTEMPS

Saison de lumière et de verdure, c’est le printemps tunisien qui a inspiré le peintre Paul Klee lors de son célèbre voyage en Tunisie. Profitez de cette belle saison pour un séjour au bord de l’eau, pour pratiquer votre sport nautique favori, ou pour découvrir des sites et des lieux chargés d’histoire. 

ÉTÉ

En été, la Tunisie est la destination reine des vacances balnéaires : plages à l’infini, hôtels et clubs pour tous les goûts, stations touristiques animées. En été, le pays vit aussi et surtout la nuit : les occasions de faire la fête ne manquent pas. 

Avec la participation de l’Office National du Tourisme Tunisien, stand E50.

Infos & Contacts : 

Office National du Tourisme Tunisien 

32, Avenue de l’Opéra 75002 Paris

Tél : +33.1.44.51.51.74 – Fax : +33.1.47.42.52.68 

ontt.france@discovertunisia.com 

www.discovertunisia.com 

Le Salon du Tourisme Mahana Lyon
Mahana est le rendez-vous pour préparer ses séjours dans des destinations proches ou lointaines, au départ de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Accueillant de multiples destinations, le salon présente aussi les dernières tendances du tourisme pour des idées d’évasion et de loisirs à réaliser en famille, entre amis ou en solo. Chaque année, le salon s’entoure des meilleurs spécialistes (professionnels et institutionnels du tourisme, blogueurs voyageurs) pour partager des expériences originales et insolites, conseiller et accompagner les visiteurs dans leurs recherches et proposer de bonnes affaires exclusives. 
Animations festives, culturelles et gastronomiques, jeux concours et ateliers pratiques donnent aux visiteurs un avant-goût de ses futures vacances.

Amnesty dénonce «l’impunité» au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en 2018

  • L' »impunité » a régné en 2018 au Moyen-Orient et en Afrique du Nord où les gouvernements ont multiplié les violations des droits humains, a déploré aujourd’hui Amnesty international en dénonçant « l’effrayante complaisance » de la communauté internationale. « La répression des acteurs de la société civile et des opposants politiques a augmenté de manière significative en Egypte, Iran et Arabie saoudite », souligne notamment l’ONG dans son rapport régional annuel dévoilé depuis la capitale libanaise Beyrouth.

« A travers la région, les autorités ont recours aux détentions arbitraires et à la force excessive contre les manifestants », relève Amnesty qui évoque « d’impitoyables campagnes de répression ». « L’indifférence du monde à l’égard des violations des droits humains commises dans la région (…) favorise les atrocités et l’impunité », déplore l’organisation dans un communiqué accompagnant le rapport.

Répression à Gaza par Israël , près de 200 morts

Amnesty International pointe du doigt l’assassinat en octobre du journaliste Jamal Khashoggi, perpétré dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul par un commando venu de Riyad. Mais aussi la répression par Israël de manifestations hebdomadaires à Gaza et en Cisjordanie, qui a tué « au moins 195 Palestiniens, dont 41 enfants », selon l’ONG. Après l’affaire Khashoggi, des pays comme le Danemark ou l’Allemagne ont suspendu leur fourniture d’armes à Riyad, mais « les principaux alliés du Royaume, au nombre desquels figurent les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, n’ont rien entrepris de tel », accuse Amnesty, dénonçant l’intervention militaire de Riyad dans la guerre au Yémen.

Silence de la France sur l’élimination du journaliste Khashoggi

L’Iran, secoué par des manifestations pour dénoncer des conditions socio-économiques difficiles, est aussi fustigé. « Les forces de sécurité ont violemment dispersé les rassemblements, frappant les manifestants non-armés, utilisant contre eux balles réelles, gaz lacrymogènes et canons à eau qui ont fait des morts et des blessés », affirme l’ONG. Amnesty évoque aussi l’Algérie, où des manifestants sont descendus massivement dans les rues depuis quelques jours pour s’opposer à un éventuel 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika. « Les autorités maintiennent une interdiction de facto sur les manifestations dans la capitale, et parfois ont recours à une force excessive pour disperser les rassemblements pacifiques dans le pays », souligne le rapport. Amnesty dénonce aussi les « crimes de guerre » commis en Syrie, en Libye et au Yémen, ravagés par des conflits meurtriers complexes et de graves crises humanitaires.

