Tunisie: les frasques d’Olivier Poivre d’Arvor (suite)

Selon nos sources tunisiennes (des plus fiables), les frasques de l’ambassadeur de France en Tunisie – Olivier Poivre d’Arvor (le frère de l’autre), petit protégé de Laurent Fabius – ne cessent de défrayer et d’amplifier la chronique locale et plus largement celle des chancelleries, au point d’inquiéter la plus haute hiérarchie du Quai d’Orsay. Dernièrement à l’unisson des consignes du président de la République – « appel estival au calme » -, les grands chefs à plumes du ministère des Affaires étrangères ont demandé à ce cher Olivier de se calmer. Se calmer, c’est-à-dire de faire cesser, notamment les parties nocturnes de piscine dénudée (les baigneurs, pas la piscine) et les soirées arrosées durant lesquelles officient de drôles d’officines… Ces fantaisies, en comparaison desquelles homards et grands crus de Monsieur de Rugy passent pour de simples dérapages de cantine, scandalisent les autorités locales, toutes appartenances politiques confondues. Dans le même temps, ces mêmes élites tunisiennes, qui ont bien d’autres problèmes économiques, sociaux et sécuritaires à gérer, s’interrogent vraiment sur le rôle et les objectifs de la France éternelle dans la région, représentée par « un tel pitre qui visiblement passe plus de temps en fêtes où sont seulement conviés ses intimes – dont, régulièrement Frédéric Mitterrand -, qu’à travailler pour les intérêts conjoints de la France et de la Tunisie », déplore un grand syndicaliste du pays. Message reçu ! Décidément, comme le constate régulièrement la rédaction de prochetmoyen-orient.ch, la diplomatie est un métier bien difficile…

Par Richard Labévière, rédacteur en chef de prochetmoyen-orient.ch 

France/Maroc: signature d’accords dans le domaine de l’enseignement et de la recherche

Une vingtaine d’accords inter-universitaires ainsi qu’un accord-cadre entre les Conférences des présidents d’université du Maroc et de la France ont été signés à Rabat, en vue d’intensifier l’échange d’expériences et d’expertises académiques dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. 

Ces accords, dont la cérémonie de signature a eu lieu à l’occasion de la Rencontre académique bilatérale, ont pour objectif de consolider les fondements de la coopération bilatérale et de mettre en place des mécanismes efficaces de coordination en la matière. 

Il s’agit d’un accord-cadre signé par le président de la Conférence des présidents d’université du Maroc, Azzedine El Midaoui, et la vice-présidente de la Conférence des présidents d’université de France, Christine Gangloff-Ziegler, et de vingt accords conclus entre plusieurs universités des deux pays. 

Cette cérémonie a été présidée par le ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Said Amzazi, et la ministre française de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal, en présence du secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Khalid Samadi, de l’ambassadeur de France, Jean François Girault, et de la directrice générale de l’Institut français du Maroc, Clélia Chevrier Kolacko. 

Moment fort de la Rencontre académique, le lancement de la Plateforme Maroc Université numérique portant sur le développement des formations à distance communes adaptées aux spécificités de l’enseignement supérieur dans le Royaume. 

Pour l’année académique 2017-2018, un total de 39.855 étudiants marocains ont poursuivi leurs études supérieures dans les établissements d’enseignement supérieur français. 

Assassinat des moines de Tibhirine: Les familles réclament l’audition de Bouteflika et d’un ex-chef des renseignements

Les familles des sept moines de Tibéhirine assassinés en Algérie en 1996 ont sollicité auprès des juges d’instruction parisiens l’audition du président déchu algérien Abdelaziz Bouteflika et d’un ancien chef des services de renseignement, a appris l’AFP auprès de leur avocat.

Les sept moines de l’ordre cistercien de la Stricte observance avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère de Notre-Dame de l’Atlas, sur les hauteurs de Médéa. 

