L’OCI déclare Jérusalem-Est occupée capitale de l’Etat de Palestine

Le sommet extraordinaire de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) sur Jérusalem (Al-Qods), tenu mercredi à Istanbul, a appelé la communauté internationale à reconnaître la ville sainte comme étant “la capitale occupée” de la Palestine.

Des leaders musulmans ont appelé mercredi le monde à reconnaître Jérusalem-Est comme capitale d’un Etat palestinien en réponse à la décision américaine de considérer la ville sainte comme capitale d’Israël à l’issue d’un sommet à Istanbul lors duquel ils ont usé d’un langage ferme sans annoncer de mesure concrète.

“Nous proclamons Jérusalem-Est capitale de l’Etat de Palestine et appelons les autres pays à reconnaître l’Etat de Palestine et Jérusalem-Est comme sa capitale occupée”, ont déclaré les leaders dans un communiqué publié à l’issue d’un sommet de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI) à Istanbul.
La plupart des pays arabo-musulmans reconnaissent déjà Jérusalem-Est comme la capitale de l’Etat que les Palestiniens appellent de leurs voeux.

Décision nulle et non avenue

“Nous rejetons et condamnons fermement la décision irresponsable, illégale et unilatérale du président des Etats-Unis reconnaissant Jérusalem comme la prétendue capitale d’Israël. Nous considérons cette décision comme nulle et non avenue”, ont-ils ajouté.

Ils ont en outre estimé que la décision du président américain Donald Trump nourrissait “l’extrémisme et le terrorisme”.

C’est “un sabotage délibéré de tous les efforts visant à parvenir à la paix, nourrit l’extrémisme et le terrorisme et menace la paix et la sécurité mondiales”, selon le communiqué.

Ils ont aussi affirmé que Washington, en décidant cette mesure allant à l’encontre des résolutions internationales “signe son retrait de son rôle de médiateur dans la quête d’un règlement de paix”.

Washington “encourage ainsi Israël, la force occupante, à poursuivre la colonisation, l’apartheid et le nettoyage ethnique dans les territoires palestiniens occupés en 1967”, poursuit le communiqué.

“mentalité sioniste”

A l’ouverture du sommet, le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s’est fait le porte-voix de la colère du monde arabo-musulman, avait exhorté la communauté internationale à reconnaître Jérusalem-Est comme la “capitale de la Palestine”.

Il a ensuite accusé M. Trump d’avoir une “mentalité sioniste”.

Le leader palestinien Mahmoud Abbas avait pour sa part averti qu’il n’y aurait “ni paix, ni stabilité” sans la partie arabe occupée de la ville sainte comme capitale palestinienne.

Israël “Etat terroriste”

M. Trump a “offert Jérusalem comme cadeau” au “mouvement sioniste”, “comme s’il lui offrait une des villes américaines”, a déclaré M. Abbas dans un discours d’une rare véhémence à l’encontre de l’état juif et de l’administration américaine.

Par conséquent, “nous n’acceptons aucun rôle des Etats-Unis” dans le processus de paix, a poursuivi le président palestinien, estimant que Washington était “partial”.

“Jérusalem est et restera éternellement la capitale de l’Etat de Palestine (…) Et il n’y aura ni paix, ni stabilité sans cela”, a ajouté M. Abbas.

M. Erdogan, un ardent défenseur de la cause palestinienne, avait donné le ton dans son discours en qualifiant l’Etat hébreu d'”Etat d’occupation” et d'”Etat terroriste”.

La France ne réinterviendra pas militairement en Libye

La France n’interviendra pas militairement en Libye, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, dans la foulée des précisions apportées par le chef de l’Etat sur l’opération de démantèlement de réseaux de passeurs décidée lors de sa tournée africaine.
En marge du sommet Union européenne-Union africaine d’Abidjan, Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mise en place d’une task-force de lutte contre les trafiquants d’êtres humains en Libye entre l’UE, l’Union africaine et l’Onu, avant de préciser le lendemain qu’aucun envoi de forces militaires et de policiers français n’était “prévu à ce stade”.
“Il n’y aura pas d’intervention militaire de la France”, a déclaré Benjamin Griveaux lors du Grand Rendez-vous Europe 1-CNEWS-Les Echos.
“Il faut qu’il puisse y avoir une force interafricaine qui puisse intervenir ; la France et l’UE peuvent être là en soutien sur l’intelligence, sur les services, sur le renseignement, sur la technique”, a-t-il ajouté, soulignant que l’opération serait conduite par des contingents militaires interafricains.
Responsabilité de la France
“C’est le chaos en Libye. On a fait la guerre mais nous n’avons pas préparé la paix, et il y a là une responsabilité. Aujourd’hui des gens y meurent, il fallait donc que la France prenne cette initiative dans le cadre européen.”

