Mauritanie: l’élection présidentielle fixée au 22 juin

Le premier tour de l’élection présidentielle en Mauritanie a été officiellement fixé au samedi 22 juin et un éventuel second tour au 6 juillet, selon un décret présidentiel consulté ce mercredi par l’AFP. La publication du décret ouvre la période officielle de dépôt de candidatures qui s’achève le mercredi 8 mai, selon le texte. Mais plusieurs candidats se sont déjà déclarés, dont celui du parti au pouvoir, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, compagnon de toujours du président Mohamed Ould Abdel Aziz, qui ne peut se représenter au terme de son second mandat.

Face à lui, l’ancien chef du gouvernement de transition (2005-2007) Sidi Mohamed Ould Boubacar, le militant anti-esclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid, l’opposant historique Mohamed Ould Moloud ont fait acte de candidature et l’ancien journaliste Hamidou Baba Kane devrait suivre. Les plus petits candidats risquent de se heurter à la barrière des parrainages, car il leur faudra pour se présenter recueillir la signature de 100 conseillers municipaux, dont cinq maires, alors que la grande majorité des conseillers municipaux font partie des soutiens des principaux prétendants.

Mauritanie: décès de l’ancien président Mohamed Mahmoud ould Louly

Le pays va respecter un deuil de trois jours suite à la disparition samedi 16 mars au matin de cet ancien dirigeant, qui luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Il a dirigé la Mauritanie entre 1979 et début 1980.

Mohamed Mahmoud ould Louly, disparu à 76 ans, a fait partie de la première junte militaire qui a renversé le premier président civil de la Mauritanie indépendante, Moktar ould Daddah, le 10 juillet 1978.

Membre du comité de militaires pour le redressement national, celui qui était à l’époque colonel de l’armée, a été porté à la tête du pays après un autre coup d’état qui déposa le premier président militaire Moustapha ould Mohamed Saleck, 8 mois seulement après sa prise du pouvoir.

Une période de flottement

Mohamed Mahmoud ould Louly a dirigé la Mauritanie d’avril 1979 à janvier 1980. Une période marquée par une succession de tentatives de coups d’état ou de révolutions de palais. C’est d’ailleurs l’une de ces révolutions de palais conduite par le lieutenant-colonel Mohamed Khouna ould Haidalla, ancien ministre de la Défense et chef d’état-major de l’armée, qui finit par dégager son régime.

Depuis cette date, l’ex-chef de l’Etat avait renoncé à faire de la politique. Les personnalités qui l’ont connu rappellent ses qualités d’homme intègre et très religieux.

Droits de l’homme, discrimination, racisme: la Mauritanie épinglée

Amnesty International publie un rapport sur la répression contre les militants des droits de l’homme en Mauritanie. Selon les chiffres avancés par l’ONG, il y aurait près de 43.000 personnes vivant en situation d’esclavage dans le pays. Et les personnes et les associations qui dénoncent ces discriminations seraient la cible des autorités.
Il y a en Mauritanie, encore aujourd’hui, un problème d’esclavage et de discrimination raciale, pointe François Patuel, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International. « Et les autorités sont dans le déni, elles disent que l’esclavage n’existe pas, que la discrimination raciale n’existe pas… Et elles répriment les défenseurs des droits humains qui dénoncent ces pratiques ».
Cette répression passe par plusieurs moyens, poursuit le chercheur :  arrestations arbitraires, tortures, ingérence dans les activités des associations qui ne sont souvent pas autorisées, ou encore répression des marches pacifiques.

« Ce qu’on demande au gouvernement mauritanien, c’est déjà de libérer des défenseurs des droits humains. Nous avons recensé 268 cas d’arrestations depuis 2014 ; 17 d’entre eux ont été torturés. On demande également au gouvernement de modifier les lois qui sont utilisées pour réprimer les défenseurs des droits humains, mais également à ce qu’il s’abstiennent de passer des lois encore plus liberticides ».
Le gouvernement travaille par exemple à un projet de loi qui rendrait la peine de mort obligatoire pour le crime d’apostasie, souligne le chercheur. « Et enfin, on demande à ce que, sur les violations des droits humains il y ait des enquêtes et que les responsables présumés soient présentés devant la justice ».
Et la situation risque encore de se détériorer à l’approche de l’élection présidentielle de 2019 selon cette organisation occidentale de défense des droits de l’homme.

