Libye : Des ONG africaines déposent plainte contre Sarkozy pour crimes de guerre

Plusieurs organisations de la société civile ouest-africaine ont créé, samedi à Bamako, un «front» pour promouvoir la démocratie et les droits de l’homme en Afrique.

«Nous sommes plus de quinze associations et organisations de la société civile d’Afrique de l’Ouest. Nous sommes réunis à Bamako pour créer le Front international des sociétés civiles panafricaines (Fispa), pour promouvoir la démocratie, la dignité de l’Afrique et les droits de l’homme», a déclaré à la presse le rappeur sénégalais Simon Kouka, membre de «Y’en a marre». Ce mouvement citoyen sénégalais a été en pointe dans le combat contre un troisième mandat du président sénégalais Abdoulaye Wade (2000-2012).

Parrain du lancement du Fispa, le reggaeman ivoirien Tiken Jah Fakoly a affirmé soutenir «totalement (…) la démarche des jeunes» dont la rencontre à Bamako a pris fin hier. «Pour nos premières actions, nous annonçons une plainte déposée ce jour à la Cour pénale internationale (CPI) contre l’ancien président français Nicolas Sarkozy, pour avoir déclenché la guerre en Libye, ce qui a entraîné la mort du colonel Mouammar El Gueddafi», a annoncé l’artiste guinéen Elie Kamano. «L’assassinat d’El Gueddafi a eu des conséquences dramatiques et néfastes sur notre continent et sur les populations africaines», a-t-il ajouté.

La plainte contre M. Sarkozy a été déposée, samedi matin à La Haye, par un avocat basé au Canada. «Non seulement je soutiens la plainte pour assassinat d’El Gueddafi contre Nicolas Sarkozy, mais nous demandons la démocratie pour le Togo», a ajouté Tiken Jah Fakoly, critique contre le régime de Faure Gnassingbé, qui fait face à une importante contestation populaire depuis plus d’un mois. «Cela fait plus de 40 ans que Faure et sa famille sont au pouvoir au Togo. Qu’il démissionne», a-t-il ajouté.

Le dirigeant togolais a succédé, avec le soutien de l’armée, à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, décédé en 2005 après avoir dirigé le pays d’une main de fer durant 38 ans. «La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 Etats) doit dire la vérité à Faure Eyadema» pour qu’il «respecte ce que veut le peuple. La Cédéao doit arrêter de soutenir les dictatures», a ajouté M. Kamano.

Emmanuel Macron se dote d’un Conseil présidentiel pour l’Afrique

 

Lors de son discours aux ambassadeurs, Emmanuel Macron a officialisé le Conseil présidentiel pour l’Afrique. Promesse de campagne, ce groupe de travail est destiné à mieux identifier les défis auxquels est confronté le continent.

“C’est en Afrique que se joue largement l’avenir du monde.” Trois mois après son entrée à l’Élysée, Emmanuel Macron a profité de son premier discours devant les ambassadeurs, mardi 29 août, à Paris, pour lever encore un peu plus le voile sur les grandes orientations de sa politique étrangère. Et renouveler sa volonté de placer le continent africain au cœur de la diplomatie française.

“L’Afrique n’est pas seulement le continent des migrations et des crises, c’est un continent d’avenir. C’est pourquoi nous ne pouvons le laisser seul face à ses défis, démographiques, climatiques, politiques”, a affirmé le président français. Avant d’annoncer : “Je me rendrai prochainement à Ouagadougou pour porter ce message”.

Avant de s’envoler pour la capitale du Burkina Faso, le chef de l’État réunira sans doute le tout nouveau Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), dont il a officialisé, mardi, la mise en place. Promesse de campagne du candidat Macron, cette structure “inédite”, “tournée vers les attentes de notre jeunesse” et composée “de personnalités engagées issues de la société civile” doit en effet permettre au président Macron de préparer ses visites d’État sur le continent.

“Ni un nouveau think tank ni un fan-club africain”

“Ce ne sera ni un nouveau think tank ni un fan-club africain du président de la République” mais une instance chargée de conseiller le chef de l’État et de faire remonter des propositions, a fait savoir l’Élysée. Concrètement, indique Jeune Afrique, “le CPA rencontrera notamment Emmanuel Macron avant chacun de ses déplacements en Afrique et travaillera également à l’élaboration des discours importants prononcés en rapport avec le continent. Son premier chantier : le discours de politique africaine que prononcera le président français en novembre et sur lesquels le CPA sera invité à collaborer.”

