France: renforcement de la répression, selon le Défenseur des droits

Interrogé par Le Parisien, le Défenseur des droits s’alarme d’un “affaiblissement” des libertés dans son rapport annuel d’activité 2018.

Alors que la France est touchée par de violents affrontements lors des manifestations des « gilets jaunes », le Défenseur des droits s’inquiète d’un « affaiblissement » des libertés. « En France s’est implantée une politique de renforcement de la sécurité et de la répression face à la menace terroriste, aux troubles sociaux et à la crainte d’une crise migratoire alimentée par le repli sur soi. […] Nous sommes dans un pays crispé », regrette ainsi Jacques Toubon dans un entretien accordé au Parisien.

Nombre jamais vu d’arrestations

L’ancien ministre de la Justice exprime par ailleurs son étonnement face au « nombre ‘jamais vu’ d’interpellations et de gardes à vue intervenues ‘de manière préventive’ ». Selon le Défenseur des droits, les directives des autorités pour gérer la contestation sociale « semblent s’inscrire dans la continuité des mesures de l’état d’urgence », décrété après les attentats du 13 novembre 2015, qui contribue « à poser les bases d’un nouvel ordre juridique, fondé sur la suspicion, au sein duquel les droits et libertés fondamentales connaissent une certaine forme d’affaissement ». Toujours dans les colonnes du Parisien, Jacques Toubon, inquiet de la « recrudescence des tensions lors des opérations de maintien de l’ordre », s’est enfin ému du recours à des grenades explosives, souhaitant leur interdiction.

Algérie/Conférence nationale: préparatifs lancés dès la mise en place du gouvernement

APS

Le Premier ministre, Noureddine Bedoui, a indiqué à Alger que le gouvernement technocrate, qui sera nommé dans les tous prochains jours, entamera dès sa mise en place les préparatifs de la Conférence nationale inclusive, affirmant que l’exécutif nouera le dialogue avec toutes les composantes de la société “sans exclusion” pour concrétiser “toutes les aspirations” du peuple algérien.

Lors d’une conférence de presse animée conjointement avec le vice-Premier ministre, Ramtane Lamamra, M. Bedoui a déclaré que les consultations sont en cours pour former le gouvernement, se voulant “ouvert” à tous les courants politiques, “représentatif des toutes les compétences et énergies, notamment les jeunes, et à même de contribuer à la réussite de la phase de transition ne devant pas aller au-delà d’une année”.

Il a ajouté que le gouvernement, une fois nommé, commencera sans délai la préparation de la Conférence nationale inclusive, dont l’organisation a été annoncée par le président de la République, précisant que ses modalités seront définies en tenant compte des avis et des propositions de tous afin d’établir les “priorités”.

M. Bedoui a précisé que le travail de la prochaine équipe gouvernementale consistera “à mettre tous les moyens pour permettre le bon fonctionnement des différents services et institutions du pays”.

Il a affirmé que le gouvernement œuvrera à instaurer un climat de “confiance” et de “sérénité”, appelant l’opposition politique et tous les partenaires au dialogue et à placer les intérêts de l’Algérie au-dessus de toute autre considération.

“Nous lançons un appel à tous les partenaires politiques, notamment ceux qui sont dans l’opposition, au dialogue et à nous écouter les uns les autres afin de pouvoir dépasser la conjoncture difficile que traverse notre pays”, a souligné M. Bedoui, estimant que “les défis sont tels qu’aucune partie ne peut prétendre les relever seule”.

Les institutions constitutionnelles continueront à travailler jusqu’à l’élection de futur Président

Le Premier ministre a indiqué que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, “a immédiatement répondu aux revendications du peuple”, relevant que cette interaction est illustrée dans son message à la Nation du 11 mars dans lequel il a annoncé le report de l’élection présidentielle du 18 avril 2019 et sa décision de ne pas briguer un 5ème mandat à la magistrature suprême.

Le chef de l’Etat a également annoncé la tenue d’une élection présidentielle dans le prolongement de la conférence nationale inclusive et indépendante.

A une question sur la dissolution du Parlement, le vice-Premier ministre, Ramtane Lamamra, a exclu cette éventualité, assurant que “toutes les institutions constitutionnelles continueront à travailler jusqu’à l’élection du futur président de la République, partant du principe de la permanence de l’Etat”.

