Libye: la trêve entre milices à Tripoli à nouveau violée

En Libye, l’accord de cessez-le-feu à Tripoli annoncé le 4 août par les Nations unies était trop fragile pour durer. A peine annoncée, cette trêve a été régulièrement violée par les milices qui s’affrontent depuis un mois dans des combats ayant causé la mort d’une centaine de civils et fait plus de 200 blessés. Cet accord remet à l’ordre du jour les arrangements sécuritaires prévus dans l’accord politique interlibyen signé au Maroc fin 2015. Ces arrangements n’ont jamais été appliqués par le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Tripoli.

Malgré les affrontements limités qui ont eu lieu quelques minutes seulement après la signature d’un cessez-le-feu le 4 août, la 7e brigade, chargée de la sécurité au sud de la capitale libyenne, a annoncé qu’elle continuerait à respecter cet accord. Pourtant, moins d’une heure après sa signature, ses positions ont été visées par des milices rivales de Tripoli.

Depuis, de nouvelles milices se sont jointes aux combats.
L’Italie, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, a dénoncé le rôle de la France dans la déstabilisation de la Libye et les malheurs qui frappent la population.

Sarkozy est en garde à vue dans le cadre du financement libyen de la campagne de 2007 

L’ancien président de la République est actuellement entendu dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre sur les graves soupçons de financement illicite qui pèsent sur sa campagne victorieuse de 2007.
Entre une conférence rémunérée à Dubaï sur l’éducation, quelques entrevues à son bureau parisien rue de Miromesnil et une intervention à Londres prochainement, Nicolas Sarkozy a dû se rendre à un rendez-vous d’un autre genre mardi 20 mars au matin. Selon certaines informations, l’ancien président de la République a été placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre, où il était convoqué dans le cadre de l’enquête sur le possible financement par la Libye de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.

C’est seulement maintenant que M. Sarkozy est entendu à ce sujet depuis l’ouverture d’une information judiciaire, en avril 2013, et confiée à plusieurs juges d’instruction du pôle financier de Paris dont Serge Tournaire qui a déjà renvoyé l’ancien président devant le tribunal dans l’affaire Bygmalion. Sa garde à vue peut durer 48 heures. Il pourrait être présenté aux magistrats à l’issue de sa garde à vue afin d’être mis en examen.
Depuis la publication en mai 2012 par le site Mediapart d’un document libyen faisant état d’un financement par la Libye de Mouammar Khadafi de la campagne de Nicolas Sarkozy, les investigations des magistrats ont considérablement avancé renforçant les soupçons qui pèsent sur la campagne de l’ancien chef de l’Etat.
Des fonds en liquide
En novembre 2016, en pleine primaire du parti Les Républicains, l’intermédiaire Ziad Takieddine avait affirmé avoir transporté 5 millions d’euros en liquide de Tripoli à Paris entre fin 2006 et début 2007 avant de les remettre à Claude Guéant puis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Mis en examen depuis pour « complicité de corruption d’agent public étranger » et pour « complicité de détournements de fonds publics en Libye », ces propos venaient confirmer ceux tenus le 20 septembre 2012 par Abdallah Senoussi, l’ancien directeur du renseignement militaire du régime libyen devant le procureur général du Conseil national de transition libyen.
Mais ce n’est pas tout. Les carnets de l’ancien ministre libyen du pétrole Choukri Ghanem mort en 2012 dans des circonstances encore troubles, récupéré par la justice française, mentionnent eux aussi l’existence de versements d’argent à destination de Nicolas Sarkozy. Bechir Saleh, l’ancien grand argentier de Kadhafi et homme des relations avec la France, récemment blessé par balle lors d’une agression à Johannesburg, avait en outre confié au Monde : « Kadhafi a dit qu’il avait financé Sarkozy. Sarkozy a dit qu’il n’avait pas été financé. Je crois plus Kadhafi que Sarkozy. »
Des circuits financiers douteux
Plus récemment, les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) ont remis un rapport aux magistrats dans lesquels ils détaillent, sur la base de nombreux témoignages, comment l’argent liquide a circulé au sein de l’équipe de campagne de M. Sarkozy. Jusqu’à présent les enquêteurs pensent déjà avoir remonté l’une des pistes de l’argent libyen à travers l’intermédiaire Alexandre Djouhri, alors proche de Bechir Saleh, actuellement incarcéré à Londres dans l’attente de sa possible remise à la France, et Claude Guéant mis en examen pour « faux et usage de faux » et pour « blanchiment de fraude fiscale » qui aurait acquis son appartement parisien proche de la place de l’Etoile, et un pour son fils rue Marbeau, à travers des circuits financiers opaques.
La décision de placer Nicolas Sarkozy en garde à vue signifie-t-elle que les magistrats ont depuis rassemblé de nouvelles preuves du financement illicite de la campagne permettant de le mettre en cause directement ? Les autorités libyennes ont-elles finalement décidé de coopérer ? Selon les informations du Monde, plusieurs anciens dignitaires libyens de l’époque du Guide auraient aussi livré de nouveaux éléments confirmant les soupçons de financement illicites.
Depuis plusieurs semaines la justice française dispose en outre de nombreux documents saisis lors d’une perquisition menée en 2015 au domicile suisse d’Alexandre Djouhri. Jusqu’ici, Nicolas Sarkozy a toujours contesté les accusations de financement illicite de sa campagne de 2007.

