Mauritanie : El-Ghazouani élu président avec 52% des voix

  • Le candidat du pouvoir à l’élection présidentielle en Mauritanie, Mohamed Cheikh El-Ghazouani, a obtenu 52% des suffrages, selon des résultats publiés dimanche par la Commission électorale.

Mohamed Cheikh El-Ghazouani, qui a obtenu précisément 52,01% des suffrages selon ces résultats portant sur la totalité des bureaux de vote, est suivi par les opposants Biram Dah Ould Abeid (18,58%) et Sidi Mohamed Ould Boubacar (17,87%).

Mauritanie: l’élection présidentielle fixée au 22 juin

Le premier tour de l’élection présidentielle en Mauritanie a été officiellement fixé au samedi 22 juin et un éventuel second tour au 6 juillet, selon un décret présidentiel consulté ce mercredi par l’AFP. La publication du décret ouvre la période officielle de dépôt de candidatures qui s’achève le mercredi 8 mai, selon le texte. Mais plusieurs candidats se sont déjà déclarés, dont celui du parti au pouvoir, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, compagnon de toujours du président Mohamed Ould Abdel Aziz, qui ne peut se représenter au terme de son second mandat.

Face à lui, l’ancien chef du gouvernement de transition (2005-2007) Sidi Mohamed Ould Boubacar, le militant anti-esclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid, l’opposant historique Mohamed Ould Moloud ont fait acte de candidature et l’ancien journaliste Hamidou Baba Kane devrait suivre. Les plus petits candidats risquent de se heurter à la barrière des parrainages, car il leur faudra pour se présenter recueillir la signature de 100 conseillers municipaux, dont cinq maires, alors que la grande majorité des conseillers municipaux font partie des soutiens des principaux prétendants.

Mauritanie: décès de l’ancien président Mohamed Mahmoud ould Louly

Le pays va respecter un deuil de trois jours suite à la disparition samedi 16 mars au matin de cet ancien dirigeant, qui luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Il a dirigé la Mauritanie entre 1979 et début 1980.

Mohamed Mahmoud ould Louly, disparu à 76 ans, a fait partie de la première junte militaire qui a renversé le premier président civil de la Mauritanie indépendante, Moktar ould Daddah, le 10 juillet 1978.

Membre du comité de militaires pour le redressement national, celui qui était à l’époque colonel de l’armée, a été porté à la tête du pays après un autre coup d’état qui déposa le premier président militaire Moustapha ould Mohamed Saleck, 8 mois seulement après sa prise du pouvoir.

Une période de flottement

Mohamed Mahmoud ould Louly a dirigé la Mauritanie d’avril 1979 à janvier 1980. Une période marquée par une succession de tentatives de coups d’état ou de révolutions de palais. C’est d’ailleurs l’une de ces révolutions de palais conduite par le lieutenant-colonel Mohamed Khouna ould Haidalla, ancien ministre de la Défense et chef d’état-major de l’armée, qui finit par dégager son régime.

Depuis cette date, l’ex-chef de l’Etat avait renoncé à faire de la politique. Les personnalités qui l’ont connu rappellent ses qualités d’homme intègre et très religieux.

Droits de l’homme, discrimination, racisme: la Mauritanie épinglée

Amnesty International publie un rapport sur la répression contre les militants des droits de l’homme en Mauritanie. Selon les chiffres avancés par l’ONG, il y aurait près de 43.000 personnes vivant en situation d’esclavage dans le pays. Et les personnes et les associations qui dénoncent ces discriminations seraient la cible des autorités.
Il y a en Mauritanie, encore aujourd’hui, un problème d’esclavage et de discrimination raciale, pointe François Patuel, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International. « Et les autorités sont dans le déni, elles disent que l’esclavage n’existe pas, que la discrimination raciale n’existe pas… Et elles répriment les défenseurs des droits humains qui dénoncent ces pratiques ».
Cette répression passe par plusieurs moyens, poursuit le chercheur :  arrestations arbitraires, tortures, ingérence dans les activités des associations qui ne sont souvent pas autorisées, ou encore répression des marches pacifiques.