M. Lamamra a réitéré, par ailleurs, le rejet “catégorique” par l’Algérie de toute ingérence dans ses affaires internes, partant de son histoire et de ses principes, tout en indiquant comprendre l’intérêt porté à ce qui se passe en Algérie par la presse et des responsables étrangers.

Avec APS

Algérie: Abdelaziz Bouteflika renonce à un 5e mandat et reporte l’élection présidentielle

Le président algérien a annoncé ce lundi 11 mars via une lettre publiée par l’agence officielle de presse APS qu’il renonçait à briguer un cinquième mandat et que l’élection présidentielle du 18 avril était repoussée et qu’elle aurait lieu « dans le prolongement d’une conférence nationale » chargée de réformer le système politique et d’élaborer un projet de Constitution d’ici fin 2019.

Abdelaziz Bouteflika reste au pouvoir

Il était rentré dimanche 10 mars de Genève après deux semaines d’hospitalisation pendant lesquelles sa candidature à l’élection présidentielle, la cinquième de suite, avait été fortement contestée dans le pays. Abdelaziz Bouteflika reste au pouvoir mais renonce donc à se présenter et l’élection, initialement prévue le 18 avril, va être reportée.

Le Président a annoncé sa décision dans une lettre publiée par l’agence officielle APS où il détaille les raisons de son choix en plusieurs phases. En premier lieu, le président Bouteflika annonce qu’il ne se représentera pas à un cinquième mandat en précisant « qu’il n’en a jamais été question ».

Il poursuit en annonçant le report de l’élection du 18 avril. « Il s’agit ainsi de satisfaire une demande pressante que vous avez été nombreux à m’adresser dans votre souci de lever tout malentendu quant à l’opportunité et à l’irréversibilité de la transmission générationnelle à laquelle je me suis engagé » précise-t-il.

Une nouvelle Constitution soumise à référendum

Abdelaziz Bouteflika affirme ensuite que des changements importants et imminent vont avoir lieu au sein du gouvernement. Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a par ailleurs déjà remis sa démission affirme la chaîne de télévision Ennahar. Il est remplacé par l’actuel ministre de l’Intérieur Noureddine Bedoui.

La présidence évoque également la mise en place d’une instance présidentielle plurielle avec à sa tête un président qui sera une personnalité nationale indépendante. C’est cette instance qui dirigera une Conférence nationale inclusive qui devra permettre l’émergence d’une nouvelle Constitution qui sera soumise à un référendum populaire avant la tenue d’une nouvelle élection présidentielle. En attendant, pour assumer les missions d’administration et des services de sécurité, la présidence a annoncé qu’un gouvernement de compétence nationale sera mis en place.

Reste aujourd’hui une grande question : comment va-t-on inclure cette opposition et la population au cours des prochains mois dans cette grande Conférence nationale puisque ce que la population a demandé dans ses manifestations ces dernières semaines, c’est aussi un changement de système politique. Reste à savoir si cette demande sera entendue.

Algérie: importante mobilisation contre la candidature du président Bouteflika

Troisième vendredi de manifestations en Algérie contre une candidature pour un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Le chef de l’Etat, hospitalisé à Genève, a mis en garde jeudi 7 mars contre un risque de « chaos » dans un message publié par l’agence officielle. Mais cela n’a pas convaincu les citoyens de rester chez eux.

Dans le centre d’Alger, la plupart des boutiques sont fermées ce vendredi 8 mars. Un important dispositif policier est déployé avec plusieurs véhicules anti-émeutes et un hélicoptère survole la capitale.

L’appel avait été lancé pour 14 heures, après l’heure de la grande prière de ce vendredi. Mais dès la fin de la matinée, des centaines de personnes étaient déjà rassemblées autour de la Grande Poste d’Alger et dans le centre-ville de la capitale. Des hommes, des femmes et des enfants aussi qui portent des drapeaux, mais aussi des fleurs.

La place du 1er-Mai, le point de départ de la manifestation, était déjà pleine de monde à la mi-journée. L’entrée d’Alger est complètement bloquée par les embouteillages. Saïd Salhi, le vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’homme, décrit une ambiance plutôt festive. Il faut dire que sur les réseaux sociaux, le mot d’ordre donné est clairement pacifique.