En se dotant d’un tel groupe de travail, la présidence espère ainsi montrer une meilleure expertise de l’Afrique et éviter également des impairs diplomatiques, comme ce fut le cas, en 2007, pour Nicolas Sarkozy dont le controversé discours de Dakar entacha durablement ses relations avec le continent.

Au service du Président

Parmi les 11 membres – tous bénévoles, précise-t-on à l’Élysée – qui composent ce groupe de travail figurent notamment le footballeur franco-béninois Jean-Marc Adjovi-Boco, la chercheuse kényane Yvonne Mburu, l’avocat français Yves-Justice Djimi ou encore Jules-Armand Aniambossou, ancien ambassadeur du Bénin en France et ex-camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA.

L’Élysée fait le pari que le CPA s’inscrive dans la durée. “Notre objectif était de créer quelque chose qui survivra au président Macron et qui aura donc une existence institutionnelle”, a confié à Jeune Afrique une source proche du chef de l’État.

Libye : libération des membres de la mission de l’ONU pris en otages

Les ravisseurs affilés à un groupe armé basé dans la ville libyenne de Zaouïa ont relâché les fonctionnaires de l’Onu pris en otage plus tôt dans la journée, signale le portail d’information libyen al-Wasat. Les membres de la mission sont sains et saufs.

Pris en otage plus tôt dans la journée de mercredi à l’ouest de Tripoli, les six membres de la mission de l’Onu en Libye ont été relâchés suite aux négociations menées par des notables tribaux locaux avec les ravisseurs. Les otages sont en bonne santé et ont été libérés sans que les exigences des ravisseurs soient satisfaites, souligne le portail d’informations al-Wasat.

Selon la source, les membres de la mission de l’Onu en question — quatre hommes et deux femmes — sont actuellement en route pour Tripoli.

Selon l’information de la chaîne de télévision Sky News Arabia, les ravisseurs sont affiliés à l’organisation terroriste internationale Al-Qaïda.

Plus tôt dans la journée, il a été annoncé que des fonctionnaires des Nations unies qui se dirigeaient vers la Tunisie avaient été pris en otage dans la ville de Zaouïa, située à 45 km à l’ouest de Tripoli. Les ravisseurs ont cherché à les échanger contre leurs complices arrêtés auparavant dans la capitale libyenne.

Ces dernières années, la situation en Libye demeure dangereuse en raison de l’activité d’islamistes radicaux affiliés à Al-Qaïda et à Daech. Le pays est également divisé en deux: un gouvernement d’union nationale siège à Tripoli, tandis qu’un gouvernement intérimaire dirige l’est du pays depuis Tobrouk.

Avec Sputnik

Le Libanais Ghassan Salamé nommé émissaire onusien en Libye

Le Conseil de sécurité de l’ONU a entériné mardi soir 20 juin la nomination par le Secrétaire général d’un envoyé spécial pour la Libye. Après une prolongation en catastrophe de quatre mois de l’envoyé actuel Martin Kobler faute de consensus autour des personnalités proposées pour ce poste, la nomination du médiateur international et ancien ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé a fait consensus. Si la mission s’annonce complexe, le nouvel émissaire possède plusieurs atouts pour aborder le dossier.

Armé déjà d’un capital de sympathie chez les Libyens et s’appuyant sur son expérience en tant que médiateur dans la résolution de crises internationales, Ghassan Salamé, le nouvel émissaire onusien pour la Libye, a plusieurs cartes en main.

Il entretient des relations amicales avec plusieurs personnalités politiques en Libye et dans les pays du Golfe, des Etats influents dans le dossier libyen, comme le Qatar, l’Arabie saoudite et les Emirats.

Son expérience internationale lui donne un atout supplémentaire. Il a été conseiller de l’ex-secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan. Dans ce cadre, il a effectué plusieurs missions notamment en Irak et en Birmanie.

