europemaghreb.fr, une présentation rajeunie

Nous avons le plaisir de vous proposer la nouvelle version de notre site d’information europemaghreb.fr & Partenariat Europe Maghreb, édité à Paris.
Depuis bientôt vingt ans, par des informations brèves et précises, nous offrons un panorama sur l’actualité des deux rives, permettant de suivre les principaux secteurs d’activités de l’Algérie, de la Libye, du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie, soit du Grand Maghreb.
Face au pari de la mondialisation, il nous paraît vital de développer une coopération euro-maghrébine positive, dans le respect des identités et sans ingérences.
C’est la vocation, depuis ses débuts, de Partenariat Europe Maghreb & europemaghreb.fr
Au delà d’une actualité passionnante, il s’agit aussi, et plus simplement, de découvrir ou de redécouvrir combien des siècles d’échanges économiques, scientifiques, culturels, etc. nous ont enrichi et nous enrichissent encore.

Hugues Wagner
directeur de la publication

Emmanuel Macron en visite en Algérie le 6 décembre

Emmanuel Macron se rendra en Algérie le 6 décembre, a annoncé le chef de l’État en marge d’une visite à Tourcoing (Nord) consacrée à la politique de la ville. M. Macron a annoncé cette visite en réponse à un habitant de Tourcoing, qui l’interpellait lors d’un bain de foule.
Emmanuel Macron n’a pas précisé s’il s’agit d’une visite d’État ou d’un simple déplacement officiel. La visite en Algérie d’Emmanuel Macron a été annoncée dès l’été dernier. Le déplacement du 6 décembre prochain sera le premier à Alger pour le nouveau président français.
En mai, le président algérien Abdelaziz Bouteflika avait félicité M. Macron pour son «élection bien méritée», affirmant que le peuple français avait «distingué un ami de l’Algérie». Le président français avait suscité la polémique en France pendant la campagne présidentielle en qualifiant, lors d’un déplacement en Algérie, la colonisation française de «crime contre l’humanité». Emmanuel Macron s’est déjà rendu au Maroc, un mois après sa prise de fonctions.

Rebond du secteur touristique tunisien

Après une réduction du nombre d’arrivées internationales ces deux dernières années, l’heure est à la reprise pour le secteur touristique tunisien, qui enregistre à la fois une croissance sur de nouveaux marchés et un retour des visiteurs en provenance de marchés traditionnels.

Les recettes touristiques ont affiché une hausse de 22% en glissement annuel entre janvier et fin août, selon le ministère du Tourisme et de l’Artisanat (MTA), atteignant la somme de 1,9 milliard de dinars (652,7 millions d’euros) sur cette période, avec 4,7 millions d’arrivées internationales. Si le pays ne s’attend pas à dépasser le record des 6,9 millions d’arrivées internationales enregistrées en 2010 sous l’ère Ben Ali, il s’agit tout de même d’une amélioration non négligeable pour le secteur, qui a accusé une forte baisse suite à deux attaques terroristes survenues en 2015.

Les Russes toujours en tête

Un rapide essor de nouveaux marchés, synonyme de nouvelle source de recettes, est le premier responsable de la reprise.

Les arrivées en provenance de la Russie ont considérablement augmenté, ces dernières ayant été multipliées par près de neuf entre 2015 et l’an dernier, passant de 46 279 à 451 432. Elles ont véritablement sauvé le tourisme tunisien de la catastrophe. Cette hausse s’explique en grande partie par l’amélioration des relations bilatérales entre les deux pays ainsi que par l’instabilité qui règne dans les destinations de vacances traditionnelles des Russes que sont l’Egypte et la Turquie.

Le tourisme chinois a également fait un bond en avant, avec 7 400 arrivées l’an dernier, soit une hausse de 93,6% par rapport à 2015. On peut espérer une évolution à la hausse de ces chiffres cette année et les années à venir suite à l’exonération de visa pour les ressortissants chinois décidée au mois de février et à la désignation de la Tunisie comme « Meilleure Destination Touristique Africaine 2017 » par le salon international du tourisme chinois « Shanghai World Travel Fair ».

Tunisie : 15 millions d’euros de ligne de crédit pour la microfinance

L’Agence Française de Développement (AFD) et Amen Bank ont signé une ligne de crédit de 15 millions d’euros, soit 44 millions de dinars destinée à la promotion et au développement du secteur de la microfinance en Tunisie.

