Fin décevante du sommet UE/UA à Tripoli

Fin, hier, à Tripoli sur un constat d’échec, de deux jours de sommet Union africaine / Union européenne. Un sommet qui se termine sans accord et dont la déclaration finale souligne l’importance d’une coopération entre les deux parties. Une motivation commune qui n’a pas occulté plusieurs sujets de contentieux, comme les investissements ou le climat.

Aucun accord concret sur les dossiers importants et le sentiment de tourner en rond: tel est l’avis général. Mais comme le veut la tradition, il y a bien sur une déclaration dite déclaration de Tripoli dans laquelle les 80 dirigeants africains et européens affirment que leur coopération revêt une importance stratégique pour les deux parties.

Mais les divergences persistent notamment sur les accords de partenariats économiques. Tous reconnaissent néanmoins que de part et d’autre on a fait beaucoup de concessions.

A l’Afrique qui se plaint du manque d’investissement européen la réponse du président de la Commission de l’Union européenne est brève : « Nous lui versons plus de la moitié de l’aide au développement ».  Puis Jose Manuel Barroso martèle: « jamais un pays n’est passé d’une situation en développement à une situation de pays développé simplement avec de l’aide ».

L’Union européenne réaffirme tout de même son engagement à consacrer 0,7% de son produit intérieur brut à l’aide au développement d’ici 2015. Elle assure également qu’elle va injecter plus de 50 milliards d’euros dans le cadre de l’aide publique au développement.


Egypte/législatives: L’allié américain consterné

Les Etats-Unis ont fait part de leur déception et de leur consternation devant les accusations de fraudes, intimidations et autres anomalies lors des élections législatives égyptiennes dont le premier tour s’est tenu dimanche.

« Selon les rapports d’observateurs de la société civile, des représentants des candidats et des responsables officiels la conduite des élections (de dimanche) nous donne des raisons d’inquiétude », a déclaré le porte-parole du département d’Etat Philip Crowley. « Nous sommes déçus par les rapports concernant les obstacles aux activités des candidats de l’opposition pendant la période pré-électorale et les arrestations de leurs partisans, de même que par l’empêchement fait aux medias d’accéder à quelques représentants de l’opposition. Nous sommes également consternés par les observations d’intervention et d’intimidation des forces de sécurité », a-t-il poursuivi.

M. Crowley a ajouté que « ces irrégularités mettent en cause la justice et la transparence du processus électoral » et a appelé les observateurs internationaux à contrôler et à rapporter librement les faits qui se sont déroulés lors de ce scrutin.

L’opposition islamiste des Frères musulmans s’attendait à être laminée lors des élections législatives qu’ils accusent d’avoir été « truquées et non valides ».

Les organisations de défense des droits de l’homme qui ont suivi le scrutin dans le pays le plus peuplé du monde arabe ont relayé les protestations de l’opposition concernant les fraudes et la violence mais le gouvernement a persisté dans ses affirmations que le scrutin s’était bien déroulé.

Ahmadinejad accuse les responsables US d’avoir monté les fuites à Wikileaks

Les documents de l’administration américaine relatifs à l’Iran publiés dimanche par WikiLeaks sont « sans valeur » et ont un objectif « malveillant », a affirmé lundi le président Mahmoud Ahmadinejad lors d’une conférence de presse.

« Ces documents ont été préparés et diffusés par le gouvernement américain selon un plan et dans un objectif précis. Ils font partie d’une campagne de guerre de désinformation (contre l’Iran), mais n’auront pas l’impact politique désiré » par Washington, a-t-il affirmé.

Ces déclarations surviennent au lendemain de la divulgation par des médias occidentaux d’une partie du contenu de 250 000 câbles diplomatiques américains récupérés par le site WikiLeaks, dont un certain nombre font état notamment de l’inquiétude des voisins arabes de Téhéran face au programme nucléaire iranien.

L’Iran a obtenu auprès de la Corée du Nord des missiles très performants capables d’atteindre l’Europe, selon d’autres documents américains transmis par WikiLeaks et cités dimanche par le quotidien américain The New York Times. Cette dernière information est la seule qui retient l’attention de nombreux observateurs qui se posent de plus en plus de questions sur les « fuites » Wikileaks et rejoignent, parfois, les accusations du président iranien.

