L’Université Paris-Dauphine renforce son ancrage au Maroc

Présente à Casablanca depuis septembre 2016, l’Université Paris-Dauphine renforce son ancrage local en ouvrant dès la rentrée prochaine une formation initiale, Master Management International (DGE) de l’Université Paris-Dauphine, un programme centré sur les problématiques de management dans les pays du Sud, ouvert à des étudiants marocains et internationaux grâces aux partenariats d’échanges de l’Université Paris Dauphine

Dauphine Casablanca – ISP propose depuis septembre 2016 une offre de formation spécialisée, délivrée dans le cadre d’Executive Masters et de Masters diplômes de grand établissement (DGE) de l’Université Paris-Dauphine notamment :
• Executive Master Finance participative,
• Executive Master Ingénierie financière
• Master Juriste financier (DGE)
• Master Management de l’immobilier (DGE)

Avec l’offre de formation initiale proposée à la rentrée 2018 et cette offre de formation spécialisée, le campus Marocain de Dauphine – créé grâce à l’impulsion conjointe de l’Université Paris-Dauphine et des Amis du Maroc, groupe d’Alumni de Dauphine au Maroc fortement investis dans ce projet – contribuera à la formation des jeunes et des cadres marocains de demain au management des organisations évoluant dans des économies de plus en plus globalisées.

Par ailleurs, souhaitant donner un nouvel élan à ce projet, l’Université Paris-Dauphine met aujourd’hui en place un partenariat stratégique avec l’Institut des Hautes études de Management (HEM) qui devient ainsi le partenaire local de Dauphine Casablanca.

En effet, l’Université collabore depuis une vingtaine d’années avec HEM. Ce renforcement de partenariat avec HEM permettra de nouvelles synergies au plan pédagogique, organisationnel et des infrastructures.

Yasmine Benamour, Docteure en Sciences de gestion de l’Université Paris-Dauphine, Administrateur Directeur Général d’HEM et Alumni de Paris-Dauphine, devient Président Directeur Général de Dauphine Casablanca – Institut Supérieur Privé (ISP).
Najat El Mekkaoui, Docteure en Sciences Economiques et enseignante-chercheure à l’Université Paris Dauphine est nommée Directrice Académique de Dauphine Casablanca – Institut Supérieur Privé (ISP).

Dans la continuité du développement de Dauphine à Tunis en 2009, ce nouveau partenariat réaffirme la forte volonté de Dauphine de renforcer ses actions et ses liens avec le continent africain.
Communiqué

Le chef d’Al-Qaïda appelle les musulmans du Maghreb à combattre la France

Le chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri a appelé les musulmans du Maghreb à combattre les soldats français au Sahel, dans un message vidéo rendu public récemment, selon le Centre américain de surveillance des sites djihadistes SITE. Dans cette vidéo de sept minutes, qu’aucun élément ne permet de dater, le successeur d’Oussama ben Laden ne fait aucune référence aux récents attentats de Ouagadougou, revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), un mouvement jihadiste basé au Mali et affilié à Al-Qaïda.
La semaine dernière, une double attaque coordonnée a visé l’ambassade de France et l’état-major général des armées burkinabè dans la capitale du Burkina, faisant sept morts et plus de 80 blessés parmi les forces de l’ordre. Neuf jihadistes ont été abattus. “Ceux qui ont combattu, tué et pourchassé vos pères sont de retour pour tuer vos frères musulmans (…) et vous rappeler que vous restez sous leur occupation et leur oppression”, affirme Ayman al-Zawahiri, en référence à l’époque de la colonisation.
Il souligne également l’échec des révolutions du Printemps arabe estimant que “l’ancienne corruption est revenue, mais plus féroce (…) qu’avant”. Ayman al-Zawihiri menace régulièrement la France dans ses messages: en septembre dernier, il avait déjà appelé les musulmans du Maghreb et d’Afrique subsaharienne à donner “une leçon aux Français” qui “ont tué vos aïeux, occupé vos terres et torturé vos ancêtres”.
Environ 4.000 soldats français sont déployés au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane qui combat les groupes jihadistes dans la région et appuie les forces des pays du G5-Sahel.