Dieudonné au Dôme de Marseille devant 8 000 spectateurs

L’humoriste contesté, condamné pour incitation à la haine et tenue de propos antisémites, a présenté devant un public de 8 000 personnes ravies son nouveau spectacle, « La Guerre », ce qu’aucun de ses confrères ne réussit à faire !

Cette succession de salles combles (Dieudonné avait déjà triomphé quelques jours auparavant en région Auvergne Rhône-Alpes devant des salles pleines) énerve ses opposants, dont Manuel Valls qui exigent une culpabilisation des fans qui se rendraient au spectacle de Dieudonné, sans préciser de quelle manière il compte s’y prendre…

« Faites des photos pour Jean-Claude Gaudin, dites-lui que ça s’est bien passé et que nous sommes des gens de paix ». Dimanche dernier, Dieudonné a savouré sa revanche sur le maire de Marseille. Sur la scène du Dôme, devant une salle comble de huit mille personnes, le comique interdit de médias a eu droit à une standing ovation à l’issue de son nouveau one-man-show intitulé La Guerre.
En septembre, la mairie de Marseille avait annulé le contrat de location avec sa société de production, estimant que le spectacle était « susceptible d’engendrer des troubles à l’ordre public ». Le 13 novembre, le Conseil d’Etat a débouté la municipalité phocéenne en faisant valoir qu’une annulation porterait « une atteinte grave à la liberté d’expression ».
Une dizaine de cars de CRS étaient visibles près de l’entrée du Dôme dimanche soir mais aucune manifestation ni banderole n’ont perturbé l’entrée du public. De tous âges et de toutes origines, les spectateurs ont entonné avec Dieudonné une chansonnette à l’encontre de Jean-Claude Gaudin et applaudi à tout rompre leur idole lorsqu’il reconnaît avoir « un casier judiciaire long comme le bras ».
Atteinte grave à la liberté d’expression
Malgré (ou à cause de ?) son itinéraire, Dieudonné continue à remplir les salles contrairement à la plupart des humoristes soutenus par les médias. Le 28 octobre, il jouait à guichets fermés au Summum à Grenoble et, après Marseille, il poursuivra sa tournée dans les Zenith de Toulouse, Nantes, Montpellier, et à la patinoire de Bordeaux. Il annonce d’ores et déjà un prochain spectacle intitulé L’Emancipation, en avril 2018 à Toulon. Internet – via son site, son compte twitter et sa page Facebook – lui permet de fidéliser son public, ses « quenelliers », comme il les appelle, en référence au geste de la « quenelle  » (un bras tendu vers le bas), signe de révolte bien profonde, devenu signe politique de ralliement de ses partisans.

Dans La Guerre, les mots « juif » et « Shoah » ont disparu. Le comique de l’ombre affirme qu’il en a « marre d’être traité d’antisémite ». Un mannequin soldat et des caisses militaires en bois composent le décor. Une voix off prévient : « Nous sommes sous le feu nourri de perversions et de mensonges. L’attaque que nous subissons est désespérée. Des forces de manipulation du système jouent la carte du tout pour le tout. Restez calme et gardez votre sens de l’humour ». Dieudonné, vêtu d’un long manteau jaune à capuche pointue, arrive au son d’une musique d’église. Tel un guide spirituel, il s’installe à sa chaire.
Emmanuel Macron et Jacques Attali moqués
« Si je prie c’est pour éviter une guerre thermonucléaire généralisée, lance le polémiste qui vient de se voir signifier par la cour d’appel de Paris son expulsion du théâtre de la Main d’or. Je reviens de Corée du Nord, c’est chaud. J’ai des gosses. Ça ferait un pincement au cœur de les voir atomisés ou shootés à la kalachnikov en allant voir un spectacle au Bataclan. La guerre est devenue free style. L’Etat nous dit qu’il faut s’habituer aux attentats. On essaie mais ce n’est pas évident ».