Selon ces documents Wikileaks,  Israël, mais aussi les pays du Golfe, ont fortement incité les Etats-Unis à la fermeté pour déjouer les présumées ambitions nucléaires militaires de l’Iran, le roi Abdallah d’Arabie saoudite soutenant l’option militaire.


Discussions ardues lors du sommet UE/UA en Libye

Les dirigeants européens et africains sont réunis depuis le lundi 29 novembre 2010 à Tripoli, en Libye, pour tenter de relancer un partenariat économique entre les deux continents, sur fond de contentieux sur des questions comme l’immigration, le commerce ou le climat. D’emblée, l’hôte de la réunion, le colonel Mouammar Kadhafi, a estimé que la mise en place d’un partenariat entre les deux continents avait échoué. Plus optimiste, le président de l’UE, Herman Van Rompuy, a estimé que le sommet de Tripoli, qui s’achève ce mardi, était « lui-même un signal fort. L’UE et l’Afrique sont appelées à collaborer et à saisir les opportunités offertes par notre potentiel combiné énorme ».

Les accords de partenariat économique, ce contentieux commercial est en passe de peser sur le rapprochement entre dirigeants africains et européens. Tandis qu’elle plaide désormais pour un partenariat d’égal à égal, l’Union européenne a le plus grand mal à convaincre ses partenaires africains.

Inquiets pour leur agriculture et leur industrie, les Africains redoutent avant tout de voir fondre une grande partie des recettes budgétaires provenant des taxes prélevées sur les importations originaires d’Europe.

Les tractations se sont durcies tout au long des débats de la première journée du sommet. Pourtant, face à la résistance des pays africains la commission a réduit ses ambitions et pris en compte un certain nombre de préoccupations africaines.

Pas assez apparemment, car les oppositions demeurent vives. Pourtant il va bien falloir conclure comme l’assurait ce lundi tard dans la soirée Jean Ping, le président de la commission de l’Union africaine.

Immigration: Kadhafi réclame 5 mds €

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a réclamé à nouveau « au moins cinq milliards d’euros » par an à l’Union européenne pour stopper l’immigration clandestine, à l’ouverture du sommet Europe-Afrique hier à Tripoli.

« La Libye s’engage à stopper l’immigration clandestine si vous lui fournissez au moins 5 milliards d’euros et de (l’assistance) technique », a déclaré M. Kadhafi, qui avait déjà demandé cette somme lors d’un discours à Rome en août dernier. L’Union européenne avait alors jugé cette demande « exagérée ».

« Si vous voulez stopper l’immigration clandestine, aidez la Libye », a-t-il insisté devant 80 dirigeants des continents africain et européen. Sinon, a-t-il averti, « la Libye ne sera plus le garde-côte de l’Europe ».

Sommet Afrique-UE : troisième rendez-vous à Tripoli

Pour la troisième fois depuis l’an 2000 et le sommet du Caire, pays africains et membres de l’Union européenne se réunissent les 29 et 30 novembre à Tripoli, en Libye. Sur le thème « Investissement, croissance économique et création d’emploi », l’objectif est d’examiner les moyens pour stimuler la croissance, créer des opportunités d’emploi et consolider la relance de l’économie après la crise financière et économique mondiale.

A Tripoli, l’Union africaine (UA) devrait annoncer le lancement de projets-phares dans le domaine des infrastructures, un pour chacune des cinq régions d’Afrique. Mais des progrès ont, d’ores et déjà, été accomplis dans d’autres domaines. Ainsi, dans le cadre du partenariat sur la gouvernance, les responsables de l’UE et de l’UA se réunissent deux fois par an pour examiner les questions en rapport avec les droits de l’homme.