Devant le Parlement tunisien, Macron rend hommage à une révolution qui se cherche encore

Fin de la visite d’Emmanuel Macron en Tunisie. Le président français s’est exprimé devant l’Assemblée des représentants du peuple ce jeudi matin à Tunis. Un discours qui a duré près d’une heure, en forme d’hommage à la révolution tunisienne.
« Vous avez conduit une véritable révolution culturelle, et celle-là, vous l’avez réussie. Vous avez fait mentir ceux qui, partout dans le monde encore aujourd’hui, disent que des sociétés où l’islam est présent ne sont pas compatibles avec la démocratie. Et vous avez fait mentir ceux qui là aussi, dans nombre de régions du monde veulent faire croire que l’islam est là pour régenter l’Etat et que la séparation n’est pas possible. Vous les avez fait aussi mentir. Vous avez, par ce travail profond, construit un modèle unique ».
Pour Emmanuel Macron, il faut soutenir ce modèle tunisien conforme au format occidental. Le soutenir, car pour lui, la Tunisie est un « espoir et un laboratoire pour toute la région ». Une nouvelle fois ce midi, Emmanuel Macron s’est donc engagé à soutenir la Tunisie pour l’aider à passer le cap, consolider la démocratie en aidant son économie en crise tout comme de nombreux autres secteurs depuis le coup d’Etat qui a chassé le président Ben Ali en 2011.

Macron reconnait la responsabilité de l’Occident dans la déstabilisation de la région

Pour cela, il a promis entre autres de doubler les investissements français sous son quinquennat, mais aussi d’accorder 500 millions d’euros supplémentaires de 2020 à 2022. Il a promis aussi de faire plus pour lutter contre le terrorisme.
Une aide accordée non pas en « ami », a-t-il insisté, mais comme « un frère ou une sœur », car pour Emmanuel Macron la France a une part de responsabilité à assumer dans les difficultés que traverse la Tunisie, notamment face à la menace terroriste et au délitement de la Libye : « L’Europe, les Etats-Unis et quelques autres ont une responsabilité quant à la situation actuelle. C’est indiscutable. Responsabilité qui a conduit, quoi qu’on pense d’un dirigeant, d’imaginer qu’on pouvait se substituer à la souveraineté d’un peuple pour décider de son futur, qu’au fond, destituer un tyran suffisait pour régler tous les problèmes. Nous avons collectivement plongé la Libye depuis ces années dans l’anomie sans pouvoir régler la situation ».
Pour régler la situation, Emmanuel Macron s’est positionné comme un potentiel médiateur aujourd’hui. Une troisième voie face à l’approche américaine à qui il a réservé quelques piques : « On ne peut pas construire une politique arabe à des milliers de kilomètres », a-t-il dit, critiquant aussi l’approche de Donald Trump du conflit israélo-palestinien. Reprenant les images qui lui sont chères de pont et d’union, Emmanuel Macron a affirmé que la France pouvait avoir un rôle pour une vraie stratégie en Méditerranée.

Les journées du Maroc en Tunisie, du 5 au 19 décembre, sous le thème “culture, dialogue et bon voisinage”

“Culture, dialogue et bon voisinage” est le thème retenu pour les journées du Maroc en Tunisie, prévues du 5 au 19 décembre à l’initiative de l’ambassade marocaine à Tunis.

Ces journées proposeront au public tunisien et étranger divers événements alliant culture, musique, cinéma et gastronomie, outre des débats et conférences sur notamment les droits de l’homme et la condition de la femme.

L’ouverture sera marquée par un grand concert intitulé «Horizons Andalous», donné par l’Ensemble International Rencontre et Paix, sous la présidence de l’artiste marocain de renommée Ali Alaoui.

Parmi les rendez-vous les plus importants de ces journées figurent une table ronde qui sera initiée le 11 décembre en partenariat avec l’Institut arabe des droits de l’homme et le Conseil national des droits de l’homme, avec le soutien du ministère tunisien de l’Education sous le thème «Education aux droits de l’homme et à la citoyenneté, les questions de la liberté et de la responsabilité».

Un grand hommage à titre posthume sera rendu par l’ambassade du Royaume en partenariat avec le collectif «les Journées Féministes Maghrébines» et la Bibliothèque Nationale de Tunisie, à l’écrivaine et féministe marocaine décédée, Fatima Mernissi, sous le titre «Combats de femmes maghrébines, Fatima Mernissi, l’œuvre et l’exemple».

