Tunisie: 3 djihadistes abattus par les troupes d’élite

Trois djihadistes liés au groupe Etat islamique (EI) ont été abattus par les forces de sécurité tunisiennes, qui ont également saisi des armes lors d’une opération dans la région de Kasserine (centre-ouest), a annoncé mercredi le ministère de l’Intérieur.

Le porte-parole de la Garde nationale Houssemeddine Jebabli a indiqué à l’AFP que les trois djihadistes tués étaient membres du groupe Jund al-Khilafa («Les soldats du califat»), lié à l’EI. «Trois terroristes ont été arrêtés dans la nuit de mardi à mercredi et nous avons saisi des fusils kalachnikov, des ceintures d’explosifs, des grenades, des explosifs et des munitions dans la région du mont Salloum», a-t-il précisé. Les opérations sécuritaires dans la région se poursuivent, a-t-il ajouté.

Les forces de sécurité tunisiennes mènent régulièrement des opérations de ratissage dans les zones montagneuses frontalières de l’Algérie, pour traquer les djihadistes qui s’y cachent. Samedi dernier, le centre américain de surveillance des sites djihadistes, SITE, a indiqué que l’EI avait revendiqué le meurtre d’un Tunisien retrouvé décapité le mois dernier dans la région du Mont Mghilla, près de Kasserine. Les zones montagneuses du centre de la Tunisie sont également un repaire de la branche locale d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), la Phalange Okba Ibn Nafaa. Les autorités tunisiennes ont évalué entre 100 et 150 le nombre des combattants actifs de ce groupe.

Libye: bombardement américain contre Al-Qaïda dans le sud du pays

L’attaque, survenue près de la ville d’Oubari située à 900 km au sud de Tripoli, a visé des membres de l’organisation terroriste Al-Qaïda, a annoncé dans un bref communiqué, Mohamad al-Sallak, le porte-parole du président du GNA, Fayez al-Sarraj. 

L’opération “coordonnée” avec le GNA, s’inscrit dans le cadre “de la coopération continue et le lien stratégique entre la Libye et les Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme”, a ajouté M. Sallak, sans plus de détails sur les cibles visées. 

L’armée américaine mène régulièrement des frappes en Libye contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le groupe Etat islamique (EI). 

Le Pentagone a toute autorité pour mener des frappes aériennes en Libye, dans la mesure où il opère en coopération avec le gouvernement ce qui n’est pas toujours le cas. 

Depuis la renversement du Guide Mouammar Kadhafi en 2011, deux autorités se disputent le pouvoir en Libye: d’un côté, le GNA, de l’autre une autorité exerçant son pouvoir dans l’est du pays avec le soutien du maréchal Khalifa Haftar. 

Où se trouve l’or de Daech?

L’or de Daech pourrait être l’important trésor que les forces de la Coalition internationale en Syrie et les Forces démocratiques pourraient récolter après l’élimination de la milice wahhabite Daech à Deir Ezzor, au nord-est de la Syrie.

C’est l’avis de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, selon lequel Daech a volé plus de 40 tonnes d’or à l’Irak et à la Syrie.

« Cet or a été collecté depuis les régions que le groupuscule terroriste a occupées et une partie de cet or a été frappée en monnaie en Turquie, puis a été renvoyée en Syrie », a indiqué son directeur Rami Abdel Rahmane, selon le site égyptien al-Masri al-Yaoum.

C’est la première fois qu’il est question d’une aussi importante quantité d’or qui aurait été dérobée par la milice wahhabite jihadiste. Cette information circule depuis 24 heures sur quelques sites, dont celui de la télévision saoudienne al-Arabiya et le site d’informations égyptien proche du pouvoir al-Masri al-Yaoum.

Au mois de décembre dernier, le Washington Post avait révélé que Daech, en se retirant de son bastion en Syrie et en Irak, aurait transporté avec lui de grandes quantités de devises étrangères, en papier et en or, d’une valeur estimée à 400 millions de dollars. Sur la foi d’experts indépendants, elles auraient été pillées dans des banques irakiennes et au cours d’opérations terroristes dont la nature n’a pas été définie.

Citant des responsables irakiens, le quotidien américain avait rapporté qu’une grande partie de ce trésor aurait été enterré dans le désert ou caché dans des caches souterraines. En même temps, Daech aurait procédé à un blanchiment de plusieurs dizaines de millions de dollars en investissant dans des projets légaux au Moyen-Orient l’an dernier.

