Substances NRBC : renforcer les capacités de détection et de contrôle aux frontières en Afrique du Nord et au Sahel

Alors que la circulation des biens et des personnes est en constante augmentation, les risques posés par la menace NRBC deviennent plus prégnants dans la région sahélo-saharienne. Le projet 55, lancé en octobre 2016, vise à renforcer la sécurité aux frontières des pays partenaires de la zone pour atténuer ces risques, en améliorant la cohésion, la coopération et la cohérence de leurs actions.

Au croisement des routes traditionnelles du commerce mais aussi de la contrebande, du crime organisé et des réseaux terroristes, les régions du Sahel et du Sahara sont d’un enjeu stratégique majeur. La présence de groupes terroristes, la porosité de certaines frontières et la présence de matières premières pouvant représenter un risque, comme l’uranium au Niger, expliquent l’intérêt porté par la Commission européenne à cette zone.

 

Le projet 55 est financé par l’Union européenne à hauteur de 3,5 M€ et mis en œuvre par Expertise France dans 7 pays : Algérie, Burkina Faso, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger et Tunisie. Il vise principalement à :

Faire l’inventaire des législations nationales en matière de risques NRBC et identifier les améliorations à apporter pour les aligner sur les standards internationaux ;

Réaliser un état des lieux des moyens dont disposent les pays partenaires pour assurer la gestion des risques NRBC (moyens humains, centres de formation, équipements, etc.) ;

Créer une dynamique régionale pour renforcer la sécurité aux frontières via la formation des forces de sécurité (sécurité aux frontières, sécurité intérieure et sécurité civile) des pays partenaires.

Un séminaire réunissant les différentes équipes NRBC nationales sera organisé en avril 2017 en Algérie. L’objectif : établir avec les parties prenantes une vision partagée du projet et définir une charte de travail entre les différents intervenants. Le projet sera clôturé par un exercice régional de grande ampleur courant 2019.

Le projet 55, mis en œuvre en partenariat avec le SGDSN , l’Université de Liège, les douanes française et belge, l’ ISEMI et le SCJS , s’inscrit dans le cadre de l’initiative des centres d’excellence NRBC de l’Union européenne. Lancée en 2010, cette initiative vise à répondre au déficit de capacités institutionnelles de nombreux pays en matière de gestion des risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques.

Source expertisefrance.fr

Les forces françaises ont tué au moins 2 500 djihadistes de l’EI

Selon Le Monde, des sources américaines disent que la coalition, dont les Etats-Unis assument plus de 90 % de l’effort, a tué 50 000 combattants à ce jour depuis le début de sa campagne en août 2014. « Soit 59 tués par jour en 850 jours », précise l’analyste Micah Zenko du Council on Foreign Relations, un groupe de réflexion américain, qui reprend ce chiffre. Celui-ci témoigne en creux de l’énorme capacité de régénération des forces de l’EI durant les deux premières années du conflit.

La France, qui se définit comme un pays « en guerre », ne communique pas le nombre des pertes de ses ennemis. Selon les recoupements du Monde, les Rafale et Mirage déployés depuis septembre 2014 ont tué au moins 2 500 combattants de l’EI à ce jour. L’engagement militaire français, estimé à 5 % des missions de la coalition, aboutit à 5 % des effectifs ennemis éliminés.

(…) Les frappes occidentales sont conduites avec des munitions dites de précision. Elles ont inévitablement tué des civils, ce que le droit de la guerre admet si leur nombre reste limité, et si les règles de la discrimination entre combattants et non-combattants sont respectées. Or, les 13 pays « frappeurs » de la coalition ne reconnaissent que 152 morts civils pour 14 200 frappes aériennes anti-EI en Irak et en Syrie, entre août 2014 et août 2016, indique le collectif non gouvernemental Airwars dans son rapport publié lundi 12 décembre.(…)

A lire: “Terrorisme, face cachée de la mondialisation”, de Richard Labévière

Les éditions Pierre-Guillaume de Roux viennent de publier un essai de Richard Labévière intitulé Terrorisme face cachée de la mondialisation, préfacé par Alain Chouet, (ancien chef du  service de renseignement de sécurité de la DGSE – Direction générale de la sécurité extérieure).