Mauritanie: le président Ould Abdelaziz procède à un remaniement ministériel

Le remaniement, opéré « sur proposition » du Premier ministre Yehya Ould Heddamine, a touché quatre départements et consisté en l’entrée de deux personnalités proches de la majorité gouvernementale.

 

Ainsi, Mohamed Ould Jebril, directeur de cabinet du chef de gouvernement, a hérité du ministère de la Jeunesse et des Sports, dont la titulaire de poste, Kouba Ma, est nommée à la tête de la Fonction publique, du Travail et de la Modernisation de l’Administration.

 

Mme Meymouna Mint Taghi, députée de l’Union pour la République (UPR, au pouvoir), a pris les commandes du ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la famille, en remplacement d’Ali Ould Mohamed Khouna.

 

Ce dernier est resté au gouvernement en se voyant confier l’important portefeuille de l’Equipement et des Transports, après la sortie d’Ahmed Salem Ould Abderaouf, en compagnie de la ministre des Affaires sociales, Fatima Mint Habib.

 

Il s’agit du cinquième remaniement subi par le gouvernement Yehya Ould Heddamine, en fonction depuis août 2014 suite à la réélection du président Ould Abdelaziz pour un deuxième mandat à la magistrature suprême.

 

Le nouveau changement intervient sur fond du débat autour du projet de révision constitutionnelle proposé récemment par le chef de l’Etat, en concrétisation des résultats du dialogue politique entre la majorité et une partie de l’opposition, en octobre dernier.

 

L’amendement envisagé de la Loi fondamentale rencontre une farouche résistance de l’opposition radicale, qui rejette plusieurs de ses dispositions, en particulier l’annulation du Sénat (chambre haute du Parlement) et le changement de l’hymne et du drapeau nationaux.

Mauritanie: prison pour des anti-esclavagistes

Le parquet a requis jeudi une peine de trois ans de prison ferme au procès de trois militants anti-esclavagistes jugés pour « appartenance à une organisation non autorisée », devant un tribunal mauritanien.

 

« Le procureur (du tribunal correctionnel de Nouakchott) a requis trois ans de prison ferme contre les trois hommes assortis d’amendes » dont le montant n’a pas été précisé, a affirmé une source judiciaire. Les trois prévenus, tous membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), une ONG anti-esclavagiste, ont plaidé non coupables.

 

La plaidoirie des avocats de la défense a commencé jeudi soir. Le procès est ouvert depuis le 5 février. Les trois membres de l’IRA avaient été arrêtés lors d’une manifestation organisée par ses sympathisants après l’arrestation en novembre 2014 du chef de leur organisation, Biram Ould Dah Ould Abeid, et de neuf de ses camarades. Biram Ould Abeid, candidat à l’élection présidentielle de juin 2014, et deux autres militants anti-esclavagistes ont été condamnés le 15 janvier 2015 à deux ans de prison ferme par une Cour correctionnelle à Rosso (sud), pour notamment « appartenance à une organisation non autorisée ». Les sept autres avaient été relaxés. Depuis 2007, les personnes reconnues coupables d’esclavagisme y encourent des peines pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison mais le phénomène et les pratiques qui y sont liées perdurent néanmoins, selon des ONG.

Parution du récit «historique» d’un détenu mauritanien de Guantanamo

Cette semaine paraît en France un livre exceptionnel intitulé Carnets de Guantanamo. Il s’agit du journal intime d’un Mauritanien soupçonné d’appartenir à al-Qaïda et détenu depuis août 2002 dans la terrible prison militaire américaine. C’est la première fois qu’un prisonnier toujours détenu à Guantanamo raconte sa captivité, et notamment les nombreuses tortures et humiliations qu’il a subies.

Il s’appelle Mohamedou Ould Slahi. Il est Mauritanien, âgé de 44 ans, et le récit qu’il publie cette semaine dans vingt pays était très attendu. Mohamedou Ould Slahi est détenu à Guantanamo depuis août 2002. Dans son journal intime, paru ce jeudi en France, il raconte les tortures qu’il a subies dans le centre de détention militaire américain situé à Cuba.

Au cours de la longue procédure ayant conduit à déclassifier ce document, Mohamedou Ould Slahi a vu ses écrits être retouchés et amendés plus de 2 500 fois! Samedi dernier, The Guardian a publié de larges extraits de son texte (en anglais).

Bénédicte Lombardo, responsable du domaine étranger chez Michel Lafon, maison d’édition de Carnets de Guantanamo en France, explique en quoi ce livre constitue selon elle un « document unique à portée historique » :

« C’est la première fois qu’un détenu à Guantanamo, qui est encore emprisonné, réussit à faire publier son manuscrit. Grâce à ses avocats américains, et grâce à un éditeur américain, ils ont réussi à publier ses carnets.

