Un Canadien soupçonné d’espionnage au profit des Etats-Unis arrêté en Libye

Douglas Oriali est accusé de collaborer avec les services de renseignements américains dans un but bien précis : faire échouer le projet de forage de BP au large des côtes libyennes. Un épisode qui pourrait être lié à la remise en liberté d’Abdelbaset al-Megrahi, un Libyen condamné pour l’attentat de Lockerbie qui avait fait 270 morts en Ecosse en 1988.

On en sait peu sur l’identité réelle de Douglas Oriali, si ce n’est qu’en plus d’être canadien, il détient aussi les nationalités irlandaise et australienne.

A son arrivée en Libye, il s’est présenté comme un simple touriste passionné d’archéologie, mais il a vite intrigué les autorités. En particulier, une prise de contact étrange avec un diplomate en poste en Libye, diplomate soupçonné de travailler pour les services secrets américains.

Mis sous surveillance, Douglas Oriali a donc été empêché de quitter le pays, interrogé et fermement incité à livrer le contenu de son ordinateur et de son téléphone portable.

Il aurait voulu saboter un projet de forage pétrolier mené par la compagnie britannique BP en Libye. Un chantier colossal que BP aurait obtenu, si l’on en croit la thèse américaine, en favorisant l’extradition d’Abdelasset al-Megrahi vers la Libye en 2009 pour raisons de santé.

Les Etats-Unis n’ont jamais accepté la libération de ce Libyen condamné pour l’attentat de Lockerbie, en Ecosse, qui a fait 270 victimes, en majorité américaines. Si la thèse de Tripoli se confirme, on aurait donc un espion américain venu en Libye faire échouer par mesure de rétorsion un projet industriel britannique.


Lockerbie : Megrahi réellement très malade

Le principal suspect de l’attentat de Lockerbie, en 1988, Abdelbaset al-Megrahi, libéré en août 2009, d’une prison écossaise en raison d’un cancer en phase terminale, peut se lever de son lit mais est très malade, a affirmé le père d’une victime qui l’a rencontré en Libye.

Jim Swire, dont la fille Flora âgée de 23 ans était parmi les 270 victimes de l’attentat, a indiqué à l’agence Press Association (PA) qu’il avait passé une heure avec Megrahi dans une chambre d’hôpital, mardi dernier à Tripoli. « J’ai été très soulagé de le voir aussi bien. C’est un homme très malade mais il peut se lever de son lit et marcher même s’il ne va pas très loin », a affirmé Swire, un Britannique âgé de 74 ans, qui l’avait déja rencontré dans une prison écossaise en décembre 2008.

« Je pense qu’une des raisons pour lesquelles il a vécu si longtemps est qu’il reçoit un bon traitement en Libye et qu’il se trouve auprès de sa famille, de sa communauté, et dans son pays », a-t-il affirmé. Megrahi, un ancien agent des services secrets libyens, avait été condamné à la prison à vie avec une peine de sûreté de 27 ans pour l’explosion d’un avion de la Pan Am le 21 décembre 1988 au-dessus du village écossais de Lockerbie qui avait causé la mort de 270 personnes en majorité américaines.

Il a toujours nié toute implication dans l’attentat. Megrahi, atteint d’un cancer et à qui les médecins donnait trois mois de vie, avait été libéré en 2009 par le gouvernement écossais et avait été reçu en héros à son retour en Libye provoquant la colère des familles des victimes en majorité américaines de l’attentat.

Source AFP


La Libye vole au secours des malades camerounais du choléra

Un avion-cargo libyen chargé de médicaments et de chlore pour traitement de l’eau a atterri hier à l’aéroport de Garoua, le chef lieu de la région du Nord, avec à son bord des médecins.

De sources diplomatiques, ce cargo, dépêché dans la partie septentrionale du Cameroun par le guide libyen Mouamar Kadhafi vient soulager les souffrances des populations du nord du pays touchées depuis bientôt deux mois par une épidémie de choléra.

Le gouvernement camerounais, dépassé par l’ampleur de l’épidémie, aurait sollicité et obtenu cette aide.