Dans leurs investigations, poursuit le quotidien américain, les enquêteurs ont trouvé que des millions de dollars de Daech venaient de banques liées à la Turquie et aux Emirats arabe unis, ainsi qu’à l’Irak et à la Syrie.

Quantité exagérée?

Mais jamais ils n’ont fait état de l’existence d’une quarantaine de tonnes d’or entre les mains de Daech.

Une telle quantité est difficilement transportable d’une région à une autre et ne peut passer inaperçue.

Le fait que l’OSDH en soit la principale source laisse supposer qu’il a exagéré la quantité. Depuis l’éclatement de la crise en Syrie, cet organisme de l’opposition syrienne pro-occidentale, siégeant à Londres, n’a ménagé aucun moyen de désinformation dans sa lutte contre le pouvoir syrien. Cette information pourrait être l’une d’entre elles, et cette énorme quantité d’or pourrait ne se trouver que dans l’imagination de son directeur.

Mais le but de sa propagation serait cette fois-ci d’inciter les forces américaines à rester en Syrie, alors que le processus de leur retrait est entamé.

Maroc: trois Français arrêtés pour «financement du terrorisme»

  • Les autorités marocaines ont annoncé aujourd’hui l’arrestation à Salé, près de la capitale Rabat, de trois Français, dont un d’origine algérienne, pour leur “implication présumée dans le financement du terrorisme”.

Les arrestations ont été effectuées hier par la police judiciaire, a annoncé la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) dans un communiqué. Les investigations ont montré que les suspects ont “réussi à tisser des liens étroits avec des combattants actifs au sein” de l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, selon ce texte. Ils sont aussi soupçonnés “d’implication dans la collecte de fonds au profit de milieux extrémistes en vue de financer des opérations terroristes”.

Les investigations “se poursuivent pour l’arrestation de leurs complices et pour déterminer les connexions et ramifications éventuelles des personnes interpellées, tant au Maroc qu’à l’étranger”, conclut le communiqué. Les autorités marocaines avaient annoncé, le 23 janvier, l’arrestation d’un ressortissant franco-algérien recherché par les autorités judiciaires françaises sur la base d’un mandat d’arrêt international pour “financement du terrorisme”. La police n’a pas précisé s’il existait un lien entre les deux affaires.

Maroc : une cellule djihadiste démantelée, 13 arrestations

  • Les autorités marocaines ont annoncé aujourd’hui le démantèlement d’une “cellule terroriste” composée de treize membres soupçonnés de vouloir commettre des attaques sous l’influence du groupe djihadiste Etat islamique (EI).

Les 13 suspects, âgés entre 22 et 44 ans, ont “adhéré à la propagande” de l’EI et “envisagé l’exécution d’opérations terroristes portant atteinte à la sécurité des personnes et à l’ordre public”, a affirmé dans un communiqué le ministère marocain de l’Intérieur. Les suspects résidaient dans plusieurs villes marocaines, dont Casablanca, la capitale économique du Maroc, selon le ministère.

L’opération menée par le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ, unité antiterroriste) a permis la saisie d'”appareils électroniques, armes blanches, cagoules et de livres faisant l’apologie de l’idéologie extrémiste”, a-t-il ajouté, sans préciser où ces perquisitions avaient eu lieu. Un “manuscrit d’allégeance” à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’EI, ainsi qu’une “lettre manuscrite sous forme de testament incitant au meurtre” ont également été saisies, a indiqué le ministère.

L’opération intervient cinq semaines après l’assassinat particulièrement horrible de deux touristes scandinaves dans le sud du Maroc, dans un acte qualifié de “terroriste” par Rabat. Vingt-deux personnes ont été arrêtées en lien avec ces meurtres, dont les quatre principaux suspects et un Hispano-Suisse “imprégné de l’idéologie extrémiste”, selon les autorités.

Tunisie: 6 membres des forces de sécurité tués dans une attaque terroriste

Un groupe terroriste a frappé au niveau de la frontière algérienne, tuant 6 membres de la garde nationale et en blessant un autre très grièvement. D’intenses recherches sont en cours dans l’ouest du pays.