Les images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent une véritable marée humaine. Une mobilisation aussi immense que difficile à évaluer avec de nombreux drapeaux algériens et des pancartes flanquées d’un « NON », non à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, ainsi que d’autres en anglais. Des scènes similaires à Guelma, Constantine, Boumerdès, Tiaret ou encore Tizi-Ouzou. Dans toutes ces villes, des citoyens sont descendus dans les rues.

Pas de récupération politique

En fin de matinée, Ali Ghediri, le général major à la retraite, qui est candidat à l’élection, était dans le centre de la ville. Mais lorsqu’il est arrivé près des manifestants, on lui a demandé de partir. Il est clair que ceux qui manifestent ne veulent pas de récupération politique et souhaitent que cela reste une manifestation du peuple algérien.

Algérie: Bouteflika déposera sa candidature le 3 mars

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika va déposer le 3 mars sa candidature à un cinquième mandat auprès du Conseil constitutionnel, a annoncé aujourd’hui son directeur de campagne, Abdelmalek Sellal.

“Le candidat Abdelaziz Bouteflika va respecter les délais et les lois et déposera son dossier de candidature le 3 mars”, soit le dernier jour prévu pour cela, a déclaré Abdelmalek Sellal lors d’une réunion à Alger avec des partisans du chef de l’Etat.

Cette annonce intervient alors que l’Algérie est le théâtre depuis plusieurs jours de manifestations massives contre un nouveau quinquennat du président sortant. “Le droit à la candidature est garanti à tout Algérien par la Constitution qui donne aussi le droit au Moudjahid (combattant) Abdelaziz Bouteflika de se présenter”, a ajouté Abdelmalek Sellal, qui a déjà dirigé les trois précédentes campagnes de Abdelaziz Bouteflika –en 2004, 2009 et 2014– et fut son Premier ministre de 2012 à 2017. “Il est candidat et c’est aux urnes et au peuple algérien de trancher”, a-t-il argué.

En annonçant le 10 février sa décision de briguer un 5e mandat, le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 1999, a mis fin à de longs mois d’incertitude, mais a aussi déclenché une contestation inédite de par son ampleur nationale, sa mobilisation et ses slogans visant directement le chef de l’Etat et son entourage. Lundi, le Premier ministre Ahmed Ouyahia avait implicitement écarté l’hypothèse d’un renoncement de Abdelaziz Bouteflika en affirmant lui aussi: les “urnes trancheront”.

Algérie: Pourquoi Abdelaziz Bouteflika se porte candidat pour un cinquième mandat

« Trois éléments à retenir de l’annonce de la candidature du président Bouteflika » selon le site Algérie Patriotique.

Le premier communiqué de la présidence de la République annonçant la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat était en soi, bien que sibyllin et avant la diffusion du message complet, révélateur de ce que sera l’après-avril 2019.

Si le président Bouteflika est réélu, il organisera la conférence nationale qui avait été annoncée par l’alliance présidentielle dans la perspective, au départ, d’une prorogation du mandat actuel du chef de l’Etat. L’initiative a donc été maintenue, seule la forme a changé. En effet, l’élection qui devait être reportée a fini par être programmée à la date prévue de sorte à faciliter au président Bouteflika l’initiation du grand chantier politique qu’il compte mettre en œuvre une fois élu.

Selon des sources concordantes, le Président sortant s’est fixé comme objectif prioritaire le passage du témoin à une nouvelle classe politique, en droite ligne avec son discours du 8 mai 2012 à Sétif. Il est fort probable que cette conférence, à propos de laquelle Bouteflika a insisté sur le fait qu’elle sera « inclusive », prépare le terrain à une révision profonde de la Constitution qui pourrait poser les jalons d’une deuxième République.

La tenue de cette conférence pourrait également signifier que le cinquième et dernier mandat du président Bouteflika serait écourté. Cette probabilité est d’autant plus plausible que le chef de l’Etat avait souhaité, avant de se présenter à sa propre succession, ne pas rempiler en raison de sa maladie. Des sources informées ont expliqué à Algeriepatriotique que le contexte dans lequel évolue la situation politique du pays nécessitait que le président Bouteflika soit le garant des réformes qu’il s’est lui-même engagé à entamer.