Maroc: Norton Rose conseille Assoufid Properties Development dans le cadre de contrats avec Marriott

Norton Rose Fulbright, cabinet d’avocats d’affaires international, a conseillé Assoufid Properties Development S.A., société de promotion immobilière basée au Maroc, à l’occasion de la négociation de contrats hôteliers avec le Groupe Marriott pour la création du complexe St Regis Marrakech Resort.

Le complexe hôtelier, qui sera inauguré en 2024, comportera 80 chambres et villas, un spa, une piscine et plusieurs restaurants. Il sera développé par United Real Estate Company.

L’équipe en charge de conseiller Assoufid Properties Development S.A était dirigée par Mathieu Dahan, of counsel, assisté par Ismaël Sinaceur, collaborateur. Cette même équipe était déjà intervenue pour le compte d’un propriétaire à l’occasion de la création d’un autre établissement du Groupe Marriott, le Marriott – Taghazout Bay, dont l’ouverture est prévue en 2019.

Alain Malek, responsable du bureau de Casablanca, commente : « Nous sommes ravis d’avoir accompagné Assoufid Properties Development sur ce projet qui donnera naissance à un resort d’exception au Maroc. Cette opération renforce notre position de leader dans l’industrie hôtelière en région MENA, au Maroc en particulier. »

Communiqué

Israël demande 250 milliards de dollars de dédommagement aux pays arabes dont Maroc, Tunisie, Libye et Egypte

Israël envisage de réclamer environ 250 milliards de dollars d’indemnisation à des pays arabes musulmans pour les biens abandonnés par les juifs forcés de fuir leur maison en 1948, au moment de la création d’Israël, estime un rapport établi par les autorités israéliennes.

Dans une allocution du mois dernier à Hadashot News, la ministre israélienne de l’Egalité sociale, Gila Gamliel, a déclaré: « Le temps est venu de corriger l’injustice historique » contre les Juifs de Libye, de Tunisie, du Maroc, d’Irak, de Syrie, d’Egypte, du Yémen et d’Iran – des pays dont les Juifs ont été expulsés. L’estimation a été publiée dans l’attente de l’annonce du plan de paix de l’administration Trump qui mettra encore quelques mois avant d’être finalisé. Israël devrait exiger une indemnisation pour les biens juifs abandonnés dans les pays arabes comme condition préalable à un accord de paix régional. Cette demande se fonde sur la loi israélienne de 2010, selon laquelle tout accord de paix avec les pays arabes ou l’Iran est subordonné à ce que les Juifs concernés reçoivent une compensation pour ce qu’ils ont perdu en 1948.

L’estimation officielle par Israël de la valeur des biens juifs perdus lorsque les communautés juives ont quitté ces pays serait de 250 milliards de dollars. Sur cette somme, un montant de 35 milliards de dollars viendrait de Tunisie et 15 milliards de dollars de Libye. Des évaluations de propriétés juives au Maroc, en Irak, en Syrie, en Égypte, en Iran et au Yémen seront publiées prochainement.

Il parait assez improbable que le gouvernement américain et Donald Trump puisse accéder à cette demande d’Israël, même si l’on n’est jamais à l’abri d’une surprise avec le président américain, et cette demande israélienne pourrait donc être une façon d’enterrer tout projet d’accord de paix avant même qu’une proposition américaine ne soit formulée.

De son côté, l’Autorité palestinienne a demandé plus de 100 milliards de dollars à Israël pour indemniser les biens volés ou abandonnés par les Palestiniens depuis l’occupation.

Tunisie: 2019, année électorale chargée d’incertitudes

Grève générale inédite, création d’un parti censé servir les ambitions prêtées au Premier ministre… La Tunisie, pionnière et unique rescapée du mal nommé Printemps arabe, est entrée de plain-pied dans une année électorale à hauts risques pour sa jeune démocratie. 