S’étonnant qu’autant de monde soit dans une salle de spectacle en plein état d’urgence, au lieu de « stocker du riz » en attendant le « chaos », Dieudonné tacle « une société qui part en couille », où « les enfants ne font plus la différence entre le défilé du 14 juillet et celui de la Gay Pride », et un pays qui « s’est choisi un banquier comme président ». Son texte n’épargne personne. Emmanuel Macron et Jacques Attali sont conspués, et les « élites » accusées de « sacrifier » le peuple « en nous abandonnant à notre propre barbarie, seule solution pour retrouver la croissance et le plein-emploi ». Le public, représentatif de la diversité à la française, est hilare. Et en redemande…

Histoire et géopolitique de la Libye, un nouveau livre de Bernard Lugan

Présentation par l’auteur :

Collés à l’immédiat, journalistes et “experts” décrivent le chaos libyen. Ils ne l’expliquent pas. Ne connaissant ni les couches sédimentaires historiques, ni la marqueterie tribale du pays, ils en seraient d’ailleurs incapables.

Or, les origines du drame et ses conséquences, tant locales que régionales et migratoires, ne peuvent être analysées et comprises qu’à travers les permanences de cette société profondément originale qu’est la Libye.

Vieille terre berbère islamisée puis arabisée par la violence, cette dernière se caractérise à la fois par la faiblesse du pouvoir central et par la vitalité de ses forces tribales.

Au nombre de plusieurs dizaines si nous ne comptons que les principales, mais de plusieurs centaines si nous prenons en compte leurs subdivisions, les tribus libyennes sont groupées en trois grandes alliances régionales : la confédération Sa’adi en Cyrénaïque, la confédération Saff al-Bahar  dans le nord de la Tripolitaine et la confédération Awlad Sulayman qui occupe la Tripolitaine orientale et intérieure ainsi que le Fezzan.

Au sein de ces alliances, agissant comme de véritables “fendeurs d’horizon”, les tribus les plus fortes contrôlaient jadis les couloirs de nomadisation sur l’axe Méditerranée-Tchad. Les trafics d’aujourd’hui (notamment drogue et migrants), se font le long de ces anciennes voies sur lesquelles les jihadistes-contrebandiers  bénéficient de solidarités lignagères séculaires.

Faute d’avoir pris en compte ces données pourtant essentielles, ceux qui, au nom de l’illusion démocratique, déclenchèrent l’intervention franco-britannique de 2011 contre le colonel Kadhafi sont les responsables directs de l’actuel chaos. Or, par le biais des migrations, celui-ci frappe à nos portes.

Face à un tel danger, la pacification de la Libye est un impératif vital. Il serait cependant singulièrement inconséquent de vouloir l’obtenir au nom de l’utopie démocratique et sans prendre en compte son archéologie tribale.

Fondé sur le seul réel, à savoir la terre, les hommes et leur histoire, ce livre donne les véritables clés de compréhension d’une crise qui menace directement l’Europe. Il permet de poser le bon diagnostic et donc de définir les bons remèdes.

Histoire et géopolitique de la Libye, des origines à nos jours

– 225 pages

– 25 cartes couleur

– Importante bibliographie et index (nom des personnages, des peuples et des tribus)

 

Prix :

– 32€ pour livraison en France

– 34€ pour l’Europe

– 37€ pour le reste du monde

IMPORTANT :

Edité par l’Afrique Réelle, ce livre est à commander à la maison d’éditions.

 

Libye : Des ONG africaines déposent plainte contre Sarkozy pour crimes de guerre

Plusieurs organisations de la société civile ouest-africaine ont créé, samedi à Bamako, un «front» pour promouvoir la démocratie et les droits de l’homme en Afrique.

«Nous sommes plus de quinze associations et organisations de la société civile d’Afrique de l’Ouest. Nous sommes réunis à Bamako pour créer le Front international des sociétés civiles panafricaines (Fispa), pour promouvoir la démocratie, la dignité de l’Afrique et les droits de l’homme», a déclaré à la presse le rappeur sénégalais Simon Kouka, membre de «Y’en a marre». Ce mouvement citoyen sénégalais a été en pointe dans le combat contre un troisième mandat du président sénégalais Abdoulaye Wade (2000-2012).

