Libye: libération d’Al-Mahmoudi, dernier Premier ministre de Kadhafi

Les autorités libyennes ont libéré le dernier Premier ministre du dirigeant assassiné Mouammar Kadhafi, al-Baghdadi al-Mahmoudi, dont le nom est cité dans l’affaire du financement libyen de la campagne de l’ex-président français Nicolas Sarkozy. 

Dans un communiqué, le ministère de la Justice du gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU, a indiqué avoir décidé de la libération de M. Mahmoudi « pour des raisons de santé », conformément aux recommandations d’une commission médicale « pour qu’il puisse être soigné dans des centres médicaux spécialisés » hors des structures pénitentiaires. 

M. Mahmoudi a été condamné par un tribunal libyen en juillet 2015 à la peine de mort avec huit autres dirigeants, dont Seif al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien Guide, pour leur rôle présumé dans la répression meurtrière de la révolte de 2011, lors d’un procès dénoncé comme expéditif par l’ONU et des ONG. 

Chef du gouvernement de 2006 jusqu’aux derniers jours du régime Kadhafi, M. Mahmoudi avait quitté la Libye en septembre 2011, peu après la prise de Tripoli par les rebelles. 

Il avait été arrêté le 21 septembre 2011 à la frontière sud-ouest de la Tunisie, près de l’Algérie, puis livré à Tripoli le 24 juin 2012 après neuf mois de détention en Tunisie, où son extradition très controversée avait déclenché une crise politique.

Financement de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy

En mai 2012, al-Baghdadi al-Mahmoudi, alors emprisonné en Tunisie, avait affirmé, selon des propos rapportés par ses avocats tunisiens, que la Libye avait bien financé la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. 

Les accusations de financement libyen avait été lancées en 2011 par Saïf al-islam Kadhafi qui les a réitérées en 2018. 

Nicolas Sarkozy, qui nie les faits qui lui sont reprochés, a été mis en examen le 21 mars 2018 pour « corruption passive », « recel de détournements de fonds publics libyens » et « financement illégal de campagne électorale ».

Censure: le New York Times renonce aux dessins politiques

L’édition internationale du journal ne comportera plus de dessins politiques, après la publication en avril d’une caricature de Benyamin Nétanyahou et Donald Trump.

Le New York Times a annoncé lundi qu’il ne publierait plus de dessins politiques dans son édition internationale, un peu plus d’un mois après une polémique liée à une caricature jugée antisémite.

Le quotidien a indiqué qu’il réfléchissait depuis un an à «aligner» l’édition internationale sur celle publiée aux Etats-Unis, qui ne comprend plus de dessins politiques depuis de nombreuses années. Il compte mettre ce projet à exécution à compter du 1er juillet.

La publication fin avril dans l’édition internationale d’un dessin représentant le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et le président américain Donald Trump avait déclenché un tollé au sein de la communauté juive pro-israélienne mais aussi au-delà. Le chef du gouvernement israélien était dessiné sous la forme d’un chien guide, portant un collier avec une étoile de David, et tenu en laisse par le président américain, aveugle, avec une kippa sur la tête.

Le quotidien avait présenté des excuses mais était finalement allé plus loin, la polémique ne faiblissant pas. Le directeur de la publication A.G. Sulzberger avait décidé de lancer une procédure disciplinaire contre le responsable d’édition qui avait choisi la caricature du dessinateur Antonio Moreira Antunes. Il avait également décidé de ne plus utiliser de caricatures proposées par une société extérieure, d’où provenait la caricature controversée.

Les libertés sont menacées

Pour Patrick Chappatte, l’un des dessinateurs vedette du New York Times, la décision annoncée lundi est directement liée à cette affaire, a-t-il expliqué sur son site. Celui qui collaborait avec le quotidien depuis plus de vingt ans regrette que «toutes ces années de travail restent inachevées à cause d’un seul dessin, qui n’était pas de moi, et qui n’aurait jamais dû être publié dans le meilleur journal du monde». «Ces dernières années, certains des meilleurs dessinateurs de presse aux Etats-Unis (…) ont perdu leur travail parce que leurs éditeurs les trouvaient trop critiques envers (Donald) Trump», a-t-il poursuivi. «Peut-être devrions-nous commencer à nous inquiéter», a-t-il écrit. «Et nous rebeller. Les dessinateurs de presse sont nés avec la démocratie et lorsque les libertés sont menacées, ils le sont aussi.»

