Mauritanie: Le blasphème sera systématiquement passible de la peine de mort

Dix jours après l’allégement de la peine d’un blogueur jugé pour « mécréance », le gouvernement durcit considérablement sa législation.
Le gouvernement mauritanien a adopté un projet de loi durcissant la législation contre les auteurs d’apostasie et de blasphèmes, qui seront désormais passibles de la peine de mort, sans tenir compte d’un éventuel repentir, a indiqué l’agence officielle mauritanienne AMI.
« Le présent projet de loi vise à abroger et remplacer l’article 306 du Code Pénal en vue de durcir les peines prévues à l’encontre du blasphémateur », a précisé le gouvernement. « Chaque musulman, homme ou femme, qui se moque ou outrage Allah ou Son Messager (Mahomet) – Paix et Salut sur Lui – ses anges, ses livres ou l’un de ses Prophètes est passible de la peine de mort, sans être appelé à se repentir. Il encourt la peine capitale même en cas de repentir », stipule le texte, selon le ministre de la Justice, Brahim Ould Daddah.
Pourvoi en cassation
Le 9 novembre, un Mauritanien détenu depuis près de quatre ans pour un billet de blog jugé blasphématoire avait vu sa condamnation à mort convertie en une peine de prison de deux ans. La décision de la Cour d’appel de Nouadhibou (nord-ouest), saluée notamment par Amnesty International, avait provoqué un tollé dans cette république islamique.
Le parquet s’est pourvu en cassation pour à nouveau réclamer la peine capitale. Et des fidèles avaient manifesté le lendemain, à la sortie de la grande prière du vendredi, pour réclamer la « potence ». Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir, un musulman âgé d’une trentaine d’années, était en détention depuis janvier 2014 pour avoir critiqué sur internet l’utilisation de la religion pour justifier certaines discriminations dans la société mauritanienne.
Selon M. Ould Daddah, l’article qui accordait la possibilité du repentir aux fautifs « avait été fait dans une époque particulière, mais aujourd’hui les faits ont changé et la loi doit évoluer en conséquence ». Selon le ministre de la Justice, cette nouvelle disposition, qui n’aura « pas d’effet rétroactif », doit remplacer l’ancien texte, en vigueur depuis 1983.
Une source sécuritaire avait affirmé que le jeune homme avait été libéré et conduit à Nouakchott, où la gendarmerie veillait à sa sécurité. Cependant, le ministre a affirmé qu’il se trouve « toujours à Nouadhibou ». Des mouvements religieux ont lancé des appels à manifester à nouveau vendredi pour réclamer l’application de la charia.
Le jeune homme avait été reconnu coupable d’apostasie et condamné à mort le 24 décembre 2014 par la Cour criminelle de Nouadhibou. Le 21 avril 2016, la Cour d’appel de Nouadhibou avait confirmé la peine de mort mais en requalifiant les faits en « mécréance », une accusation moins lourde prenant en compte le repentir de l’accusé, puis renvoyé son dossier devant la Cour suprême. Celle-ci avait ordonné un nouveau procès.
La peine capitale n’a plus été appliquée en Mauritanie depuis 1987.

europemaghreb.fr, une présentation rajeunie

Nous avons le plaisir de vous proposer la nouvelle version de notre site d’information europemaghreb.fr & Partenariat Europe Maghreb, édité à Paris.
Depuis bientôt vingt ans, par des informations brèves et précises, nous offrons un panorama sur l’actualité des deux rives, permettant de suivre les principaux secteurs d’activités de l’Algérie, de la Libye, du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie, soit du Grand Maghreb.
Face au pari de la mondialisation, il nous paraît vital de développer une coopération euro-maghrébine positive, dans le respect des identités et sans ingérences.
C’est la vocation, depuis ses débuts, de Partenariat Europe Maghreb & europemaghreb.fr
Au delà d’une actualité passionnante, il s’agit aussi, et plus simplement, de découvrir ou de redécouvrir combien des siècles d’échanges économiques, scientifiques, culturels, etc. nous ont enrichi et nous enrichissent encore.