Un sujet « chaud » porte sur un partenariat sur les migrations, la mobilité et l’emploi afin de mettre de l’ordre et freiner l’immigration clandestine. Il concerne aussi bien les Africains – et notamment la Libye, lieu de passage des migrants qui rêvent de l’eldorado – que les Européens. Un Institut africain des transferts de fonds devrait être créé. Il sera chargé de renforcer la capacité des gouvernements, des banques, des expéditeurs et des bénéficiaires de transferts internationaux, du secteur privé et d’autres acteurs du continent africain, pour faire de ces transferts un réel outil de développement au service de la réduction de la pauvreté. Mobiliser les compétences des immigrés, les aider à réaliser des projets d’investissement et à lancer des affaires dans leurs pays d’origine, tel est l’objectif selon des responsables à Bruxelles.


Révélations WikiLeaks: Mandela et Khadafi mentionnés

A en croire le Daily Mail, Nelson Mandela, l’ancien président sud-africain et héros de la réconciliation nationale, serait cité dans les Statelogs américains, nouveau nom après les Warlogs irakiens, des révélations de WikiLeaks. Selon owni.fr,  il y serait vivement critiqué, en compagnie d’autres leaders pas toujours recommandables pour les Occidentaux, tels que le président du Zimbabwe Robert Mugabe, son homologue afghan Hamid Karzai, ou le guide libyen Mouammar Khadafi.

Sommet Afrique-UE: renforcer «l’investissement, la croissance économique et la création d’emplois»

Les 29 et 30 novembre, le président du Conseil européen Herman van Rompuy, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et Andris Piebalgs, commissaire au développement, participeront au sommet Afrique-UE à Tripoli, en Libye. Sous le thème général «Investissement, croissance économique et création d’emplois», quatre-vingts chefs d’État et de gouvernement européens et africains se réuniront afin de donner une dimension nouvelle et plus ambitieuse à la coopération entre les deux continents. Dans le contexte du partenariat Afrique-UE établi en 2007, les deux continents poursuivent, en tant que partenaires égaux, des intérêts et des objectifs stratégiques communs, au?delà de la politique traditionnelle d’aide au développement.

Au cours du sommet, les participants devraient prôner une croissance inclusive et durable en tant que principal moteur du développement et de la lutte contre la pauvreté. Un renforcement du secteur privé et une participation accrue de celui-ci sont indispensables pour y parvenir, de même qu’une plus grande coopération dans les domaines du changement climatique et de la paix et de la sécurité.

Le président du Conseil européen, Herman van Rompuy, a déclaré à la veille de la réunion : « Dans un contexte de globalisation croissante et de crise économique et financière, le partenariation de l’Union avec l’Afrique est d’une importance stratégique. Nous aborderons des sujets clés comme la paix et la sécurité, la gouvernance globale et l’intégration régionale. Nous allons également renforcer nos efforts conjoints pour encourager l’investissement, la création d’emplois et la croissance ».

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a déclaré avant cette réunion: «L’Union européenne construit un partenariat solide et toujours plus étroit avec l’Afrique. En 2007, lors du sommet de Lisbonne, nous avons accompli d’excellents progrès en adoptant une stratégie commune. Nous devons désormais consolider et approfondir nos liens, en nous appuyant sur le potentiel encore inexploité des relations UE-Afrique. Une coopération plus solide et plus intense profitera considérablement au développement de l’Afrique et jouera un rôle important dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Ce partenariat représente également pour l’Europe un véritable atout et une opportunité à ne pas manquer de promouvoir les relations avec un continent toujours plus important dans un monde de plus en plus interdépendant.»

Les quatre-vingts chefs d’État et de gouvernement, qui représentent plus d’un milliard et demi de personnes, axeront leurs discussions sur la façon dont les deux continents peuvent progresser en vue d’atteindre leurs objectifs prioritaires communs, à savoir favoriser la croissance durable et l’emploi et surmonter les effets de la crise économique et financière, notamment par la création d’un environnement plus propice aux entreprises et aux investissements.

Depuis 2007, la stratégie commune UE-Afrique a permis des progrès notables dans des domaines tels que les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), la paix et la sécurité, l’intégration régionale et le commerce (des exemples concrets sont présentés dans le MEMO/10/604). Parallèlement, l’Europe et l’Afrique doivent faire plus pour remédier à la fragmentation des politiques et des instruments financiers. Pour atteindre leurs objectifs communs, elles doivent aussi assurer une meilleure participation de toutes les parties prenantes – parlements, société civile et secteur privé.