Dans une lettre datée du 21 juin, consultée par l’AFP, l’avocat des familles qui se sont portées parties civiles, Me Patrick Baudouin, s’appuie sur « l’évolution de la situation politique en Algérie » pour demander aux magistrats de délivrer une nouvelle commission rogatoire internationale afin que M. Bouteflika, « sous réserve que son état de santé le permette », et le général Mohamed Mediene puissent être entendus « le plus rapidement possible ». 

Abdelaziz Bouteflika, 82 ans et invalide, a été contraint à la démission le 2 avril par un mouvement de contestation inédit après 20 ans au pouvoir. Depuis, la justice algérienne a lancé plusieurs enquêtes et placé en détention provisoire de nombreux ex-dirigeants, dont le général Mediene, dit « Toufik ». 

Ce dernier avait dirigé, dès sa création en 1990 et jusqu’à sa disgrâce en 2015, le tentaculaire Département du renseignement et de la sécurité (DRS). Il est en détention provisoire depuis le 5 mai. 

Dans son courrier, Me Baudouin souligne que « le défaut de coopération de la part des autorités algériennes n’a pas permis jusqu’à présent de recueillir tous les éléments d’information nécessaires sur les conditions de l’enlèvement, de la détention et de l’exécution des moines de Tibéhirine », notamment sur « les actions des services de renseignement et de sécurité ». 

Selon l’avocat, M. Bouteflika avait déclaré en avril 2004 sur LCI que « toute vérité (n’était) pas bonne à dire à chaud ». 

La première revendication de l’enlèvement des moines, signée du chef du GIA Djamel Zitouni, était tombée un mois plus tard, le 26 avril. Puis, de nouveau un mois après, un communiqué affirmait que les moines trappistes avaient été tués le 21 mai, la gorge tranchée. Seules les têtes avaient été retrouvées sur une route, le 30 mai. 

Des soupçons sont depuis apparus sur une possible implication des services secrets militaires algériens. 

Un rapport d’experts rendu en février 2018 avait renforcé les doutes sur la thèse officielle avancée à l’époque par Alger, jugeant alors « plausible » l’hypothèse de décès survenus bien avant la date officielle de leur mort.

E. Macron aurait eu des liens financiers avec des oligarques algériens arrêtés

Au terme d’une enquête, le journaliste Marc Endeweld a publié le livre «Le grand manipulateur» où il revient sur les liens que le président français aurait établis en Algérie. Il s’agit notamment de deux oligarques, les hommes d’affaires influents Ali Haddad (photo) et Issad Rebrab, arrêtés en avril dans le cadre d’enquêtes sur des affaires de corruption.

Alors qu’il se trouvait en pleine campagne électorale à la veille de l’élection présidentielle, en février 2017, Emmanuel Macron s’est rendu à Alger où il a eu des rencontres discrètes avec des hommes d’affaires parmi les plus influents du pays, raconte dans son livre «Le grand manipulateur. Les réseaux secrets de Macron» le journaliste Marc Endeweld. Il explique qu’à l’époque le candidat était dans une situation financière assez difficile, l’argent ayant «manqué terriblement pour poursuivre sa campagne, le budget étant très entamé».

Selon Marc Endeweld, il s’agissait notamment de deux hommes influents du pays, Ali Haddad, dans l’entourage d’Abdelaziz Bouteflika, et Issad Rebrab, soutenu par l’ancien Département du Renseignement et de la Sécurité algérien, avec qui le futur Président aurait tissé des liens.

«Le 14 février, en fin de matinée, un petit déjeuner est organisé sur la terrasse de l’hôtel El Aurassi avec les représentants du FCE, le Forum des chefs d’entreprises, l’équivalent du Medef», raconte le journaliste parlant du voyage d’Emmanuel Macron. Ali Haddad y était présent, «tout sourire» face au futur président français.

Quelques heures plus tôt dans le même hôtel, l’homme d’affaires avait déjà pris un autre petit déjeuner avec Macron, selon l’auteur du livre. Rien n’avait filtré de cette rencontre, précise-t-il.

