Huawei aide la Tunisie à promouvoir l’économie numérique et ses talents dans le domaine des TIC

Huawei et la Tunisie ont convenu de renforcer leur coopération sur la promotion des talents dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC), le développement de l’économie numérique et la sécurité publique. M. Xue Man, vice-président des relations publiques de Huawei, a rencontré le président tunisien, M. Béji Caïd Essebsi, (photo) pour un échange de vues sur les moyens de mieux promouvoir la transformation numérique de l’industrie tunisienne. Le 31 juillet 2018, Huawei a rencontré le Premier ministre tunisien, ce qui a rendu possible d’approfondir la coopération dans l’économie numérique et dans la promotion des talents locaux dans le secteur des TIC.  

Le Président tunisien, M. Béji Caïd Essebsi, a exprimé sa gratitude à Huawei pour ses contributions continues en Tunisie au cours des 20 dernières années. Et il a réaffirmé la disposition de la Tunisie à accueillir davantage d’investissements de la part de Huawei. La Tunisie vise à promouvoir le développement social et économique et l’emploi par le développement des TIC et s’est également engagée à faire de la Tunisie un modèle de centre régional de numérisation et de pépinière de talents dans les TIC.

M. Xue Man a indiqué que Huawei participait activement à la stratégie nationale « Tunisie numérique 2020 » et contribuait à la transition digitale de diverses industries en Tunisie. Huawei aidera la Tunisie à promouvoir la transformation numérique, à créer des opportunités d’emploi et à renforcer l’éducation et la formation des talents tunisiens dans les TIC.

Huawei est présent en Tunisie depuis 1999 et cette année marque son 20e anniversaire. Au fil des ans, Huawei a formé plus de 1 000 professionnels des TIC en Tunisie. La proportion d’employés locaux de Huawei Tunisie est supérieure à 90%. Huawei a établi un centre régional francophone de talents et un centre régional de ressources de services en Tunisie.

À travers les programmes « Seeds for the Future » et « Huawei ICT Academy », des stages d’été et des concours de compétences TIC, Huawei fait la promotion de la Tunisie en tant que centre régional pour les talents dans les TIC. En même temps, Huawei adhère au concept « d’ouverture, de coopération et gagnant-gagnant » et suit le modèle de coopération « plate-forme + écosystème ». Huawei s’engage à construire des partenariats avec des entreprises tunisiennes locales pour une croissance mutuelle et à explorer ensemble des marchés potentiels dans d’autres pays.

Communiqué

HEC Paris, l’École Polytechnique et l’Université Mohammed VI lancent un programme « Entrepreneuriat dans les énergies renouvelables au Maroc »

Le 28 mars, a démarré à l’Ecole polytechnique, le programme « Entrepreneuriat dans les énergies renouvelables au Maroc ». Ce programme s’adresse aux managers, aux chercheurs, ingénieurs ou créateurs de start-up, dans le secteur des énergies renouvelables ou de l’énergie ainsi qu’au personnel d’institutions publiques.

Il leur permet d’acquérir une double expertise en ingénierie & entrepreneuriat sur le marché de l’énergie, dans un contexte de transition énergétique.

22 participants sont inscrits dans ce programme de pointe, très innovant, réalisé conjointement par L’École Polytechnique Executive Education avec le support d’InnoEnergy, l’Université Mohammed VI Polytechnique et HEC Paris. Les deux premiers modules sont dispensés en présentiel en région parisienne, le dernier à Benguérir, sur le site de l’IRESEN. Conçu sur un terrain de 8 ha, le Green Energy Park (photo) est un campus unique disposant d’une plateforme de recherche intérieure de plus de 3.000 m2 rassemblant plusieurs laboratoires dans le domaine du solaire photovoltaïque et du solaire thermique à concentration.

L’IRESEN est une des premières plateformes de recherche et développement pour les énergies renouvelables, installées au Maroc, à Benguerir, la ville verte du pays.

Un enseignement à distance et la rédaction d’un projet professionnel clôtureront la formation.

Jean Michel Gauthier, Professeur à HEC Paris, partage avec Bernard Drévillon, Professeur au Département de physique de l’École polytechnique, la Direction Académique du programme. Jean-Michel Gauthier est également Chief Economist Officer for Energy & Resources à Deloitte à Paris. Il conseille des grands groupes d’énergie, des gouvernements ainsi que la Commission Européenne. Il est reconnu en tant qu’expert sur l’économie de l’énergie, les marchés et la régulation.