Tariq Ramadan : la cagnotte en son soutien atteint les 100.000 euros

La mobilisation autour de l’islamologue, incarcéré depuis début février pour viols, se fait grandissante. Après des dizaines de messages de soutien postés sur Internet, ses partisans se mobilisent pour financer la procédure judiciaire du théologien. En cinq jours, ils ont récolté près de 100.000 euros.

Le maintien en détention de Tariq Ramadan a déclenché une forte vague de soutien en faveur de cet intellectuel musulman accusé d’agression sexuelle sur deux femmes. Jeudi 22 février, alors que la cour d’appel de Paris a tranché qu’il resterait incarcéré pour le moment, ses proches et sa famille ont lancé une collecte de fonds en ligne dans le but de couvrir les frais d’avocats et la procédure judiciaire. L’objectif de départ, fixé à 90.000 euros, a été dépassé en à peine quelques jours.

En introduction, le collectif Free Tariq Ramadan, à l’origine de la levée de fonds, dénonce une “machination sans nom” et explique que les “procédures juridiques, frais d’avocats, expertises et contre-expertises” ont “un coût financier important”. “Chaque soutien compte. C’est pourquoi nous vous appelons à vous mobiliser en contribuant et en partageant cette cagnotte mise en place ”, déclarent-ils dans ce texte hébergé par le Cotizup.

Tariq Ramadan, qui clame son innocence depuis le début de cette affaire, avait demandé à être remis en liberté pour des raisons médicales. Le théologien de 55 ans, mis en examen pour viols et écroué depuis le 2 février, estimait que sa présomption d’innocence était bafouée et que son état de santé n’était pas pris en compte.
Vendredi 23 février, l’alibi de Tariq Ramadan dans l’une des deux affaires de viol a été mis à mal par un dossier de réservation d’un billet d’avion.