Dans un contexte de besoins financiers croissants des institutions de microfinance (IMF) tunisiennes, cette ligne de crédit vise à soutenir leurs activités et à les inciter à renforcer leur offre en direction des zones économiquement faibles et des populations vulnérables, ainsi qu’auprès des créateurs d’entreprises. Le développement d’une microfinance pérenne favorisera le développement économique et la création d’emploi en Tunisie. En mettant à disposition ces ressources, cette ligne de crédit a vocation à conforter Amen Bank dans ses activités de prêteur à moyen et long terme en faveur du secteur de la microfinance, secteur où elle est activement présente.

La ligne de crédit est accompagnée d’une subvention d’un montant de 300 000 euros soit 870 000 dinars destinée au déploiement d’une assistance technique qui viendra appuyer les capacités d’Amen Bank dans sa relation avec les IMF et favoriser une offre de financement adaptée à celles-ci. Une partie de cette prestation d’assistance technique permettra également aux IMF bénéficiaires des prêts d’Amen Bank d’être appuyées en matière de formation et de création d’outils spécifiques à destination de leurs clients. Pour Gilles Chausse, Directeur AFD Tunisie : « Ce prêt s’inscrit dans la suite logique de l’implication du groupe sur le secteur de la microfinance en Tunisie. Le groupe AFD a investi près de 30 M€ sur le secteur depuis 2011 à travers différents outils financiers (garanties, prêts, subventions, participations…).

Ce partenariat marque une nouvelle collaboration entre le groupe AFD et Amen Bank. » Pour Monsieur Ahmed El Karm, Président du Directoire d’Amen Bank, « cet accord va compléter l’action déjà engagée par Amen Bank en faveur des institutions de la micro finance considérées comme un vecteur privilégié d’inclusion financière. Il parachève le prêt syndiqué déjà réalisé par Amen Bank au début de l’année 2017 avec la participation de treize banques de la place qui ont mobilisé 111 millions de dinars au profit d’Enda. »

Tunisie: 11 accords signés en marge de la visite du Premier ministre français Edouard Philippe

 

Le Premier Ministre français, Édouard Philippe, a mené sa visite officielle en Tunisie,  tambour battant. C’est à la tête d’une importante délégation d’hommes d’affaires et de députés qu’il a effectué son premier déplacement hors de l’Union européenne, placé sous le sceau de la coopération et de l’économie. Il a beaucoup échangé avec le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, et s’est entretenu avec le président Béji Caïd Essebsi.

« Soyez, soyons tous, utiles. Préférons les projets aux concepts, les réalisations concrètes aux idées générales. (…) Créons des emplois, créons de la richesse locale. Nous créerons un avenir, nous créerons de l’espoir », a lancé Édouard Philippe au moment de donner le coup d’envoi du volet tunisien des « Rencontres Africa » qui se déroulaient au même moment à Abidjan et Nairobi.  Un événement pour remettre au premier plan la France sur les marchés africains où la concurrence chinoise et turque la mettent à l’épreuve.

La visite du locataire de Matignon, reçu par le président tunisien Béji Caïd Essebsi, reste marquée par la première réunion du Haut Conseil de coopération tuniso-français, objet d’un accord entre la France et la Tunisie signé en avril 2015 à l’occasion du dernier voyage officiel de Béji Caïd Essebsi à Paris. Un Haut Conseil qui place haut la barre et qui permet à la France de consolider ses partenariats avec la Tunisie. Pas moins de 11 accords ont été signés à faveur de ce premier round d’échanges officiels. Le soutien de la France est axé sur l’éducation et l’appui aux institutions universitaires, au financement de projets agricoles, à la microfinance, au transfert technologique dans le domaine des TIC et des nouvelles technologies de l’énergie et à la création d’un réseau de hubs sur le continent africain.

Une enveloppe de 92,3 millions

Les déclarations d’Édouard Philippe sur la volonté de la France de soutenir la démocratie, les grandes réformes et le développement économique et social de la Tunisie se sont traduites par un soutien budgétaire aux réformes liées à la gouvernance de l’État et des entreprises publiques. Les accords signés portent sur une enveloppe globale de 92,3 millions d’euros monitorés notamment par l’Agence française de développement (AFD). Côté français, certains affirment que ces accords ne sont qu’une étape pour consolider un rapport gagnant-gagnant entre l’Hexagone et la Tunisie.