« Ce qu’on demande au gouvernement mauritanien, c’est déjà de libérer des défenseurs des droits humains. Nous avons recensé 268 cas d’arrestations depuis 2014 ; 17 d’entre eux ont été torturés. On demande également au gouvernement de modifier les lois qui sont utilisées pour réprimer les défenseurs des droits humains, mais également à ce qu’il s’abstiennent de passer des lois encore plus liberticides ».
Le gouvernement travaille par exemple à un projet de loi qui rendrait la peine de mort obligatoire pour le crime d’apostasie, souligne le chercheur. « Et enfin, on demande à ce que, sur les violations des droits humains il y ait des enquêtes et que les responsables présumés soient présentés devant la justice ».
Et la situation risque encore de se détériorer à l’approche de l’élection présidentielle de 2019 selon cette organisation occidentale de défense des droits de l’homme.

Mauritanie: Le blasphème sera systématiquement passible de la peine de mort

Dix jours après l’allégement de la peine d’un blogueur jugé pour « mécréance », le gouvernement durcit considérablement sa législation.
Le gouvernement mauritanien a adopté un projet de loi durcissant la législation contre les auteurs d’apostasie et de blasphèmes, qui seront désormais passibles de la peine de mort, sans tenir compte d’un éventuel repentir, a indiqué l’agence officielle mauritanienne AMI.
« Le présent projet de loi vise à abroger et remplacer l’article 306 du Code Pénal en vue de durcir les peines prévues à l’encontre du blasphémateur », a précisé le gouvernement. « Chaque musulman, homme ou femme, qui se moque ou outrage Allah ou Son Messager (Mahomet) – Paix et Salut sur Lui – ses anges, ses livres ou l’un de ses Prophètes est passible de la peine de mort, sans être appelé à se repentir. Il encourt la peine capitale même en cas de repentir », stipule le texte, selon le ministre de la Justice, Brahim Ould Daddah.
Pourvoi en cassation
Le 9 novembre, un Mauritanien détenu depuis près de quatre ans pour un billet de blog jugé blasphématoire avait vu sa condamnation à mort convertie en une peine de prison de deux ans. La décision de la Cour d’appel de Nouadhibou (nord-ouest), saluée notamment par Amnesty International, avait provoqué un tollé dans cette république islamique.
Le parquet s’est pourvu en cassation pour à nouveau réclamer la peine capitale. Et des fidèles avaient manifesté le lendemain, à la sortie de la grande prière du vendredi, pour réclamer la « potence ». Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir, un musulman âgé d’une trentaine d’années, était en détention depuis janvier 2014 pour avoir critiqué sur internet l’utilisation de la religion pour justifier certaines discriminations dans la société mauritanienne.
Selon M. Ould Daddah, l’article qui accordait la possibilité du repentir aux fautifs « avait été fait dans une époque particulière, mais aujourd’hui les faits ont changé et la loi doit évoluer en conséquence ». Selon le ministre de la Justice, cette nouvelle disposition, qui n’aura « pas d’effet rétroactif », doit remplacer l’ancien texte, en vigueur depuis 1983.
Une source sécuritaire avait affirmé que le jeune homme avait été libéré et conduit à Nouakchott, où la gendarmerie veillait à sa sécurité. Cependant, le ministre a affirmé qu’il se trouve « toujours à Nouadhibou ». Des mouvements religieux ont lancé des appels à manifester à nouveau vendredi pour réclamer l’application de la charia.
Le jeune homme avait été reconnu coupable d’apostasie et condamné à mort le 24 décembre 2014 par la Cour criminelle de Nouadhibou. Le 21 avril 2016, la Cour d’appel de Nouadhibou avait confirmé la peine de mort mais en requalifiant les faits en « mécréance », une accusation moins lourde prenant en compte le repentir de l’accusé, puis renvoyé son dossier devant la Cour suprême. Celle-ci avait ordonné un nouveau procès.
La peine capitale n’a plus été appliquée en Mauritanie depuis 1987.

europemaghreb.fr, une présentation rajeunie

Nous avons le plaisir de vous proposer la nouvelle version de notre site d’information europemaghreb.fr & Partenariat Europe Maghreb, édité à Paris.
Depuis bientôt vingt ans, par des informations brèves et précises, nous offrons un panorama sur l’actualité des deux rives, permettant de suivre les principaux secteurs d’activités de l’Algérie, de la Libye, du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie, soit du Grand Maghreb.
Face au pari de la mondialisation, il nous paraît vital de développer une coopération euro-maghrébine positive, dans le respect des identités et sans ingérences.
C’est la vocation, depuis ses débuts, de Partenariat Europe Maghreb & europemaghreb.fr
Au delà d’une actualité passionnante, il s’agit aussi, et plus simplement, de découvrir ou de redécouvrir combien des siècles d’échanges économiques, scientifiques, culturels, etc. nous ont enrichi et nous enrichissent encore.

