Libye: conférence nationale en avril pour dresser une «feuille de route»

  • La Mission des Nations unies en Libye (Manul) organisera du 14 au 16 avril une «conférence nationale» appelée à dresser une «feuille de route» à même de sortir le pays d’une profonde crise, a annoncé la mission aujourd’hui. La conférence, qui se tiendra à Ghadamès (centre de la Libye), doit ouvrir la voie et fixer une date pour des élections législatives et présidentielle dans ce pays déchiré, depuis le renversement du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, par les divisions et les luttes d’influence entre milices et tribus.

«Nous allons inviter toutes les catégories politiques libyennes sans exception», a déclaré au cours d’une conférence de presse dans la capitale libyenne Tripoli le chef de la Manul, Ghassan Salamé (photo). Cette conférence à laquelle doivent prendre part «entre 120 et 150 personnes» est le résultat d’une longue série de consultations et de réunions préparatoires ayant eu lieu dans 57 villes du pays, a-t-il précisé. Les participants sont appelés aussi à trancher sur un projet de Constitution et à donner un «délai» pour la préparation des textes législatifs par le Parlement siégeant dans l’est libyen et le Conseil d’Etat qui fait office de chambre haute à Tripoli.Ghassan Salamé accuse régulièrement ces deux assemblées de prolonger la période de transition et de vouloir garder leurs prérogatives, en retardant notamment l’adoption d’une loi électorale. «Si ce retard continue, nous allons demander à la conférence nationale de proposer d’autres alternatives», a-t-il dit. «Les urnes mettront fin à ces corps existants», a-t-il ajouté, se disant «confiant dans la réussite de la conférence». A la question de savoir si des groupes armés allaient être invités à la réunion, Ghassan Salamé a répondu: «Toutes les parties seront représentées».

Par ailleurs, Ghassan Salamé a appelé les grandes puissances à faire pression sur toutes les parties en Libye pour éviter de rallumer le conflit, et à appuyer les élections. Un accord interlibyen sur une Constitution et la tenue d’élections est nécessaire pour parvenir à une stabilité des institutions et à un retour de la sécurité mais aussi pour remettre sur pied l’économie chancelante du pays.

Répression policière: l’ONU réclame à Paris une enquête sur «l’usage excessif de la force»

  • Le maintien de l’ordre en France est soumis à de sévères remontrances. Prenant la suite d’experts onusiens, de députés de l’Union européenne et de son homologue au sein du Conseil de l’Europe, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, a réclamé ce mercredi à la France une «enquête approfondie» sur les violences policières qui se sont produites pendant les manifestations des «Gilets jaunes» depuis la mi-novembre. «Evidemment nous suivrons les recommandations avec la diligence nécessaire», a réagi dans la foulée le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, lors du compte rendu du conseil des ministres à l’Elysée.

Dans un discours prononcé devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, l’ancienne présidente du Chili en poste depuis six mois à l’ONU a déclaré que les «Gilets jaunes» manifestent contre «ce qu’ils considèrent comme (leur) exclusion des droits économiques et de (leur) participation aux affaires publiques». «Nous encourageons le gouvernement (français) à poursuivre le dialogue et demandons urgemment une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d’usage excessif de la force», a-t-elle ajouté. Michelle Bachelet a rappelé que «les inégalités touchent tous les pays». Elle n’a cité que la France comme pays prospère mais a dénoncé les répressions violentes des manifestations qui se sont produites récemment au Soudan, au Zimbabwe et en Haïti.

«Il faut, je le dis néanmoins, s’étonner tout de même de se retrouver cité dans une liste entre le Venezuela et Haïti où il y a eu des morts, je le rappelle, des morts nombreux, suite à des manifestations (…) Le niveau d’inclusion économique et démocratique en France est selon les standards de l’ONU un des plus élevés au monde, avec un niveau d’inégalités contenu mais que nous nous attachons à combattre», s’est défendu Benjamin Griveaux, rappelant l’attachement du président Macron au «multilatéralisme». Et d’ajouter: «Il est bien de voir le verre à moitié vide (….) mais c’est mon devoir de rappeler que parfois il peut être vu à moitié plein».