Ghassan Salamé est également un ami personnel du secrétaire général actuel de l’ONU, Antonio Guterres, ce qui joue en sa faveur pour cette tâche complexe. D’après nos sources, plusieurs personnalités précédemment approchées avaient refusé la mission.

Les attentes des Libyens sont grandes

Le nouvel envoyé spécial à Tripoli a une profonde connaissance des dossiers de la région et notamment celui de la Libye. Un dossier ne lui est pas étranger car ce n’est pas la première fois qu’il s’y attèle. Il avait déjà initié à Genève, en 2015, une série de dialogues inter-libyens entre les différents acteurs de la crise, ce qui avait été alors considéré comme un succès.

De plus, à Tripoli, la nomination de Ghassan Salamé a suscité une vague d’espoir chez les Libyens. Après l’échec des cinq prédécesseurs, la population croit en les capacités du Libanais pour une sortie prochaine de la crise.

Des politiques et des intellectuels lui ont déjà envoyé des lettres ouvertes pour la réorganisation de la mission onusienne pour la Libye. Une rencontre est prévue entre le nouvel émissaire et Martin Kobler dans les tous prochains jours. Ce dernier terminera sa mission fin juin.

Tâche difficile

Renouer le dialogue, entre les partis libyens, c’est la tâche la plus importante à laquelle doit s’employer dès son arrivée le nouvel émissaire de l’ONU pour la Libye. Car dans ce pays déchiré et proie au chaos depuis 2011, la société est profondément divisée. L’Etat l’est aussi.

Ghassan Salamé doit alors traiter avec les deux gouvernements qui se partagent le pouvoir dans le pays. L’accord politique signé en décembre 2015 au Maroc est toujours en panne et son amendement prévu ne s’est pas concrétisé plus de 18 mois après sa signature.

Dans une Libye, toujours sous la menace de l’organisation EI, il n’est pas facile de réunir tout le monde autour de la table. Et donc il va falloir mettre le maréchal Khalifa Haftar, Saïf al-Islam Kadhafi et les islamistes sur la même table de dialogue national. Ce dialogue doit également inclure la représentation la plus large de la société libyenne, y compris les tribus, pour avoir sa chance de réussir.

La tâche de Ghassan Salamé s’annonce ardue tant la Libye est faite d’appartenances et des sensibilités. Selon des analystes cette mission « sera encore plus complexe pour lui que pour ces prédécesseurs ».

La tâche sera d’autant plus difficile car en plus des défis intérieurs propres à la Libye, il y a les circonstances régionales et la volonté internationale d’en finir avec cette crise. Pour l’heure, résoudre la crise libyenne est devenu une priorité pour l’Union européenne. Cela ne paraît pas le cas des Etats-Unis qui gardent toujours le mystère sur sa vraie position.

 

Libye : les biens immobiliers de Claude Guéant saisis par la justice

Les juges Serge Tournaire et Roger Grouman ont pris le 12 juin une ordonnance de saisie visant l’appartement parisien dans le quartier de la porte Dauphine ainsi que la résidence secondaire dans le Maine-et-Loire de l’ancien ministre de l’Intérieur.

Les juges d’instruction qui enquêtent sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 ont récemment ordonné la saisie des biens immobiliers de Claude Guéant, plus de deux ans après sa mise examen dans cette affaire.

Les juges Serge Tournaire et Roger Grouman ont pris le 12 juin une ordonnance de saisie visant l’appartement parisien dans le XVIe arrondissement ainsi que la résidence secondaire dans le Maine-et-Loire de l’ancien ministre de l’Intérieur, selon cette source qui confirmait une information du Parisien.

L’ancien secrétaire général de l’Elysée peut continuer d’occuper ces logements. “Il s’agit d’une mesure conservatoire pour empêcher Claude Guéant de vendre ses biens immobiliers”, a expliqué à l’AFP son avocat Claude Bouchez El Ghozi.

“Je m’étonne que l’on procède à cette saisie maintenant, des années après l’ouverture de l’instruction, alors qu’il n’y rien de nouveau concernant Claude Guéant qui ne justifie cette mesure”, a commenté l’avocat. A travers cette décision, “c’est l’aveu de faiblesse d’un dossier qui piétine totalement”, a-t-il dénoncé.