Sommet de concertation du groupe 5+5 à Tripoli (Libye)

Un sommet de concertation du groupe du 5+5 s’est tenu à Tripoli (Libye) sous la présidence du Guide de la Révolution libyenne, le Colonel Kadhafi.

Les travaux de ce sommet se sont déroulés à huis clos. Dans une déclaration à la presse à l’issue de cette réunion, le ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa, a indiqué que les pays membres du groupe ont convenu de développer davantage ce cadre de concertation et de mettre en place des mécanismes de coopération à même de servir les intérêts des peuples des pays membres.

Il a fait également savoir que les participants ont eu à se concerter sur plusieurs questions, notamment la pollution en Méditerranée et l’immigration clandestine, ajoutant que les pays membres ont décidé de tenir la prochaine réunion au sommet du groupe à Malte.


Kadhafi lance un appel pour que l’islam devienne «la religion de toute l’Europe»

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi effectuait lundi à Rome une visite officielle haute en couleurs et marquée par des polémiques en particulier un appel pour que l’Islam devienne «la religion de toute l’Europe».

Tente bédouine plantée dans le jardin de l’ambassadeur de Libye, chevaux acheminés par vol spécial de Tripoli et surtout deux rencontres avec des jeunes femmes parsemées de déclarations provocatrices: Kadhafi a multiplié les frasques depuis son arrivée dimanche.

Venu célébrer avec son ami Silvio Berlusconi le deuxième anniversaire du traité d’amitié du 30 août 2008, qui a mis fin au contentieux sur la période coloniale, Kadhafi a donné dimanche soir puis lundi après-midi deux leçons sur l’Islam respectivement à 500 puis 200 femmes, sélectionnées par une agence d’hôtesses et rémunérées à hauteur de 80 euros.

La présidente du Centre italien féminin, Maria Pia Campanile, a critiqué cette «rencontre entre le dictateur-sultan libyen Kadhafi et un groupe consistant de jeunes filles recrutées à condition d’être jeunes, belles et de se taire».

«L’Europe doit se convertir à l’Islam», a dit le colonel Kadhafi, selon des membres de son auditoire de dimanche soir, soulevant une large polémique. Lundi, selon l’une des participantes, Kadhafi a récidivé affirmant que «les femmes sont plus respectées en Libye qu’en Occident» et invitant l’assistance à épouser des hommes libyens.

«L’Islam est la dernière religion et si l’on doit avoir une seule foi cela doit être la foi en Mahomet», a-t-il indiqué, selon la participante.

Mario Borghezio, membre du parti populaire de la Ligue du Nord (majorité au pouvoir) s’est inquiété d’un «projet dangereux d’islamisation de l’Europe» invitant à se méfier de Kadhafi et de sa «philosophie de marchand de tapis», dans une allusion aux gros contrats à la clé de sa visite en Italie.

En signe de protestation, le parti d’opposition Italie des valeurs a dressé lundi une «tente de la légalité» devant l’ambassade de Libye, affirmant vouloir décerner une «laurea hororis causa» à Kadhafi pour le manque de liberté et les atteintes aux droits de l’homme dans son pays.

Avec ses déclarations sur l’Islam, «l’objectif de Kadhafi est de faire croire qu’en Occident il n’y a pas de dignité, que l’Europe ne croit qu’à l’argent», a dénoncé Rocco Buttiglione, président du Parti chrétien-démocrate UDC (opposition).

La presse a évoqué l’achat d’armement italien par la Libye qui a déjà récemment accru sa présence au capital de la banque italienne Unicredit. Pour l’Italie, le traité d’amitié prévoit 5 milliards de dollars d’investissements en compensation de la colonisation, dont une autoroute de 1 700 km en Libye. Et le groupe Eni a prévu d’investir 25 milliards d’euros en Libye, décrite par son patron Paolo Scaroni comme la «pupille de ses yeux».

D’autre part, pour « stopper » l’immigration clandestine, « la Libye soutenue par l’Italie demande à l’Union européenne au moins 5 milliards d’euros par an », a déclaré hier le dirigeant libyen lors d’une cérémonie à Rome aux côtés de Silvio Berlusconi. Le chef du gouvernement italien n’a pas commenté cette demande d’aide libyenne ni l’affirmation du colonel Kadhafi qu’elle est soutenue par l’Italie.