Dimanche matin, deux véhicules de la garde nationale ont été attaquées par un groupe armé dans la région de Jendouba (à 190 kilomètres de Tunis ) proche de la frontière avec l’Algérie. Une mine a explosé, tuant six agents de la garde nationale près de la frontière avec l’Algérie, dans le secteur de Ain Sultan, dans la province de Jendouba, a indiqué le ministère, qui précise que l’attaque a eu lieu à 11H45 (10H45 GMT).

Un bilan provisoire, de sources militaires, fait état de six morts parmi la garde nationale. Pareille action sanglante ne s’était pas déroulée depuis l’attentat mené en plein Tunis, le 24 novembre 2015, contre un bus de relève de la garde présidentielle. Un kamikaze avait alors fait exploser sa ceinture explosive, tuant douze membres de ce corps sécuritaire. L’attentat mené contre les forces armées ce matin démontre que la situation est toujours en ébullition. Depuis les trois attentats de 2015 (Bardo, Sousse et Tunis), une véritable reprise en main de la sécurité intérieure avait été opérée sous la houlette de l’ancien chef du gouvernement Habib Essid. L’homme avait dû quitter sa fonction à l’été 2016.

Un pays sans ministre de l’Intérieur à plein temps depuis un mois

Cette action terroriste intervient alors que le ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem, a été démis de ses fonctions le 6 juin dernier. Raison officielle : le naufrage d’un bateau de migrants à Kerkennah, plus de quatre-vingts morts. Raisons officieuses : mésentente avec Chahed, lutte de pouvoirs au sommet de l’État alors que la situation politique se dégrade depuis deux mois. Un très important remaniement au sein des forces sécuritaires a été constaté quelques jours après. L’homme, un commandant de la garde nationale, n’a pas été remplacé depuis lors. Le ministre de la Justice assure l’intérim. Ce non-remplacement depuis plus d’un mois pose question alors que la saison touristique bat son plein. Il y a fort à parier que le chef du gouvernement Youssef Chahed devra s’expliquer sur son choix de ne pas nommer un ministre à part entière au 7, avenue Bourguiba, siège de l’Intérieur. À moins que cette décision ne lui incombe entièrement. Pour l’heure, le bilan est de six gardes nationaux tués. Un septième est grièvement blessé.

Substances NRBC : renforcer les capacités de détection et de contrôle aux frontières en Afrique du Nord et au Sahel

Alors que la circulation des biens et des personnes est en constante augmentation, les risques posés par la menace NRBC deviennent plus prégnants dans la région sahélo-saharienne. Le projet 55, lancé en octobre 2016, vise à renforcer la sécurité aux frontières des pays partenaires de la zone pour atténuer ces risques, en améliorant la cohésion, la coopération et la cohérence de leurs actions.

Au croisement des routes traditionnelles du commerce mais aussi de la contrebande, du crime organisé et des réseaux terroristes, les régions du Sahel et du Sahara sont d’un enjeu stratégique majeur. La présence de groupes terroristes, la porosité de certaines frontières et la présence de matières premières pouvant représenter un risque, comme l’uranium au Niger, expliquent l’intérêt porté par la Commission européenne à cette zone.

 

Le projet 55 est financé par l’Union européenne à hauteur de 3,5 M€ et mis en œuvre par Expertise France dans 7 pays : Algérie, Burkina Faso, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger et Tunisie. Il vise principalement à :

Faire l’inventaire des législations nationales en matière de risques NRBC et identifier les améliorations à apporter pour les aligner sur les standards internationaux ;

Réaliser un état des lieux des moyens dont disposent les pays partenaires pour assurer la gestion des risques NRBC (moyens humains, centres de formation, équipements, etc.) ;

Créer une dynamique régionale pour renforcer la sécurité aux frontières via la formation des forces de sécurité (sécurité aux frontières, sécurité intérieure et sécurité civile) des pays partenaires.

Un séminaire réunissant les différentes équipes NRBC nationales sera organisé en avril 2017 en Algérie. L’objectif : établir avec les parties prenantes une vision partagée du projet et définir une charte de travail entre les différents intervenants. Le projet sera clôturé par un exercice régional de grande ampleur courant 2019.