Hugues Wagner
directeur de la publication

Transports/Maghreb : la Tunisie et le Maroc premiers bénéficiaires des financements de la BAD

Au niveau maghrébin, les aides ont profité beaucoup plus à la Tunisie et au Maroc qui ont reçu respectivement 2,7 milliards de dollars et 2 milliards de dollars. Ils sont suivis par la Mauritanie qui a bénéficié de 90 millions de dollars. Concernant la nature de ces projets de transport qui ont profité aux pays du continent, la banque africaine précise qu’il s’agit de construction de routes, de ports, d’aéroports et de voies ferrées pour 450 millions de personnes bénéficiaires à travers l’Afrique. Selon une source de cette institution, le premier projet financé par la Banque Africaine de Développement remonte à l’année 1967. Il concerne des voies routières au Kenya. Dans ce cadre, l’Institution africaine précise que la quasi-totalité des pays membres de la BAD ont bénéficié de financements.

L’Algérie est le pays qui en a le moins profité. Au total, l’Algérie a reçu une somme de 760 millions de dollars de financements durant la période 1967-2017 (1 200 km de routes bitumées et renforces, l’équipement du port de Djendjen (wilaya de Jijel) et l’amélioration du réseau ferroviaire).

Coté tunisien, le financement de la BAD dans le secteur du transport concerne 14 projets, portant renforcement de 5 300 km de routes, construction d’une autoroute, de l’aéroport d’Enfidha en plus de la modernisation du réseau ferroviaire.

Pour sa part, le Maroc a bénéficié d’un financement de 14 projets portant renforcement de 6 000 km de routes, la construction ou la modernisation de 7 aéroports, la construction d’une autoroute, et la construction de 290 km de voies ferrées ainsi que le financement du port de Nador.

Quant à la Mauritanie, elle a été financée pour la construction de son réseau de transport.

Pour le reste, l’Afrique de l’Ouest vient ensuite, avec, notamment, comme locomotive la Côte d’Ivoire, qui a bénéficié récemment de méga projets de transport urbain. Quant aux types de transport soutenus, les projets routiers sont les plus nombreux. D’autres viennent consolider d’importants axes de circulation déjà existants, qui interconnectent les capitales africaines et les relient aux principaux ports, facilitant les échanges commerciaux. Au total, ce sont plus de 40 000 km de routes qui ont été bitumées via des financements de la banque.

Rencontre des partenaires du fonds fiduciaire mauritanien BACoMaB à Marseille

Le Conseil d’Administration et le groupe des bailleurs du Fonds Fiduciaire du Banc d’Arguin et de la Biodiversité Côtière et Marine, BACoMaB, fonds auquel l’AFD et le FFEM contribuent, ont tenu leurs réunions annuelles du 25 au 27 avril 2017 à Marseille, à l’invitation du FFEM.

Cette rencontre a été l’occasion d’échanger sur les avancées de ce fonds fiduciaire créé en 2009 pour financer, sur le long terme, la biodiversité côtière et marine du littoral mauritanien.

Une rencontre qui donne l’occasion de dresser le bilan des activités et de partager les expériences

Les réunions du Comité d’Administration et du Groupe des bailleurs ont été l’occasion de présenter les activités réalisées sur 2015-2016 et de discuter du plan stratégique de BACoMaB pour la période 2018-2028, outil nécessaire pour garantir sur le long terme le fonctionnement et la gestion efficace d’un réseau d’aires marines protégées (AMP) mauritaniennes.

BacoMab est un fonds fiduciaire de conservation qui appuie notamment le Parc National du Banc d’Arguin (PNBA), le Parc National du Diawling (PND) et d’autres aires protégées marines et côtières de Mauritanie.

En contribuant à la capitalisation de BACoMaB à hauteur d’un million d’euros aux côtés d’autres bailleurs*, le FFEM encourage depuis 2013 la mise en place d’un outil de financement indépendant et pérenne, permettant aux aires marines protégées de mettre en œuvre les activités prévues dans leurs plans d’aménagement et de gestion, au travers de subventions annuelles issues des revenus générés par le capital.

Substances NRBC : renforcer les capacités de détection et de contrôle aux frontières en Afrique du Nord et au Sahel

Alors que la circulation des biens et des personnes est en constante augmentation, les risques posés par la menace NRBC deviennent plus prégnants dans la région sahélo-saharienne. Le projet 55, lancé en octobre 2016, vise à renforcer la sécurité aux frontières des pays partenaires de la zone pour atténuer ces risques, en améliorant la cohésion, la coopération et la cohérence de leurs actions.

Au croisement des routes traditionnelles du commerce mais aussi de la contrebande, du crime organisé et des réseaux terroristes, les régions du Sahel et du Sahara sont d’un enjeu stratégique majeur. La présence de groupes terroristes, la porosité de certaines frontières et la présence de matières premières pouvant représenter un risque, comme l’uranium au Niger, expliquent l’intérêt porté par la Commission européenne à cette zone.