Bernard Drévillon, directeur de recherche à l’École polytechnique, est spécialisé dans les applications photovoltaïques en couches minces et des nanomatériaux. Auteur d’une trentaine de brevets d’invention, il est aussi à l’origine de la création d’une Équipe de Recherche Commune entre de grands groupes sur le secteur des Énergies Nouvelles et est l’un des porteurs du projet d’Institut Photovoltaïque d’Île-de-France.

Communiqué

Le 1er satellite tunisien sera lancé en 2020 par une fusée russe « Soyuz-2 »

L’homme d’affaires Mohamed Frikha a signé un contrat pour le lancement du premier satellite tunisien « Challenge One » par la fusée russe Soyuz-2 . 

Lors d’une cérémonie organisée au Centre de recherche en numérique de Sfax, le directeur du groupe Telnet a signé ce contrat avec Alexander V. Serkin, CEO de la société GK Launch Services qui était accompagné par une délégation de haut niveau.

Le projet « Challenge One », dont le lancement est prévu pour 2020, entre dans le cadre de la recherche scientifique et l’innovation et vise la validation de concepts dans les nouvelles technologies et le développement d’applications associés pour les élargir après à l’échelle universelle après le lancement d’une constellation de 30 satellites.

Par ailleurs, le groupe Telnet a signé une convention de collaboration avec le Centre de recherche en numérique de Sfax dans le domaine de l’aérospatial.

Tunisie: annonce de la construction du port d’Enfidha

Le ministre tunisien des Transports, Hichem Ben Ahmed, a annoncé en marge de la conférence sur le dialogue régional sur les transports terrestres et maritimes, le début des travaux de construction du port d’Enfidha. Les travaux coûteront environ 2500 millions de dinars et créeront plus de 50 000 emplois. La Société Eaux Profondes du Port d’Enfidha, société publique associée au ministère des Transports, supervisera le développement et la maintenance du port et a déjà été enregistrée au Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT). La première réunion du Conseil d’administration se tiendra le 28 février 2019. L’objectif principal de cet impressionnant projet est de créer l’un des ports d’escale les plus importants du sud de la Méditerranée et de faire de la Tunisie un centre commercial et de services régional et international, capable de répondre aux besoins toujours croissants du trafic maritime national. En outre, grâce à la création d’un port de nouvelle génération, il sera possible de développer une synergie entre le port et les zones voisines d’activité économique et logistique, favorisant ainsi le transport multimodal et d’autres investissements dans la région (il existe déjà dans la région un parc industriel, où se trouvent plusieurs entreprises italiennes et un aéroport). La réalisation du port d’Enfidha fait partie des 33 grands travaux, prévus dans le cadre de partenariats public-privé (PPP), d’une valeur de 6 milliards de dinars, promus par le ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, en collaboration avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque mondiale.

Tunisie: Obligation de fournir le document de la déclaration douanière du pays d’exportation

Dans le cadre du renforcement du contrôle des procédures de déclarations douanières conformément aux règles de change, le Ministère du Commerce et le Ministère des Finances portent à la connaissance des importateurs des produits annexés au présent communiqué qu’ils sont appelés à fournir le document de la déclaration douanière du pays d’exportation (ou tout document équivalent délivré par les autorités officielles du pays exportateur à l’exclusion de la déclaration de transit), et ce lors du dédouanement des marchandises importées sous le régime de la mise à la consommation.

Les autorités n’acceptent que les documents rédigés ou traduits en arabe, français ou anglais.

Sont exclus du champ d’application du présent communiqué :

  • Les importations de l’État, des entreprises et établissements publics et des collectivités publiques locales ;
  • L’importation des matières premières, des produits semi-finis, des équipements et des pièces de rechange pour le secteur agricole, le secteur du tourisme et le secteur de l’artisanat ;
  • Les matières premières, les produits semi-finis, les équipements et pièces de rechange importés par les industriels et qui sont nécessaires à leurs activités ;
  • Les importations sans paiement ou sans transfert de devises ;
  • Les importations bénéficiant des avantages fiscaux telles que les importations des ambassades et instances assimilées, les importations des entreprises totalement exportatrices et les importations effectuées par des tunisiens résidants à l’étranger dans le cadre de création ou de participation à des projets ;
  • Les importations exonérées des procédures du commerce extérieur conformément aux dispositions du décret n° 94-1743 du 29 août 1994 ;
  • Les colis postaux pour lesquels les propriétaires justifient qu’ils sont dans la limite des valeurs exemptées de la présentation des déclarations douanières au pays d’exportation.