Le terrorisme tue. Il produit émotions, compassions, malentendus et contresens. Il s’est installé au coeur même de nos sociétés comme une fatalité. De la petite délinquance à la grande criminalité, il est devenu le stade suprême de la mondialisation. À l’appui d’informations inédites et exclusives, Richard Labévière remonte aux causes du phénomène. Il décrit les impasses de la « guerre contre la terreur », le cynisme mercantile des pays occidentaux envers les pétromonarchies, la désinformation de médias voyeurs qui basculent dans la propagande et les fadaises d’improbables experts auto-proclamés.

Aujourd’hui, l’Arabie saoudite demeure l’un des principaux financiers de l’Islam radical, qui tue non seulement dans les pays occidentaux, mais aussi et surtout dans le monde arabo-musulman. Ce scandale perdure en toute impunité depuis plus de trente ans, parce qu’il engraisse marchands de canons et autres prédateurs. Le terrorisme profite aussi d’une révolution numérique dont personne ne maîtrise les effets et qui échappe au contrôle des États. Il s’agit ici de comprendre de quoi est faite la matrice qui engendre la terreur, de transformer l’irrationalité de l’émotion en entendement, de se donner les moyens de savoir. Après plus de vingt ans de reportages sur le terrain, d’enquêtes et d’analyses, Richard Labévière démonte les rouages du terrorisme moderne et avance plusieurs propositions pour en combattre la fatalité.

Biographie de l’auteur

Richard Labévière est rédacteur en chef du magazine en ligne prochetmoyen-orient.ch et collaborateur du mensuel Afrique-Asie. Ancien rédacteur en chef à Radio France Internationale (RFI) et de la revue Défense de l’ IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale), il est consultant en questions de défense et de sécurité. Auteur d’une quinzaine d ouvrages dont le fameux Les Dollars de la terreur (Grasset, 1999), Oussama Ben Laden ou le meurtre du père (Favre, 2002), Les Coulisses de la terreur (Grasset, 2003) et Vérités et mythologies du 11 septembre (Éditions Nouveau Monde, 2011). Il est officier de la réserve opérationnelle.

Tunisie: la présence de drones US confirmée officiellement

Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a déclaré que des drones américains de surveillance survolaient la frontière tuniso-libyenne afin de déjouer des attaques de djihadistes de l’Etat islamique sur le sol tunisien.

La question d’une éventuelle présence militaire américaine sur le territoire tunisien est un sujet délicat dans ce pays jaloux de son indépendance, ses adversaires disant l’interpréter comme une atteinte à la souveraineté nationale. Le mois dernier, des sources gouvernementales américaines avaient enfin indiqué que des drones américains Reaper Air Force avaient entrepris de survoler la Libye à partir d’une base aérienne tunisienne. Ils auraient notamment servi à des opérations de renseignement à Syrte où les Etats-Unis ont mené plus de 300 attaques aériennes depuis août. Cette base serait située à Remada dans le sud tunisien. Selon une source au ministère de la Défense américaine, ils seraient 70 militaires US à chapeauter cette opération.

Pressé de fournir des éclaircissements, le président Essebsi a déclaré dans une interview diffusée hier soir que cette mesure était nécessaire pour éviter des infiltrations de djihadistes et des attaques comme celle qui avait visé la localité tunisienne de Ben Gardane en mars dernier.

Les drones utilisés par les Américains ne sont pas armés, cela à la demande des autorités tunisiennes, a dit le chef de l’Etat dans l’interview à la chaîne régionale El Hiwar Ettounsi. “L’accord que nous avons passé avec les Américains porte sur le partage de renseignements”, a-t-il dit, sans préciser si les drones survolent le territoire libyen proprement dit, au-delà de la zone frontalière.

Tunisie: 4 djihadistes présumés arrêtés

La police tunisienne a arrêté quatre djihadistes présumés qui planifiaient des attentats à Tunis et des assassinats de personnalités de la politique et des médias notamment, a déclaré le ministère de l’Intérieur.

Le groupe, composé de trois hommes et une jeune fille, “planifiait des attentats contre un centre commercial et un poste de la Garde nationale (gendarmerie) à Tunis”, a précisé le chargé de communication du ministère, Yasser Mesbah. Ils ont été arrêtés par la police judiciaire de Ben Arous, dans la banlieue sud de Tunis, et communiquaient entre eux via le réseau social Facebook, selon lui.