Parrain du lancement du Fispa, le reggaeman ivoirien Tiken Jah Fakoly a affirmé soutenir «totalement (…) la démarche des jeunes» dont la rencontre à Bamako a pris fin hier. «Pour nos premières actions, nous annonçons une plainte déposée ce jour à la Cour pénale internationale (CPI) contre l’ancien président français Nicolas Sarkozy, pour avoir déclenché la guerre en Libye, ce qui a entraîné la mort du colonel Mouammar El Gueddafi», a annoncé l’artiste guinéen Elie Kamano. «L’assassinat d’El Gueddafi a eu des conséquences dramatiques et néfastes sur notre continent et sur les populations africaines», a-t-il ajouté.

La plainte contre M. Sarkozy a été déposée, samedi matin à La Haye, par un avocat basé au Canada. «Non seulement je soutiens la plainte pour assassinat d’El Gueddafi contre Nicolas Sarkozy, mais nous demandons la démocratie pour le Togo», a ajouté Tiken Jah Fakoly, critique contre le régime de Faure Gnassingbé, qui fait face à une importante contestation populaire depuis plus d’un mois. «Cela fait plus de 40 ans que Faure et sa famille sont au pouvoir au Togo. Qu’il démissionne», a-t-il ajouté.

Le dirigeant togolais a succédé, avec le soutien de l’armée, à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, décédé en 2005 après avoir dirigé le pays d’une main de fer durant 38 ans. «La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 Etats) doit dire la vérité à Faure Eyadema» pour qu’il «respecte ce que veut le peuple. La Cédéao doit arrêter de soutenir les dictatures», a ajouté M. Kamano.

Emmanuel Macron se dote d’un Conseil présidentiel pour l’Afrique

 

Lors de son discours aux ambassadeurs, Emmanuel Macron a officialisé le Conseil présidentiel pour l’Afrique. Promesse de campagne, ce groupe de travail est destiné à mieux identifier les défis auxquels est confronté le continent.

“C’est en Afrique que se joue largement l’avenir du monde.” Trois mois après son entrée à l’Élysée, Emmanuel Macron a profité de son premier discours devant les ambassadeurs, mardi 29 août, à Paris, pour lever encore un peu plus le voile sur les grandes orientations de sa politique étrangère. Et renouveler sa volonté de placer le continent africain au cœur de la diplomatie française.

“L’Afrique n’est pas seulement le continent des migrations et des crises, c’est un continent d’avenir. C’est pourquoi nous ne pouvons le laisser seul face à ses défis, démographiques, climatiques, politiques”, a affirmé le président français. Avant d’annoncer : “Je me rendrai prochainement à Ouagadougou pour porter ce message”.

Avant de s’envoler pour la capitale du Burkina Faso, le chef de l’État réunira sans doute le tout nouveau Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), dont il a officialisé, mardi, la mise en place. Promesse de campagne du candidat Macron, cette structure “inédite”, “tournée vers les attentes de notre jeunesse” et composée “de personnalités engagées issues de la société civile” doit en effet permettre au président Macron de préparer ses visites d’État sur le continent.

“Ni un nouveau think tank ni un fan-club africain”

“Ce ne sera ni un nouveau think tank ni un fan-club africain du président de la République” mais une instance chargée de conseiller le chef de l’État et de faire remonter des propositions, a fait savoir l’Élysée. Concrètement, indique Jeune Afrique, “le CPA rencontrera notamment Emmanuel Macron avant chacun de ses déplacements en Afrique et travaillera également à l’élaboration des discours importants prononcés en rapport avec le continent. Son premier chantier : le discours de politique africaine que prononcera le président français en novembre et sur lesquels le CPA sera invité à collaborer.”

En se dotant d’un tel groupe de travail, la présidence espère ainsi montrer une meilleure expertise de l’Afrique et éviter également des impairs diplomatiques, comme ce fut le cas, en 2007, pour Nicolas Sarkozy dont le controversé discours de Dakar entacha durablement ses relations avec le continent.