 

Une liste de produits concernés a été établie. Elle est consultable sur le lien suivant : http://www.douane.gov.tn/fileadmin/images_nouvelles/Publications_PDF/2018-03-13_Com_conjoint_MinCom_Fin.pdf

 

Source : Site de la douane tunisienne

Index de la Liberté Economique 2018: La Tunisie reste un pays “essentiellement non-libre” selon les néo-conservateurs américains

Bien qu’elle soit passée de la 132ème à la 99ème place, la Tunisie continue à faire partie du groupe des pays considérés comme «essentiellement non-libres».
Enfin, une -relative- bonne nouvelle : la Tunisie améliore son classement à l’Index of Economic Freedom (Index de la liberté économique) 2018, -élaboré par la Heritage Foundation-, par rapport à 2017. La Heritage Foundation est un laboratoire d’idées et lobby américain basé à Washington. Il se donne pour mission de « formuler et promouvoir des politiques publiques conservatrices sur les principes de la libre entreprise, du gouvernement limité, de la liberté individuelle, des valeurs traditionnelles américaines et d’une défense nationale forte ».
La Fondation a eu une influence prépondérante auprès de la présidence Ronald Reagan entre 1980 et 1988, et continue d’exercer un grand rôle dans la conception des politiques publiques américaines, au point d’être considérée comme l’un des plus puissants think tanks des États-Unis dits conservateurs (bien que libéral sur plusieurs points, notamment sur le plan économique), mais plutôt couramment appelé néo-conservatisme.

Dans la dernière édition de cet index, rendu public le 2 février 2018, la Tunisie fait un appréciable bond en avant de 32 places, passant de la 132ème à la 99ème, sur 180 pays. Malgré cela, elle continue à faire partie d’un des deux plus mauvais groupes de ce classement, celui des pays dits «Mostly unfree» (essentiellement non-libres), qui en compte 60. La Tunisie devra faire un autre saut en avant de deux places au moins pour passer dans la catégorie supérieure, celle des -62- pays «Moderately free» (Modérément libres).
A l’échelle du monde arabe, la Tunisie arrive loin derrière:
• les Emirats arabes unis (EAU) -10ème au plan mondial et le seul pays arabe, avec le Qatar, à figurer dans le deuxième meilleur groupe (10ème sur 28) considéré comme «Mostly Free» (essentiellement libre),
• Bahreïn (50ème),
• la Jordanie (62ème),
• le Koweït (81ème),
• le Maroc (86ème),
• Oman (93ème) et
• l’Arabie saoudite (98ème).
Elle devance neuf pays arabes:
◦ la Mauritanie (134ème),
◦ l’Egypte (139ème), et
◦ le Liban (140ème) -qui figurent avec elle dans le groupe des pays «essentiellement non libres»-,
◦ le Soudan (161ème), et
◦ l’Algérie (172ème) dans celui des pays qualifiés de «Repressed» (Refoulés),
◦ l’Irak, la Libye, la Somalie, la Syrie et le Yémen qui, eux, ne sont pas classés.
En Afrique, la Tunisie est surclassé et de loin par:
• l’Ile Maurice, 21ème à l’échelle mondiale, et le seul pays africain à figurer dans le deuxième meilleur groupe (Essentiellement libre), et
• par les dix pays listés dans celui dit «Modérément libre»:
• Botswana (35ème),
• Rwanda (39ème),
• Afrique du Sud (77ème),
• Ouganda (83ème),
• Côte d’Ivoire (85ème),
• Maroc (86ème),
• Seychelles (88ème),
• Burkina Faso (95ème), et
• Cap Vert (96ème).
Le n°1 à l’Index of Economic Freedom est
• Hong Kong (4ème en 2017). Les deux autres pays du Top 3 améliorent eux aussi leur classement par rapport à l’année écoulée :
• Singapore (2ème, 5ème l’année précédente) et
• la Nouvelle Zélande (3ème, 6ème). Ils sont suivis par
• la Suisse (4ème),
• l’Australie (5ème) et
• l’Irlande (6ème)
D’après les éditeurs de l’Index of Economic Freedom, l’économie mondiale est aujourd’hui, avec une 6ème hausse globale d’affilée de cet indice, «modérément libre». Le score moyen mondial de 61,1 enregistré cette année est le plus élevé depuis la création de l’Index il y a 24 ans.
Sur les 180 pays classés, 102 ont amélioré leurs scores, 75 ont vu les leurs baisser et 3 seulement n’ont pas changé.
La région du Moyen-Orient/Afrique du Nord n’a aucune économie totalement libre. Trois pays (Emirats Arabes Unis, Qatar et Israël) sont «essentiellement libres»). Mais la plupart des 11 autres économies classées de la région sont ou «modérément libres» ou «essentiellement non libres».