Pour toucher le public en dehors de Tunis, une journée dédiée au court-métrage sera organisée le 16 décembre à Monastir avec le soutien du Centre Cinématographique Marocain.

La gastronomie figure aussi au menu de ces journées avec l’organisation d’un événement promotionnel de trois jours, dédié à la découverte des traditions et des innovations culinaires marocaines.

Pour renforcer les liens d’échange humain, culturel et économique entre les deux pays, l’ambassade du Maroc organise en clôture de ces journées un dîner thématique en l’honneur des membres de l’Association des Anciens Etudiants Tunisiens au Maroc.

Transport: Militzer & Münch France et Italmondo s’associent entre l’Italie et le Maghreb

M&M Militzer & Münch France et Italmondo Italie viennent de signer un partenariat exclusif pour développer le transport de marchandises entre l’Italie d’une part, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie d’autre part.
A compter du 27 novembre 2017, Militzer & Münch opèrera avec Italmondo le fret routier import et export entre l’Italie d’une part, le Maroc et la Tunisie d’autre part. L’ambition de Militzer & Münch est de devenir un acteur de référence sur ces liaisons, en proposant notamment des services de groupage bihebdomadaires et de camions complets. Les envois vers l’Algérie seront assurés en conteneurs de groupage ou complets.
Ce partenariat va permettre à Militzer & Münch Maroc, Militzer & Münch Algérie et Militzer & Münch Tunisie, filiales de M&M France, d’augmenter très sensiblement leur part de marché sur ces lignes.

europemaghreb.fr, une présentation rajeunie

Nous avons le plaisir de vous proposer la nouvelle version de notre site d’information europemaghreb.fr & Partenariat Europe Maghreb, édité à Paris.
Depuis bientôt vingt ans, par des informations brèves et précises, nous offrons un panorama sur l’actualité des deux rives, permettant de suivre les principaux secteurs d’activités de l’Algérie, de la Libye, du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie, soit du Grand Maghreb.
Face au pari de la mondialisation, il nous paraît vital de développer une coopération euro-maghrébine positive, dans le respect des identités et sans ingérences.
C’est la vocation, depuis ses débuts, de Partenariat Europe Maghreb & europemaghreb.fr
Au delà d’une actualité passionnante, il s’agit aussi, et plus simplement, de découvrir ou de redécouvrir combien des siècles d’échanges économiques, scientifiques, culturels, etc. nous ont enrichi et nous enrichissent encore.

Hugues Wagner
directeur de la publication

Oussama Romdhani: La Tunisie, l’Occident et le « printemps arabe »

Bien que la Tunisie continue à bénéficier d’un préjugé favorable à Washington, il est peu probable que cela puisse se traduire par l’octroi d’une assistance à même de permettre au pays de surmonter les défis économiques et sécuritaires auxquels il est confronté.

 

 