Hugues Wagner
directeur de la publication

Transports/Maghreb : la Tunisie et le Maroc premiers bénéficiaires des financements de la BAD

Au niveau maghrébin, les aides ont profité beaucoup plus à la Tunisie et au Maroc qui ont reçu respectivement 2,7 milliards de dollars et 2 milliards de dollars. Ils sont suivis par la Mauritanie qui a bénéficié de 90 millions de dollars. Concernant la nature de ces projets de transport qui ont profité aux pays du continent, la banque africaine précise qu’il s’agit de construction de routes, de ports, d’aéroports et de voies ferrées pour 450 millions de personnes bénéficiaires à travers l’Afrique. Selon une source de cette institution, le premier projet financé par la Banque Africaine de Développement remonte à l’année 1967. Il concerne des voies routières au Kenya. Dans ce cadre, l’Institution africaine précise que la quasi-totalité des pays membres de la BAD ont bénéficié de financements.

L’Algérie est le pays qui en a le moins profité. Au total, l’Algérie a reçu une somme de 760 millions de dollars de financements durant la période 1967-2017 (1 200 km de routes bitumées et renforces, l’équipement du port de Djendjen (wilaya de Jijel) et l’amélioration du réseau ferroviaire).

Coté tunisien, le financement de la BAD dans le secteur du transport concerne 14 projets, portant renforcement de 5 300 km de routes, construction d’une autoroute, de l’aéroport d’Enfidha en plus de la modernisation du réseau ferroviaire.

Pour sa part, le Maroc a bénéficié d’un financement de 14 projets portant renforcement de 6 000 km de routes, la construction ou la modernisation de 7 aéroports, la construction d’une autoroute, et la construction de 290 km de voies ferrées ainsi que le financement du port de Nador.

Quant à la Mauritanie, elle a été financée pour la construction de son réseau de transport.

Pour le reste, l’Afrique de l’Ouest vient ensuite, avec, notamment, comme locomotive la Côte d’Ivoire, qui a bénéficié récemment de méga projets de transport urbain. Quant aux types de transport soutenus, les projets routiers sont les plus nombreux. D’autres viennent consolider d’importants axes de circulation déjà existants, qui interconnectent les capitales africaines et les relient aux principaux ports, facilitant les échanges commerciaux. Au total, ce sont plus de 40 000 km de routes qui ont été bitumées via des financements de la banque.

Rencontre des partenaires du fonds fiduciaire mauritanien BACoMaB à Marseille

Le Conseil d’Administration et le groupe des bailleurs du Fonds Fiduciaire du Banc d’Arguin et de la Biodiversité Côtière et Marine, BACoMaB, fonds auquel l’AFD et le FFEM contribuent, ont tenu leurs réunions annuelles du 25 au 27 avril 2017 à Marseille, à l’invitation du FFEM.

Cette rencontre a été l’occasion d’échanger sur les avancées de ce fonds fiduciaire créé en 2009 pour financer, sur le long terme, la biodiversité côtière et marine du littoral mauritanien.

Une rencontre qui donne l’occasion de dresser le bilan des activités et de partager les expériences

Les réunions du Comité d’Administration et du Groupe des bailleurs ont été l’occasion de présenter les activités réalisées sur 2015-2016 et de discuter du plan stratégique de BACoMaB pour la période 2018-2028, outil nécessaire pour garantir sur le long terme le fonctionnement et la gestion efficace d’un réseau d’aires marines protégées (AMP) mauritaniennes.

BacoMab est un fonds fiduciaire de conservation qui appuie notamment le Parc National du Banc d’Arguin (PNBA), le Parc National du Diawling (PND) et d’autres aires protégées marines et côtières de Mauritanie.