Comme l’explique Marc Endeweld, à l’époque, Alexandre Djouhri, dit Alex, proche à la fois de Dominique de Villepin, l’ancien Premier ministre de Chirac, et de Maurice Gourdault-Montagne, l’actuel secrétaire général du Quai d’Orsay, séjournait fréquemment en Algérie et avait des relations poches avec Ali Haddad.

«Selon trois sources différentes, l’homme d’affaires algérien a bien rencontré à cette occasion le futur Président», affirme le journaliste. Toutefois, cette information a été démentie par Djouhri.

En même temps, la veille de ces petits déjeuners avec Ali Haddad, Macron aurait dîné avec une autre personnalité influente, Issad Rebrab, qui avait à l’époque des relations tendues avec le Président algérien et son entourage, indique Marc Endeweld précisant que le futur Président de la République avait toutefois accepté l’invitation au risque de mécontenter Bouteflika.

Comme l’écrit le site Web d’investigation Mondafrique, il y avait deux raisons. La première est que Macron «connaissait bien l’industriel kabyle qui investissait massivement en France alors qu’il était secrétaire général adjoint à l’Élysée puis ministre de l’Industrie durant […] François Hollande».

La deuxième raison est liée aux liens «très nombreux entre les entourages du candidat et de l’oligarque».

«Rebrab est en effet un intime de François Touazi depuis fort longtemps. Le groupe Cevital que l’homme d’affaires a fondé a fait travailler Alexandre Benalla à l’époque où ce dernier avait créé, depuis le Maroc, la société de sécurité Velours.»

En outre, écrit Mondafrique, Rebrab a été assisté dans ses investissements en France par un ancien trader franco-algérien, Farid Belkacemi, «proche ami d’Alexandre Benalla». Depuis son élection, Emmanuel Macron «n’a cessé de témoigner de son amitié pour l’industriel kabyle», précise le site.

«De là à imaginer des sources de financement algériennes dans la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, il y a un pas que plusieurs sources à Alger franchissent en privé, mais sans preuves et au sein d’un microcosme où courent les rumeurs les plus folles», a résumé le média.

Le 22 avril, plusieurs hommes d’affaires ont été arrêtés en Algérie dans le cadre d’enquêtes pour corruption, dont Ali Haddad et Issad Rebrab.

Rappelons qu’en début d’année, une enquête américaine avait conclu à la forte probabilité d’un financement de la campagne du président Macron par des fonds algériens.

Ceci avait été rapporté, entre autres, par la journaliste belge d’origine algérienne Layla Haddad

Algérie: le groupe Ponroy Santé ouvre une filiale

Le groupe Ponroy Santé (200 millions d’euros de chiffre d’affaires et 700 salariés en 2018) ouvre une filiale en Algérie. Le Français spécialisé dans la conception et la fabrication de compléments alimentaires est présent depuis plus de quinze ans dans ce pays et « figure parmi les trois premiers acteurs » de ce marché selon un communiqué.

Riad Djarmouni, partenaire historique de Ponroy Santé avec Alpharmex Algérie, en prend la direction. Vitalion Algérie, société d’importation, de distribution et de promotion des compléments alimentaires créée en juin 2017, était le représentant exclusif de la société en Algérie et distribuait déjà quinze références du groupe. La filiale prend d’ailleurs le nom de Vitalion et vise la commercialisation de plus de quarante références de produits bien-être d’ici à fin 2019 et plus de 100 dans deux ans.

Elle envisage aussi se développer dans la grande distribution – où Ponroy est déjà présent avec ses marques Yves Ponroy et Vitarmonyl – en y implantant ses produits cosmétiques des marques Biolane et Naturé moi.

« En Algérie, la demande en produits naturels dédiés au bien-être est en forte augmentation. Les consommateurs sont également adeptes de produits d’origine française. C’est un marché en plein essor disposant d’un fort potentiel de croissance pour les années à venir. D’ici à 2021, nous espérons une multiplication par cinq du chiffre d’affaires réalisé sur place », commente Pierre Uminski, directeur International du Groupe Ponroy Santé.