Oussama Romdhani

D’aucuns à Washington, et dans le monde occidental en général, estiment que la Tunisie est l’exemple de ce que le « printemps arabe » aurait pu apporter. Pour d’autres, le cas de la Tunisie a parfois représenté le seul argument pouvant être invoqué pour justifier les attentes optimistes suite aux soulèvements qui ont secoué le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord après 2010.
L’expérience tunisienne est restée un cas à part malgré les généralisations impétueuses au sujet d’un invraisemblable effet de domino démocratique dans le monde arabe. Le Président tunisien Béji Caïd Essebsi a lui-même réfuté cette tendance. « Il n’y a pas ‘de printemps arabe’, a-t-il dit, « en fait, il n’y a qu’un début de « printemps tunisien ».
Pour la plupart des occidentaux, le cas de la Tunisie vient tout simplement rappeler, a contrario, les guerres, la violence et la dévastation qui continuent de ravager nombre de pays de la région depuis 2011. 
Aujourd’hui, la question qui revient à l’esprit de la majorité des Américains et des Européens est de savoir pourquoi la transition pacifique qui a été possible en Tunisie ne l’a pas été dans d’autres pays arabes.
La réponse, qui échappe toujours à de nombreux Occidentaux est que, depuis son indépendance voire même depuis le XIXe siècle, la Tunisie a connu une évolution différente de celles de la plupart des autres pays arabes. En 2010, la société tunisienne était nettement en avance par rapport au régime politique en place; et c’était seulement la réticence du pouvoir d’introduire les réformes idoines qui avait précipité la révolution. Pareilles conditions n’existaient pas dans d’autres pays arabes et leur absence ne pouvait être compensée ni par les interventions étrangères ni par les violences. Celles-ci ne pouvaient qu’aggraver la situation, chose qu’elles n’ont pas tardé à occasionner.
Tout en bataillant pour préserver ses acquis, la Tunisie n’est pas pour autant au bout de ses peines. Elle cherche toujours les moyens lui permettant de remettre son économie sur les rails, de donner de l’espoir à sa jeunesse mécontente et de protéger le pays du terrorisme.
Les responsables et experts américains savent pertinemment les nombreux défis devant être relevés par la Tunisie. Seulement, les Américains, comme les Européens, sont trop absorbés par leurs propres préoccupations internes pour envisager une initiative majeure de soutien économique à la Tunisie.
De toute évidence, le temps des Plans Marshall est définitivement révolu.
S’il est vrai que pratiquement toute la classe politique et les experts US souhaitent voir la Tunisie réussir sa transition démocratique, il faut vraiment chercher longtemps pour trouver parmi eux quelqu’un qui soit disposé à prôner la prise en charge de la facture des défis économiques et sociaux en Tunisie.
Aussi paradoxal que cela puisse paraitre,  il est relativement décevant pour certains que la transition démocratique et paisible en Tunisie soit en fait une exception et non un modèle pouvant être dupliqué dans le reste de la région.
Dans le discours politique américain, l’on peut déceler des traces du  « Freedom Agenda » du président américain George W. Bush ou des autres incarnations connexes de l’ère Obama.  Mais désormais face aux situations actuelles de crises et de conflits, les décideurs politiques européens et américains sont de plus en plus enclins à se contenter d’objectifs moins ambitieux que la promotion de la démocratie. La recherche de la paix et de la sécurité est désormais un objectif plus réaliste et suffisant.
Bien que l’expérience tunisienne trouve toujours une place importante au cœur du débat sur l’engagement américain dans le monde arabe, la nature du débat lui-même a cependant beaucoup changé. La détérioration de la situation dans la région depuis 2011 a engendré une quête non avouée d’hommes forts pouvant au moins maîtriser les événements. Il fait dire qu’une telle tendance se constate aussi bien au sein de la classe politique en Occident que dans de nombreux pays arabes.
La politique libyenne de l’Occident en est la meilleure illustration. La priorité, pour les Etats-Unis et l’Europe, serait de trouver quelqu’un ou quelque chose à même de contrecarrer les risques de l’immigration illégale et de la contagion djihadiste. De nombreux Libyens voudraient eux-aussi trouver quelqu’un ou quelque chose qui leur rendrait la vie supportable. Pour l’instant, les citoyens de la Libye, ainsi que ceux de la Syrie, de l’Irak et du Yémen, sont beaucoup plus préoccupés par leur survie plutôt que par la promotion de la démocratie. 
Face à l’expérience tunisienne, de nombreux défenseurs occidentaux de la démocratie sont plutôt déçus de constater qu’une transition démocratique réussie ne se soit pas révélée être un antidote efficace contre l’extrémisme et le terrorisme ; d’où leur incapacité à comprendre comment un pays qui a reçu le prix Nobel de la paix pour avoir réussi sa transition démocratique soit en même temps un pays exportateur de terroristes.
La relation entre la Tunisie et l’Occident n’est pas sans autres paradoxes.
Tout comme les Américains et les autres occidentaux qui arrivent à peine à dépasser leur conviction simpliste que l’expérience tunisienne pourrait être d’une façon ou d’une autre reproduite à travers la région, les Tunisiens sont en train de se libérer doucement de l’idée chimérique que l’Occident viendrait à leur secours avec des moyens conséquents.
La Tunisie ne doit pas, et ne devrait pas, s’attendre à ce que les Etats-Unis ou l’Europe viennent la sauver.
Bien que la Tunisie ait encore un long et difficile chemin à parcourir, elle est cependant en mesure d’arriver à bon port en comptant sur ses propres ressources, et ce, tout en prenant en compte certaines considérations.