Le responsable de la rubrique éditoriale du New York Times James Bennet a indiqué sur Twitter que le quotidien souhaitait continuer à travailler à l’avenir avec Patrick Chappatte et avec Heng Kim Song, son autre dessinateur vedette, sur d’autres formats.

Libye: l’émissaire de l’ONU met en garde contre «une guerre longue et sanglante»

La bataille pour Tripoli «n’est que le début d’une guerre longue et sanglante», a déclaré mardi au Conseil de sécurité l’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, en réclamant des actions pour arrêter le flot d’armes arrivant dans le pays.

«La Libye est sur le point de tomber dans une guerre civile qui pourrait conduire à la division permanente du pays», a-t-il ajouté. «Des nations alimentent ce conflit sanglant et les Nations unies doivent y mettre un terme», a-t-il demandé, en évoquant un embargo sur les armes qui tourne à la «farce cynique».

Répression contre la presse: RSF et SNJ dénoncent des atteintes à la liberté d’informer

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et Reporters sans frontières (RSF) ont dénoncé dimanche des atteintes à la liberté d’informer après des incidents entre forces de l’ordre et journalistes samedi lors de l’acte 23 des «gilets jaunes».

«Il y a eu plusieurs interpellations de journalistes et d’autres incidents», a déclaré à l’AFP Vincent Lanier, premier secrétaire national du SNJ, en référence notamment à l’interpellation de deux reporters indépendants à Paris, Gaspard Glanz et Alexis Kraland.

«On commence à se poser des questions: est-ce qu’il n’y a pas une volonté déterminée d’intimider notamment les photographes sur le terrain ? On a l’impression que certains sont ciblés», a dénoncé Vincent Lanier du SNJ. «Il y a des tensions, c’est vrai, sur le terrain entre des policiers et des photographes, mais de là à interpeller, il y a un gros problème. On est sur une pente très dangereuse par rapport à la liberté d’informer, c’est la liberté de la presse qui est menacée», a-t-il insisté.

Journalistes ciblés

«Le nombre d’incidents depuis le début du mouvement des «gilets jaunes» qui visent autant des journalistes professionnels et non professionnels clairement identifiés «Presse» au moment où ils sont en train de filmer ou photographier entrave le travail de la presse et limite de facto la captation d’images de ces événements qui sont par nature d’un intérêt crucial pour le public», a de son côté regretté Catherine Monnet, rédactrice en chef adjointe à RSF. «Cela va à l’encontre du droit et de la liberté fondamentale d’informer. Les journalistes doivent pouvoir couvrir librement ces manifestations afin de pouvoir rapporter leur déroulement et les agissements des manifestants comme celui des forces de l’ordre», a-t-elle déclaré à l’AFP.

À Toulouse, deux journalistes ont été touchés par une «grenade de désencerclement», selon leur témoignage ou celui de leur employeur. À Paris, un photographe de l’Agence France-Presse «a reçu une grenade lacrymogène dans les jambes» et a «pris un coup, hors action» de la part d’un policier, a indiqué son rédacteur en chef photo France Olivier Morin. Une vidéaste de l’AFP a également indiqué que sa chaussure avait pris feu après le tir d’une grenade de désencerclement. Elle a été prise en charge par des «street medics».

Au total, 219 personnes, dont six mineurs, ont été arrêtées samedi dernier lors de la 23ème mobilisation des « gilets jaunes ».

Libye: les combats s’intensifient aux abords de Tripoli

L’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, progresse vers la capitale libyenne et les combats s’intensifient aux abords de Tripoli. L’armée du gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la « communauté internationale », résiste à cet assaut depuis jeudi. Alors que la situation sur le terrain reste confuse, la situation humanitaire, elle, s’aggrave résolument.

C’est le jeu du chat et de la souris. Alors que les forces du maréchal Haftar progressent sur les axes sud et sud-est, celles du gouvernement d’union nationale (GNA) résistent au niveau de l’aéroport de Tripoli. L’Armée nationale libyenne (ANL) affirme avoir pris une caserne aux troupes loyalistes, à 50 kilomètres plus au sud. Les forces du GNA, elles, auraient repoussé l’assaut des hommes d’Haftar vers Ain Zara, à 10 kilomètres au sud de Tipoli.

À la guerre sur le terrain s’ajoute celle de la communication. Chaque camp y va de sa déclaration pour faire valoir ses victoires, pour l’heure invérifiables.

À Tripoli et aux alentours, les populations, elles, souffrent. D’après les Nations unies, plus de 4 500 personnes ont dû fuir leurs foyers. Le ministère de la Santé du GNA estime que 35 personnes ont été tuées depuis jeudi.