Un curieux virement de 500.000 euros

Dans ce dossier tentaculaire, les juges s’intéressent à des flux financiers impliquant des protagonistes liés au régime de Kadhafi. D’anciens dignitaires de Tripoli et des témoins ont évoqué la thèse de versements, mais les magistrats n’ont pas la preuve que des fonds aient alimenté la campagne.

Les enquêteurs s’interrogent également à un virement de 500.000 euros en provenance d’une société d’un avocat malaisien, perçu en mars 2008 sur un compte de Claude Guéant. Il a affirmé qu’il s’agissait du fruit de la vente de deux tableaux, sans convaincre les magistrats qui l’avaient mis en examen en mars 2015 notamment pour blanchiment de fraude fiscale.

L’enquête a rebondi en novembre dernier avec les déclarations dans Mediapart de l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine qui a assuré avoir remis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur et à son directeur de cabinet Claude Guéant, trois valises contenant 5 millions d’euros en provenance du gouvernement du leader Kadhafi, entre novembre 2006 et début 2007. Il a été mis en examen 7 décembre notamment pour complicité de corruption et complicité de détournements de fonds publics en Libye.

Depuis, le député LR Eric Woerth, trésorier de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy a été entendu ainsi que Jérôme Lavrilleux, directeur adjoint de la campagne en 2012. Ce dernier avait affirmé que d’importantes sommes d’argent en liquide avaient circulé pendant lors de la course à la présidentielle de 2007.

(Avec AFP)

2017: à Mayotte, les chefs religieux musulmans prient… pour la victoire du FN

La présidente du Front national termine aujourd’hui sa visite dans les territoires d’outre-mer entamée dimanche.

Du pain bénit pour le Front national. Marine Le Pen, en visite à Mayotte, a été adoubée jeudi par des chefs religieux musulmans de l’île, dont le Grand Cadi qui a formé des prières pour qu’elle devienne présidente de la République en 2017.

 

Dans le cadre de sa campagne pour la présidentielle, Marine Le Pen avait souhaité rencontrer les cadis, ces responsables religieux musulmans qui jouent un grand rôle dans la société mahoraise, comme elle avait rencontré deux jours plus tôt l’évêque de La Réunion, lors de son déplacement dans l’île.

 

Le Grand Cadi, Dieu et Marine Le Pen 

 

Le Grand Cadi et six autres cadis ont demandé à la leader frontiste, par l’intermédiaire d’un traducteur (les cadis parlent la langue locale, le shimaoré), que “leur rôle dans la lutte contre le fondamentalisme soit préservé”. Il a également dit “implorer Dieu” pour que la présidente du FN devienne cheffe de l’Etat en 2017.

 

A Mayotte, 101e département de France, les 19 cadis de l’île dépendent depuis avril 2016 d’un service de médiation sociale au sein du conseil départemental, qui les rémunère.

 

“Vous avez un magistère spirituel, faut-il pour autant déléguer à un responsable religieux le soin de faire le travail de la République? Je n’en suis pas convaincue”, a répondu Marine Le Pen, tout en se disant “convaincue que (leur) influence a permis de prévenir les dangers qui pèsent sur l’île en raison de l’abandon du rôle régalien de l’Etat”.”Je pense que la République doit remplir son rôle et ne pas transférer ce qui relève de sa responsabilité à des autorités religieuses”, a-t-elle précisé devant la presse. Selon elle, “les religions ont un rôle dans le lien social, mais ce magistère doit rester spirituel”.

 

“En finir avec les caricatures” 

La candidate à la présidentielle a salué le fait que les cadis avaient sur son parti “une vision plus près de la réalité que la caricature qu’on fait de nous”. “Je veux en finir avec les caricatures, nos adversaires nous ont décrits comme les adversaires de telle ou telle religion, et notamment de la religion musulmane. Je respecte toutes les religions”, a dit Marine Le Pen.