 

Le projet 55 est financé par l’Union européenne à hauteur de 3,5 M€ et mis en œuvre par Expertise France dans 7 pays : Algérie, Burkina Faso, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger et Tunisie. Il vise principalement à :

Faire l’inventaire des législations nationales en matière de risques NRBC et identifier les améliorations à apporter pour les aligner sur les standards internationaux ;

Réaliser un état des lieux des moyens dont disposent les pays partenaires pour assurer la gestion des risques NRBC (moyens humains, centres de formation, équipements, etc.) ;

Créer une dynamique régionale pour renforcer la sécurité aux frontières via la formation des forces de sécurité (sécurité aux frontières, sécurité intérieure et sécurité civile) des pays partenaires.

Un séminaire réunissant les différentes équipes NRBC nationales sera organisé en avril 2017 en Algérie. L’objectif : établir avec les parties prenantes une vision partagée du projet et définir une charte de travail entre les différents intervenants. Le projet sera clôturé par un exercice régional de grande ampleur courant 2019.

Le projet 55, mis en œuvre en partenariat avec le SGDSN , l’Université de Liège, les douanes française et belge, l’ ISEMI et le SCJS , s’inscrit dans le cadre de l’initiative des centres d’excellence NRBC de l’Union européenne. Lancée en 2010, cette initiative vise à répondre au déficit de capacités institutionnelles de nombreux pays en matière de gestion des risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques.

Source expertisefrance.fr

Mauritanie: le président Ould Abdelaziz procède à un remaniement ministériel

Le remaniement, opéré “sur proposition” du Premier ministre Yehya Ould Heddamine, a touché quatre départements et consisté en l’entrée de deux personnalités proches de la majorité gouvernementale.

 

Ainsi, Mohamed Ould Jebril, directeur de cabinet du chef de gouvernement, a hérité du ministère de la Jeunesse et des Sports, dont la titulaire de poste, Kouba Ma, est nommée à la tête de la Fonction publique, du Travail et de la Modernisation de l’Administration.

 

Mme Meymouna Mint Taghi, députée de l’Union pour la République (UPR, au pouvoir), a pris les commandes du ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la famille, en remplacement d’Ali Ould Mohamed Khouna.

 

Ce dernier est resté au gouvernement en se voyant confier l’important portefeuille de l’Equipement et des Transports, après la sortie d’Ahmed Salem Ould Abderaouf, en compagnie de la ministre des Affaires sociales, Fatima Mint Habib.

 

Il s’agit du cinquième remaniement subi par le gouvernement Yehya Ould Heddamine, en fonction depuis août 2014 suite à la réélection du président Ould Abdelaziz pour un deuxième mandat à la magistrature suprême.

 

Le nouveau changement intervient sur fond du débat autour du projet de révision constitutionnelle proposé récemment par le chef de l’Etat, en concrétisation des résultats du dialogue politique entre la majorité et une partie de l’opposition, en octobre dernier.

 

L’amendement envisagé de la Loi fondamentale rencontre une farouche résistance de l’opposition radicale, qui rejette plusieurs de ses dispositions, en particulier l’annulation du Sénat (chambre haute du Parlement) et le changement de l’hymne et du drapeau nationaux.

Mauritanie: prison pour des anti-esclavagistes

Le parquet a requis jeudi une peine de trois ans de prison ferme au procès de trois militants anti-esclavagistes jugés pour “appartenance à une organisation non autorisée”, devant un tribunal mauritanien.

 

“Le procureur (du tribunal correctionnel de Nouakchott) a requis trois ans de prison ferme contre les trois hommes assortis d’amendes” dont le montant n’a pas été précisé, a affirmé une source judiciaire. Les trois prévenus, tous membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), une ONG anti-esclavagiste, ont plaidé non coupables.

 

La plaidoirie des avocats de la défense a commencé jeudi soir. Le procès est ouvert depuis le 5 février. Les trois membres de l’IRA avaient été arrêtés lors d’une manifestation organisée par ses sympathisants après l’arrestation en novembre 2014 du chef de leur organisation, Biram Ould Dah Ould Abeid, et de neuf de ses camarades. Biram Ould Abeid, candidat à l’élection présidentielle de juin 2014, et deux autres militants anti-esclavagistes ont été condamnés le 15 janvier 2015 à deux ans de prison ferme par une Cour correctionnelle à Rosso (sud), pour notamment “appartenance à une organisation non autorisée”. Les sept autres avaient été relaxés. Depuis 2007, les personnes reconnues coupables d’esclavagisme y encourent des peines pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison mais le phénomène et les pratiques qui y sont liées perdurent néanmoins, selon des ONG.