 

 

 

 

– Une vue générale des équipements militaires offerts par les Etats-Unis à la Tunisie- REUTERS/Zoubeir Souissi

Il est du devoir de la classe politique en Tunisie de concentrer son énergie sur la bataille de la transition socio-économique — bataille qu’elle peut remporter — plutôt que sur les querelles intestines inutiles.
Toutefois, la relance économique en Tunisie d’une manière durable est tributaire dans une large mesure d’une solution permanente au problème libyen. C’est justement là où les Etats-Unis et l’Occident pourraient apporter leur aide à la Tunisie en redoublant d’effort à l’échelle internationale pour arriver à un règlement permanent et réel de la crise libyenne.
Les Etats-Unis disent appuyer l’initiative des Nations Unis en Libye conduite par le médiateur libanais Ghassan Salamé. Fort du soutien de l’opinion US, Washington semble aussi déterminé  à entrer en action en Libye si « l’Etat Islamique » relève trop la tête de nouveau en Libye. Une enquête récente du Middle East Institute à Washington a indiqué que 82% des Américains interrogés seraient favorables à l’entrée en guerre des Etats-Unis contre « l’Etat Islamique ».
Même si les Etats-Unis décidaient de s’engager davantage en Libye pour faire face à une résurgence de « l’Etat Islamique », il est peu probable que cela puisse mener à un progrès tangible sur la voie d’un règlement durable du conflit en Libye. Comme ce fut le cas pendant l’Opération “ Odyssey Lightning ” en Libye en 2016 et, comme c’est le cas actuellement en Syrie, l’engagement américain est essentiellement militaire et fait la distinction entre efforts militaires et efforts politiques nécessaires pour une solution globale du problème. Les Européens, quant à eux, avancent en rangs dispersés et dans le sens de leurs propres intérêts nationaux.
Pourtant, une solution en Libye apporterait la paix aux Libyens et une meilleure sécurité pour l’Europe. Pour la Tunisie, cela se traduirait en frontières plus sûres, davantage d’emplois et de plus grandes opportunités en matière de commerce. « Nous estimons que la crise en Libye aurait contribué à hauteur de 24%  dans la chute du taux de croissance économique en Tunisie pendant les cinq années de 2010 à 2015 », relève la Banque mondiale dans un récent rapport.  C’est justement cette relation entre conditions socio-économiques et considérations sécuritaires qui devrait motiver les Etats-Unis et l’Europe pour aider la Tunisie.
Toutefois, la Tunisie ne peut pas se permettre le luxe d’attendre jusqu’à ce que les Etats-Unis et l’Europe perçoivent un tel objectif comme étant une priorité ou qu’ils se penchent sérieusement et constructivement sur le règlement du dossier libyen.
Des facteurs régionaux et locaux font que la Tunisie aura à mener elle-même sa  bataille pour s’assurer que les transformations politiques déjà réalisées puissent mener à des changements socio-économiques tout aussi significatifs. Des succès socio-économiques en Tunisie garantiraient à long terme la sécurité et la stabilité de la Tunisie ainsi que celles des autres pays de la Méditerranée. Mais, aujourd’hui, aussi bien l’Europe que l’Amérique ne sont préoccupées malheureusement que par le court terme.
Le pire des scénarios pour la Tunisie et l’Occident serait que les pays occidentaux n’optent pour l’indifférence à l’égard de l’avenir de la Tunisie et que les Tunisiens sombrent quant à eux dans le désenchantement. Mais, quoi qu’il en soit, le « printemps tunisien  » ne saurait être que la résultante de l’effort des Tunisiens eux-mêmes. Le soutien occidental viendra après.

Oussama Romdhani

Rédacteur-en-chef de l’hebdomadaire The Arab Weekly

Une version anglaise de cette analyse a été précédemment publiée par le site du think tank américain The Atlantic Council.
Source : The Arab Weekly et Leaders / Afrique-Asie.fr
http://www.leaders.com.tn/article/23444-oussama-romdhani-la-tunisie-l-occident-et-le-printemps-arabe

 

Afrique-Asie, c’est fini !

Le numéro de septembre 2017 d’Afrique–Asie est le dernier. Le mensuel vient de déposer le bilan et ne paraîtra plus. Quelle tristesse de voir ainsi ce titre historique disparaître ! Dans la presse française, Afrique-Asie était une institution. Lancé en 1969 par Simon Malley, Africasia est devenu Afrique-Asie en 1972. Suite à des difficultés financières, la diffusion s’interrompt de juillet 1987 à octobre 1989. A l’époque, Le Monde place Afrique-Asie « au premier rang de la presse tiers-mondiste de langue française ». Effectivement, le titre s’inscrit dans la filiation de la conférence de Bandung (1955), à la convergence du non-alignement, de la Tricontinentale et des mouvements de décolonisation africains et asiatiques.