 

“Mais je lutterai contre le fondamentalisme islamique”, a-t-elle insisté. “C’est un adversaire commun avec le Grand Cadi.” La leader frontiste a également été reçue par plusieurs associations ainsi que par le président de la chambre d’agriculture et celui de la chambre des métiers. A Mayotte, Marine Le Pen arrive en terrain conquis pour évoquer la lutte contre l’immigration et les difficultés que rencontrent les Mahorais, confrontés à une forte pression migratoire venant des Comores, pourraient les inciter à prêter une oreille plus attentive aux discours de la candidate frontiste,Toujours à la peine pour s’implanter dans les territoire d’outre-mer, le Front national n’avait recueilli que 2,77% à la présidentielle de 2012 puis 5,4% aux européennes à Mayotte. Lors de son seul déplacement de la campagne dans un département d’outre-mer, Marine Le Pen avait été chahutée par une centaine de manifestants dès sa descente d’avion sur l’île de la Réunion, l’obligeant à quitter l’aérogare au pas de charge. Le retour en métropole de la candidate à la présidentielle est prévue jeudi soir.

 

Source : L’Express

L’ancien ambassadeur Boris Boillon sera jugé en correctionnelle

  • L’ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l’Elysée sera jugé en mars prochain pour «blanchiment de fraude fiscale». Il avait été intercepté à Paris le 31 juillet 2013 alors qu’il s’apprêtait à monter dans un train à destination de Bruxelles avec 350.000 euros en liquide.

● Un procès en mars pour «blanchiment de fraude fiscale»

Le diplomate et ancien «Sarko boy» Boris Boillon, interpellé mi-2013 avec 350.000 euros et 40.000 dollars en liquide sur lui à la Gare du Nord, sera jugé le 23 mars devant le tribunal correctionnel de Paris.

Boris Boillon devra répondre, sur le banc des prévenus, de «blanchiment de fraude fiscale», «faux et usage de faux», «manquement à l’obligation déclarative de transfert de capitaux» et «abus de biens sociaux». Le parquet de Paris a décidé de faire citer à comparaître le diplomate de 46 ans à l’issue de son enquête préliminaire.

Diplomate et Sarko boy

La loi impose de déclarer tout transfert international en liquide, à l’intérieur de l’Union européenne, au-delà de 10.000 euros, selon le code des douanes, qui prévoit, dans le cas contraire, une amende égale au quart de la somme non déclarée.

Boris Boillon avait expliqué aux enquêteurs que ces sommes provenaient de ses activités professionnelles privées en Irak, a précisé une source proche de l’enquête. D’après lui, ces prestations étaient rémunérées en liquide du fait des carences du système bancaire irakien. Les investigations n’ont pas permis de retracer l’origine des espèces.

Outre la non-déclaration des sommes, la justice le soupçonne de les avoir éludées au fisc et d’avoir produit un faux document pour justifier ces prestations. Des sommes qui ne sont pas ensuite rentrées en comptabilité dans sa société.

● Bientôt suspendu par le Quai d’Orsay

Le Quai d’Orsay a annoncé mardi la suspension prochaine de Boris Boillon en raison de ses ennuis judiciaires. «Compte tenu des derniers développements de la procédure judiciaire, le ministère des Affaires étrangères a décidé d’interrompre immédiatement sa mission à New York et de procéder à son rappel en vue d’une mesure de suspension».

Boris Boillon avait été réintégré au ministère à l’été 2016, après quatre années de disponibilité, et affecté sur une mission de renfort à l’ONU à New York. «Lors de sa réintégration, le ministère des Affaires étrangères n’avait aucune connaissance des suites qu’entendait donner la justice à l’enquête préliminaire qui avait été ouverte à son encontre, en 2013», indique le ministère.

● Un mandat mouvementé sous la présidence Sarkozy

Boris Boillon (ci-contre avec Christian Estrosi) avait été nommé par l’ancien président de la République ambassadeur de France en Irak en juillet 2009, où il était surnommé le Babouin de Bagdad par la résistance irakienne. Avec le  proconsul américain Paul Bremer. ils partagaient tous les deux le même nom et son étymologie. Les Iraqiens appellent Paul Bremer, Bol – pisse – et Boillon signifie en arabe pisseurs avérés…

Il était devenu, en janvier 2011, ambassadeur en Tunisie, pour redresser, en plein “Printemps arabe”, une image marquée de la France très liée à l’ex-président Ben Ali.

Mais son mandat avait débuté avec fracas: il avait dû, peu après son arrivée, présenter ses excuses publiques aux Tunisiens, après avoir répondu à la presse nationale d’une manière jugée «agressive». Des centaines de personnes avaient manifesté leur colère aux cris de «Boris dégage!» ou de « Casse toi pauv’Boillon ».