La délégation française suggère aussi que la visite d’Édouard Philippe a été l’occasion de revenir sur la conversion d’une partie de la dette tunisienne en investissements. Une annonce que pourrait faire le président Macron, qui se déplacera à Tunis en janvier 2018. Une décision similaire, portant sur 60 millions d’euros, avait été prise précédemment par François Hollande en 2014. Une manière de « préférer l’utile à l’éclat », comme l’a souligné Édouard Philippe, citant l’historien antique Tite-Live.

Edouard Philippe à Tunis pour inaugurer les Rencontres Africa le 5 octobre

C’est Édouard Philippe, qui inaugurera Africa 2017 en Tunisie en compagnie de Youssef Chahed, le chef du gouvernement tunisien, et de nombreux autres ministres français et tunisiens.

C’est une façon de saluer une importante manifestation économique française organisée en Afrique mais aussi de porter le message du président de la République Emmanuel Macron sur le rôle des pays du Maghreb dans le développement des relations entre l’Europe et l’Afrique.

Le premier ministre français, accompagné de plusieurs secrétaires d’Etat va conduire une délégation d’une trentaine d’entreprises françaises, Pme et grands groupes. Après avoir inauguré les Rencontres Africa 2017 et participé à la conférence d’ouverture, il prendra part à l’événement significatif qu’est la première édition du Haut Conseil de Coopération entre la France et le Tunisie. Ce Haut Conseil avait été annoncé lors d’une précédente visite  de Jean-Yves Le Drian en juin dernier auprès du Président Béji Caïd Essebsi qui a tenu à affirmer son soutien à toutes les initiatives susceptibles de développer davantage les relations entre les deux pays. C’est un témoignage de l’intérêt de la France et un engagement pour soutenir la coopération dans tous les domaines. La France marque ainsi son intérêt pour la Tunisie dans un contexte compliqué et suite au remaniement ministériel récent et l’arrivée de nouveaux ministres tunisiens. Un remaniement réalisé après de nombreuses consultations avec les partis politiques, les centrales syndicales et patronales.

À la conférence inaugurale, on retiendra la participation des principaux acteurs tunisiens aux côtés de personnalités françaises. Youssef Chahed, le chef du gouvernement tunisien entouré du Premier ministre du Burkina Faso, Paul Kaba Thieba, et de Ouided Bouchamaoui, présidente de l’Utica (patronat) et prix Nobel de la Paix, ainsi que de grands chefs d’entreprises français et tunisiens.

Nombreux seront les sujets débattus, à commencer par les finances. Le numérique préoccupe les responsables qui ont l’intention d’en faire un grand secteur d’activité avec en tête, la création d’une French Tech à Tunis. Il y a aussi le secteur de l’aéronautique sur lequel se portent des espoirs, à juste titre. La Tunisie peut en effet être fière de son groupement des industries aéronautiques et spatiales Gitas, qui regroupe 4 000 personnes. Même si les chefs d’entreprises français souhaitent que les problèmes logistiques et douaniers soient évoqués, ils voient les opportunités qui se dessinent dans de nombreux secteurs, industrie, transport, formation, agriculture, transformation agro alimentaire et jusqu’à l’utilisation des ressources du désert. Citons seulement le projet TuNur, un complexe solaire qui sera établi dans le Sahara tunisien et qui offrira de l’électricité solaire suffisante pour alimenter plus de 7 millions de foyers européens ou encore 7 millions de véhicules électriques. Ce projet ferait de la Tunisie un producteur d’électricité à bas coût, même en prenant en compte les coûts de transport par des câbles sous marins actuellement à l’étude.

Emmanuel Macron se dote d’un Conseil présidentiel pour l’Afrique

 

Lors de son discours aux ambassadeurs, Emmanuel Macron a officialisé le Conseil présidentiel pour l’Afrique. Promesse de campagne, ce groupe de travail est destiné à mieux identifier les défis auxquels est confronté le continent.