 

Militant à la plume acérée, Simon Malley n’a pas que des amis. Il est momentanément expulsé de France en 1980, accusé de nuire, par ses propos, « aux intérêts de la France dans des Etats ayant avec elle des relations diplomatiques normales », selon les propos du ministre de l’Intérieur de l’époque Christian Bonnet, en réponse à une question à l’Assemblée nationale de Laurent Fabius. En 1981, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en France, Simon Malley peut revenir et poursuivre l’aventure éditoriale d’Afrique-Asie.

 

En décembre 2005, le journal dépose le bilan, ciblé depuis des années par un contrôle fiscal politique. Simon Malley portera plainte contre l’administration fiscale, contestant auprès du Tribunal administratif les conclusions de cette enquête à charge qui aboutira à la liquidation de la société Afriasial qui exploitait le titre. Le tribunal lui donnera raison, mais à titre posthume puisque le fondateur historique du titre est décédé le 7 septembre 2006, un an après avoir été contraint de déposer le bilan.

 

Majed Nehmé – rédacteur en chef d’Afrique–Asie depuis dix-sept ans – prend, avec quelques anciens du journal, l’initiative de relancer le titre qui sera exploité par une nouvelle société, la SARL-Afriam. Progressiste franco-syrien, ce grand connaisseur du monde arabe – intellectuel tous terrains -, améliore la qualité éditoriale, l’expertise, le réseau des correspondants et des collaborateurs. Afrique-Asie est régulièrement diffusé dans une cinquantaine de pays. Parallèlement à la version papier, il est possible de consulter le magazine en ligne, augmenté par des papiers et reportages qu’on ne lit nul par ailleurs http://www.afrique-asie.fr

En effet – sous la direction de Majed Nehmé – la qualité et la spécificité du titre ne cessent de s’améliorer, tranchant singulièrement avec la descente aux enfers de la presse parisienne mainstream. Pour les habituels « chiens de garde », une telle liberté est insupportable : Afrique-Asie, qui est régulièrement cité et repris par la presse internationale, mais systématiquement exclu et censuré par la plupart des revues de presse dans l’Hexagone, notamment par celle de Radio France Internationale (RFI), radio publique censée être spécialisée en affaires africaines… Sans parler de madame Ockrent-Kouchner et de ses étranges Affaires étrangères sur France-Culture…

 

Dans tous les cas de figures, les rédactions parisiennes ont toujours préféré Jeune Afrique et ses publi-reportages politiquement corrects à la liberté de ton et la profondeur des informations et enquêtes d’Afrique–Asie. A cela s’ajoutent, bien-sûr, les difficultés structurelles actuelles de la presse écrite – baisse des annonceurs, coût de la distribution et diffusion, etc. – et la multiplication de sous-produits numériques dédiés à l’Afrique, sans que l’on puisse voir toujours clairement les financements comme les intentions de ces « experts » du moment.

 

Mais le coup de grâce est venu de celui-là même qui interpellait Christian Bonnet sur la liberté de la presse française dans les années 1980 ! De bonne source, on sait que la lecture d’Afrique–Asie donnait des boutons au distingué normalien qui fut le chef de notre diplomatie de 2012 à 2016 avant d’aller pantoufler à la présidence du Conseil constitutionnel. Depuis le début de la crise syrienne (mars 2011), les papiers d’Afrique–Asie ont eu le don de faire grimper Laurent Fabius aux rideaux du Quai d’Orsay. En 2014, un contrôle fiscal zélé (on n’ose dire politique !) s’abat à bras raccourcis sur Afrique-Asie. Voilà donc un titre résolument internationaliste, déconstruisant avec intelligence les crises internationales, prônant les valeurs de laïcité, de lutte contre le communautarisme et les confessionnalismes religieux, déchiqueté par les petites mains de Bercy.