Il avait quitté son poste en août 2012, après l’arrivée de François Hollande à l’Elysée.

Revenu au ministère des Affaires étrangères, le diplomate est actuellement affecté en renfort à New York, aux Nations unies.

● Une possible participation au financement libyen

Son nom est aussi apparu dans l’enquête – distincte – qui vise des accusations et des soupçons de financement libyen lors de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007. Il n’est pas mis en cause judiciairement dans ce dossier.

Un témoignage anonyme, non étayé à ce stade, d’un proche de Mouammar Kadhafi, l’ex-leader libyen tué en octobre 2011, le désigne aussi comme l’un des récipiendaires, avec un autre proche de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, d’un versement de 20 millions d’euros en liquide, destinés au financement de la campagne. Une somme ramenée par avion privé, selon ce témoin.

Contacté par l’AFP, l’avocat de Boris Boillon, Jean-Marc Fedida, n’était pas disponible.

Afghanistan : l’armée américaine enfin accusée de crimes de guerre

La procureure de la Cour pénale internationale a accusé les soldats américains, mais aussi la CIA, les talibans et le gouvernement afghan d’avoir torturé des détenus, notamment en 2003 et 2004. Elle décidera «de façon imminente» si elle demande l’ouverture d’une enquête.

Quinze ans après l’entrée des forces armées américaines en Afghanistan, et alors que la situation sur le terrain est toujours incontrôlable, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) n’a pas mâché ses mots. Lundi soir, elle a accusé l’armée américaine et la CIA d’avoir pu commettre des crimes de guerre en torturant des détenus, particulièrement durant les années 2003 et 2004. La magistrate doit décider «de façon imminente» si elle demande l’ouverture d’une enquête. Ces accusations sont le résultat d’un long examen préliminaire sur les atrocités commises dans ce pays en proie à la guerre civile depuis mai 2003.

La procureure Fatou Bensouda affirme «avoir une base raisonnable permettant de croire» que les forces armées américaines, l’agence de renseignement CIA, mais aussi les talibans et leurs alliés ainsi que les forces gouvernementales afghanes auraient commis des crimes de guerre. Dans son rapport annuel sur ses examens préliminaires, l’étape préalable à l’ouverture d’une enquête, la procureure affirme que des membres des forces armées américaines auraient infligé «à au moins 61 détenus des actes de torture, traitements cruels, des atteintes à la dignité de la personne sur le territoire afghan». «Au moins 27 détenus» auraient subi les mêmes traitements, infligés par des membres de la CIA en Afghanistan mais aussi dans d’autres pays parties au Statut de Rome qui a créé la CPI, comme la Pologne, la Roumanie et la Lituanie.

Des méthodes d’interrogations critiquées

Ces allégations, assure encore la procureure, «ne concernent pas seulement quelques cas isolés». Elle estime qu’il existe des motifs raisonnables pour croire que ces crimes «ont été commis en application d’une ou plusieurs politiques visant à obtenir des renseignements au travers de techniques d’interrogatoires s’appuyant sur des méthodes cruelles ou violentes destinées à servir les objectifs américains dans le conflit en Afghanistan».

Après les attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington, la CIA avait en effet reçu l’autorisation de l’administration du président George W. Bush d’utiliser les méthodes d’interrogations dites «améliorées», dont la technique du «waterboarding» « supplice de la baignoire » en français, qui consiste à simuler une noyade. La CIA n’a pas utilisé ces méthodes depuis décembre 2007 et le président Barack Obama les a interdites en janvier 2009. Le président élu Donald Trump a néanmoins affirmé avant sa victoire électorale être favorable au recours à de telles techniques.

 

Les talibans, eux, seraient responsables de la mort de plus de 17.000 civils et auraient commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. «Depuis mai 2003, des groupes insurgés auraient lancé de nombreuses attaques contre des endroits protégés, notamment des écoles, des bureaux des autorités civiles, des hôpitaux, des lieux saints et des mosquées», ajoute le rapport. Des actes de torture auraient également été commis dans les lieux de détention du gouvernement afghan, une pratique criminelle qui remonterait à la fin des années 70 et concernerait à l’heure actuelle entre 35% et 50% des détenus.