En contribuant à la capitalisation de BACoMaB à hauteur d’un million d’euros aux côtés d’autres bailleurs*, le FFEM encourage depuis 2013 la mise en place d’un outil de financement indépendant et pérenne, permettant aux aires marines protégées de mettre en œuvre les activités prévues dans leurs plans d’aménagement et de gestion, au travers de subventions annuelles issues des revenus générés par le capital.

Substances NRBC : renforcer les capacités de détection et de contrôle aux frontières en Afrique du Nord et au Sahel

Alors que la circulation des biens et des personnes est en constante augmentation, les risques posés par la menace NRBC deviennent plus prégnants dans la région sahélo-saharienne. Le projet 55, lancé en octobre 2016, vise à renforcer la sécurité aux frontières des pays partenaires de la zone pour atténuer ces risques, en améliorant la cohésion, la coopération et la cohérence de leurs actions.

Au croisement des routes traditionnelles du commerce mais aussi de la contrebande, du crime organisé et des réseaux terroristes, les régions du Sahel et du Sahara sont d’un enjeu stratégique majeur. La présence de groupes terroristes, la porosité de certaines frontières et la présence de matières premières pouvant représenter un risque, comme l’uranium au Niger, expliquent l’intérêt porté par la Commission européenne à cette zone.

 

Le projet 55 est financé par l’Union européenne à hauteur de 3,5 M€ et mis en œuvre par Expertise France dans 7 pays : Algérie, Burkina Faso, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger et Tunisie. Il vise principalement à :

Faire l’inventaire des législations nationales en matière de risques NRBC et identifier les améliorations à apporter pour les aligner sur les standards internationaux ;

Réaliser un état des lieux des moyens dont disposent les pays partenaires pour assurer la gestion des risques NRBC (moyens humains, centres de formation, équipements, etc.) ;

Créer une dynamique régionale pour renforcer la sécurité aux frontières via la formation des forces de sécurité (sécurité aux frontières, sécurité intérieure et sécurité civile) des pays partenaires.

Un séminaire réunissant les différentes équipes NRBC nationales sera organisé en avril 2017 en Algérie. L’objectif : établir avec les parties prenantes une vision partagée du projet et définir une charte de travail entre les différents intervenants. Le projet sera clôturé par un exercice régional de grande ampleur courant 2019.

Le projet 55, mis en œuvre en partenariat avec le SGDSN , l’Université de Liège, les douanes française et belge, l’ ISEMI et le SCJS , s’inscrit dans le cadre de l’initiative des centres d’excellence NRBC de l’Union européenne. Lancée en 2010, cette initiative vise à répondre au déficit de capacités institutionnelles de nombreux pays en matière de gestion des risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques.

Source expertisefrance.fr

Mauritanie: le président Ould Abdelaziz procède à un remaniement ministériel

Le remaniement, opéré « sur proposition » du Premier ministre Yehya Ould Heddamine, a touché quatre départements et consisté en l’entrée de deux personnalités proches de la majorité gouvernementale.

 

Ainsi, Mohamed Ould Jebril, directeur de cabinet du chef de gouvernement, a hérité du ministère de la Jeunesse et des Sports, dont la titulaire de poste, Kouba Ma, est nommée à la tête de la Fonction publique, du Travail et de la Modernisation de l’Administration.

 

Mme Meymouna Mint Taghi, députée de l’Union pour la République (UPR, au pouvoir), a pris les commandes du ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la famille, en remplacement d’Ali Ould Mohamed Khouna.

 

Ce dernier est resté au gouvernement en se voyant confier l’important portefeuille de l’Equipement et des Transports, après la sortie d’Ahmed Salem Ould Abderaouf, en compagnie de la ministre des Affaires sociales, Fatima Mint Habib.

 

Il s’agit du cinquième remaniement subi par le gouvernement Yehya Ould Heddamine, en fonction depuis août 2014 suite à la réélection du président Ould Abdelaziz pour un deuxième mandat à la magistrature suprême.

 

Le nouveau changement intervient sur fond du débat autour du projet de révision constitutionnelle proposé récemment par le chef de l’Etat, en concrétisation des résultats du dialogue politique entre la majorité et une partie de l’opposition, en octobre dernier.

 

L’amendement envisagé de la Loi fondamentale rencontre une farouche résistance de l’opposition radicale, qui rejette plusieurs de ses dispositions, en particulier l’annulation du Sénat (chambre haute du Parlement) et le changement de l’hymne et du drapeau nationaux.