Les discussions menées lors du Sommet porteront sur les thèmes suivants:

–       intégration régionale, infrastructures, TIC, sciences et développement du secteur privé;

–       énergie et changement climatique;

–       OMD, agriculture et produits alimentaires;

–       paix et sécurité;

–       gouvernance et droits de l’homme;

–       migration, mobilité et création d’emplois.

Dans leur déclaration commune, les chefs d’État et de gouvernement devraient mettre l’accent sur l’importance stratégique que revêt au niveau mondial leur partenariat stratégique, le seul conclu entre deux continents. Le sommet devrait aussi relancer les efforts en vue d’atteindre les OMD, notamment dans le cas des pays dont le retard est le plus important. Un plan d’action conjoint 2011-2013 sera adopté pour définir les mesures concrètes qu’il convient de poursuivre ou de lancer dans les domaines stratégiques, compte tenu de ce qui a été accompli depuis 2007.

Avant le sommet, MM. Barroso et Piebalgs, ainsi que M. Tajani, vice?président de la Commission, participeront au forum des affaires UE-Afrique et à la table ronde des P-dg, organisés le 28 novembre en marge de la manifestation principale. Le forum portera notamment sur la manière d’élaborer une stratégie conjointe afin de disposer de modèles inclusifs pour un développement et une croissance durables en Afrique.

Historique

En 2007, les chefs d’État et de gouvernement d’Europe et d’Afrique ont lancé le partenariat stratégique conjoint Afrique-UE afin de poursuivre des intérêts communs, au-delà de la politique traditionnelle d’aide au développement. Huit partenariats thématiques assurent le suivi opérationnel: paix et sécurité; gouvernance démocratique et droits de l’homme; commerce, intégration régionale et infrastructures; OMD; énergie; changement climatique; migration, mobilité et emploi; sciences, société de l’information et espace.

Le 10 novembre 2010, la Commission européenne a publié ses propositions sur la manière de consolider les relations Afrique-UE, reconnaissant que le partenariat devait encore évoluer. Elle a suggéré d’axer la coopération au développement sur le soutien à une croissance inclusive et durable en Afrique, en privilégiant des activités à fort impact, de manière à attirer des investissements en vue de concrétiser l’immense potentiel du partenariat.

Pour plus d’informations, voir aussi:

MEMO/10/604

IP/10/1495 et MEMO/10/566 à propos de la communication sur la consolidation des relations entre l’UE et l’Afrique

IP/10/1494 et MEMO/10/565 à propos du Livre vert «La politique de développement de l’UE en faveur de la croissance inclusive et du développement durable – Accroître l’impact de la politique de développement de l’Union européenne»

Site web du partenariat Afrique-UE: http://www.africa-eu-partnership.org/

Site web de la direction générale du développement:

http://ec.europa.eu/development/index_fr.cfm

Site web d’EuropeAid (Aidco): http://ec.europa.eu/europeaid/index_fr.htm

Site web de José Manuel Barroso, président de la Commission:

http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/president/index_fr.htm

Site web de Andris Piebalgs, commissaire au développement:

http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/piebalgs/index_fr.htm

Site web du forum des affaires UE-Afrique: http://www.euafrica-businessforum.org


La Halde devrait disparaître

L’absence de président depuis le départ précipité de Jeannette Bougrab pour le gouvernement achève de paralyser l’institution, déjà vouée à disparaître avec la mise en place du Défenseur des droits.

coeur-.gifC’est ce qui a poussé la député de Vendée, Véronique Besse, à déposer une proposition de loi proposant la dissolution de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, organisme paraétatique totalement « inutile puisque la loi détermine déjà les discriminations que la justice condamne ».

La disparition de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité semble désormais inéluctable. Dix jours après l’entrée de Jeannette Bougrab dans le gouvernement Fillon III (ci-contre avec N. Sarkozy), personne n’a remplacé la présidente, même à titre intérimaire. «La nomination d’un nouveau président fait suite à une décision du président de la République. Et pour l’instant, nous n’avons été informé d’aucun changement», a indiqué au figaro.fr un employé de cette autorité administrative.