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) estime, lui, qu’un demi-million d’enfants à Tripoli sont directement menacés. Abdel-Rahman Ghandour, représentant spécial de l’Unicef pour la Libye, déplore que les enfants soient utilisés par les groupes armés.

Enfants soldats

De très jeunes combattants, et même des enfants, sont en train de participer aux combats actuels, en particulier dans la zone ouest et dans la région de Zouara.

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence mercredi 10 avril pour discuter de la situation libyenne. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a réclamé un « cessez-le-feu » afin d’éviter « une bataille sanglante » à Tripoli.

Libye: pour le président du Parlement de l’UE, la France a commis «une erreur historique»

Dans une interview accordée le 6 avril à la chaîne italienne Sky TG24, le président du Parlement européen s’est prononcé sur l’aggravation de la situation en Libye. Il a notamment accusé l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, d’être derrière le meurtre de Mouammar Kadhafi.

En commentant la déclaration de Matteo Salvini sur les intérêts économiques et commerciaux qui pourraient pousser certains pays à promouvoir une intervention militaire en Libye, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, s’en est pris à la France et, en particulier, à son ancien Président, Nicolas Sarkozy.

«Nous disions depuis toujours que la France avait des intérêts différents de ceux italiens en Libye si bien que [Nicolas] Sarkozy était l’un des protagonistes de la chasse à [Mouammar] Kadhafi et de son meurtre avec les Américains et les Britanniques», a-t-il déclaré dans une interview accordée le 6 avril à la chaîne Sky TG24.

Il estime que la France n’a pas atteint son objectif en Libye.

«Il s’agit d’une erreur historique retentissante. La France pensait pouvoir peser plus en Libye mais finalement elle n’a rien pesé», a-t-il précisé.

Selon M.Tajani, le «grand chaos» qui s’est créé en Libye a provoqué une crise migratoire dont le prix est payé par l’Italie et d’autres pays.

Lors de son déplacement à Paris pour la réunion des ministres de l’Intérieur du G7, Matteo Salvini s’est déclaré «très préoccupé» par la situation en Libye.

«Je voudrais que personne, poussé par ses intérêts économiques et commerciaux, ne promeuve une campagne pour une intervention militaire qui pourrait être dévastatrice», a-t-il ajouté.

La Libye est plongée dans le chaos depuis le renversement du gouvernement et le meurtre de Mouammar Kadhafi en 2011. Le pays est divisé entre plusieurs entités rivales, avec notamment la présence à Tripoli du gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj, soutenu par l’Onu et l’UE, et dans l’est, d’un parlement élu par le peuple et appuyé par l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar.

Libye: Haftar poursuit son offensive malgré les appels des Occidentaux

Les forces loyales au maréchal Khalifa Haftar poursuivent samedi leur offensive vers la capitale libyenne Tripoli, faisant fi des appels de la communauté internationale à la cessation des hostilités, dont la reprise risque de plonger le pays dans la guerre civile.

La progression de l’Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par son chef autoproclamé M. Haftar, est ralentie par les forces loyales à l’autorité rivale – le Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli – qui tentent de faire face à l’assaut lancé jeudi sur la capitale.

Samedi, les forces pro-GNA ont mené au moins un raid aérien contre une position de l’ANL à une cinquantaine de km au sud de Tripoli, dans la région d’Al-Aziziya, a indiqué l’ANL, promettant de riposter.

La Force de protection de Tripoli, une alliance de milices loyales au GNA, a confirmé que des raids aériens « intensifs » étaient menés contre l’ANL depuis l’aéroport de Mitiga à Tripoli et de Misrata (ouest).

Au sol, les combats entre les deux camps rivaux s’intensifiaient au sud de la capitale.

Au moins un groupe armé de Misrata, « la brigade 166 », est arrivé à l’est de la capitale pour participer à la contre-offensive, a constaté un photographe de l’AFP. 

« Nous attendons les ordres pour repousser toute avancée de l’ennemi vers Tripoli », a déclaré à l’AFP le porte-parole de ce groupe, Khaled Abou Jazia. 

Des dizaines de véhicules armés notamment de canons antiaériens se sont rassemblés à Tajoura, dans la banlieue est de Tripoli, selon un photographe de l’AFP.

Depuis le renversement en 2011, par les Occidentaux, du régime Kadhafi, la Libye est plongée dans le chaos avec la présence de nombreuses milices et les deux autorités rivales du GNA et de l’ANL.