Les circonstances ayant retardé ces dernières, ce sera à lui de les mettre en œuvre pour permettre à son successeur de diriger le pays en étant libéré de toute contrainte qui pourrait entraver l’avènement de l’Etat civil et l’instauration d’une démocratie définitivement consacrée dans la nouvelle Constitution.

Source: B. Algérie patriotique/Afrique Asie

Présidentielle/Algérie: la coalition au pouvoir présente la candidature de Bouteflika

  • Les quatre partis de la coalition au pouvoir en Algérie ont apporté leur soutien officiel aujourd’hui à une candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat à l’occasion du scrutin d’avril, une démarche qui pourrait précéder une candidature personnelle du chef de l’Etat.

“Les partis de l’alliance présidentielle présentent Abdelaziz Bouteflika comme candidat à la prochaine élection présidentielle”, affirme un communiqué publié à l’issue d’une réunion des dirigeants des quatre formations politiques.

Ont participé à la réunion le président de l’Assemblée, Mouad Bouchareb du parti présidentiel – Front de libération nationale (FLN) -, le premier ministre Ahmed Ouyahia, chef du Rassemblement national démocratique (RND), le président du Rassemblement de l’espoir de l’Algérie (TAJ) Amar Ghoul et le président du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounes.

Abdelaziz Bouteflika n’a toujours pas fait part de ses intentions, à un mois de la clôture des candidatures. Les candidats ont jusqu’au 3 mars minuit pour déposer leur dossier de candidature. Mais le Premier ministre a affirmé aujourd’hui en conférence de presse qu'”il n’y avait aucun doute” sur une candidature du président au scrutin du 18 avril.

Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, est au pouvoir depuis 1999. Diminué par les séquelles d’un accident vasculaire cérébral (AVC) dont il a été victime en 2013, il se déplace en chaise roulante et ses apparitions publiques sont rares.

Pour le Premier ministre, l’état de santé de M. Bouteflika “n’empêche pas sa candidature (…), il a eu un AVC en avril 2013 et il a remporté la présidentielle en avril 2014 dans ce même état de santé”. “Il est évident que M. Bouteflika n’animera pas sa campagne électorale” car sa santé ne le lui permet pas et il n’en a pas besoin “car le peuple le connaît désormais”, selon M. Ouyahia.

Salvini à Tunis: direct et amical

Prévue pour durer au moins jusqu’au jeudi16h00, la visite de Salvini s’est prématurément terminée à 13h00, officiellement en raison d’autres engagements. Pourtant, premier constat sur le plan de la forme, ce dirigeant connu à l’instar d’autres leaders populistes dans le monde pour son abandon du port de la cravate, a fait une exception pour cette visite de travail, signe de l’importance qu’il accorde à l’évènement, même si ses chaussettes couleur arc-en-ciel ont gardé une touche de fantaisie qui n’a pas manqué de faire réagir les internautes

Au chapitre des annonces concrètes en marge de la visite, le ministre tunisien de l’Intérieur Hichem Fourati a assuré que « 500 passeurs et personnes accusées de traite d’êtres humains ont été arrêtées depuis le début de l’année », tandis que le ministre italien a déclaré que son pays « encourage l’immigration quand elle est légale, assurant que chaque immigré clandestin résidant illégalement en Italie sera rapatrié en Tunisie s’il est prouvé qu’il est Tunisien ».

Salvini a ensuite visiblement voulu faire amende honorable lorsqu’il fut interrogé par les journalistes sur certaines de ses déclarations qui datant de sa campagne électorale à propos de la Tunisie qui « exporte des repris de justice », en regrettant que ces propos aient été “sortis de leur contexte” par des journalistes engagés .

Très populaire dans son pays, la page de Matteo Salvini compte plus de 3 millions d’abonnés!

E. Macron lève le tabou de la torture du côté français pendant la guerre d’Algérie

Emmanuel Macron a reconnu que la France, issue de la Libération, avait mis en place un “système” entraînant des actes de “torture” pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), source de nombreuses blessures pas encore refermées dans la société française. 

Le chef de l’État français a remis une déclaration en ce sens à la veuve de l’opposant communiste Maurice Audin, mort après avoir été enlevé par des militaires français à Alger en 1957, lui demandant “pardon”. M. Audin était alors soupçonné d’aider le FLN indépendantiste algérien qui pratiquait le terrorisme.