Créé en 1975, le groupe breton de Boufféré (près de Nantes) signe ainsi sa sixième implantation à l’étranger après l’Italie, la Belgique, le Canada et la Chine (Shanghai et Hong-Kong). Le groupe réalise un tiers de son chiffre d’affaires à l’international.

Libye: Le Drian justifie le soutien français à Haftar contre le terrorisme

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, déplore dans une interview au Figaro publiée vendredi les critiques émises contre le soutien présumé de Paris au maréchal Khalifa Haftar, faisant valoir le rôle joué par l’homme fort de l’Est libyen dans la lutte contre le terrorisme.

L’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar a lancé une offensive début avril pour conquérir la capitale, tenue par les forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Serraj, reconnu par la communauté internationale. Cette offensive a fait ressurgir des critiques contre Paris, qui, comme Le Caire et Abou Dhabi, est accusé d’avoir réhabilité en 2016 le maréchal, notamment en raison de son rôle joué dans la lutte contre les « groupes terroristes » et contre l’immigration clandestine.

« C’est triste », estime Jean-Yves Le Drian, interrogé sur ces accusations dans les colonnes du Figaro. « La France a continellement soutenu le gouvernement de Sarraj. Nous l’avons beaucoup soutenu aux Nations unies et sur le plan de la sécurité. Il le sait. » « Je remarque que Fathi Bachagha, le ministre de l’Intérieur, qui attaque régulièrement la France et dénonce son ingérence supposée dans la crise, n’hésite pas à passer du temps en Turquie. Alors, je ne sais pas où sont les interférences », ajoute-t-il.

A la question de savoir si soutenir le maréchal Haftar était une « fausse bonne idée », le chef de la diplomatie française répond : « je vous laisse juge. »

« L’Armée nationale libyenne contrôle une grande partie du territoire. Et dans le camp de ses opposants, on trouve parmi les miliciens des responsables de hold-ups, des spécialistes de la prédation et des jihadistes », fait-il valoir. « Haftar a lutté contre le terrorisme à Benghazi et dans le sud de la Libye, et cela était dans notre intérêt, celui des pays du Sahel, celui des voisins de la Libye. Je soutiens tout ce qui sert la sécurité des Français et des pays amis de la France », ajoute-t-il.

Le soutien au maréchal Haftar, accusé par ses détracteurs de tenter depuis plusieurs années de fomenter un coup d’Etat, est source de divisions au sein de la communauté internationale.

Le Royaume-Uni a présenté mi-avril un projet de résolution au Conseil de sécurité en vue d’instaurer un cessez-le-feu mais s’est heurté au refus de la Russie et des Etats-Unis, selon des sources diplomatiques.

Déplorant ces « divisions très profondes », l’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a mis en garde lundi contre la « tentation de l’homme fort », incarné selon lui par Khalifa Haftar qui gouverne d' »une main de fer » et dont « on peut avoir des craintes sur ses méthodes ». 

La France rejette les accusations de l’ONU sur «un usage excessif de la force»

La haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme avait demandé à la France d’enquêter en mars dernier sur les cas rapportés de violences policières. En réponse, selon le journal Le Monde, le gouvernement français a fait parvenir le 11 avril un document de 21 pages pour justifier ses méthodes de maintien de l’ordre.

Courtoise mais ferme, la réponse du gouvernement français sonne comme une fin de non-recevoir aux mises en cause de l’ONU. En préambule, le document, cité par nos confrères du Monde, rappelle les conditions « particulièrement difficiles » auxquelles ont été soumis policiers et gendarmes et insiste sur les violences graves commises par certains manifestants.