La nouvelle escalade de violence intervient avant une Conférence nationale sous l’égide de l’ONU prévue mi-avril à Ghadamès, dans le sud-ouest du pays, afin de dresser une « feuille de route » avec la tenue d’élections pour tenter de sortir le pays de l’impasse.

Le visage grave, l’émissaire de l’ONU pour la Libye Ghassan Salamé a déclaré samedi que la conférence serait maintenue, malgré l’assaut lancé par le maréchal Haftar sur Tripoli.

« Nous sommes déterminés à organiser » cette conférence interlibyenne « à la date prévue », du 14 au 16 avril, « sauf si des circonstances majeures nous en empêchent », a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Tripoli.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a lui appelé à un « dialogue inclusif » et « sans les échéances artificielles que certains essaient d’imposer (aux Libyens) depuis l’extérieur », sans préciser ni à quelles « échéances » il se référait, ni qui il visait dans cette déclaration.

Libye: conférence nationale en avril pour dresser une «feuille de route»

  • La Mission des Nations unies en Libye (Manul) organisera du 14 au 16 avril une «conférence nationale» appelée à dresser une «feuille de route» à même de sortir le pays d’une profonde crise, a annoncé la mission aujourd’hui. La conférence, qui se tiendra à Ghadamès (centre de la Libye), doit ouvrir la voie et fixer une date pour des élections législatives et présidentielle dans ce pays déchiré, depuis le renversement du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, par les divisions et les luttes d’influence entre milices et tribus.

«Nous allons inviter toutes les catégories politiques libyennes sans exception», a déclaré au cours d’une conférence de presse dans la capitale libyenne Tripoli le chef de la Manul, Ghassan Salamé (photo). Cette conférence à laquelle doivent prendre part «entre 120 et 150 personnes» est le résultat d’une longue série de consultations et de réunions préparatoires ayant eu lieu dans 57 villes du pays, a-t-il précisé. Les participants sont appelés aussi à trancher sur un projet de Constitution et à donner un «délai» pour la préparation des textes législatifs par le Parlement siégeant dans l’est libyen et le Conseil d’Etat qui fait office de chambre haute à Tripoli.Ghassan Salamé accuse régulièrement ces deux assemblées de prolonger la période de transition et de vouloir garder leurs prérogatives, en retardant notamment l’adoption d’une loi électorale. «Si ce retard continue, nous allons demander à la conférence nationale de proposer d’autres alternatives», a-t-il dit. «Les urnes mettront fin à ces corps existants», a-t-il ajouté, se disant «confiant dans la réussite de la conférence». A la question de savoir si des groupes armés allaient être invités à la réunion, Ghassan Salamé a répondu: «Toutes les parties seront représentées».

Par ailleurs, Ghassan Salamé a appelé les grandes puissances à faire pression sur toutes les parties en Libye pour éviter de rallumer le conflit, et à appuyer les élections. Un accord interlibyen sur une Constitution et la tenue d’élections est nécessaire pour parvenir à une stabilité des institutions et à un retour de la sécurité mais aussi pour remettre sur pied l’économie chancelante du pays.

Répression policière: l’ONU réclame à Paris une enquête sur «l’usage excessif de la force»

  • Le maintien de l’ordre en France est soumis à de sévères remontrances. Prenant la suite d’experts onusiens, de députés de l’Union européenne et de son homologue au sein du Conseil de l’Europe, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, a réclamé ce mercredi à la France une «enquête approfondie» sur les violences policières qui se sont produites pendant les manifestations des «Gilets jaunes» depuis la mi-novembre. «Evidemment nous suivrons les recommandations avec la diligence nécessaire», a réagi dans la foulée le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, lors du compte rendu du conseil des ministres à l’Elysée.

Dans un discours prononcé devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, l’ancienne présidente du Chili en poste depuis six mois à l’ONU a déclaré que les «Gilets jaunes» manifestent contre «ce qu’ils considèrent comme (leur) exclusion des droits économiques et de (leur) participation aux affaires publiques». «Nous encourageons le gouvernement (français) à poursuivre le dialogue et demandons urgemment une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d’usage excessif de la force», a-t-elle ajouté. Michelle Bachelet a rappelé que «les inégalités touchent tous les pays». Elle n’a cité que la France comme pays prospère mais a dénoncé les répressions violentes des manifestations qui se sont produites récemment au Soudan, au Zimbabwe et en Haïti.