“Il importe que cette histoire soit connue, qu’elle soit regardée avec courage et lucidité. Il en va de l’apaisement et de la sérénité de ceux qu’elle a meurtris (…) tant en Algérie qu’en France”, a dit E. Macron. 

Le président a également promis l’ouverture des archives sur le sujet des disparus civils et militaires, français et algériens, Paris et Alger entretenant des relations intimes et compliquées du fait de l’Histoire coloniale et des migrations entre les deux pays. 

Ces déclarations promettent de provoquer de vives réactions en France où la guerre d’Algérie, bien que largement documentée, reste un sujet hyper-sensible et le recours à la torture, bien que connu, demeure un tabou de l’histoire officielle. 

Français ayant dû fuir l’Algérie (les “pieds-noirs”), combattants algériens s’étant battus pour la France puis abandonnés par cette dernière (les harkis), familles des disparus enlevés par les Français ou les Algériens, jeunes appelés du contingent jetés dans la guerre… Des pans entiers de la société française ont été meurtris par cet épisode et Emmanuel Macron semble décidé à crever l’abcès. 

Le gouvernement algérien a salué une “avancée” du gouvernement français. Le ministre des Anciens combattants, Tayeb Zitouni, jugeant sur la télévision Ennahar TV que “le dossier de la mémoire entre la France et l’Algérie” serait “traité avec sagesse par les deux pays”. 

Les conséquences de cette reconnaissance, diversement accueillie en France, restent encore incertaines. 

“Incongruité”

“Pour la première fois, la République assume que, pendant la guerre d’Algérie, des militaires français, qui accomplissaient leur devoir, ont pu se rendre coupables de ce qu’il faut bien appeler des crimes de guerre”, analyse dans Le Monde l’historienne Raphaëlle Branche, auteure notamment de “La torture et l’Armée pendant la guerre d’Algérie”. 

“Quel est l’intérêt pour le président de rouvrir des blessures, en évoquant le cas de Maurice Audin ? Il souhaite surfer sur la division des Français, au lieu de les réunir dans un projet”, a jugé la finaliste de la présidentielle de 2017, Marine Le Pen, dont le père Jean-Marie, figure historique de l’extrême droite et ancien combattant en Algérie, a qualifié l’action de M. Macron d'”incongruité”. 

Le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent, s’est quant à lui réjoui que “le mensonge d’État qui durait depuis 61 ans tombe”. 

“Il ne faut jamais craindre la vérité, mais en même temps il ne faut pas instrumentaliser l’Histoire” a estimé le chef de file des sénateurs de droite Les Républicains, Bruno Retailleau, prévenant contre “la concurrence mémorielle qui brise souvent le tissu national”. 

Le chef d’Al-Qaïda appelle les musulmans du Maghreb à combattre la France

Le chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri a appelé les musulmans du Maghreb à combattre les soldats français au Sahel, dans un message vidéo rendu public récemment, selon le Centre américain de surveillance des sites djihadistes SITE. Dans cette vidéo de sept minutes, qu’aucun élément ne permet de dater, le successeur d’Oussama ben Laden ne fait aucune référence aux récents attentats de Ouagadougou, revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), un mouvement jihadiste basé au Mali et affilié à Al-Qaïda.
La semaine dernière, une double attaque coordonnée a visé l’ambassade de France et l’état-major général des armées burkinabè dans la capitale du Burkina, faisant sept morts et plus de 80 blessés parmi les forces de l’ordre. Neuf jihadistes ont été abattus. “Ceux qui ont combattu, tué et pourchassé vos pères sont de retour pour tuer vos frères musulmans (…) et vous rappeler que vous restez sous leur occupation et leur oppression”, affirme Ayman al-Zawahiri, en référence à l’époque de la colonisation.
Il souligne également l’échec des révolutions du Printemps arabe estimant que “l’ancienne corruption est revenue, mais plus féroce (…) qu’avant”. Ayman al-Zawihiri menace régulièrement la France dans ses messages: en septembre dernier, il avait déjà appelé les musulmans du Maghreb et d’Afrique subsaharienne à donner “une leçon aux Français” qui “ont tué vos aïeux, occupé vos terres et torturé vos ancêtres”.
Environ 4.000 soldats français sont déployés au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane qui combat les groupes jihadistes dans la région et appuie les forces des pays du G5-Sahel.