Parution du récit «historique» d’un détenu mauritanien de Guantanamo

Cette semaine paraît en France un livre exceptionnel intitulé Carnets de Guantanamo. Il s’agit du journal intime d’un Mauritanien soupçonné d’appartenir à al-Qaïda et détenu depuis août 2002 dans la terrible prison militaire américaine. C’est la première fois qu’un prisonnier toujours détenu à Guantanamo raconte sa captivité, et notamment les nombreuses tortures et humiliations qu’il a subies.

Il s’appelle Mohamedou Ould Slahi. Il est Mauritanien, âgé de 44 ans, et le récit qu’il publie cette semaine dans vingt pays était très attendu. Mohamedou Ould Slahi est détenu à Guantanamo depuis août 2002. Dans son journal intime, paru ce jeudi en France, il raconte les tortures qu’il a subies dans le centre de détention militaire américain situé à Cuba.

Au cours de la longue procédure ayant conduit à déclassifier ce document, Mohamedou Ould Slahi a vu ses écrits être retouchés et amendés plus de 2 500 fois! Samedi dernier, The Guardian a publié de larges extraits de son texte (en anglais).

Bénédicte Lombardo, responsable du domaine étranger chez Michel Lafon, maison d’édition de Carnets de Guantanamo en France, explique en quoi ce livre constitue selon elle un « document unique à portée historique » :

« C’est la première fois qu’un détenu à Guantanamo, qui est encore emprisonné, réussit à faire publier son manuscrit. Grâce à ses avocats américains, et grâce à un éditeur américain, ils ont réussi à publier ses carnets.

Ils sont rédigés en anglais ; c’est une langue qu’il a apprise pendant sa détention. Il y a des pages entières et certains passages – ou certains mots, certains noms de personnes -, qui ont été barrés en noir. Ça apparaît dans le livre ainsi.

On n’avait pas le droit de citer notamment tous les noms des gardiens, des personnes qui l’ont interrogé, de ses codétenus, etc. Tout cela est censuré.

Mohamedou Ould Slahi a montré qu’il était un vrai écrivain. Il a une façon de raconter tout son parcours et son emprisonnement de façon très personnelle, très touchante.

C’est un récit à la fois terrifiant bien sûr, mais aussi drôle, très élégant, et qui donne vraiment une vision de ce qui se passe réellement à Guantanamo. C’est un document exceptionnel. »

avec RFI

Libye “libérée” : Cinq pays du Sahel appellent l’ONU ou l’OTAN à ré-intervenir

Cinq pays du Sahel, en accord avec l’Union africaine (UA), ont appelé vendredi 19 décembre l’ONU à mettre en place une force internationale « pour neutraliser les groupes armés » en Libye.

Le Tchad, le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso, rassemblés au sein du Groupe des cinq du Sahel – aussi appelé G5 Sahel – à Nouakchott, capitale de la Mauritanie, saluent « les efforts déployés par les pays voisins » de la Libye et l’ONU « en vue de réunir les conditions d’un dialogue entre toutes les parties libyennes à l’exception des groupes terroristes reconnus comme tels », selon le communiqué final de leur sommet. « Néanmoins, le G5 Sahel lance un appel au Conseil de sécurité des Nations unies pour la mise en place, en accord avec l’Union africaine, d’une force internationale pour neutraliser les groupes armés, aider à la réconciliation nationale et mettre en place des institutions démocratiques stables » en Libye, ajoute le communiqué.

Lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet, le chef de l’Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, également président en exercice de l’Union africaine, a assuré que le G5 Sahel avait « officiellement » saisi l’UA et l’ONU de la question, sans préciser la forme de la requête ni indiquer à quelle date elle a été formulée.

 

« Les instances élues, notamment le Parlement libyen élu, ont besoin de force pour mettre en œuvre leurs programmes de développement, dans la paix et la stabilité », a-t-il estimé. La Libye est plongée dans le chaos depuis le renversement du colonel Mouammar Kadhafi par la France de Sarkozy au terme de huit mois de conflit en 2011. Livré aux milices, le pays est dirigé par deux Parlements et deux gouvernements – l’un proche des milices islamistes et l’autre reconnu par les Occidentaux – qui se disputent le pouvoir.

 

Ces derniers jours, plusieurs dirigeants africains ont souligné la menace que constituent pour les pays sahélo-sahariens le djihadisme et les trafics transfrontaliers en tous genres en provenance du sud de la Libye, aux confins de l’Algérie, du Niger et du Tchad.