«Il faut, je le dis néanmoins, s’étonner tout de même de se retrouver cité dans une liste entre le Venezuela et Haïti où il y a eu des morts, je le rappelle, des morts nombreux, suite à des manifestations (…) Le niveau d’inclusion économique et démocratique en France est selon les standards de l’ONU un des plus élevés au monde, avec un niveau d’inégalités contenu mais que nous nous attachons à combattre», s’est défendu Benjamin Griveaux, rappelant l’attachement du président Macron au «multilatéralisme». Et d’ajouter: «Il est bien de voir le verre à moitié vide (….) mais c’est mon devoir de rappeler que parfois il peut être vu à moitié plein».

ONU, UE, CEDH: plusieurs précédents

Le porte-parole du gouvernement a également rappelé «162 enquêtes [de l’Inspection générale de la police nationale avaient] ouvertes à la date du 1er mars». Des dizaines de manifestants affirment notamment avoir été blessés par des tirs de lanceur de balle de défense (LBD), une arme qui suscite de vives controverses en France. Des vidéos ou des photos prises lors de manifestations révèlent des blessures particulièrement sévères. Il est néanmoins souvent difficile de savoir quelle est l’origine exacte de celles-ci, notamment s’il s’agit de LBD ou de grenades de désencerclement. 12.122 tirs de LBD, 1428 tirs de grenades lacrymogènes instantanées et 4942 tirs de grenades de désencerclement ont été comptabilisés par le ministère de l’Intérieur à la date du 4 février.

La situation en France comparable avec celle des répressions violentes au Soudan, en Haïti et au Zimbabwe!

La Haut-commissaire onusien aux droits de l’homme n’est pas la première représentante d’une instance européenne ou internationale à dénoncer l’usage excessif de la force dans les manifestations des «Gilets jaunes». Le 14 février, un groupe d’experts du Conseil des droits de l’homme de l’ONU avait déjà publié un sévère communiqué sur le sujet, estimant que «le droit de manifester en France a été restreint de manière disproportionnée» et évoquant le chiffre de 1700 blessés. Le lendemain, ce sont des députés du Parlement européen qui ont voté une résolution pour «dénoncer le recours à des interventions violentes et disproportionnées de la part des autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques», sans citer expressément dans le texte les «Gilets jaunes», qui ont néanmoins été évoqués lors des débats. Enfin, le 25 février, le Conseil de l’Europe, organisation qui regroupe 47 pays, a appelé la France à suspendre l’usage des LBD. «Les blessures occasionnées par des tirs de LBD révèlent un usage disproportionné de la force, ainsi que l’inadaptation de ce type d’arme au contexte d’opérations de maintien de l’ordre», a écrit la commissaire aux droits de l’homme de la CEDH, Dunja Mijatovic, dans un mémorandum de dix pages.

Libye: l’ONU annonce un accord entre les pouvoirs rivaux

(L-R) Libya Chief of Staff, Marshall Khalifa Haftar, President of the Libyan House of Representatives in Tobruk Aguila Saleh Issa Chairman of the Presidential Council of Libya, Fayez al-Sarraj and President of Libya High Council Khaled Mechri attend the International Congress on Libya at the Elysee Palace in Paris, France, 29 May 2018.
  • L’ONU a fait état jeudi d’un accord sur l’organisation d’élections en Libye entre le chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) Fayez al-Sarraj et son rival, le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’est du pays.

L’accord a été conclu aujourd’hui à Abou Dhabi sous l’égide de l’ONU, a indiqué dans un tweet en arabe la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul). « Les deux parties se sont entendues sur la nécessité de mettre fin à la période de transition à travers des élections générales mais aussi sur les moyens de préserver la stabilité de la Libye et d’unifier ses institutions », a déclaré la Manul. Après le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye a plongé dans le chaos, déchirée par des luttes d’influence entre de nombreuses milices.

Elle est aujourd’hui dirigée par deux autorités rivales: à Tripoli est basé le GNA, dirigé par Fayez al-Sarraj et soutenu par la communauté internationale, et dans l’est libyen, un cabinet parallèle est appuyé par l’Armée nationale libyenne (ANL), autoproclamée par Khalifa Haftar. Parmi les institutions divisées figure également la Banque centrale.

La dernière rencontre entre Saraj et Haftar remonte à fin mai 2018 à Paris où, déjà, il était question d’organiser des élections mais sans qu’aucune partie ne s’y engage solennellement.

En novembre, l’Italie, partenaire historique et principal de la Libye, avait tenté, sans succès, un nouveau rapprochement entre Sarraj et Haftar lors d’une réunion à Palerme en présence des pays impliqués dans le dossier libyen. Mais le maréchal Haftar avait boycotté la rencontre.