ONU, UE, CEDH: plusieurs précédents

Le porte-parole du gouvernement a également rappelé «162 enquêtes [de l’Inspection générale de la police nationale avaient] ouvertes à la date du 1er mars». Des dizaines de manifestants affirment notamment avoir été blessés par des tirs de lanceur de balle de défense (LBD), une arme qui suscite de vives controverses en France. Des vidéos ou des photos prises lors de manifestations révèlent des blessures particulièrement sévères. Il est néanmoins souvent difficile de savoir quelle est l’origine exacte de celles-ci, notamment s’il s’agit de LBD ou de grenades de désencerclement. 12.122 tirs de LBD, 1428 tirs de grenades lacrymogènes instantanées et 4942 tirs de grenades de désencerclement ont été comptabilisés par le ministère de l’Intérieur à la date du 4 février.

La situation en France comparable avec celle des répressions violentes au Soudan, en Haïti et au Zimbabwe!

La Haut-commissaire onusien aux droits de l’homme n’est pas la première représentante d’une instance européenne ou internationale à dénoncer l’usage excessif de la force dans les manifestations des «Gilets jaunes». Le 14 février, un groupe d’experts du Conseil des droits de l’homme de l’ONU avait déjà publié un sévère communiqué sur le sujet, estimant que «le droit de manifester en France a été restreint de manière disproportionnée» et évoquant le chiffre de 1700 blessés. Le lendemain, ce sont des députés du Parlement européen qui ont voté une résolution pour «dénoncer le recours à des interventions violentes et disproportionnées de la part des autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques», sans citer expressément dans le texte les «Gilets jaunes», qui ont néanmoins été évoqués lors des débats. Enfin, le 25 février, le Conseil de l’Europe, organisation qui regroupe 47 pays, a appelé la France à suspendre l’usage des LBD. «Les blessures occasionnées par des tirs de LBD révèlent un usage disproportionné de la force, ainsi que l’inadaptation de ce type d’arme au contexte d’opérations de maintien de l’ordre», a écrit la commissaire aux droits de l’homme de la CEDH, Dunja Mijatovic, dans un mémorandum de dix pages.

Libye: l’ONU annonce un accord entre les pouvoirs rivaux

(L-R) Libya Chief of Staff, Marshall Khalifa Haftar, President of the Libyan House of Representatives in Tobruk Aguila Saleh Issa Chairman of the Presidential Council of Libya, Fayez al-Sarraj and President of Libya High Council Khaled Mechri attend the International Congress on Libya at the Elysee Palace in Paris, France, 29 May 2018.
  • L’ONU a fait état jeudi d’un accord sur l’organisation d’élections en Libye entre le chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) Fayez al-Sarraj et son rival, le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’est du pays.

L’accord a été conclu aujourd’hui à Abou Dhabi sous l’égide de l’ONU, a indiqué dans un tweet en arabe la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul). “Les deux parties se sont entendues sur la nécessité de mettre fin à la période de transition à travers des élections générales mais aussi sur les moyens de préserver la stabilité de la Libye et d’unifier ses institutions”, a déclaré la Manul. Après le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye a plongé dans le chaos, déchirée par des luttes d’influence entre de nombreuses milices.

Elle est aujourd’hui dirigée par deux autorités rivales: à Tripoli est basé le GNA, dirigé par Fayez al-Sarraj et soutenu par la communauté internationale, et dans l’est libyen, un cabinet parallèle est appuyé par l’Armée nationale libyenne (ANL), autoproclamée par Khalifa Haftar. Parmi les institutions divisées figure également la Banque centrale.