Ils sont rédigés en anglais ; c’est une langue qu’il a apprise pendant sa détention. Il y a des pages entières et certains passages – ou certains mots, certains noms de personnes -, qui ont été barrés en noir. Ça apparaît dans le livre ainsi.

On n’avait pas le droit de citer notamment tous les noms des gardiens, des personnes qui l’ont interrogé, de ses codétenus, etc. Tout cela est censuré.

Mohamedou Ould Slahi a montré qu’il était un vrai écrivain. Il a une façon de raconter tout son parcours et son emprisonnement de façon très personnelle, très touchante.

C’est un récit à la fois terrifiant bien sûr, mais aussi drôle, très élégant, et qui donne vraiment une vision de ce qui se passe réellement à Guantanamo. C’est un document exceptionnel. »

avec RFI

La Mauritanie a un nouveau Premier ministre

La Mauritanie a un nouveau Premier ministre : Yahya Ould Hademine a été nommé mercredi après-midi par le président Mohamed Ould Abdel Aziz, investi pour un second mandat le 2 août dernier. Cet ancien ministre de l’Equipement et des Transports du gouvernement sortant remplace Moulaye Ould Mohamed Laghdaf.

Moussa Ould Hamed, directeur du journal politique mauritanien Biladi, retrace le parcours de Yahya Ould Hademine :

« Il était ministre depuis quelques années. C’est un ingénieur. Il a surtout fait son parcours dans la société minière qui exploite le fer en Mauritanie. Il a gravi les échelons en tant qu’ingénieur jusqu’à diriger deux de ses filières, avant d’être nommé ministre il y a à peu près trois ans. C’est quelqu’un qui est originaire de la même région que le Premier ministre sortant ».

Pour Moussa Ould Hamed, ce changement ne constitue pas un bouleversement majeur :

« Je dirais que ce n’est vraiment pas un changement même si le nouveau Premier ministre est plus intégré dans la société mauritanienne que l’ancien Premier ministre qui était un peu plus réservé, même si les deux appartiennent à deux grandes tribus du pays ».

Le Premier ministre sortant Moulaye Ould Mohamed Laghdaf avait auparavant présenté la démission de son gouvernement au chef de l’État lors d’une audience au palais présidentiel.

source RFI


Mauritanie: le président Ould Abdel Aziz investi pour un second mandat

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a été investi, ce samedi 2 août, pour un second mandat de cinq ans. Il a été réélu en juin avec près de 82 % des voix promettant de continuer à lutter contre le terrorisme. Il a prêté serment lors d’une cérémonie au stade olympique de Nouakchott à laquelle assistaient des milliers de personnes, dont les chefs d’Etat de la Gambie, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Sénégal et du Tchad.

Des promesses et des engagements annoncés dans un stade quasiment plein : le président Ould Abdel Aziz s’est engagé à ne rien entreprendre pour modifier la Constitution concernant les mandats du président, qui sont limités à deux.

Il promet aussi de continuer la lutte contre le terrorisme, après avoir débarrassé son pays du groupe armé al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Sur le plan social, il veut accorder une grande place aux « préoccupations des plus démunis » et souhaite « combattre la corruption », un discours habituel depuis son coup d’Etat en 2008, selon les observateurs.

Election contestée

La cérémonie a été boycottée par l’opposition, réunie au sein du Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU). Le sit-in prévu devant le stade olympique n’a pas été autorisé. La manifestation s’est transformée en un point de presse dans lequel l’opposition conteste une fois de plus l’élection présidentielle du 21 juin dernier. Selon un des opposants, un autre rassemblement devrait être organisé mais la date n’a pas été précisé.

Par ailleurs, le fils du président, blessé par balle dans la nuit de mercredi à jeudi, a été aperçu à la cérémonie d’investiture aux côtés de sa mère. Officiellement, on ne sait toujours pas dans quelles conditions il a été blessé.


Mauritanie: l’opposition boycottera les élections du 21 juin

En Mauritanie, le Forum national pour la démocratie et l’unité a annoncé son intention de boycotter l’élection présidentielle du 21 juin 2014. Le FNDU dénonce une date fixée de manière unilatérale qui enlève toute crédibilité au scrutin.