Un contexte instable qui intervient alors que la fin de la Halde était déjà programmée, avec la mise en place du Défenseur des droits – instance chargée de veiller au respect des droits et libertés – prévue début 2011 par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008.

Initialement, le Défenseur des droits devait regrouper le Médiateur de la République, le Défenseur des enfants (créé en 2000) et la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS, existant aussi depuis 2000). La commission des lois du Sénat a finalement décidé d’y ajouter la Halde, décriée par l’UMP et récemment épinglée par la Cour des comptes pour ses dépenses exorbitantes.

Celle qui avait promis de « se battre comme une tigresse » pour défendre la Halde n’est plus. Le départ de Jeannette Bougrab, après seulement sept mois de présidence, n’a fait qu’accroître le malaise au sein des bâtiments de la rue Saint-Georges du IXe arrondissement de Paris. Car la nouvelle secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse et de la vie associative a, selon plusieurs sources anonymes, quitté ses fonctions dans la précipitation, sans dresser de bilan.

Elle «a organisé la paralysie de l’institution», va même jusqu’à accuser un cadre de la Halde. «On se doutait bien» que l’ancienne cadre UMP «répondrait aux ordres et aux consignes du gouvernement» et «l’histoire nous a malheureusement donné raison», ajoute-t-il. Face à des perspectives incertaines, de nombreux départs – sur les 87 employés que compte l’institution – auraient été enregistrés selon lui. Difficile pour autant de récolter leurs témoignages, tous les agents de la Halde étant soumis à un devoir de réserve.

La Halde, dont la part de travail la plus importante est la discrimination en raison de l’âge, a vu son budget passé de 3,2 millions d’euros en 2005 à 12 millions en 20010. Et son personnel a plus que doublé entre ces deux dates, passant de 38 à 87 personnes.

En 2009, 75% des dossiers déposés auprès de la Halde ont été rejetés, et seuls 3,6% ont abouti à des plaintes (et pas forcément à des condamnations).


Libye : Arrestation de 20 journalistes d’Al-Ghad

Les autorités libyennes ont arrêté vingt journalistes de médias de la société Al-Ghad appartenant à Seif al-Islam, fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, sur fond de tensions entre réformateurs et conservateurs.

Le journal Oéa et l’agence Libyapress ont publié dans un premier temps la liste d’une dizaine de journalistes arrêtés par l’organe libyen de sécurité intérieure, parmi lesquels trois Tunisiens et deux Egyptiennes. Dix autres journalistes ont été arrêtés par la suite, selon la société al-Ghad.

Libyapress a condamné les arrestations, dénonçant un « acte honteux et scandaleux ».
Elle a demandé aux autorités sécuritaires de libérer « immédiatement » ses journalistes, sans préciser les raisons de leur arrestation.
Selon les médias d’Al-Ghad, ces arrestations seraient motivées par un éditorial publié par le journal hebdomadaire Oéa, appelant au retour au gouvernement d’anciens « compagnons » du colonel Kadhafi, membres du conseil de la révolution libyenne de 1969 qui a porté le numéro un libyen au pouvoir.

Le journal, citant notamment le nom d’Abdelsalem Jalloud, qui ne dispose actuellement d’aucun poste officiel, propose un retour de ces personnalités pour lutter notamment contre la corruption qui mine le pays.
Selon d’autres sources libyennes, cette campagne à l’encontre d’Al-Ghad serait liée à la publication jeudi par Libyapress d’une information selon laquelle un haut dirigeant du mouvement des comités révolutionnaires libyens aurait appelé à empêcher d’anciens opposants vivant à l’étranger d’occuper des postes clé dans l’Etat.

Cet appel contraste avec un projet initié par Seif al-Islam, qui dirige depuis quelques années le courant des réformateurs, permettant à des opposants, islamistes pour la plupart, de rentrer en Libye et d’occuper des postes de responsabilité y compris dans la société Al-Ghad.
D’après Libyapress, Ahmed Ibrahim, ancien homme fort des années 1980, a tenu une série de réunions pour mobiliser des soutiens en vue de la création d’une « association politique » en Libye s’opposant notamment à ce projet et à l’ouverture économique que connaît le pays.
Source AFP