La dernière rencontre entre Saraj et Haftar remonte à fin mai 2018 à Paris où, déjà, il était question d’organiser des élections mais sans qu’aucune partie ne s’y engage solennellement.

En novembre, l’Italie, partenaire historique et principal de la Libye, avait tenté, sans succès, un nouveau rapprochement entre Sarraj et Haftar lors d’une réunion à Palerme en présence des pays impliqués dans le dossier libyen. Mais le maréchal Haftar avait boycotté la rencontre.

Libye: Paris va livrer six embarcations rapides pour lutter contre l’immigration clandestine

La France va livrer prochainement six embarcations rapides aux garde-côtes libyens en vue de les aider à lutter contre l’immigration clandestine, a annoncé le ministère français des Armées.

Cette livraison, dont le journal Le Monde avait déjà fait état, viendra concrétiser l’annonce faite à ce sujet par la ministre française des armées, Florence Parly, lors d’une rencontre avec le Premier ministre libyen, Fayez al-Sarraj, en marge de la conférence sur la sécurité de Munich, le 17 février dernier.

La ministre a annoncé « la cession à la Libye de six embarcations marines, qui seront livrées à partir du printemps prochain», a confirmé une porte-parole du ministère des Armées, en indiquant que Paris devrait acquérir ces bateaux, des embarcations à coque semi-rigide du fabricant français Sillinger livrées par lots de deux, précise le site opex360.com

Cette opération s’inscrit dans le cadre du soutien de la France aux efforts de la marine libyenne pour lutter contre l’immigration clandestine, a-t-elle ajouté.

En juin dernier, la France et la Libye avaient décidé de renforcer leur coopération pour mieux maîtriser les flux migratoires et lutter plus efficacement contre les filières criminelles de traite des êtres humains devenu le trafic le plus lucratif devant la drogue et les armes.

Rendant compte d’un entretien téléphonique entre le président Emmanuel Macron et le premier ministre libyen, Fayez Sarraj, un communiqué de l’Elysée avait indiqué alors que les deux hommes ont décidé de renforcer encore la coopération entre les deux pays «pour mieux maîtriser les flux migratoires et lutter plus efficacement contre les filières criminelles de traite des êtres humains».

Les 14 Tunisiens kidnappés en Libye ont été libérés

Les 14 Tunisiens qui avaient été enlevés jeudi 14 février dans la ville de Zawiya, dans l’ouest de la Libye, ont été libérés dimanche et sont en bonne santé, a annoncé le consulat de Tunisie en Libye.

Les otages ont été libérés lors d’une opération menée par les forces de sécurité de cette ville située à cinquante kilomètres à l’ouest de la capitale Tripoli, a indiqué une source de sécurité à Zawiya, ville située à une cinquantaine de kilomètres de Tripoli, où avaient été enlevés les Tunisiens.

Les forces de sécurité ont “pris d’assaut le lieu de leur détention et ont pu les libérer sans combats. Aucune victime n’est à déplorer”, a déclaré à l’AFP Thamer Mounir, chef de la section média à la direction de la sécurité de Zawiya. Il n’a pas été en mesure de préciser si des arrestations ont eu lieu.

Plutôt dans la journée, les ravisseurs avaient réclamé la libération d’un Libyen condamné à une lourde peine de prison en Tunisie pour trafic de drogue, selon une vidéo publiée sur les réseaux sociaux et une source proche du dossier.

Les 14 otages tunisiens avaient été enlevés alors qu’ils se rendaient en bus à la raffinerie de pétrole dans laquelle ils travaillent. Peuplée de 200 000 habitants, la ville de Zawiya est contrôlée par des groupes armés locaux, dont certains sont actifs dans des trafics comme l’immigration clandestine, la drogue, et la contrebande de carburant.

Depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011 par les Occidentaux, de nombreuses milices et deux autorités se disputent le pouvoir en Libye.