“C’est en Afrique que se joue largement l’avenir du monde.” Trois mois après son entrée à l’Élysée, Emmanuel Macron a profité de son premier discours devant les ambassadeurs, mardi 29 août, à Paris, pour lever encore un peu plus le voile sur les grandes orientations de sa politique étrangère. Et renouveler sa volonté de placer le continent africain au cœur de la diplomatie française.

“L’Afrique n’est pas seulement le continent des migrations et des crises, c’est un continent d’avenir. C’est pourquoi nous ne pouvons le laisser seul face à ses défis, démographiques, climatiques, politiques”, a affirmé le président français. Avant d’annoncer : “Je me rendrai prochainement à Ouagadougou pour porter ce message”.

Avant de s’envoler pour la capitale du Burkina Faso, le chef de l’État réunira sans doute le tout nouveau Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), dont il a officialisé, mardi, la mise en place. Promesse de campagne du candidat Macron, cette structure “inédite”, “tournée vers les attentes de notre jeunesse” et composée “de personnalités engagées issues de la société civile” doit en effet permettre au président Macron de préparer ses visites d’État sur le continent.

“Ni un nouveau think tank ni un fan-club africain”

“Ce ne sera ni un nouveau think tank ni un fan-club africain du président de la République” mais une instance chargée de conseiller le chef de l’État et de faire remonter des propositions, a fait savoir l’Élysée. Concrètement, indique Jeune Afrique, “le CPA rencontrera notamment Emmanuel Macron avant chacun de ses déplacements en Afrique et travaillera également à l’élaboration des discours importants prononcés en rapport avec le continent. Son premier chantier : le discours de politique africaine que prononcera le président français en novembre et sur lesquels le CPA sera invité à collaborer.”

En se dotant d’un tel groupe de travail, la présidence espère ainsi montrer une meilleure expertise de l’Afrique et éviter également des impairs diplomatiques, comme ce fut le cas, en 2007, pour Nicolas Sarkozy dont le controversé discours de Dakar entacha durablement ses relations avec le continent.

Au service du Président

Parmi les 11 membres – tous bénévoles, précise-t-on à l’Élysée – qui composent ce groupe de travail figurent notamment le footballeur franco-béninois Jean-Marc Adjovi-Boco, la chercheuse kényane Yvonne Mburu, l’avocat français Yves-Justice Djimi ou encore Jules-Armand Aniambossou, ancien ambassadeur du Bénin en France et ex-camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA.

L’Élysée fait le pari que le CPA s’inscrive dans la durée. “Notre objectif était de créer quelque chose qui survivra au président Macron et qui aura donc une existence institutionnelle”, a confié à Jeune Afrique une source proche du chef de l’État.

Algérie: une ONG politique dénonce “des propos choquants et scandaleux” de Ouyahia sur les clandestins

 

Amnesty International a vivement dénoncé les propos du chef de cabinet du président Bouteflika avec rang de ministre d’Etat, Ahmed Ouyahia, sur les migrants clandestins africains, les qualifiant de “choquants et scandaleux !”.

 

Selon l’ONG politique de défense des droits de l’homme, “De tels propos alimentent le racisme et favorisent la discrimination et le rejet de ces personnes”.

 

Dans un rappel à Ahmed Ouyahia, Amnesty souligne que “ces personnes ont fui les guerres, la violence et la pauvreté. Ils sont venus en Algérie chercher la paix et la sécurité. Il est de notre responsabilité de les accueillir, conformément aux textes internationaux signés et ratifiés par l’Algérie “.

 

Source de crime

 

” Ces étrangers en séjour irrégulier sont source de crime, de drogue et de plusieurs autres fléaux”, a déclaré samedi Ahmed Ouyahia sur la chaîne Ennahar TV.

 

“On ne dit pas aux autorités : jetez ces migrants à la mer ou au-delà des déserts. Mais le séjour en Algérie doit obéir à des règles. On ne laissera pas le peuple algérien souffrir de l’anarchie”, a clamé M. Ouyahia, également patron du Rassemblement national démocratique (RND), 2e parti d’Algérie et allié crucial du Front de libération nationale (FLN) de M. Bouteflika.

 

“Et quand on me parle de droits de l’homme, je dis : nous sommes souverains chez nous”, a-t-il ajouté.