Répondre à la demande libyenne est dans l’intérêt de l’Europe, qui sinon, « demain, avec l’avancée de millions d’immigrés, pourrait devenir l’Afrique », a affirmé le colonel Kadhafi, en fêtant à Rome le traité d’amitié Italie-Libye signé il y a deux ans pour mettre fin au contentieux colonial. La Libye « est la porte d’entrée de l’immigration non souhaitée » qu’il faut « stopper sur les frontières libyennes », a argué le dirigeant libyen.

Il a également invité les Libyens ayant des ressources à investir en Italie. « Il y a aussi une immigration souhaitée. Il y a des Libyens qui ont de l’argent et je les encourage à venir en Italie pour investir », a-t-il dit. Selon Mouammar Kadhafi, M. Berlusconi s’est ému en inaugurant hier une exposition photographique sur l’histoire des relations entre la Libye et l’ancienne puissance coloniale italienne. M. Berlusconi « a pleuré devant les photos relatives aux drames vécus par le peuple libyen, mais la chose importante est que cela ne se reproduise pas », a déclaré le colonel Kadhafi au cours d’un discours fleuve de 40 minutes.

Kadhafi en Italie pour l’anniversaire du traité d’amitié italo-libyen

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi est arrivé dimanche 29 août 2010 à Rome pour une visite marquant le deuxième anniversaire de la signature du traité d’amitié italo-libyen, qui a mis fin au contentieux colonial entre les deux pays. L’avion du numéro Un libyen a atterri à l’aéroport romain de Ciampino avec une heure et demie de retard sur l’horaire prévu. Vêtu d’un costume arabe traditionnel, le Colonel a été accueilli par le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini.

Premier caprice satisfait, près de 500 jeunes femmes recrutées par une agence d’hôtesses l’attendaient pour une leçon sur le Coran. Lundi 30 août dans l’après-midi il rencontrera le président du Conseil, Silvio Berlusconi, pour inaugurer une exposition de photos sur la période coloniale et suivre un colloque sur les relations entre la Libye et l’Italie.

Le soir, ils fêteront l’anniversaire du traité d’amitié italo-libyen en présence de 800 invités, dont de hauts dirigeants industriels, dans le centre hippique des carabiniers au nord de Rome. La fête sera en effet réhaussée par un spectacle équestre auquel participeront trente chevaux pur-sang et leurs cavaliers venus de Tripoli par un vol spécial.

Le colonel Kadhafi et Silvio Berlusconi devraient parler économie. Selon le traité, l’Italie s’est engagée à investir en Libye cinq milliards de dollars à titre de compensation de la période coloniale.