Edouard Philippe qualifie d'”erreur” les interventions militaires notamment en Libye

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a estimé dimanche à Dubaï que l’idée d’exporter la démocratie par la force comme cela a été le cas avec les interventions militaires en Afghanistan, en Irak et en Libye a été une erreur.
La transformation des Etats prend du temps et doit se faire progressivement, a-t-il déclaré à l’occasion du Sommet mondial sur la gouvernance organisé à Dubaï aux Emirats arabes unis (EAU).
Les interventions militaires en Irak, en Afghanistan et en Libye n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs, a déclaré le chef du gouvernement français.
Une coalition menée par les Etats-Unis a envahi l’Irak et l’Afghanistan respectivement en 2001 et 2003 afin d’imposer un changement de régime et d’installer une démocratie de type occidental, mais les deux pays demeurent des Etats déchirés par la guerre jusqu’ici. Le régime du dirigeant libyen Moammar Kadhafi a été renversé par une coalition menée par l’OTAN en 2011, mais le pays nord-africain n’a pas pu retrouver la stabilité depuis.
En Europe, il a fallu des siècles pour transformer les Etats en démocraties, a noté M. Philippe…(…)…

Devant le Parlement tunisien, Macron rend hommage à une révolution qui se cherche encore

Fin de la visite d’Emmanuel Macron en Tunisie. Le président français s’est exprimé devant l’Assemblée des représentants du peuple ce jeudi matin à Tunis. Un discours qui a duré près d’une heure, en forme d’hommage à la révolution tunisienne.
« Vous avez conduit une véritable révolution culturelle, et celle-là, vous l’avez réussie. Vous avez fait mentir ceux qui, partout dans le monde encore aujourd’hui, disent que des sociétés où l’islam est présent ne sont pas compatibles avec la démocratie. Et vous avez fait mentir ceux qui là aussi, dans nombre de régions du monde veulent faire croire que l’islam est là pour régenter l’Etat et que la séparation n’est pas possible. Vous les avez fait aussi mentir. Vous avez, par ce travail profond, construit un modèle unique ».
Pour Emmanuel Macron, il faut soutenir ce modèle tunisien conforme au format occidental. Le soutenir, car pour lui, la Tunisie est un « espoir et un laboratoire pour toute la région ». Une nouvelle fois ce midi, Emmanuel Macron s’est donc engagé à soutenir la Tunisie pour l’aider à passer le cap, consolider la démocratie en aidant son économie en crise tout comme de nombreux autres secteurs depuis le coup d’Etat qui a chassé le président Ben Ali en 2011.

Macron reconnait la responsabilité de l’Occident dans la déstabilisation de la région

Pour cela, il a promis entre autres de doubler les investissements français sous son quinquennat, mais aussi d’accorder 500 millions d’euros supplémentaires de 2020 à 2022. Il a promis aussi de faire plus pour lutter contre le terrorisme.
Une aide accordée non pas en « ami », a-t-il insisté, mais comme « un frère ou une sœur », car pour Emmanuel Macron la France a une part de responsabilité à assumer dans les difficultés que traverse la Tunisie, notamment face à la menace terroriste et au délitement de la Libye : « L’Europe, les Etats-Unis et quelques autres ont une responsabilité quant à la situation actuelle. C’est indiscutable. Responsabilité qui a conduit, quoi qu’on pense d’un dirigeant, d’imaginer qu’on pouvait se substituer à la souveraineté d’un peuple pour décider de son futur, qu’au fond, destituer un tyran suffisait pour régler tous les problèmes. Nous avons collectivement plongé la Libye depuis ces années dans l’anomie sans pouvoir régler la situation ».
Pour régler la situation, Emmanuel Macron s’est positionné comme un potentiel médiateur aujourd’hui. Une troisième voie face à l’approche américaine à qui il a réservé quelques piques : « On ne peut pas construire une politique arabe à des milliers de kilomètres », a-t-il dit, critiquant aussi l’approche de Donald Trump du conflit israélo-palestinien. Reprenant les images qui lui sont chères de pont et d’union, Emmanuel Macron a affirmé que la France pouvait avoir un rôle pour une vraie stratégie en Méditerranée.

L’OCI déclare Jérusalem-Est occupée capitale de l’Etat de Palestine

Le sommet extraordinaire de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) sur Jérusalem (Al-Qods), tenu mercredi à Istanbul, a appelé la communauté internationale à reconnaître la ville sainte comme étant “la capitale occupée” de la Palestine.