Au service du Président

Parmi les 11 membres – tous bénévoles, précise-t-on à l’Élysée – qui composent ce groupe de travail figurent notamment le footballeur franco-béninois Jean-Marc Adjovi-Boco, la chercheuse kényane Yvonne Mburu, l’avocat français Yves-Justice Djimi ou encore Jules-Armand Aniambossou, ancien ambassadeur du Bénin en France et ex-camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA.

L’Élysée fait le pari que le CPA s’inscrive dans la durée. “Notre objectif était de créer quelque chose qui survivra au président Macron et qui aura donc une existence institutionnelle”, a confié à Jeune Afrique une source proche du chef de l’État.

Libye : libération des membres de la mission de l’ONU pris en otages

Les ravisseurs affilés à un groupe armé basé dans la ville libyenne de Zaouïa ont relâché les fonctionnaires de l’Onu pris en otage plus tôt dans la journée, signale le portail d’information libyen al-Wasat. Les membres de la mission sont sains et saufs.

Pris en otage plus tôt dans la journée de mercredi à l’ouest de Tripoli, les six membres de la mission de l’Onu en Libye ont été relâchés suite aux négociations menées par des notables tribaux locaux avec les ravisseurs. Les otages sont en bonne santé et ont été libérés sans que les exigences des ravisseurs soient satisfaites, souligne le portail d’informations al-Wasat.

Selon la source, les membres de la mission de l’Onu en question — quatre hommes et deux femmes — sont actuellement en route pour Tripoli.

Selon l’information de la chaîne de télévision Sky News Arabia, les ravisseurs sont affiliés à l’organisation terroriste internationale Al-Qaïda.

Plus tôt dans la journée, il a été annoncé que des fonctionnaires des Nations unies qui se dirigeaient vers la Tunisie avaient été pris en otage dans la ville de Zaouïa, située à 45 km à l’ouest de Tripoli. Les ravisseurs ont cherché à les échanger contre leurs complices arrêtés auparavant dans la capitale libyenne.

Ces dernières années, la situation en Libye demeure dangereuse en raison de l’activité d’islamistes radicaux affiliés à Al-Qaïda et à Daech. Le pays est également divisé en deux: un gouvernement d’union nationale siège à Tripoli, tandis qu’un gouvernement intérimaire dirige l’est du pays depuis Tobrouk.

Avec Sputnik

Le Libanais Ghassan Salamé nommé émissaire onusien en Libye

Le Conseil de sécurité de l’ONU a entériné mardi soir 20 juin la nomination par le Secrétaire général d’un envoyé spécial pour la Libye. Après une prolongation en catastrophe de quatre mois de l’envoyé actuel Martin Kobler faute de consensus autour des personnalités proposées pour ce poste, la nomination du médiateur international et ancien ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé a fait consensus. Si la mission s’annonce complexe, le nouvel émissaire possède plusieurs atouts pour aborder le dossier.

Armé déjà d’un capital de sympathie chez les Libyens et s’appuyant sur son expérience en tant que médiateur dans la résolution de crises internationales, Ghassan Salamé, le nouvel émissaire onusien pour la Libye, a plusieurs cartes en main.

Il entretient des relations amicales avec plusieurs personnalités politiques en Libye et dans les pays du Golfe, des Etats influents dans le dossier libyen, comme le Qatar, l’Arabie saoudite et les Emirats.

Son expérience internationale lui donne un atout supplémentaire. Il a été conseiller de l’ex-secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan. Dans ce cadre, il a effectué plusieurs missions notamment en Irak et en Birmanie.

Ghassan Salamé est également un ami personnel du secrétaire général actuel de l’ONU, Antonio Guterres, ce qui joue en sa faveur pour cette tâche complexe. D’après nos sources, plusieurs personnalités précédemment approchées avaient refusé la mission.

Les attentes des Libyens sont grandes

Le nouvel envoyé spécial à Tripoli a une profonde connaissance des dossiers de la région et notamment celui de la Libye. Un dossier ne lui est pas étranger car ce n’est pas la première fois qu’il s’y attèle. Il avait déjà initié à Genève, en 2015, une série de dialogues inter-libyens entre les différents acteurs de la crise, ce qui avait été alors considéré comme un succès.