Tour d’horizon à quelques mois de ces scrutins législatifs et présidentiel, huit ans après le renversement du président Ben Ali. 

– LES DATES SONT-ELLES CONNUES ? 

L’Instance supérieure indépendante chargée d’organiser les élections (Isie) doit les fixer prochainement. 

La Constitution, dont l’adoption en 2014 fut saluée comme une grande réussite de la transition démocratique, prévoit que les législatives aient lieu dans les 60 jours avant la fin du mandat de l’Assemblée, soit entre début octobre et début décembre. La présidentielle est prévue entre fin octobre et fin décembre. 

Les législatives sont prévues avant la présidentielle, à moins qu’un parti ne parvienne à convaincre la majorité des députés de bousculer ce calendrier ou que le Président ne démissionne. 

La Cour constitutionnelle, saisie en cas de litiges, n’est pas encore constituée, et l’Isie est fragilisée, le Parlement n’ayant notamment toujours pas désigné de nouveau Président. Mais la majorité des élus et les bailleurs de fonds sont opposés à tout report. 

– LE PRESIDENT SERA-T-IL CANDIDAT ? 

Premier Président élu démocratiquement au suffrage universel en 2014, Béji Caïd Essebsi, 92 ans, est le doyen des chefs d’Etat avec la reine d’Angleterre. 

M. Essebsi est envisagé comme candidat par Nidaa Tounes, parti qu’il a co-fondé en 2012 et qui est déchiré par des luttes de pouvoir. 

Il a indiqué récemment dans un entretien à un journal arabophone qu’il ne visait pas « la présidence à vie » et qu’il ne briguerait un second mandat que « dans l’intérêt de la Tunisie » et à condition que Nidaa se ressoude. 

Il a par ailleurs attaqué son Premier ministre Youssef Chahed, accusé de s’accrocher au pouvoir via un pacte « secret » avec les islamistes d’Ennahdha. 

Le fils du Président, Hafedh Caïd Essebsi, dont la mainmise sur Nidaa Tounes a précipité les tensions, est lui très largement rejeté, jusque dans son camp. 

– QUELS CANDIDATS POSSIBLES ? 

Si aucun ne s’est prononcé, le Premier ministre, ex-dauphin du Président, rassemble ses troupes. 

Fin janvier a été annoncée la création prochaine d’un mouvement dont les référents politiques sont très proches de ceux de Nidaa Tounes (« modernisme », libéralisme…). Si M. Chahed était absent, c’est autour de sa personne et des 44 députés l’ayant rallié cet automne que le mouvement « Tahia Tounes » (« Vive la Tunisie ») se constitue. 

Tahia Tounes, tout comme Nidaa, doit organiser son congrès en mars. 

Ennahdha, formation qui s’en est la mieux tirée lors des municipales de 2018, apparaît pour sa part comme la plus structurée pour les législatives. Elle s’est en outre efforcée d’acter sa mutation en parti à simple « référent » islamiste, ou « islamo-conservateur ». 

Mais Ennahdha n’a pas encore décidé s’il allait présenter un candidat à la présidentielle ou trouver un allié, tel l’ex-président Moncef Marzouki en 2014. Après ce scrutin perdant, Ennahdha avait scellé une alliance surprise avec M. Essebsi, rompue fin 2018. 

Le chef de file historique d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a déclaré qu’il ne souhaitait pas être candidat. Mais la décision relève des instances du parti. 

D’autres personnalités sont évoquées pour ce scrutin, dont l’ex-président Marzouki (2011-14), le chef de file de la gauche Hamma Hammami ou la mécène Olfa Rambourg, dont la Fondation soutient divers projets socio-culturels. 

– QUELS THEMES DE CAMPAGNE ? 

Les 11 millions de Tunisiens attendent avant tout des réponses à la profonde crise sociale et économique qui a suivi le départ du président Ben Ali, alors que la menace jihadiste a reflué. 