Des leaders musulmans ont appelé mercredi le monde à reconnaître Jérusalem-Est comme capitale d’un Etat palestinien en réponse à la décision américaine de considérer la ville sainte comme capitale d’Israël à l’issue d’un sommet à Istanbul lors duquel ils ont usé d’un langage ferme sans annoncer de mesure concrète.

“Nous proclamons Jérusalem-Est capitale de l’Etat de Palestine et appelons les autres pays à reconnaître l’Etat de Palestine et Jérusalem-Est comme sa capitale occupée”, ont déclaré les leaders dans un communiqué publié à l’issue d’un sommet de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI) à Istanbul.
La plupart des pays arabo-musulmans reconnaissent déjà Jérusalem-Est comme la capitale de l’Etat que les Palestiniens appellent de leurs voeux.

Décision nulle et non avenue

“Nous rejetons et condamnons fermement la décision irresponsable, illégale et unilatérale du président des Etats-Unis reconnaissant Jérusalem comme la prétendue capitale d’Israël. Nous considérons cette décision comme nulle et non avenue”, ont-ils ajouté.

Ils ont en outre estimé que la décision du président américain Donald Trump nourrissait “l’extrémisme et le terrorisme”.

C’est “un sabotage délibéré de tous les efforts visant à parvenir à la paix, nourrit l’extrémisme et le terrorisme et menace la paix et la sécurité mondiales”, selon le communiqué.

Ils ont aussi affirmé que Washington, en décidant cette mesure allant à l’encontre des résolutions internationales “signe son retrait de son rôle de médiateur dans la quête d’un règlement de paix”.

Washington “encourage ainsi Israël, la force occupante, à poursuivre la colonisation, l’apartheid et le nettoyage ethnique dans les territoires palestiniens occupés en 1967”, poursuit le communiqué.

“mentalité sioniste”

A l’ouverture du sommet, le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s’est fait le porte-voix de la colère du monde arabo-musulman, avait exhorté la communauté internationale à reconnaître Jérusalem-Est comme la “capitale de la Palestine”.

Il a ensuite accusé M. Trump d’avoir une “mentalité sioniste”.

Le leader palestinien Mahmoud Abbas avait pour sa part averti qu’il n’y aurait “ni paix, ni stabilité” sans la partie arabe occupée de la ville sainte comme capitale palestinienne.

Israël “Etat terroriste”

M. Trump a “offert Jérusalem comme cadeau” au “mouvement sioniste”, “comme s’il lui offrait une des villes américaines”, a déclaré M. Abbas dans un discours d’une rare véhémence à l’encontre de l’état juif et de l’administration américaine.

Par conséquent, “nous n’acceptons aucun rôle des Etats-Unis” dans le processus de paix, a poursuivi le président palestinien, estimant que Washington était “partial”.

“Jérusalem est et restera éternellement la capitale de l’Etat de Palestine (…) Et il n’y aura ni paix, ni stabilité sans cela”, a ajouté M. Abbas.

M. Erdogan, un ardent défenseur de la cause palestinienne, avait donné le ton dans son discours en qualifiant l’Etat hébreu d'”Etat d’occupation” et d'”Etat terroriste”.