Si ce type d’incident est récurrent, il s’agit de la plus importante prise d’otages depuis l’enlèvement, le 12 juin 2015, de dix agents consulaires tunisiens par une milice armée qui voulait arracher la libération d’un de ses chefs détenu en Tunisie dans le cadre d’une enquête pour “terrorisme”.

Avec AFP

Libye: bombardement américain contre Al-Qaïda dans le sud du pays

L’attaque, survenue près de la ville d’Oubari située à 900 km au sud de Tripoli, a visé des membres de l’organisation terroriste Al-Qaïda, a annoncé dans un bref communiqué, Mohamad al-Sallak, le porte-parole du président du GNA, Fayez al-Sarraj. 

L’opération “coordonnée” avec le GNA, s’inscrit dans le cadre “de la coopération continue et le lien stratégique entre la Libye et les Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme”, a ajouté M. Sallak, sans plus de détails sur les cibles visées. 

L’armée américaine mène régulièrement des frappes en Libye contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le groupe Etat islamique (EI). 

Le Pentagone a toute autorité pour mener des frappes aériennes en Libye, dans la mesure où il opère en coopération avec le gouvernement ce qui n’est pas toujours le cas. 

Depuis la renversement du Guide Mouammar Kadhafi en 2011, deux autorités se disputent le pouvoir en Libye: d’un côté, le GNA, de l’autre une autorité exerçant son pouvoir dans l’est du pays avec le soutien du maréchal Khalifa Haftar. 

Israël demande 250 milliards de dollars de dédommagement aux pays arabes dont Maroc, Tunisie, Libye et Egypte

Israël envisage de réclamer environ 250 milliards de dollars d’indemnisation à des pays arabes musulmans pour les biens abandonnés par les juifs forcés de fuir leur maison en 1948, au moment de la création d’Israël, estime un rapport établi par les autorités israéliennes.

Dans une allocution du mois dernier à Hadashot News, la ministre israélienne de l’Egalité sociale, Gila Gamliel, a déclaré: « Le temps est venu de corriger l’injustice historique » contre les Juifs de Libye, de Tunisie, du Maroc, d’Irak, de Syrie, d’Egypte, du Yémen et d’Iran – des pays dont les Juifs ont été expulsés. L’estimation a été publiée dans l’attente de l’annonce du plan de paix de l’administration Trump qui mettra encore quelques mois avant d’être finalisé. Israël devrait exiger une indemnisation pour les biens juifs abandonnés dans les pays arabes comme condition préalable à un accord de paix régional. Cette demande se fonde sur la loi israélienne de 2010, selon laquelle tout accord de paix avec les pays arabes ou l’Iran est subordonné à ce que les Juifs concernés reçoivent une compensation pour ce qu’ils ont perdu en 1948.

L’estimation officielle par Israël de la valeur des biens juifs perdus lorsque les communautés juives ont quitté ces pays serait de 250 milliards de dollars. Sur cette somme, un montant de 35 milliards de dollars viendrait de Tunisie et 15 milliards de dollars de Libye. Des évaluations de propriétés juives au Maroc, en Irak, en Syrie, en Égypte, en Iran et au Yémen seront publiées prochainement.

Il parait assez improbable que le gouvernement américain et Donald Trump puisse accéder à cette demande d’Israël, même si l’on n’est jamais à l’abri d’une surprise avec le président américain, et cette demande israélienne pourrait donc être une façon d’enterrer tout projet d’accord de paix avant même qu’une proposition américaine ne soit formulée.

De son côté, l’Autorité palestinienne a demandé plus de 100 milliards de dollars à Israël pour indemniser les biens volés ou abandonnés par les Palestiniens depuis l’occupation.