Justifications sur l’usage du LBD

Selon cet argumentaire, le cadre légal applicable n’était donc plus celui de la « manifestation » mais de « l’attroupement », c’est-à-dire d’une manifestation qui a dégénéré dans la violence, d’où le recours massif aux armes de forces intermédiaires : les grenades lacrymogènes, de désencerclement et les fameux lanceurs de balles de défense (LBD).

Quatre pages sont exclusivement consacrées à justifier l’usage du LBD, et si de possibles dérapages sont évoqués, « ils ne sauraient remettre en cause l’utilisation régulière de cette arme en cas de nécessité », explique le document. Ce dernier appelle également à respecter le temps judiciaire puisque plusieurs enquêtes sont actuellement en cours.

Par ailleurs, les cas de journalistes blessés par les forces de l’ordre et que dénonçait l’ONU ne sont pratiquement pas mentionnés. Enfin, une bonne partie du texte est dédiée à la défense de la nouvelle loi anti-casseur. Selon le document, celle-ci n’entrave pas la liberté de manifester, et « nul en France ne saurait être arrêté et n’a été arrêté en raison de sa seule qualité de manifestant ».

Répression contre la presse: RSF et SNJ dénoncent des atteintes à la liberté d’informer

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et Reporters sans frontières (RSF) ont dénoncé dimanche des atteintes à la liberté d’informer après des incidents entre forces de l’ordre et journalistes samedi lors de l’acte 23 des «gilets jaunes».

«Il y a eu plusieurs interpellations de journalistes et d’autres incidents», a déclaré à l’AFP Vincent Lanier, premier secrétaire national du SNJ, en référence notamment à l’interpellation de deux reporters indépendants à Paris, Gaspard Glanz et Alexis Kraland.

«On commence à se poser des questions: est-ce qu’il n’y a pas une volonté déterminée d’intimider notamment les photographes sur le terrain ? On a l’impression que certains sont ciblés», a dénoncé Vincent Lanier du SNJ. «Il y a des tensions, c’est vrai, sur le terrain entre des policiers et des photographes, mais de là à interpeller, il y a un gros problème. On est sur une pente très dangereuse par rapport à la liberté d’informer, c’est la liberté de la presse qui est menacée», a-t-il insisté.

Journalistes ciblés

«Le nombre d’incidents depuis le début du mouvement des «gilets jaunes» qui visent autant des journalistes professionnels et non professionnels clairement identifiés «Presse» au moment où ils sont en train de filmer ou photographier entrave le travail de la presse et limite de facto la captation d’images de ces événements qui sont par nature d’un intérêt crucial pour le public», a de son côté regretté Catherine Monnet, rédactrice en chef adjointe à RSF. «Cela va à l’encontre du droit et de la liberté fondamentale d’informer. Les journalistes doivent pouvoir couvrir librement ces manifestations afin de pouvoir rapporter leur déroulement et les agissements des manifestants comme celui des forces de l’ordre», a-t-elle déclaré à l’AFP.

À Toulouse, deux journalistes ont été touchés par une «grenade de désencerclement», selon leur témoignage ou celui de leur employeur. À Paris, un photographe de l’Agence France-Presse «a reçu une grenade lacrymogène dans les jambes» et a «pris un coup, hors action» de la part d’un policier, a indiqué son rédacteur en chef photo France Olivier Morin. Une vidéaste de l’AFP a également indiqué que sa chaussure avait pris feu après le tir d’une grenade de désencerclement. Elle a été prise en charge par des «street medics».

Au total, 219 personnes, dont six mineurs, ont été arrêtées samedi dernier lors de la 23ème mobilisation des « gilets jaunes ».

Notre-Dame: le Maroc annonce une «contribution financière» pour la reconstruction

  • Le Maroc a annoncé ce jeudi une «contribution financière», dont le montant n’a pas été révélé, pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée par un incendie lundi, selon un communiqué de l’ambassade du royaume du Maroc en France.