Devant le Parlement tunisien, Macron rend hommage à une révolution qui se cherche encore

Fin de la visite d’Emmanuel Macron en Tunisie. Le président français s’est exprimé devant l’Assemblée des représentants du peuple ce jeudi matin à Tunis. Un discours qui a duré près d’une heure, en forme d’hommage à la révolution tunisienne.
« Vous avez conduit une véritable révolution culturelle, et celle-là, vous l’avez réussie. Vous avez fait mentir ceux qui, partout dans le monde encore aujourd’hui, disent que des sociétés où l’islam est présent ne sont pas compatibles avec la démocratie. Et vous avez fait mentir ceux qui là aussi, dans nombre de régions du monde veulent faire croire que l’islam est là pour régenter l’Etat et que la séparation n’est pas possible. Vous les avez fait aussi mentir. Vous avez, par ce travail profond, construit un modèle unique ».
Pour Emmanuel Macron, il faut soutenir ce modèle tunisien conforme au format occidental. Le soutenir, car pour lui, la Tunisie est un « espoir et un laboratoire pour toute la région ». Une nouvelle fois ce midi, Emmanuel Macron s’est donc engagé à soutenir la Tunisie pour l’aider à passer le cap, consolider la démocratie en aidant son économie en crise tout comme de nombreux autres secteurs depuis le coup d’Etat qui a chassé le président Ben Ali en 2011.

Macron reconnait la responsabilité de l’Occident dans la déstabilisation de la région

Pour cela, il a promis entre autres de doubler les investissements français sous son quinquennat, mais aussi d’accorder 500 millions d’euros supplémentaires de 2020 à 2022. Il a promis aussi de faire plus pour lutter contre le terrorisme.
Une aide accordée non pas en « ami », a-t-il insisté, mais comme « un frère ou une sœur », car pour Emmanuel Macron la France a une part de responsabilité à assumer dans les difficultés que traverse la Tunisie, notamment face à la menace terroriste et au délitement de la Libye : « L’Europe, les Etats-Unis et quelques autres ont une responsabilité quant à la situation actuelle. C’est indiscutable. Responsabilité qui a conduit, quoi qu’on pense d’un dirigeant, d’imaginer qu’on pouvait se substituer à la souveraineté d’un peuple pour décider de son futur, qu’au fond, destituer un tyran suffisait pour régler tous les problèmes. Nous avons collectivement plongé la Libye depuis ces années dans l’anomie sans pouvoir régler la situation ».
Pour régler la situation, Emmanuel Macron s’est positionné comme un potentiel médiateur aujourd’hui. Une troisième voie face à l’approche américaine à qui il a réservé quelques piques : « On ne peut pas construire une politique arabe à des milliers de kilomètres », a-t-il dit, critiquant aussi l’approche de Donald Trump du conflit israélo-palestinien. Reprenant les images qui lui sont chères de pont et d’union, Emmanuel Macron a affirmé que la France pouvait avoir un rôle pour une vraie stratégie en Méditerranée.