De plus, à Tripoli, la nomination de Ghassan Salamé a suscité une vague d’espoir chez les Libyens. Après l’échec des cinq prédécesseurs, la population croit en les capacités du Libanais pour une sortie prochaine de la crise.

Des politiques et des intellectuels lui ont déjà envoyé des lettres ouvertes pour la réorganisation de la mission onusienne pour la Libye. Une rencontre est prévue entre le nouvel émissaire et Martin Kobler dans les tous prochains jours. Ce dernier terminera sa mission fin juin.

Tâche difficile

Renouer le dialogue, entre les partis libyens, c’est la tâche la plus importante à laquelle doit s’employer dès son arrivée le nouvel émissaire de l’ONU pour la Libye. Car dans ce pays déchiré et proie au chaos depuis 2011, la société est profondément divisée. L’Etat l’est aussi.

Ghassan Salamé doit alors traiter avec les deux gouvernements qui se partagent le pouvoir dans le pays. L’accord politique signé en décembre 2015 au Maroc est toujours en panne et son amendement prévu ne s’est pas concrétisé plus de 18 mois après sa signature.

Dans une Libye, toujours sous la menace de l’organisation EI, il n’est pas facile de réunir tout le monde autour de la table. Et donc il va falloir mettre le maréchal Khalifa Haftar, Saïf al-Islam Kadhafi et les islamistes sur la même table de dialogue national. Ce dialogue doit également inclure la représentation la plus large de la société libyenne, y compris les tribus, pour avoir sa chance de réussir.

La tâche de Ghassan Salamé s’annonce ardue tant la Libye est faite d’appartenances et des sensibilités. Selon des analystes cette mission « sera encore plus complexe pour lui que pour ces prédécesseurs ».

La tâche sera d’autant plus difficile car en plus des défis intérieurs propres à la Libye, il y a les circonstances régionales et la volonté internationale d’en finir avec cette crise. Pour l’heure, résoudre la crise libyenne est devenu une priorité pour l’Union européenne. Cela ne paraît pas le cas des Etats-Unis qui gardent toujours le mystère sur sa vraie position.

 

Libye : les biens immobiliers de Claude Guéant saisis par la justice

Les juges Serge Tournaire et Roger Grouman ont pris le 12 juin une ordonnance de saisie visant l’appartement parisien dans le quartier de la porte Dauphine ainsi que la résidence secondaire dans le Maine-et-Loire de l’ancien ministre de l’Intérieur.

Les juges d’instruction qui enquêtent sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 ont récemment ordonné la saisie des biens immobiliers de Claude Guéant, plus de deux ans après sa mise examen dans cette affaire.

Les juges Serge Tournaire et Roger Grouman ont pris le 12 juin une ordonnance de saisie visant l’appartement parisien dans le XVIe arrondissement ainsi que la résidence secondaire dans le Maine-et-Loire de l’ancien ministre de l’Intérieur, selon cette source qui confirmait une information du Parisien.

L’ancien secrétaire général de l’Elysée peut continuer d’occuper ces logements. “Il s’agit d’une mesure conservatoire pour empêcher Claude Guéant de vendre ses biens immobiliers”, a expliqué à l’AFP son avocat Claude Bouchez El Ghozi.

“Je m’étonne que l’on procède à cette saisie maintenant, des années après l’ouverture de l’instruction, alors qu’il n’y rien de nouveau concernant Claude Guéant qui ne justifie cette mesure”, a commenté l’avocat. A travers cette décision, “c’est l’aveu de faiblesse d’un dossier qui piétine totalement”, a-t-il dénoncé.

Un curieux virement de 500.000 euros

Dans ce dossier tentaculaire, les juges s’intéressent à des flux financiers impliquant des protagonistes liés au régime de Kadhafi. D’anciens dignitaires de Tripoli et des témoins ont évoqué la thèse de versements, mais les magistrats n’ont pas la preuve que des fonds aient alimenté la campagne.

Les enquêteurs s’interrogent également à un virement de 500.000 euros en provenance d’une société d’un avocat malaisien, perçu en mars 2008 sur un compte de Claude Guéant. Il a affirmé qu’il s’agissait du fruit de la vente de deux tableaux, sans convaincre les magistrats qui l’avaient mis en examen en mars 2015 notamment pour blanchiment de fraude fiscale.