Financement libyen: le recours de Sarkozy contre une note de Mediapart rejeté

  • La Cour de cassation a définitivement rejeté le recours de Nicolas Sarkozy contre une note accusatrice de Mediapart sur le financement libyen supposé de la campagne de 2007.
  • La Cour de cassation a rejeté ce 30 janvier le recours de Nicolas Sarkozy, qui accusait Mediapart d’avoir produit un «faux», en 2012, dans l’affaire des accusations de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi.
  • Saisie de pourvois de l’ancien chef de l’Etat et de son ancien ministre Brice Hortefeux, la plus haute juridiction judiciaire a définitivement confirmé le non-lieu ordonné en faveur de Mediapart à deux reprises, par les juges d’instruction puis par la Cour d’appel.
  • Elle a fixé à 2 500 euros la somme due par les deux plaignants au patron de Mediapart, Edwy Plenel, et deux de ses journalistes.
  • Dans son arrêt, la Cour de cassation a rappelé que la Chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris, qui avait confirmé le non-lieu en novembre 2017, avait justifié sa décision «par des motifs procédant de son appréciation souveraine et exempts d’insuffisance comme de contradiction».
  • La Cour d’appel avait à l’époque argué que l’instruction menée n’avait «pas permis d’établir que la note publiée [était] un faux matériel». Ce document, porteur de la date du 10 décembre 2006, avait été publié le 28 avril 2012 par Mediapart, entre les deux tours de la présidentielle.
  • L’enquête sur le financement par la Libye toujours en cours
  • Attribuée à Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignement extérieur de la Libye, aujourd’hui en exil, la note affirmait que Tripoli avait accepté de financer pour «50 millions d’euros» la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007 lors d’une réunion qui se serait tenue le 6 octobre 2006 en présence, côté français, du futur ministre sarkozyste Brice Hortefeux et de l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine. «Un faux grossier», avait immédiatement dénoncé l’ex-chef de l’Etat.
  • Déclenchée après une plainte de Nicolas Sarkozy, l’enquête s’est notamment attachée à déterminer si le document était ou non un faux d’un point de vue matériel (forme, signature). «Indépendamment de son contenu», l’enquête n’a pas pu établir de «façon formelle» qu’il s’agissait d’«un support fabriqué par montage» ou «altéré par des falsifications», ont estimé les juges dans leur ordonnance en mai 2016.
  • Ouverte depuis 2013, une enquête distincte est toujours en cours pour vérifier les accusations de financement libyen formulées par l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine et d’anciens dignitaires libyens, tandis que d’autres les ont démenties. Dans ce volet, l’ancien ministre et secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant et Nicolas Sarkozy ont été mis en examen pour «corruption passive» et «recel de détournements de fonds publics».

Libye: la trêve entre milices à Tripoli à nouveau violée

En Libye, l’accord de cessez-le-feu à Tripoli annoncé le 4 août par les Nations unies était trop fragile pour durer. A peine annoncée, cette trêve a été régulièrement violée par les milices qui s’affrontent depuis un mois dans des combats ayant causé la mort d’une centaine de civils et fait plus de 200 blessés. Cet accord remet à l’ordre du jour les arrangements sécuritaires prévus dans l’accord politique interlibyen signé au Maroc fin 2015. Ces arrangements n’ont jamais été appliqués par le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Tripoli.

Malgré les affrontements limités qui ont eu lieu quelques minutes seulement après la signature d’un cessez-le-feu le 4 août, la 7e brigade, chargée de la sécurité au sud de la capitale libyenne, a annoncé qu’elle continuerait à respecter cet accord. Pourtant, moins d’une heure après sa signature, ses positions ont été visées par des milices rivales de Tripoli.

Depuis, de nouvelles milices se sont jointes aux combats.
L’Italie, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, a dénoncé le rôle de la France dans la déstabilisation de la Libye et les malheurs qui frappent la population.

Sarkozy est en garde à vue dans le cadre du financement libyen de la campagne de 2007 

L’ancien président de la République est actuellement entendu dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre sur les graves soupçons de financement illicite qui pèsent sur sa campagne victorieuse de 2007.
Entre une conférence rémunérée à Dubaï sur l’éducation, quelques entrevues à son bureau parisien rue de Miromesnil et une intervention à Londres prochainement, Nicolas Sarkozy a dû se rendre à un rendez-vous d’un autre genre mardi 20 mars au matin. Selon certaines informations, l’ancien président de la République a été placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre, où il était convoqué dans le cadre de l’enquête sur le possible financement par la Libye de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.