Une enquête explosive

La procureure affirme qu’elle va décider «de façon imminente» si elle demandera ou non aux juges l’autorisation d’ouvrir une enquête sur ces crimes présumés commis par les forces armées et la CIA mais aussi par les talibans et les forces gouvernementales afghanes. Si elle est autorisée à le faire, il s’agira de l’une des enquêtes les plus complexes et plus controversées de l’histoire de la Cour, fondée en 2002 pour juger les pires crimes de l’humanité. Elle exposerait pour la première fois des forces armées américaines à des poursuites de la CPI. Mais Washington n’ayant pas ratifié le Statut de Rome, traité fondateur de la Cour, il est très peu probable que des soldats américains se trouvent un jour sur le banc des accusés.

Kaboul, qui n’a pas non plus ratifié le Statut de Rome, a de son côté reconnu la compétence de la Cour en février 2003, l’autorisant à enquêter sur des crimes commis à partir de mai de la même année. Des poursuites contre les forces gouvernementales afghanes pourraient également être compliquées par une loi générale d’amnistie adoptée par le parlement et en application depuis 2009.

Le rapport intervient alors que doit s’ouvrir à La Haye la réunion annuelle des États membres de la Cour, la première depuis les retraits de plusieurs pays africains, qui accuse avec raison l’institution de ne s’attaquer qu’à l’Afrique. La Russie vient également d’annoncer qu’elle allait quitter la CPI.

Un PV libyen qui évoque des versements d’argent liquide à Sarkozy

  • Sortis par Mediapart, de nouveaux éléments renforcent les accusations contre l’ancien président de la République. Un document officiel libyen assure que la campagne sarkozyste de 2007 aurait bénéficié d’un soutien financier du régime de Mouammar Kadhafi.

L’intrigue se corse dans l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Des journalistes du site d’investigation Mediapart auraient mis la main sur des pièces supplémentaires du dossier. Il y est question de transferts d’argent liquide entre le régime de Kadhafi et l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’Intérieur.

La première pièce est le procès-verbal d’audition d’Abdallah Senoussi, ancien chef du renseignement militaire libyen et beau-frère de Mouammar Kadhafi. Ce procès-verbal, d’après Mediapart, rend compte d’une audition datant du 20 septembre 2012, dans le bureau du procureur général libyen.

 

En substance, le dignitaire libyen y explique que 6,5 millions d’euros ont été versés au bénéfice de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2006-2007. Ce transfert aurait été supervisé directement par Abdallah Senoussi et effectué via l’intermédiaire de Claude Guéant -à l’époque directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur- et de Ziad Takieddine, homme d’affaires franco-libanais visé par des soupçons de financement occulte de la campagne d’Edouard Balladur en 1995.

6,5 millions divisés en trois

Cette nouvelle pièce corrobore les écrits de Choukri Ghanem, cet ancien Premier ministre libyen retrouvé noyé dans le Danube en avril 2012 et sur le carnet duquel Mediapart a également mis le grappin. D’après ces notes, un transfert d’une valeur de 6,5 millions d’euros a bien eu lieu le 29 avril 2007, entre les deux tours de l’élection présidentielle. Pour quelle contrepartie? Selon le procès-verbal, pour faire pression sur l’ONU afin d’empêcher l’Otan de porter assistance aux populations civiles vivant sous le joug de Kadhafi.

La demande de financement libyen aurait été formulée par Nicolas Sarkozy dès sa première visite à Kadhafi, octobre 2005.

Condamné à mort en juillet 2015 par la justice libyenne, Senoussi n’est pas le seul témoin dont Mediapart exhume les paroles. Un dignitaire libyen, entendu sous X en juin 2014 par l’Office anti-corruption de Nanterre, renforce le soupçon selon lequel l’équipe Sarkozy aurait touché de la Libye 50 millions d’euros, dont 20 millions en argent liquide. Cette dernière somme aurait été donnée directement à Boris Boillon (devenu conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l’Elysée) et à Claude Guéant.

Contacté par Mediapart, Boris Boillon n’a pas voulu donner suite. Claude Guéant s’est contenté de répondre que “s’il y a une telle affirmation, c’est un pur mensonge. C’est tout ce que j’ai à dire”.