Tunisie: 1 mort et des dizaines de blessés après une nouvelle nuit de heurts

Plus de 200 personnes ont été arrêtées et des dizaines blessées lors d’une nouvelle nuit de troubles à travers la Tunisie, alimentés par une grogne sociale persistante et de récentes mesures d’austérité.
Des manifestations pacifiques sporadiques ont débuté la semaine dernière dans le pays contre la hausse des prix et un budget d’austérité entré en vigueur le 1er janvier, prévoyant des augmentations d’impôts.
La contestation a dégénéré en émeutes dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Tunis et à Tebourba, à l’ouest de la capitale, où des heurts ont éclaté après la mort d’un homme durant une manifestation.
Dans la nuit de mardi à mercredi, 49 policiers ont été blessés, 206 personnes arrêtées, et des fourrières ont été attaquées, a indiqué le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khalifa Chibani, qui a accusé les casseurs d’avoir été payés par des meneurs politiques.
« Il y a des actes de pillage et de vol, mais aussi un message politique de la part d’un pan de la population qui n’a plus rien à perdre et qui se sent ignoré » sept ans après une révolution-coup d’Etat qui réclamait travail et dignité.
Nombre de bâtiments publics, symboles de l’Etat, ont été pris pour cibles, tandis que le gouvernement « qui n’a aucune marge financière, a pour le moment pris position assez fermement contre les protestataires ».
Pillages
Un supermarché de la banlieue sud de Tunis a été pillé mardi soir par des jeunes qui ont volé argent et marchandises, selon Mohamed Baccouche, directeur adjoint d’exploitation de Carrefour.
L’armée a été déployée autour de banques, Postes et autres bâtiments gouvernementaux sensibles dans les principales villes du pays, a indiqué le ministère de la Défense à l’AFP.
A Sidi Bouzid, ville défavorisée du centre du pays d’où était partie en décembre 2010 la contestation sociale marquant le début des mal nommés Printemps arabes, des jeunes ont coupé des routes, jeté des pierres et la police a répliqué à coups de gaz lacrymogènes une bonne partie de la nuit, a indiqué un correspondant de l’AFP.
Des incidents ont également eu lieu à Kasserine (centre), Gafsa (sud), Jedaida (nord) et dans plusieurs quartiers populaires de Tunis, ont constaté des correspondants de l’AFP, mais le calme était revenu mercredi matin dans l’ensemble du pays.
A Tebourba, à 30 km à l’ouest de Tunis, des heurts ont éclaté mardi après que des jeunes sont descendus par centaines dans les rues après l’enterrement d’un homme décédé lors de heurts la nuit précédente. Les manifestants accusent la police de l’avoir tué, ce que dément le ministère de l’Intérieur.
Après plusieurs années de marasme économique et d’embauches massives dans la fonction publique, la Tunisie est confrontée à d’importantes difficultés financières. L’inflation a dépassé les 6 % fin 2017 tandis que dette et déficit commercial atteignent des niveaux inquiétants.
Hausse des prix
Tunis a obtenu en 2016 une nouvelle ligne de crédits du Fonds monétaire international (FMI), d’un montant de 2,4 milliards d’euros sur quatre ans, en échange d’un programme visant à réduire les déficits.
Mardi soir, un député d’opposition, Adnane Hajji, a justifié les violences, lançant devant l’Assemblée: « si le gouverneur vole, évidemment que le peuple va voler ».
En réaction, le parti islamiste Ennahda, membre de la coalition au pouvoir, a « mis en garde » ceux qui « fournissent une couverture politique justifiant les actes de violence et de vandalisme ».
Le mois de janvier est traditionnellement marqué par une mobilisation sociale depuis la révolution de 2011. Le contexte est particulièrement tendu cette année à l’approche des premières élections municipales de l’après révolution prévues en mai.

Emmanuel Macron se rendra en Tunisie début février

Emmanuel Macron effectuera une visite d’Etat les 1er et 2 février en Tunisie, un pays avec lequel la France veut « intensifier » sa coopération, notamment dans la lutte antiterroriste.
« La relation avec la Tunisie est prioritaire » car les liens entre les deux pays « sont exceptionnels »