Chakib Benmoussa, ambassadeur en France du roi du Maroc Mohammed VI, s’est entretenu ce jeudi avec l’archevêque de Paris, Monseigneur Michel Aupetit, selon ce communiqué. Au cours de l’entretien avec l’archevêque de Paris, l’ambassadeur a réitéré «l’expression de soutien, de compassion et de solidarité» de Mohammed VI, «au nom de tous les Marocains» après cet incendie à Notre-Dame, «symbole de la ville de Paris, de l’histoire de France, et lieu de recueillement pour des millions de fidèles».

«L’ambassadeur a informé l’archevêque de Paris que (…) le Royaume du Maroc a décidé de faire une contribution financière à la reconstruction de la cathédrale». Le montant des dons royaux n’est jamais précisé, a-t-on indiqué au ministère marocain des Affaires étrangères à Rabat. En 2014, le roi du Maroc figurait dans le classement Forbes des hommes les plus riches du monde avec une fortune estimée à plus de 2,5 milliards de dollars via la holding royale SNI rebaptisée «Al Mada» – «un des plus grands fonds d’investissement à capitaux privés de la scène panafricaine», selon son site internet. Il séjourne très régulièrement en France où il possède notamment un château à Betz (nord-est de la France).

Selon l’agence marocaine de presse (MAP), le roi du Maroc a également décidé «de consacrer une subvention financière» – non précisée – à la restauration et à l’aménagement de certains espaces de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, touché par un incendie aux dégâts limités au moment où le terrible incendie faisait rage à Notre-Dame. L’incendie à Notre-Dame a suscité l’émotion dans le monde entier et un afflux de dons inédit – 850 millions d’euros ce jeudi. La cathédrale est le monument historique le plus visité d’Europe avec 12 millions de touristes en 2017.

Tunisie: des armes aux mains d’Européens saisies à la frontière libyenne

Des armes et munitions transportées par des Européens, dont des Français, ont été saisies à la frontière entre la Libye et la Tunisie, a affirmé mardi le ministre tunisien de la Défense, Abdelkarim Zbidi. 

Un premier groupe, composé de 11 personnes munies de passeports diplomatiques et venant de Libye, a tenté d’entrer en Tunisie par la mer à bord de deux zodiacs. Il a été repéré par l’armée tunisienne et poursuivi jusqu’au large de Djerba (sud-est), a précisé M. Zbidi dans une déclaration à la presse. 

Selon le ministre, des armes et des munitions ont été saisies. 

Il n’a en revanche pas indiqué si ces 11 personnes avaient été arrêtées, ni précisé leur nationalité.

 « Sous couverture diplomatique »

Dans des propos diffusés par plusieurs médias locaux, Abdelkarim Zbidi a par ailleurs déclaré que d’autres armes et munitions, aux mains d’un deuxième groupe « sous couverture diplomatique », avaient été saisies à la frontière terrestre tuniso-libyenne. Il s’agissait, a-t-il ajouté, de 13 Français tentant de franchir la frontière à bord de six 4X4. 

D’après les médias locaux, la saisie a eu lieu au poste-frontière de Ras Jédir, principal point de passage entre les deux pays. 

Là encore, M. Zbidi n’a pas précisé si ces 13 Français avaient été interpellés. Le ministère tunisien de l’Intérieur n’était pas joignable. 

Dans un communiqué publié mardi, l’ambassade de France en Tunisie a de son côté affirmé que les personnels de l’ambassade de France pour la Libye effectuaient « régulièrement » des déplacements « entre Tunis et Tripoli ». 

« L’un d’eux s’est fait par la route ce dimanche (…) et concernait les membres du détachement qui assure la sécurité de l’ambassadrice de France pour la Libye », a-t-elle avancé. 

Selon la même source, « ce déplacement a été organisé en concertation avec les autorités tunisiennes », et de simples « contrôles de routine ont été effectués au passage de la frontière (…) afin de dresser un inventaire des équipements de ce détachement ». 

Ce dernier « a poursuivi sa route », d’après la même source. 

Interrogé par l’AFP, le Quai d’Orsay n’a pour l’heure pas fourni d’autres précisions.