Qui est Huma Abedin, la femme dans l’ombre d’Hillary Clinton?

À 39 ans seulement, Huma Abedin est la femme la plus proche d’Hillary Clinton. Elle la conseille et l’épaule sans jamais trop s’exposer. Femme de l’ombre, elle orchestre les moindres décisions de la candidate à la prochaine présidentielle américaine. Portrait d’une femme d’influence.

Le fidèle bras droit

Alors qu’elle est encore étudiante à l’université américaine George Washington, Huma Abedin intègre en 1996 la Maison Blanche en tant que stagiaire auprès de la First Lady de l’époque : Hillary Clinton. Elle ne la quittera plus. D’assistante personnelle à chef de cabinet au secrétariat d’État en passant par le maillon fort de sa brigade féminine lors de sa candidature à la présidentielle de 2008, Huma Abedin régente l’agenda et les déplacements de l’ancienne Première Dame.

Avant de répondre aux journalistes, Hillary regarde toujours Huma, preuve de la complicité qui existe entre les deux femmes. L’historien Thomas Snegaroff, dans son livre Bill et Hillary Clinton, Le mariage de l’amour et du pouvoir confirme cette confiance : “De l’affaire Lewinsky à la conquête du Sénat, elle ne l’a jamais trahie, n’a jamais changé de camp, même pour Obama. Hillary a une confiance aveugle en elle.”

La fille de coeur

“Je n’ai qu’une seule fille, mais si je devais en avoir une autre se serait Huma” : c’est la déclaration plus qu’explicite que Hillary Clinton a faite au mariage de Huma Abedin et de son époux Anthony Weiner dont elle a divorcé en août dernier (lui aussi politicien démocrate). La preuve d’une relation profonde et affectueuse, voire ambiguë, entre les deux femmes, dépassant les frontières du travail. Une exception chez les Clinton habitués à fonctionner en bande, sans réellement accorder leur confiance à quiconque. “Ils fonctionnent comme un clan. Légèrement paranoïaques, ils n’adoubent que quelques figures clé et ne font pas confiance aux autres. Huma est l’une des très rares à avoir trouvé sa place”, souligne Thomas Snegaroff dans son ouvrage.

Une musulmane qui dérange 

D’origine indo-pakistanaise, Huma Abedin est née dans le Michigan mais a grandi en Arabie Saoudite et y a vécu jusqu’à ses 18 ans. Trilingue (ourdou, arabe, anglais), elle est un atout majeur pour Hillary Clinton pour toutes les questions liées aux relations avec le Moyen-Orient. Même si ses origines, et sa religion, en font la cible des attaques des Républicains. En effet, sa mère, Saleha Mahmood Abedin, sociologue et professeure, est une grande spécialiste de la loi de la Charia et est membre (tout comme son père) du International Islamic Council for Dawa and Relief, une entité jugée pro-Hamas et qui regroupe 86 organisations islamiques. S’ajoute à cela le parcours professionnel de Huma : assistante d’édition jusqu’en 2008 du Journal of Muslim Minority (Journal des minorités musulmanes) publié par l’Institut des affaires des minorités musulmanes. Un parcours évidemment jugé suspect pour les Républicains.

Une apparente good wife 

En 2011 puis en 2013, Huma Abedin se retrouve en plein cœur d’un tourbillon de scandales sexuels. Le coupable ? Son mari accro au sexting, c’est-à-dire au sexe virtuel, qui envoie des sexpics (photos de son anatomie) à six femmes qui le suivent sur Twitter. Deux ans plus tard, il rechute en entretenant une relation sexuelle, mais virtuelle, avec une jeune femme de 23 ans. Face à ces deux affronts conjugaux, Huma Abedin devra divorcer.

La seconde femme la plus puissante des Etats-Unis?

Si elle agit aujourd’hui en coulisses, en fidèle conseillère de l’ancienne Secrétaire d’État, Huma Abedin pourrait bientôt devenir le prochain chef de cabinet de la Maison Blanche, à condition évidemment que Hillary Clinton soit élue présidente. La récompense à sa loyauté qui ferait d’elle la seconde femme la plus puissante de Washington.