 

L’auteur de ces lignes croise un jour Pierre Moscovici, qui venait de quitter Bercy pour rejoindre la Commission européenne, et l’alerte sur ce contrôle fiscal. Le baron socialiste prend son air le plus concerné avant de demander la communication du dossier sur son email personnel. Trois mois plus tard, la réponse mérite citation : « Bercy est souverain de ces choix en matière de contrôle fiscal. » Rien de plus normal, mais on peut toujours se demander pourquoi Médiapart, Libération ou L’Express n’ont pas goûté les délices d’une telle souveraineté.

 

Voilà donc une douzaine de chômeurs de plus dans le secteur déjà sinistré de la presse et un titre prestigieux qui va – probablement – renaître dans un pays voisin… C’est d’une grande tristesse, surtout lorsque l’on connaît Majed Nehmé, l’un des hommes les plus délicieux, courtois et profonds de la corporation journalistique française, laquelle, pendant ce temps, continue dans sa majorité de s’abîmer dans l’opportunisme, l’ignorance et le carriérisme.

 

Et à la tristesse s’ajoute la colère, parce que la disparition d’Afrique–Asie pourrait bien être le symptôme du retour de la censure au soi-disant pays des droits de l’homme et de la liberté d’expression. Evidemment, lorsqu’on explique ça dans les dîners en ville, on vous regarde avec des yeux ronds d’incrédulité, sinon d’indignation, parce que les « chiens de garde » de la grande presse veillent au grain tous les jours que Dieu fait et que les Français sont très mal informés de l’évolution de leurs médias.

 

Donc Afrique-Asie n’est plus ! Vive Afrique-Asie, qui renaîtra un jour, d’une manière ou d’une autre, parce qu’on ne peut décidément pas laisser le champ libre aux désinformateurs. Bonne lecture, donc ! Et à la semaine prochaine, parce que nous écrivons et publions depuis la ville de Jean-Jacques Rousseau.

 Richard Labévière
23 octobre 2017
Comme Richard Labévière, le Comité Valmy est convaincu qu’Afrique-Asie, ce journal anti impérialiste ami, ne saurait disparaître définitivement. Nous espérons vivement que les conditions permettant sa reparution seront rapidement réunies. Ce journal est plus indispensable que jamais.CB.

 

Transport : Militzer & Münch France poursuit sa croissance en Algérie et y ouvre une filiale

En 10 ans le leader des flux Europe-Maghreb  s’est imposé comme l’un des meilleurs spécialistes en Algérie. Après une croissance des flux de 300% en 4 ans, Militzer & Münch France ouvre une filiale à Alger, M&M Militzer & Münch SPA, en partenariat avec un  actionnaire reconnu et actif dans le transport international. Avec cette nouvelle filiale, M&M marque son ambition de développer sa présence locale et de proposer des solutions toujours plus adaptées à ce marché spécifique et exigeant.

Une troisième filiale au Maghreb

Après l’ouverture d’une filiale au Maroc en 1986 et en Tunisie en 1996, cette implantation en Algérie assure à M&M une présence renforcée dans les principaux pays du Maghreb. M&M France démarre ses opérations en Algérie en 2007 avec une activité de groupage, puis met en place dès 2009 une délégation commerciale afin d’améliorer sa compréhension du marché. Une croissance régulière de l’activité s’ensuit entre 2011 et 2016, soutenue par l’ensemble des agences M&M en France.

 

Offre sur mesure pour un marché spécifique

Cette réussite s’explique par l’offre de M&M qui, sur un marché en mutation permanente, fournit des services allant au-delà du simple transport et suivi documentaire. Les solutions incluent des départs hebdomadaires de produits dangereux en groupage, la mise en conformité des emballages (conditionnement et manuel utilisateur), de l’étiquetage, du contrôle qualité, de la préparation de commandes et des prestations d’empotage dans ses entrepôts de Vitrolles. M&M y bénéficie d’outils en propre, fonctionnels (17 portes à quais) et étendus en capacité (5000 m² de surface).

 

Un marché porteur, des flux qui devraient se rééquilibrer à l’export

L’Algérie est un pays à la démographie dynamique –sa population dépasse les  40 millions d’habitants- en croissance régulière, disposant de ressources naturelles importantes, d’une population jeune et d’une situation géographique favorable.

Ces dernières années, le pays a été marqué par le durcissement des règles d’importation et la baisse du prix du baril de pétrole. Influencé par des choix économiques et politiques, le marché de l’Algérie est à 85 % constitué de flux import, du Nord vers le Sud. Il n’y a que très peu d’exportations et de délocalisations contrairement aux autres pays du Maghreb. Il en résulte un déséquilibre des flux de transport.