Le groupe envisageait également d’assassiner des personnalités de la politique, des médias et des services de sécurité, a ajouté M. Mesbah sans plus de précisions. Depuis la révolution/coup d’Etat de 2011, la Tunisie fait face à l’essor d’une nébuleuse djihadiste armée responsable de la mort de plus d’une centaine de soldats et de policiers, mais aussi d’une vingtaine de civils et de 59 touristes étrangers selon des chiffres des ministères de l’Intérieur et de la Défense. Ces derniers jours, cinq caches d’armes ont été découvertes dans une région frontalière de la Libye et des dizaines de fusils ainsi que d’importantes quantités de munitions ont été saisies.

Frappé par une série d’attentats sanglants en 2015, le pays est en outre sous état d’urgence depuis bientôt un an.

Radicalisation: tentatives de sabotage à Air France 

Selon Le Canard Enchaîné, la compagnie Air France et les services de renseignement sont sur le qui-vive après la multiplication d’incidents qui pourraient révéler la présence de nombreux agents radicalisés dans les rangs de l’entreprise. Si pour l’heure, aucune de ses anomalies n’a entraîné d’accidents, ces dernières posent question.

“Concernant Air France, nous avons constaté plusieurs anomalies avant le départ de vol commerciaux, détaille un fonctionnaire du Renseignement, cité par l’hebdomadaire satirique. Elles s’apparentent à des tentatives de sabordage.” Si la compagnie se veut rassurante sur la sécurité de son personnel et de ses clients, un commandant de bord a refusé faire décoller son avion en faisant valoir son droit de retrait après un énième incident.

Des anomalies sur les moteurs

Air France a récemment déposé plainte après que les trappes de remplissage en kérosène sur une quarantaine de ses avions ont été taguées d’un “Allahou akbar” (“Dieu est le plus grand”, NDLR). Une provocation qui s’ajoute à d’autres anomalies repérées ces derniers mois. Ainsi, au moment de la check-list, les essais réalisés avant le décollage, plusieurs pilotes ont détecté une panne récurrente sur le moteur relais, qui permet de contrôler les réacteurs depuis le cockpit.

Après enquête, un Français converti, employé par Air France, a été identifié comme suspect. Rapidement, il a pris la fuite et a été repéré au Yémen, rapporte Le Canard Enchaîné. Deux autres salariés de la compagnie, des connaissances du premier, sont eux soupçonnés d’avoir trafiqué plusieurs toboggans d’évacuation destinés aux appareils de la compagnie aérienne française. Une opération réalisée dans leur atelier de maintenance.

A cela s’ajoutent, ce qu’appelle les services de renseignements, des “signaux faibles”. Des comportements ou des anomalies sans risque mais inquiétants. Alors qu’un agent de piste a refusé de laisser atterrir un avion au prétexte qu’une femme le pilotait, début août, Air France a dû se justifier après que le système Géovision, qui permet aux passagers de suivre leur parcours sur une mappemonde, a été hacké à deux reprises. Israël ayant été une fois rayé de la carte et remplacé par la mention « Bande de Gaza ». Il y a quelques mois, la compagnie parlait de “problème d’échelle en cours de résolution”. Surtout ne pas stigmatiser…

73 badges retirés

Cette anomalie, soit-disant technique, s’est répétée lorsque la communication des consignes de sécurité s’est faite automatiquement en arabe quelques mois plus tôt dans un aéronef reliant Paris à Amsterdam ou quand le Maroc s’est transformé en “Khalifa” sur une autre carte. Toujours selon l’hebdomadaire, l’enquête a permis de remonter jusqu’à un employé d’une société prestataire en charge de la programmation des écrans mis à la disposition des passagers.

Les services de sécurité le reconnaissent: les entreprises sous-traitantes apparaissent comme une faille. Comment les contrôler et vérifier les activités de leurs employés quand elles ne sont pas situées sur la zone aéroportuaire de Roissy? En attendant, les services de renseignement, dont 30 policiers ont été placés en renfort, ont en charge la surveillance de 90.000 salariés répartis dans 900 entreprises. “La tâche est considérable”, reconnaît un policier. En novembre dernier, une perquisition avait permis de repérer des employés fichés S disposant de badges pour accéder aux pistes. Depuis 73 de ses autorisations ont été retirées.