Un Tuniso-Israélien libéré après 5 mois de prison en Libye pour espionnage

Un Tuniso-Israélien, détenu pendant cinq mois en Libye sous l’accusation d’espionnage, a regagné lundi Israël accompagné du chef de la diplomatie, Avigdor Lieberman.
M. Lieberman, s’adressant à des journalistes à l’aéroport international Ben Gourion, près de Tel-Aviv, a salué l’attitude de la Libye dans les négociations ayant abouti à la libération de Rafael Hadad, qui possède la double nationalité tunisienne et israélienne.
« Ils (les Libyens) ont agi de manière très responsable. Je ne peux pas trop en parler mais leurs exigences étaient très raisonnables et logiques », a-t-il dit.
Rafael Hadad a refusé de répondre aux questions des journalistes. Il avait été arrêté en mars alors qu’il prenait des photos d’anciens biens juifs en Libye pour le compte d’une Société d’histoire judaïque basée en Israël. Il a été libéré et autorisé à quitter la Libye dimanche pour Vienne où M. Lieberman l’attendait.
Ce dernier a précisé que sa libération avait été le fruit de négociations compliquées et secrètes. « Il n’y a pas eu de fuites. Des dizaines de personnes étaient au courant » de l’affaire est restée jusqu’à dimanche sous le coup de la censure sur ordre de la justice, a-t-il souligné.
« C’est une personne privée qui s’est rendue (en Libye) pour les plus innocentes des raisons », a déclaré de son côté un porte-parole des Affaires étrangères israéliennes, Andy David.
Selon les médias israéliens, les négociations pour sa libération ont été menées sous la direction de M. Lieberman par l’intermédiaire d’un homme d’affaires autrichien, Martin Schlaff, réputé être un ami de Seif al-Islam Kadhafi, fils du guide libyen Mouammar Kadhafi. Israël avait aussi demandé aux Etats-Unis, à la France et à l’Italie d’intervenir auprès des Libyens.
En Libye, le journal Oéa proche de Seif al-Islam a affirmé que « l’espion israélien avait été expulsé après sa détention pour avoir photographié d’anciens monuments juifs à Tripoli. Il était arrivé depuis Tunis et avait aussi visité Benghazi et Derna (est). Il était prévu qu’il soit jugé mais l’intervention d’un médiateur européen a conduit à son expulsion vers Vienne ».
Un responsable israélien, qui a requis l’anonymat, a précisé à l’AFP qu’Israël avait notamment accepté en échange de cette libération de transférer 20 maisons préfabriquées données par la Libye à Gaza. Elles seraient actuellement entreposées dans le port égyptien d’Al-Arich.
Le 15 juillet, un cargo d’aide libyen, qui avait l’intention de forcer le blocus israélien de Gaza, a finalement accosté à Al-Arich où sa cargaison a été débarquée.
Il est à noter qu’Israël et la Libye n’entretiennent pas de relations diplomatiques.
Il est possible que Rafael Hadad ait commencé à inventorier certains anciens biens juifs prenant au mot le colonel Kadhafi qui a évoqué, dans le passé, une éventuelle compensation pour les juifs ayant abandonné leurs propriétés en Libye.

Libye : Le Darfour au centre des entretiens des présidents el-Béchir et Kadhafi

Malgré le mandat d’arrêt lancé contre lui par la Cour pénale internationale, le président soudanais Omar el-Béchir poursuit sa visite en Libye entamée depuis mercredi 4 août 2010. Lors de ses entretiens avec son homologue libyen Mouammar Kadhafi, il a notamment été question de la situation au Darfour, alors que le chef du principal mouvement rebelle darfouri, le MJE, est actuellement exilé à Tripoli.

A peine arrivé à l’aéroport militaire de Mitiga, près de Tripoli, le président soudanais s’est tout de suite rendu à Bab l’Azizia, la résidence de Mouammar Kadhafi pour un premier entretien avec le guide libyen. Selon l’agence libyenne Jana, les deux hommes ont parlé du Darfour et des moyens de ramener la paix dans la région.

Or Khalil Ibrahim, le leader du groupe rebelle darfouri MJE vit actuellement en exil à Tripoli. Et Mouammar Kadhafi, qui tente de jouer les médiateurs, aimerait bien voir Omar el-Béchir et Khalil Ibrahim se rapprocher à l’occasion de cette visite d’Etat.

Mais pour Ahmed Hussein, porte-parole du MJE, il n’en est pas question :

« Nous n’avons pas l’intention de partager quoique ce soit avec Omar el-Béchir. Nous n’avons pas l’intention de le rencontrer, lui ou un de ses représentants, car nous n’avons rien à lui dire. Entre nous maintenant c’est la guerre. Il fait couler le sang des déplacés. Pour nous, Khartoum n’a aucune volonté de négocier. Pour l’instant l’atmosphère n’est pas propice à une rencontre ».

Mouammar Kadhafi et Omar el-Béchir doivent évoquer leurs relations bilatérales, récemment refroidies par le cas Khalil Ibrahim. La Libye avait accueilli le chef rebelle suite à son expulsion du Tchad à la mi-mai. Le Soudan avait alors demandé son extradition et fait appel à Interpol, avant de fermer son poste-frontière avec la Libye, le 1er juillet dernier. Mesure officiellement prise à cause du banditisme et du trafic dans la région.


États-Unis d’Afrique : Kadhafi met 90 milliards de dollars à la disposition de l’Afrique

Lors des discussions sur les États-Unis d’Afrique au sommet de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) à N’Djamena, au Tchad, qui ont pris fin le 23 juillet, le président sénégalais Abdoulaye Wade a assuré que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi avait mis 90 milliards de dollars à la disposition de l’Afrique.