Le projet 55, mis en œuvre en partenariat avec le SGDSN , l’Université de Liège, les douanes française et belge, l’ ISEMI et le SCJS , s’inscrit dans le cadre de l’initiative des centres d’excellence NRBC de l’Union européenne. Lancée en 2010, cette initiative vise à répondre au déficit de capacités institutionnelles de nombreux pays en matière de gestion des risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques.

Source expertisefrance.fr

Les forces françaises ont tué au moins 2 500 djihadistes de l’EI

Selon Le Monde, des sources américaines disent que la coalition, dont les Etats-Unis assument plus de 90 % de l’effort, a tué 50 000 combattants à ce jour depuis le début de sa campagne en août 2014. « Soit 59 tués par jour en 850 jours », précise l’analyste Micah Zenko du Council on Foreign Relations, un groupe de réflexion américain, qui reprend ce chiffre. Celui-ci témoigne en creux de l’énorme capacité de régénération des forces de l’EI durant les deux premières années du conflit.

La France, qui se définit comme un pays « en guerre », ne communique pas le nombre des pertes de ses ennemis. Selon les recoupements du Monde, les Rafale et Mirage déployés depuis septembre 2014 ont tué au moins 2 500 combattants de l’EI à ce jour. L’engagement militaire français, estimé à 5 % des missions de la coalition, aboutit à 5 % des effectifs ennemis éliminés.

(…) Les frappes occidentales sont conduites avec des munitions dites de précision. Elles ont inévitablement tué des civils, ce que le droit de la guerre admet si leur nombre reste limité, et si les règles de la discrimination entre combattants et non-combattants sont respectées. Or, les 13 pays « frappeurs » de la coalition ne reconnaissent que 152 morts civils pour 14 200 frappes aériennes anti-EI en Irak et en Syrie, entre août 2014 et août 2016, indique le collectif non gouvernemental Airwars dans son rapport publié lundi 12 décembre.(…)

A lire: “Terrorisme, face cachée de la mondialisation”, de Richard Labévière

Les éditions Pierre-Guillaume de Roux viennent de publier un essai de Richard Labévière intitulé Terrorisme face cachée de la mondialisation, préfacé par Alain Chouet, (ancien chef du  service de renseignement de sécurité de la DGSE – Direction générale de la sécurité extérieure).

Le terrorisme tue. Il produit émotions, compassions, malentendus et contresens. Il s’est installé au coeur même de nos sociétés comme une fatalité. De la petite délinquance à la grande criminalité, il est devenu le stade suprême de la mondialisation. À l’appui d’informations inédites et exclusives, Richard Labévière remonte aux causes du phénomène. Il décrit les impasses de la « guerre contre la terreur », le cynisme mercantile des pays occidentaux envers les pétromonarchies, la désinformation de médias voyeurs qui basculent dans la propagande et les fadaises d’improbables experts auto-proclamés.

Aujourd’hui, l’Arabie saoudite demeure l’un des principaux financiers de l’Islam radical, qui tue non seulement dans les pays occidentaux, mais aussi et surtout dans le monde arabo-musulman. Ce scandale perdure en toute impunité depuis plus de trente ans, parce qu’il engraisse marchands de canons et autres prédateurs. Le terrorisme profite aussi d’une révolution numérique dont personne ne maîtrise les effets et qui échappe au contrôle des États. Il s’agit ici de comprendre de quoi est faite la matrice qui engendre la terreur, de transformer l’irrationalité de l’émotion en entendement, de se donner les moyens de savoir. Après plus de vingt ans de reportages sur le terrain, d’enquêtes et d’analyses, Richard Labévière démonte les rouages du terrorisme moderne et avance plusieurs propositions pour en combattre la fatalité.

Biographie de l’auteur

Richard Labévière est rédacteur en chef du magazine en ligne prochetmoyen-orient.ch et collaborateur du mensuel Afrique-Asie. Ancien rédacteur en chef à Radio France Internationale (RFI) et de la revue Défense de l’ IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale), il est consultant en questions de défense et de sécurité. Auteur d’une quinzaine d ouvrages dont le fameux Les Dollars de la terreur (Grasset, 1999), Oussama Ben Laden ou le meurtre du père (Favre, 2002), Les Coulisses de la terreur (Grasset, 2003) et Vérités et mythologies du 11 septembre (Éditions Nouveau Monde, 2011). Il est officier de la réserve opérationnelle.