C’est parce que le dialogue se trouve dans l’impasse que l’opposition dit avoir décidé de boycotter le scrutin. « Nous avons compris que le pouvoir ne veut pas discuter, et qu’il veut aller seul aux élections pour se reproduire », résume Mahfoud Ould Bettah, coordinateur du pole politique du Forum national pour la démocratie et l’unité. « On a fait un constat évident, le pouvoir veut nous exclure des élections. Il souhaite aller aux élections tout seul », ajoute Mahfoud Ould Bettah qui se dit prêt à revenir sur ce boycott « à la condition que le pouvoir nous donne des gages d’une volonté réelle d’aller à un dialogue sérieux. En particulier, nous voulons que le pouvoir en place s’engage à donner le temps nécessaire à un éventuel accord pour permettre à l’opposition d’aller à l’échéance électorale présidentielle. »

Concrètement, le FNDU insiste sur le fait que le pouvoir n’a pas voulu s’engager noir sur blanc à appliquer un éventuel accord même s’il devait remettre en question l’agenda électoral actuel. Pour les partis du Forum, l’élection du 21 juin n’aura aucun crédit si elle se tient à cette date, car les délais sont trop courts, disent-ils, pour mettre en place toutes les mesures nécessaires à l’organisation d’un scrutin transparent.

Pour ne pas porter la responsabilité d’une rupture totale des pourparlers, le pôle politique du FNDU se dit néanmoins prêt à retourner à la table du dialogue, à condition que celui-ci soit sérieux. « Notre objectif est l’organisation d’une élection transparente, et il reste toujours valable à ce jour », précise Yahya Ould Ahmed Waqef, chef de la délégation de l’opposition au dialogue.

Du côté du pouvoir, on dit regretter « infiniment » cette décision de boycott. Mohamed Mokhtar Ould Zamel, le chef du groupe parlementaire de la majorité, explique que le pouvoir n’a « jamais posé de ligne rouge ». Il dit rester ouvert à toute proposition qui permette de débloquer la situation.


Mauritanie : Aqmi dément la mort d’un de ses chefs

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a démenti samedi la mort d’un de ses chefs annoncée par Paris et un responsable de l’armée malienne en mars dernier, dans un entretien avec un porte-parole de l’organisation publié par l’agence d’information mauritanienne (ANI, privée).

« M. Omar Ould Hamaha est bien vivant. Il n’a pas été tué par les Français contrairement aux déclarations du ministre français de la Défense (Jean-Yves Le Drian) et des médias français », a affirmé le porte-parole d’Aqmi, Abou Assem Al-Mouhajir, cité par Ani.

Cette agence a régulièrement diffusé des communiqués d’Aqmi sans jamais être démentie.

Selon ce porte-parole d’Aqmi, « les Français ont annoncé ces derniers temps la mort d’un grand nombre de Moujahidines mais ceci est sans fondement ». Il a mis Paris en demeure de fournir « la moindre preuve » de ses déclarations sur la mort de jihadistes.

« Le dernier accrochage entre les Français et nous a eu lieu le 11 avril et n’a fait aucune victime », mais « nous sommes certains que les Français donneront un bilan fastidieux », a dit le porte-parole, sans préciser le lieu et les circonstances de cette escarmouche.

M. Le Drian avait annoncé le 20 mars la mort au Mali d’une quarantaine de jihadistes, dont Omar Ould Hamaha. « Depuis quelques semaines, nous avons mené des opérations qui ont permis de neutraliser plusieurs dizaines de terroristes qui tentaient de se regrouper », « une quarantaine », avait-il déclaré sur RMC-BFMTV.

« On a pu neutraliser plusieurs chefs, dont en particulier Ould Hamaha, un chef historique d’Aqmi qui était le beau-père de Mokhtar Belmokhtar », avait ajouté le ministre en précisant que « neutraliser veut dire éliminer ».

La mort d’Omar Ould Hamaha, surnommé « le barbu rouge » et recherché notamment par le Mali et les Etats-Unis, avait déjà été annoncée le 14 mars par un haut responsable de l’armée malienne.

Ould Hamaha a été responsable de différents groupes jihadistes, dont le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et Aqmi qui ont occupé pendant près de dix mois entre 2012 et début 2013 les régions du nord du Mali.

Ecarté d’Aqmi, Mokhtar Belmokhtar a créé le groupe des Signataires par le sang, responsable en janvier 2013 d’une prise d’otages sanglante à In-Amenas, en Algérie.

Au Mali, les jihadistes ont été en grande partie chassés par une opération militaire déclenchée en janvier 2013 par la France, ensuite rejointe par des troupes de plusieurs pays.