C’est seulement maintenant que M. Sarkozy est entendu à ce sujet depuis l’ouverture d’une information judiciaire, en avril 2013, et confiée à plusieurs juges d’instruction du pôle financier de Paris dont Serge Tournaire qui a déjà renvoyé l’ancien président devant le tribunal dans l’affaire Bygmalion. Sa garde à vue peut durer 48 heures. Il pourrait être présenté aux magistrats à l’issue de sa garde à vue afin d’être mis en examen.
Depuis la publication en mai 2012 par le site Mediapart d’un document libyen faisant état d’un financement par la Libye de Mouammar Khadafi de la campagne de Nicolas Sarkozy, les investigations des magistrats ont considérablement avancé renforçant les soupçons qui pèsent sur la campagne de l’ancien chef de l’Etat.
Des fonds en liquide
En novembre 2016, en pleine primaire du parti Les Républicains, l’intermédiaire Ziad Takieddine avait affirmé avoir transporté 5 millions d’euros en liquide de Tripoli à Paris entre fin 2006 et début 2007 avant de les remettre à Claude Guéant puis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Mis en examen depuis pour « complicité de corruption d’agent public étranger » et pour « complicité de détournements de fonds publics en Libye », ces propos venaient confirmer ceux tenus le 20 septembre 2012 par Abdallah Senoussi, l’ancien directeur du renseignement militaire du régime libyen devant le procureur général du Conseil national de transition libyen.
Mais ce n’est pas tout. Les carnets de l’ancien ministre libyen du pétrole Choukri Ghanem mort en 2012 dans des circonstances encore troubles, récupéré par la justice française, mentionnent eux aussi l’existence de versements d’argent à destination de Nicolas Sarkozy. Bechir Saleh, l’ancien grand argentier de Kadhafi et homme des relations avec la France, récemment blessé par balle lors d’une agression à Johannesburg, avait en outre confié au Monde : « Kadhafi a dit qu’il avait financé Sarkozy. Sarkozy a dit qu’il n’avait pas été financé. Je crois plus Kadhafi que Sarkozy. »
Des circuits financiers douteux
Plus récemment, les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) ont remis un rapport aux magistrats dans lesquels ils détaillent, sur la base de nombreux témoignages, comment l’argent liquide a circulé au sein de l’équipe de campagne de M. Sarkozy. Jusqu’à présent les enquêteurs pensent déjà avoir remonté l’une des pistes de l’argent libyen à travers l’intermédiaire Alexandre Djouhri, alors proche de Bechir Saleh, actuellement incarcéré à Londres dans l’attente de sa possible remise à la France, et Claude Guéant mis en examen pour « faux et usage de faux » et pour « blanchiment de fraude fiscale » qui aurait acquis son appartement parisien proche de la place de l’Etoile, et un pour son fils rue Marbeau, à travers des circuits financiers opaques.
La décision de placer Nicolas Sarkozy en garde à vue signifie-t-elle que les magistrats ont depuis rassemblé de nouvelles preuves du financement illicite de la campagne permettant de le mettre en cause directement ? Les autorités libyennes ont-elles finalement décidé de coopérer ? Selon les informations du Monde, plusieurs anciens dignitaires libyens de l’époque du Guide auraient aussi livré de nouveaux éléments confirmant les soupçons de financement illicites.
Depuis plusieurs semaines la justice française dispose en outre de nombreux documents saisis lors d’une perquisition menée en 2015 au domicile suisse d’Alexandre Djouhri. Jusqu’ici, Nicolas Sarkozy a toujours contesté les accusations de financement illicite de sa campagne de 2007.