Libye : Pour une fois que Kadhafi a raison …

Issa K. Barry.

Et le Guide fait encore parler de lui ! C’est par le truchement d’une interview réalisée par la chaîne de télévision France 24.

Et une sortie du président libyen, Mouammar Kadhafi, passe rarement inaperçue. Quelques morceaux choisis nous démontrent que malgré l’âge, l’interviewé n’a pas perdu de sa superbe. Concernant la présence en Libye de Khalil Ibrahim, chef du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), le plus important des groupes rebelles du Darfour, il fait remarquer :

« Il est normal que sa présence en Libye préoccupe le Soudan et le Tchad. Nous lui avons cependant interdit de faire des déclarations, à moins que cela soit dans l’intérêt de la paix ou pour déposer les armes ». A propos d’Omar El-Béchir, le président soudanais, qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt international, il fustige : « Nous ne reconnaissons pas la Cour pénale internationale, qui est un instrument au service du colonialisme et du terrorisme international …

Il faudrait juger un certain nombre de dirigeants occidentaux et israéliens avant de juger El-Béchir ». A propos d’al-Qaida Maghreb, il balaie d’un revers de la main leur appartenance à « la nébuleuse » : « En réalité, il s’agit de petits groupes criminels comme les Brigades rouges en Italie. Ils ont commis des attentats, des kidnappings et des assassinats, cela n’a rien à voir avec l’islam ».

Et ce personnage haut en couleur de faire constater que Ben Laden n’est pas responsable des actes de ce groupuscule terroriste. « Ben Laden, dont cette organisation se revendique, peut se comporter comme un homme raisonnable, comme un cheikh, comme un théologien, il a notamment proposé la trêve à l’Europe. Je ne pense pas qu’il accepte ces groupes de la mort ».

Certes, beaucoup de provocation dans les propos. Une sortie de plus de la part du fantasque président, pourraient même conclure certains. Et pourtant, à notre sens, les propos du dernier invité VIP de ce média français comportent souvent quelques analyses édifiantes.

  • C’est, par exemple, le cas lorsqu’il aborde la question de l’attitude de ces terroristes qui revendiquent une religion, l’islam notamment, pour justifier leurs basses besognes. En effet, à aucun endroit, selon les érudits musulmans en tout cas, cette religion n’a encouragé la violence. Si ces soi-disant membres d’al-Qaida Maghreb construisaient des dispensaires ou des écoles, l’on n’y trouverait, par contre, rien à redire.

Malheureusement pour le président libyen, les préjugés sur sa personne ont la dent dure. D’un, ces propos sortent de la bouche d’un chef d’Etat que certains (à dessein ?) confinent dans le rôle d’amuseur de la galerie. De deux, quand le président libyen donne des leçons de bonne conduite, il est difficile pour lui d’occulter qu’il n’est souvent pas un exemple de vertu en la matière.

Nous reviennent en mémoire les charters d’émigrés africains renvoyés sans ménagement aucun dans leurs pays d’origine. Sans oublier les opérations de déstabilisation de pays africains pendant les années 80 et dirigées en sous-main par l’enfant terrible de Syrte. Sans non plus passer sous silence les attentats dans lesquels les services secrets libyens ont été impliqués.

Par contre, en matière de développement, le géniteur, dans son pays, du plus grand fleuve artificiel du monde, avec une longueur de canalisation de 4 200 kilomètres, n’a pas de leçon à recevoir de beaucoup de dirigeants, surtout pas ceux africains. Elle est aussi l’un des rares pays disposant de pétrole dans lequel l’éducation, la santé et le logement sont gratuits. La Libye est l’un des rares pays où lorsque vous allez dans une boulangerie pour payer une baguette de pain on vous l’offre gratuitement. De temps en temps, il faudrait donc prendre en compte certains points de vue de son dirigeant, même si ses actes sont souvent en contradiction avec son comportement.

« Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ». Cette phrase devenue proverbiale et dite à propos de quelqu’un qui se dispense d’appliquer les conseils qu’il donne à autrui s’applique bien à son attitude. Cependant, ne dit-on pas qu’il faut un fou du roi dans toute société bien organisée ? Alors, accordons de temps en temps au bouillant colonel quelques circonstances atténuantes.