L’enquête a rebondi en novembre dernier avec les déclarations dans Mediapart de l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine qui a assuré avoir remis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur et à son directeur de cabinet Claude Guéant, trois valises contenant 5 millions d’euros en provenance du gouvernement du leader Kadhafi, entre novembre 2006 et début 2007. Il a été mis en examen 7 décembre notamment pour complicité de corruption et complicité de détournements de fonds publics en Libye.

Depuis, le député LR Eric Woerth, trésorier de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy a été entendu ainsi que Jérôme Lavrilleux, directeur adjoint de la campagne en 2012. Ce dernier avait affirmé que d’importantes sommes d’argent en liquide avaient circulé pendant lors de la course à la présidentielle de 2007.

(Avec AFP)

2017: à Mayotte, les chefs religieux musulmans prient… pour la victoire du FN

La présidente du Front national termine aujourd’hui sa visite dans les territoires d’outre-mer entamée dimanche.

Du pain bénit pour le Front national. Marine Le Pen, en visite à Mayotte, a été adoubée jeudi par des chefs religieux musulmans de l’île, dont le Grand Cadi qui a formé des prières pour qu’elle devienne présidente de la République en 2017.

 

Dans le cadre de sa campagne pour la présidentielle, Marine Le Pen avait souhaité rencontrer les cadis, ces responsables religieux musulmans qui jouent un grand rôle dans la société mahoraise, comme elle avait rencontré deux jours plus tôt l’évêque de La Réunion, lors de son déplacement dans l’île.

 

Le Grand Cadi, Dieu et Marine Le Pen 

 

Le Grand Cadi et six autres cadis ont demandé à la leader frontiste, par l’intermédiaire d’un traducteur (les cadis parlent la langue locale, le shimaoré), que “leur rôle dans la lutte contre le fondamentalisme soit préservé”. Il a également dit “implorer Dieu” pour que la présidente du FN devienne cheffe de l’Etat en 2017.

 

A Mayotte, 101e département de France, les 19 cadis de l’île dépendent depuis avril 2016 d’un service de médiation sociale au sein du conseil départemental, qui les rémunère.

 

“Vous avez un magistère spirituel, faut-il pour autant déléguer à un responsable religieux le soin de faire le travail de la République? Je n’en suis pas convaincue”, a répondu Marine Le Pen, tout en se disant “convaincue que (leur) influence a permis de prévenir les dangers qui pèsent sur l’île en raison de l’abandon du rôle régalien de l’Etat”.”Je pense que la République doit remplir son rôle et ne pas transférer ce qui relève de sa responsabilité à des autorités religieuses”, a-t-elle précisé devant la presse. Selon elle, “les religions ont un rôle dans le lien social, mais ce magistère doit rester spirituel”.

 

“En finir avec les caricatures” 

La candidate à la présidentielle a salué le fait que les cadis avaient sur son parti “une vision plus près de la réalité que la caricature qu’on fait de nous”. “Je veux en finir avec les caricatures, nos adversaires nous ont décrits comme les adversaires de telle ou telle religion, et notamment de la religion musulmane. Je respecte toutes les religions”, a dit Marine Le Pen.

 

“Mais je lutterai contre le fondamentalisme islamique”, a-t-elle insisté. “C’est un adversaire commun avec le Grand Cadi.” La leader frontiste a également été reçue par plusieurs associations ainsi que par le président de la chambre d’agriculture et celui de la chambre des métiers. A Mayotte, Marine Le Pen arrive en terrain conquis pour évoquer la lutte contre l’immigration et les difficultés que rencontrent les Mahorais, confrontés à une forte pression migratoire venant des Comores, pourraient les inciter à prêter une oreille plus attentive aux discours de la candidate frontiste,Toujours à la peine pour s’implanter dans les territoire d’outre-mer, le Front national n’avait recueilli que 2,77% à la présidentielle de 2012 puis 5,4% aux européennes à Mayotte. Lors de son seul déplacement de la campagne dans un département d’outre-mer, Marine Le Pen avait été chahutée par une centaine de manifestants dès sa descente d’avion sur l’île de la Réunion, l’obligeant à quitter l’aérogare au pas de charge. Le retour en métropole de la candidate à la présidentielle est prévue jeudi soir.

 

Source : L’Express