La France ne réinterviendra pas militairement en Libye

La France n’interviendra pas militairement en Libye, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, dans la foulée des précisions apportées par le chef de l’Etat sur l’opération de démantèlement de réseaux de passeurs décidée lors de sa tournée africaine.
En marge du sommet Union européenne-Union africaine d’Abidjan, Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mise en place d’une task-force de lutte contre les trafiquants d’êtres humains en Libye entre l’UE, l’Union africaine et l’Onu, avant de préciser le lendemain qu’aucun envoi de forces militaires et de policiers français n’était “prévu à ce stade”.
“Il n’y aura pas d’intervention militaire de la France”, a déclaré Benjamin Griveaux lors du Grand Rendez-vous Europe 1-CNEWS-Les Echos.
“Il faut qu’il puisse y avoir une force interafricaine qui puisse intervenir ; la France et l’UE peuvent être là en soutien sur l’intelligence, sur les services, sur le renseignement, sur la technique”, a-t-il ajouté, soulignant que l’opération serait conduite par des contingents militaires interafricains.
Responsabilité de la France
“C’est le chaos en Libye. On a fait la guerre mais nous n’avons pas préparé la paix, et il y a là une responsabilité. Aujourd’hui des gens y meurent, il fallait donc que la France prenne cette initiative dans le cadre européen.”

Macron: «Les crimes de la colonisation européenne sont incontestables»

Le chef de l’Etat a prononce un discours ce matin devant 800 étudiants de l’Université de Ouagadougou. S’exprimant sur l’esclavage de migrants en Libye, Emmanuel Macron a annoncé qu’il allait «proposer une initiative euro-africaine» pour «frapper les organisations criminelles et les réseaux de passeurs» qui exploitent les migrants subsahariens dont certains sont réduits en esclavage.

M. Macron a également annoncé «un soutien massif à l’évacuation des personnes en danger» en Libye, qualifiant la vente de migrants comme esclaves de «crime contre l’humanité», lors d’un discours devant des étudiants burkinabès. Contrairement à ce qu’ont pensé certains,
ce n’est pas l’intervention militaire franco-britannique qu’il a qualifié ainsi.

La colonisation et non l’intervention

«Il y a eu des fautes et des crimes, des grandes choses et des histoires heureuses», mais «les crimes de la colonisation européenne sont incontestables», a déclaré le président Macron. C’est «un passé qui doit passer», a-t-il ajouté.
Le président français Emmanuel Macron a également promis que tous les documents français concernant l’assassinat de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara en 1987 seraient “déclassifiés”.
“Les archives sont aujourd’hui disponibles et ouvertes à la justice burkinabè, sauf pour les documents classifiés et couverts par le secret défense. J’ai pris un engagement clair et je viens de le dire au président Kaboré: ces documents seront déclassifiés pour la justice burkinabè qui aura accès à tous les documents sur l’affaire Sankara”, a déclaré le président français lors d’un point presse.
La mort de Thomas Sankara, devenue une figure panafricaine, était un sujet tabou pendant les 27 ans de pouvoir de l’ancien président Blaise Compaoré, qui a succédé au “père de la révolution”.

Souad Ayada, nouvelle présidente du Conseil supérieur des programmes

Jean-Michel Blanquer a annoncé, sur son compte twitter, la nomination de Souad Ayada, inspectrice générale de philosophie, comme nouvelle présidente du Conseil supérieur des programmes. Le poste était jusqu’à présent occupé par Michel Lussault qui avait annoncé sa démission le 26 septembre dernier.
Agrégée et docteur en philosophie, Souad Ayada est spécialiste de philosophie et de spiritualité islamiques. Elle a écrit un ouvrage sur “Avicenne” (Ellipses, 2002) et plusieurs articles sur l’esthétique de l’islam et les arts islamiques.

Dieudonné au Dôme de Marseille devant 8 000 spectateurs

L’humoriste contesté, condamné pour incitation à la haine et tenue de propos antisémites, a présenté devant un public de 8 000 personnes ravies son nouveau spectacle, « La Guerre », ce qu’aucun de ses confrères ne réussit à faire !