 

Signe qu’il ne s’agit pas d’un dérapage, le RND a indiqué assumer les propos de son chef et accusé de nouveau les clandestins d’être “devenus ces derniers temps une source pour tous les types de crimes”.

 

“Ce n’est pas Amnesty International qui va nous dicter notre conduite”, a de son côté expliqué le porte-parole du parti, Seddik Chihab, au site Alg24.

 

A ce sujet, rappelons que les pays du Maghreb endurent en premiers ce que vivent nombre de pays européens.

Tunisie: Inauguration d’une Ecole de renseignements et sécurité militaire

Le président tunisien, Beji Caid Essebsi, commandant suprême des forces armées a, à l’occasion du 61ème anniversaire de la création de l’armée nationale, inauguré vendredi,  à l’Aouina dans la banlieue de Tunis, l’Ecole des renseignements et de la sécurité militaire dont il avait annoncé la création le 24 juin 2016.

L’école supervise principalement la formation des membres des forces armées dans le domaine du renseignement et de la sécurité par l’organisation de sessions de formation et de séances particulières ainsi que la formation sur le terrain dans le cadre de la formation continue au profit de l’Agence de renseignement et de sécurité de la défense, l’équivalent de la DGSE française.

Le renforcement des capacités des membres des forces armées affectées à des tâches à l’étranger, avec l’ouverture aux reste des organismes nationaux impliqués dans le domaine du renseignement afin de mener à bien un rôle commun dans le domaine de formation au niveau national ainsi que l’ouverture régionale et internationale dans la formation et la coopération avec des pays amis ou alliés, ont figuré parmi la mission de cette école.

Le président de la République, qui était accompagné du ministre de la Défense, a visité les sections au sein de l’école et inspecté les différents éléments du bâtiment et de l’équipement des salles de classes modernes dont une bibliothèque, une salle de conférence numérique, dont la réalisation a été supervisée par la Direction générale du génie militaire du ministère de la Défense.

Depuis deux ans, la Tunisie s’efforce de renforcer ses moyens militaires de défense y compris dans le domaine du renseignement.

Maroc: le mouvement de contestation perdure dans le Rif mais ne s’étend pas

Après deux jours d’affrontements et d’arrestations musclées à Al Hoceima, relayées par les réseaux sociaux,— les analystes sont unanimes à s’inquiéter de la situation dans le Rif marocain. La région connaît des manifestations quasi quotidiennes depuis un mois et l’arrestation de la figure charismatique du mouvement de contestation baptisé Hirak, un mouvement qui réclame depuis plusieurs mois l’accès aux soins, à l’emploi et à l’éducation dans cette zone enclavée. Si le sujet enflamme le débat public, le mouvement ne s’est pas étendu au reste du pays.

Un tournant sécuritaire et un souverain qui s’en prend au gouvernement en les privant de vacances : la gestion de la crise dans le Rif suscite interrogations et critiques. Si le mouvement reste toujours circonscrit à cette zone déshéritée du nord-est du pays, le durcissement du face à face entre pro et anti-Hirak, lui, est de plus en plus palpable à Rabat et Casablanca.

Les troubles dans la région d’Al Hoceima, qui perdurent depuis un mois, cristallisent en effet les débats. Une frange de l’opinion – progressistes, droit de l’hommistes et même certains leaders politiques proches du mouvement islamiste – dénonce la dérive répressive des pouvoirs publics, par les arrestations et les dispersions de cortèges manu militari. D’autres au contraire décrient des manifestants séparatistes, violents et fauteurs de troubles, traîtres à leur pays. A l’appui, des photos de visages encagoulés et des bus de police incendiés.

Sur le terrain, les manifestants sont encore nombreux et le quadrillage policier a été resserré. Toutefois, dans la presse et les réseaux sociaux, une certaine déception transparaît vis-à-vis des autorités, accusées d’avoir cédé aux vieux démons de la répression des mouvements contestataires, le plus important depuis celui du 20 février 2011, qui avait poussé le roi Mohammed VI à adopter une nouvelle Constitution réformée garantissant le respect des droits de l’homme.

L’entrée en vigueur de la Constitution en 2011, dans la foulée contestataire du « printemps arabe », garantissait pourtant plus de respect des droits humains, avec la nomination d’un Conseil national des droits de l’homme, qui dans cette affaire s’est fait particulièrement discret.

Source RFI