Une partie des djihadistes refoulés du Mali, dont l’Algérien Mokhtar Belmokhtar et le Malien Iyad Ag Ghali, se sont retranchés dans cette région par où transitent les trafics d’armes prélevées sur les gigantesques stocks du colonel Kadhafi. « Aucune armée africaine ne peut aller détruire en Libye le terrorisme (…). Il n’y a que l’OTAN qui en a les moyens », avait soutenu à Dakar le président tchadien, Idriss Déby.

 

« Si on veut résoudre le problème du Sahel, il faut s’occuper de la Libye. Nous pourrons les accompagner », a insisté M. Déby, dont le pays, puissance régionale, est militairement présent au Mali pour lutter contre les djihadistes depuis 2013.

Esclavage : plus de 36 millions de victimes dans le monde

L’Inde est le pays du monde où les victimes de l’esclavage sont les plus nombreuses, la Mauritanie celui où la proportion de la population touchée est la plus importante, l’Afrique et l’Asie les continents les plus touchés par ce fléau. Telles sont les conclusions, dévoilées ce lundi, d’une étude menée par une organisation de défense des droits de l’homme, la Fondation Walk Free.

 

L’organisation a comptabilisé 35,8 millions d’hommes de femmes et d’enfants réduits en esclavage. Ce chiffre est en hausse de 20% par rapport à 2013, non pas à cause d’une explosion du nombre de cas, mais en raison d’une meilleure méthodologie. «L’esclavage moderne est présent dans l’ensemble des 167 pays» couverts par l’étude, avance la Fondation : il peut s’agir de traite d’êtres humains, d’exploitation sexuelle, de travail forcé, de servitude pour dette ou de mariage forcé ou arrangé.

 

Cinq pays concentrent à eux seuls 61% des personnes exploitées : l’Inde, où «existent toutes les formes d’esclavage moderne», concentre 14,3 millions de victimes, devant la Chine, (3,2 millions), le Pakistan (2,1), l’Ouzbékistan (1,2) et la Russie (1,1). Suivent le Nigeria, la République démocratique du Congo, l’Indonésie, le Bangladesh et la Thaïlande.

 

 

En Mauritanie, 4% de la population est touchée, soit la plus forte proportion au monde. «L’esclavage est enraciné dans la société mauritanienne», souligne le rapport, expliquant que les «Maures noirs», descendants de Noirs asservis par les Arabes berbères arrivés en Mauritanie au XIe siècle, continuent de servir de génération en génération les «Maures blancs». «Le statut d’esclave est héréditaire», constate la Fondation. La Mauritanie est suivie, dans ce classement établi sur la proportion de personnes réduites à l’esclavage par rapport à la population du pays, par l’Ouzbékistan (3,97%). Là-bas, chaque automne, plusieurs millions d’Ouzbeks, hommes, femmes et enfants, sont contraints par le gouvernement de participer à la récolte du coton, dont le pays est un des plus grands producteurs.

 

 

Viennent ensuite Haïti, et ses «restaveks», des enfants pauvres placés comme domestiques dans des familles riches, et le Qatar et ses milliers de travailleurs migrants souvent d’origine asiatique, exploités sur des chantiers ou comme domestiques dans des familles. Suivent l’Inde, le Pakistan, la RD Congo, le Soudan, la Syrie, et la Centrafrique.

 

Quelque 8600 victimes en France

 

En bas du classement, l’Islande et le Luxembourg sont les deux pays les plus exemplaires, avec seulement 100 victimes chacun. Ils sont suivis par l’Irlande (moins de 300 victimes). La France compte 8.600 victimes.

 

Même si l’Europe dispose de la proportion de personnes exploitées la plus faible (1,6%), elle compte quand même 566.200 victimes, souvent d’une exploitation sexuelle ou économique. La Bulgarie, la République Tchèque et la Hongrie arrivent en tête des mauvais pays européens, mais c’est la Turquie qui compte le plus grand nombre de cas (185.500), dont notamment des mariages d’enfants, du travail forcé et de la prostitution.

 

Hormis la Corée du Nord, tous les pays ont mis en place des lois pour criminaliser certaines formes d’esclavage moderne. Le rapport note cependant que seuls trois gouvernements (Etats-unis, Brésil et Australie) ont mis en place des mesures pour endiguer l’esclavage moderne dans les marchés publics et les chaînes logistiques des entreprises établies dans leur pays.

 

Source LeParisien.fr avec_afp.jpg