Cette succession de salles combles (Dieudonné avait déjà triomphé quelques jours auparavant en région Auvergne Rhône-Alpes devant des salles pleines) énerve ses opposants, dont Manuel Valls qui exigent une culpabilisation des fans qui se rendraient au spectacle de Dieudonné, sans préciser de quelle manière il compte s’y prendre…

« Faites des photos pour Jean-Claude Gaudin, dites-lui que ça s’est bien passé et que nous sommes des gens de paix ». Dimanche dernier, Dieudonné a savouré sa revanche sur le maire de Marseille. Sur la scène du Dôme, devant une salle comble de huit mille personnes, le comique interdit de médias a eu droit à une standing ovation à l’issue de son nouveau one-man-show intitulé La Guerre.
En septembre, la mairie de Marseille avait annulé le contrat de location avec sa société de production, estimant que le spectacle était « susceptible d’engendrer des troubles à l’ordre public ». Le 13 novembre, le Conseil d’Etat a débouté la municipalité phocéenne en faisant valoir qu’une annulation porterait « une atteinte grave à la liberté d’expression ».
Une dizaine de cars de CRS étaient visibles près de l’entrée du Dôme dimanche soir mais aucune manifestation ni banderole n’ont perturbé l’entrée du public. De tous âges et de toutes origines, les spectateurs ont entonné avec Dieudonné une chansonnette à l’encontre de Jean-Claude Gaudin et applaudi à tout rompre leur idole lorsqu’il reconnaît avoir « un casier judiciaire long comme le bras ».
Atteinte grave à la liberté d’expression
Malgré (ou à cause de ?) son itinéraire, Dieudonné continue à remplir les salles contrairement à la plupart des humoristes soutenus par les médias. Le 28 octobre, il jouait à guichets fermés au Summum à Grenoble et, après Marseille, il poursuivra sa tournée dans les Zenith de Toulouse, Nantes, Montpellier, et à la patinoire de Bordeaux. Il annonce d’ores et déjà un prochain spectacle intitulé L’Emancipation, en avril 2018 à Toulon. Internet – via son site, son compte twitter et sa page Facebook – lui permet de fidéliser son public, ses « quenelliers », comme il les appelle, en référence au geste de la « quenelle  » (un bras tendu vers le bas), signe de révolte bien profonde, devenu signe politique de ralliement de ses partisans.

Dans La Guerre, les mots « juif » et « Shoah » ont disparu. Le comique de l’ombre affirme qu’il en a « marre d’être traité d’antisémite ». Un mannequin soldat et des caisses militaires en bois composent le décor. Une voix off prévient : « Nous sommes sous le feu nourri de perversions et de mensonges. L’attaque que nous subissons est désespérée. Des forces de manipulation du système jouent la carte du tout pour le tout. Restez calme et gardez votre sens de l’humour ». Dieudonné, vêtu d’un long manteau jaune à capuche pointue, arrive au son d’une musique d’église. Tel un guide spirituel, il s’installe à sa chaire.
Emmanuel Macron et Jacques Attali moqués
« Si je prie c’est pour éviter une guerre thermonucléaire généralisée, lance le polémiste qui vient de se voir signifier par la cour d’appel de Paris son expulsion du théâtre de la Main d’or. Je reviens de Corée du Nord, c’est chaud. J’ai des gosses. Ça ferait un pincement au cœur de les voir atomisés ou shootés à la kalachnikov en allant voir un spectacle au Bataclan. La guerre est devenue free style. L’Etat nous dit qu’il faut s’habituer aux attentats. On essaie mais ce n’est pas évident ».

S’étonnant qu’autant de monde soit dans une salle de spectacle en plein état d’urgence, au lieu de « stocker du riz » en attendant le « chaos », Dieudonné tacle « une société qui part en couille », où « les enfants ne font plus la différence entre le défilé du 14 juillet et celui de la Gay Pride », et un pays qui « s’est choisi un banquier comme président ». Son texte n’épargne personne. Emmanuel Macron et Jacques Attali sont conspués, et les « élites » accusées de « sacrifier » le peuple « en nous abandonnant à notre propre barbarie, seule solution pour retrouver la croissance et le plein-emploi ». Le public, représentatif de la diversité à la française, est hilare. Et en redemande…