La reprise de la croissance n’a pas permis de juguler le chômage, et l’inflation a rogné le pouvoir d’achat. 

Une grève générale inédite a été observée le mois dernier, et un nouvel appel a été lancé par le puissant syndicat UGTT. 

Mais la tentation reste forte de placer le débat sur des questions polarisantes comme les droits des femmes ou la religion. 

« Si Tahia Tounes s’installe et récupère l’électorat de Nidaa, elle pourra décliner » un programme de « réformes économiques », estime Khayam Turki, du centre de réflexion Joussour. 

« Mais si elle peine à s’affirmer », la campagne pourrait tourner « autour de l’identitaire pour gêner Ennahdha ». 

– QUEL TYPE DE SCRUTIN ? 

Les conditions pour postuler à la présidentielle sont aussi souples que lors du scrutin historique de 2014, et il pourrait y avoir foule de postulants, ouvrant la voie à des candidatures visant à négocier un ministère ou l’abandon de dossiers judiciaires, estime un observateur. 

Pour les législatives, un projet de loi visant à relever le seuil électoral à 5 % est à l’étude, ce qui accentuerait la domination des gros partis. 

« Le risque est d’appauvrir le débat parlementaire, ce qui n’est pas indiqué dans une démocratie de transition nécessitant des contre-pouvoirs forts », estime Selim Kharrat, de l’observatoire de la vie politique Al-Bawsala.

Avec AFP

Salvini : ‘’J’ai rencontré un grand président, Essebsi, un véritable héros à 92 ans’’

A son retour de Tunisie, où il était en visite de travail d’un jour, le jeudi 27 septembre 2018, le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini a accordé une interview au journal Corriere Della Sera.

Evoquant sa visite au Pays du jasmin, et sa rencontre avec son homologue tunisien Hichem Fourati et le président de la république Beji Caied Essebsi, Salvini a souligné qu’il respectait les déclarations du président Béji Caied Essebsi à propos des réformes entreprises par le gouvernement tunisien.

Matteo Salvini a qualifié Béji Caied Essebsi d’un vrai héros à 92 ans et une grande personnalité.

‘’J’ai rencontré un grand président de la République, Essebsi, un véritable héros à 92 ans’’!

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, avait reçu, jeudi, au Palais de Carthage, le vice-président du Conseil et ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, en visite de travail en Tunisie.

A l’issue de la rencontre, Salvini a expliqué que sa visite en Tunisie vient témoigner des relations profondes d’amitié unissant les deux pays.

Elle illustre, aussi, le souci de l’Italie de consolider et de diversifier la coopération dans les domaines économiques, sociaux, culturels et sécuritaires pour faire face aux défis communs dans l’espace méditerranéen, a-t-il poursuivi.

Le ministre a salué l’expérience démocratique naissante en Tunisie et les pas franchis sur la voie de l’instauration des institutions démocratiques et de la consécration des droits de l’homme et des libertés.

Relations privilégiées d’amitié et d’étroite coopération 

Il s’est, en outre, félicité du climat social sain en Tunisie qui a encouragé plusieurs investisseurs italiens à s’y installer, générant des opportunités d’emploi pour la jeunesse tunisienne.

Salvini a indiqué que la coopération est « étroite et continue entre les deux pays en matière de lutte contre la migration irrégulière et le terrorisme ».

Le renforcement de cette coopération, a-t-il dit, nécessite la conjugaison de tous les efforts et la mobilisation de tous les moyens pour trouver des solutions radicales à ces fléaux qui menacent la stabilité et la paix dans les deux pays et dans l’espace méditerranéen.

De son côté, le président Caïd Essebsi a mis en avant les relations privilégiées d’amitié et d’étroite coopération entre les deux pays qui, selon lui, doivent être mises à profit pour diversifier les domaines de coopération bilatérale et les hisser aux plus haut niveau, au service des intérêts communs.

Il a relevé que les défis qui mettent en péril la sécurité et la stabilité de la région méditerranéen et entravent les efforts de développement nécessitent de parfaire la coordination et de raffermir la coopération.