Pour compenser la baisse de la rente pétrolière (-70% en 2 ans), le pays s’ouvre progressivement à l’export. Cette évolution représente une réelle opportunité de trafic vers l’Europe et permettrait d’équilibrer les flux. Cette transition du marché est envisageable parce que l’Algérie dispose d’industriels ambitieux, actifs et tournés non seulement vers la satisfaction du marché local mais aussi vers l’export à moyen terme. Le secteur du transport connait donc de belles perspectives dans ce pays.

 

La filiale française de Militzer & Münch poursuit sa croissance

Crée le 13 septembre 1976, Militzer et Münch France est la filiale française du groupe éponyme. Avec un chiffre d’affaires TTC de 143 millions d’euros en 2016, M&M France  connaît une croissance soutenue depuis 6 ans et a doublé le nombre de ses implantations depuis 2012.

D’après Guillaume de Laage de Meux, son directeur général délégué, M&M France est le meilleur des spécialistes :

« Leader sur les flux Europe-Maghreb, avec une expertise reconnue, Militzer & Münch France est également un spécialiste de l’Europe de l’Est, du Proche Orient et de l’Asie Centrale. Parmi nos axes stratégiques à court terme : le développement de l’offre sur l’Iran, pays que Militzer & Münch n’a cessé de desservir depuis près de 60 ans via la société associée PTB Groupe, le train Chine-Europe et l’extension de nos prestations en transport maritime et aérien, notamment avec l’Inde ».

Communiqué

Partenariat de deux leaders pour les flux Royaume-Uni – Maghreb

Militzer & Münch France et Davies Turner s’associent pour développer les flux de marchandises entre le Royaume-Uni et les principaux pays du Maghreb.

M&M Militzer & Münch France, leader français des flux avec le Maghreb et Davies Turner, leader britannique des flux internationaux, signent un partenariat pour développer le transport de marchandises entre le Royaume-Uni d’une part et le Maroc, la Tunisie et l’Algérie d’autre part.

 

A compter du 1er octobre 2017, M&M France opèrera le fret routier import et export entre le Royaume-Uni et le Maroc et la Tunisie. En ce qui concerne l’Algérie, la majorité des transports concerne l’export et sera également gérée par le commissionnaire français. Les partenaires proposeront notamment des services de groupage et de camions complets.

 

Cette alliance devrait permettre à Militzer & Münch d’augmenter sensiblement ses activités avec le Royaume-Uni grâce à la position dominante qu’occupe Davies Turner, acteur majeur des transports et de la logistique à l’international et déjà très présent sur le marché marocain

Pour Davies Turner, ce partenariat représente la possibilité d’accéder aux marchés tunisien et algérien. Davies Turner profitera également de l’expérience de Militzer & Münch dans le traitement des flux industriels, notamment sur le Maroc où Davies Turner est déjà présent sur le segment du textile. Enfin, le commissionnaire en transport britannique pourra s’appuyer sur M&M Maroc à Casablanca et à Tanger pour offrir à ses clients des solutions de dédouanement en magasins sous douane privés.La filiale française de Militzer & Münch en bref

Crée le 13 septembre 1976, M&M Militzer & Münch France est la filiale française du groupe allemand éponyme. Avec un chiffre d’affaires TTC de 143 millions d’euros en 2016, M&M France connaît une croissance soutenue depuis 6 ans, et a doublé le nombre de ses implantations depuis 2012.

Au Maghreb, M&M France dessert le Maroc, la Tunisie et l’Algérie en collaboration avec ses filiales dans chacun de ces pays.

Le Groupe M&M Militzer & Münch emploie environ 2 000 salariés dans 100 implantations dans environ 30 pays. Militzer & Münch propose des prestations de fret aérien et maritime dans le monde entier ainsi que des transports terrestres sur route et rail et de la logistique de projet le long de l’axe est-ouest en Eurasie et Afrique du Nord. Avec son réseau dense de filiales, l’entreprise est présente en Europe de l’Est, dans la Communauté d’Etats Indépendants, au Moyen et Extrême Orient ainsi que dans les pays du Maghreb. Le siège social de l’entreprise fondée en 1880 se trouve à St. Gall (Suisse).