a déclaré le président français après avoir reçu à déjeuner son homologue Beji Caïd Essebsi, venu à Paris pour le sommet sur le climat de mardi.
Il a qualifié d’« exemplaire » le choix fait par la Tunisie « de l’Etat de droit et de la démocratie » à la suite du Printemps arabe qui a renversé le  président Zine el-Abinide Ben Ali en 2011. « Nous ne pouvons qu’être admiratif face au modèle de transition (…) et aux réformes qui sont encore en cours », a-t-il ajouté, en saluant « le courage et la ténacité du peuple tunisien ».
Longue frontière avec la Libye
Emmanuel Macron a notamment indiqué que la visite d’Etat de février permettra « d’intensifier » cette relation, notamment avec la signature d’un accord-cadre dans la sécurité, alors que la Tunisie « est en première ligne en raison de ses 450 km de frontières avec la Libye », selon M. Essebsi.
Sur le plan économique, « la France est le premier partenaire de la Tunisie et entend le rester », a déclaré M. Macron, en annonçant des accords à l’occasion de sa visite.
Liste noire des paradis fiscaux
Le chef de l’Etat français a souhaité que la Tunisie « puisse quitter » rapidement la liste noire des paradis fiscaux publiée le 5 décembre par Bruxelles, qui a suscité une polémique en Tunisie.
« C’est une décision injuste », a réagi M. Essebsi, car « la Tunisie ne mérite pas de figurer sur cette liste ». La Tunisie se retrouve sur cette liste, aux côtés de 16 autres nations comme le Panama, Bahreïn ou les Emirats arabes unis, « parce qu’elle a pris des engagements trop tardifs et incomplets », avait expliqué jeudi le commissaire européen Pierre Moscovici.
M. Essebsi a par ailleurs insisté sur sa « convergence de vue » avec Emmanuel Macron sur la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. « Le processus de paix semble avoir fait son temps » et « il faut y réfléchir rapidement car la situation risque de se détériorer » entre Israéliens et Palestiniens, a-t-il ajouté.

Dix-sept paradis fiscaux, dont la Tunisie, figurent sur la «liste noire» de l’UE

C’est une première. Les 28 ministres des Finances de l’Union européenne se sont entendus sur une liste de pays «blacklistés», tous extérieurs à l’Union européenne, parmi lesquels la Corée du Sud, la Tunisie ou encore les Emirats Arabes Unis.
C’est un tournant majeur dans la lutte contre les paradis fiscaux. Les 28 ministres des Finances de l’UE ont adopté mardi, lors d’une réunion à Bruxelles, une «liste noire» de 17 paradis fiscaux opérant hors de leurs frontières. «Nous avons adopté aujourd’hui au niveau de l’UE une liste d’Etats qui ne font pas le nécessaire pour lutter contre l’évasion fiscale. Cette liste, qui est une liste noire, comprend 17 États», a annoncé le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, devant des journalistes, à l’issue de cette rencontre.
C’est une première pour l’Union après les scandales récents qui ont révélé différents systèmes d’évasion fiscale: «LuxLeaks» fin 2014, «Panama Papers» en avril 2016 et «Paradise Papers» en novembre 2017. Jusqu’au tout dernier moment, cette liste a fait l’objet de tractations entre les États membres. Car, conformément aux règles européennes sur les questions fiscales, les 28 devaient s’entendre à l’unanimité sur le nom des pays «blacklistés».
Deux listes publiées dès aujourd’hui
Une première liste «noire» comporte 17 pays. Selon une source diplomatique, les Etats qui figurent sur cette liste sont les suivants: Bahreïn, Barbade, Corée du Sud, Emirats Arabes Unis, Grenade, Guam, Îles Marshall, Macao, Mongolie, Namibie, les Palaos, Panama, Samoa, les Samoa américaines, Sainte Lucie, Trinidad-et-Tobago et Tunisie. Cette liste noire doit être régulièrement actualisée, selon plusieurs sources européennes.
Les ministres des Finances se sont également mis d’accord sur une seconde liste de pays qui se sont engagées à améliorer leurs pratiques. «Il y a 47 pays sur une liste grise» a précisé Bruno Le Maire. Selon une source diplomatique, le Maroc et le Cap Vert, qui avaient envoyé des engagements très récemment, y figurent. Parmi ceux qui ont décidé de se plier aux demandes de l’UE, les pays développés ont jusqu’à fin 2018 pour le faire et les pays en voie de développement jusqu’à fin 2019.
Quant aux éventuels paradis fiscaux des Caraïbes dévastés par des ouragans en septembre dernier, ils bénéficient d’un délai supplémentaire, jusqu’au printemps 2018, pour fournir des informations. Il s’agit entre autres d’Anguilla, Antigua et Barbuda, les Bahamas, la Dominique, les Iles Vierges britanniques, les Iles Vierges américaines et les Iles Turks-et-Caïcos.