Ben Ali souhaite des débats télévisés entre le gouvernement et les citoyens

L’objectif étant d’assurer une meilleure communication entre l’administration et le citoyen, une écoute attentive des attentes et des préoccupations des acteurs dans les différents domaines d’activité, un accompagnement médiatique actif pour tout ce qui s’entreprend et se réalise en Tunisie, dans un esprit de franchise et d’ouverture, constituent les contours de la feuille de route que propose le président Ben Ali pour la prochaine étape, en vue d’impulser une plus grande efficacité et une plus large visibilité à l’action gouvernementale, dans le cadre de la concorde et de la confiance.

«Parce que la Tunisie est un pays démocratique, pluraliste où l’information est libre et le citoyen est responsable», savoir informer équivaut à donner un sens à une interrogation fondée, à une action bien menée ou à un processus enclenché.

A l’évidence, renforcer les tribunes de communication entre les ministères et les citoyens témoigne d’une préoccupation première et légitime de fournir, à tous, des informations complètes et pertinentes aux intervenants dans tous les secteurs, et de répondre à leurs requêtes.

La décision présidentielle annoncée récemment par le Premier ministre tunisien “hisse l’action gouvernementale à un palier supérieur en faisant de l’information un puissant levier qui permet à la Tunisie de renforcer son processus de développement dans un esprit d’ouverture et de solidarité, tout en continuant à offrir une vision claire et des perspectives encourageantes”.

286 milliards de dollars pour le nouveau Plan d’investissements publics

Récemment, l’Algérie a adopté un plan quinquennal (2010-2014) de 286 milliards de dollars d’investissements publics. Selon un communiqué officiel, ce programme est destiné notamment à l’achèvement des grands projets, notamment dans les chemins de fer, les routes et l’eau (pour 130 milliards de dollars), et le développement de nouveaux projets d’infrastructures de base (pour 156 milliards de dollars).

En voici quelques points forts :
– réalisation de près de 5 000 établissements de l’éducation nationale, 600 000 places pédagogiques universitaires et 400 000 places d’hébergement pour les étudiants, et de plus de 300 établissements de formation et d’enseignement professionnels ;
– construction de plus de 1 500 unités de santé dont 172 hôpitaux, 45 complexes spécialisés de santé, et 377 polycliniques et plus de 70 établissements spécialisés au bénéfice des handicapés ;
– réalisation de 1,2 million de logements et lancement de la construction, avant fin 2014, de 800 000 logements, réalisation de 35 barrages et de 25 systèmes de transfert d’eau ;
– construction de 80 stades de football, 160 salles polyvalentes de sport, 400 piscines et plus de 200 auberges et maisons de jeunes ;
– investissements agricoles, dans les transports et pour l’aménagement du territoire et l’environnement,
– encouragement à la création d’emplois et promotion des petites et moyennes entreprises.

Les revenus du pétrole algérien trouvent donc ainsi des usages adéquats au développement économique de multiples secteurs.

Bourse : Cession de 52,5% de la participation étrangère dans le capital de la BIAT

Le 14 mai 2010, la participation étrangère dans le capital de la BIAT est passée de 16,33% à 7,76% après les récentes transactions de bloc sur le titre.

1 457 823 actions (représentant 8,58% du capital de la BIAT) ont ainsi été vendues entre le 7 et le 14 mai 2010. Selon la structure du capital publiée sur le site de la bourse ces actions proviendrait des participations de SAS SIBP (Groupe banque Populaire) et de Intesa SANPAOLO, et qui détiennent respectivement, à la date du 29 mai 2009, 6,78% et 5,61% du capital.

De source bien informée, les 10 transactions de bloc du jeudi 13 mai 2010 portant sur 9,6% du capital de la BIAT, soit 1 628 298 actions (dont 170 475 actions appartenant à des investisseurs tunisiens) ont été réalisées au profit des groupes Mabrouk, Khechine et Miled.

BAD : La Tunisienne Hela Cheikhrouhou, directrice du département Energie

Le président de la Banque africaine de développement (BAD) a fait part, fin mai entre autres nominations, de celle de Mme Hela Cheikhrouhou, en tant que directrice du nouveau département Énergie, Environnement et Changements climatiques au sein de la Banque.

A cette occasion, le président Kaberuka a déclaré : “Je suis particulièrement heureux du fait qu’il s’agisse d’une promotion interne, ce qui démontre le développement des talents au sein même de la Banque au département du secteur privé de la BAD, Hela a démontré une exceptionnelle capacité à livrer des résultats et amènera l’énergie et le leadership voulus au nouveau département». Elle avait occupé auparavant des postes dans le domaine financier.

Olivia de Lancry

Le groupe Ingerop s’implante en Tunisie

Le président du directoire du groupe INGEROP démarre sa politique d’internationalisation en ouvrant une filiale en Tunisie.

Spécialisée dans l’ingénierie technique, ce groupe français avait déjà pris indirectement pied au Maghreb – l’une de ses trois zones d’action avec l’Afrique australe et l’Europe – en devenant, en novembre 2008, majoritaire au capital du portugais Hidroprojecto, leader au Portugal dans l’ingénierie de l’eau et de l’environnement et particulièrement actif au Maroc.

Plus de 100 entreprises tunisiennes s’installeront à l’étranger d’ici 2014

Le 17 mai 2010, plusieurs décisions présidentielles ont été prises portant notamment sur le développement de l’exportation et l’accompagnement des entreprises dans leur conquête de nouveaux marchés : intensification des programmes de promotion élaborés par les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) et le Centre de promotion des exportations (CEPEX), multiplication des missions de promotion vers les marchés ciblés ainsi que renforcement de la participation aux salons et foires internationaux.

Tous ces axes de développement de l’exportation seront notamment dirigés vers les marchés africains, à travers l’encouragement des entreprises tunisiennes à s’y implanter et plus de l’exploitation des potentialités et perspectives de partenariat et d’exportation des services vers ces pays, et ceci afin de doubler rapidement le volume de ces exportations.

Ce partenariat Sud-Sud sera notamment promu à travers le Fonds d’accès aux marchés d’exportation (FAMEX 3) pour la période 2010-2014. Ce programme vise à assister 1 000 entreprises et 80 structures professionnelles, et son objectif est d’adapter les produits tunisiens aux exigences des marchés extérieurs et d’aider quelque 100 entrepreneurs tunisiens à s’installer à l’étranger.

Startups : Programme “déflagrateur”

A la suite des programmes Microsoft innovation Center, Microsoft a lancé au Centre d’innovation de Microsoft au Pole Technologique d’El Ghazala, le «BizSpark Camp» un nouveau programme pour les startups.

Dans la perspective de soutenir davantage les nouveaux projets innovants réalisés en Tunisie et garantir le succès et la pérennité des jeunes entreprises tunisiennes opérant dans le domaine des TIC, «BizSpark Camp» comporte des formations managériales dédiées aux jeunes promoteurs, des ateliers techniques pour les chefs de projets IT et développeurs, outre des formations en ligne.

Un prix de la meilleure startup a été attribué à «IP Tech» pour les solutions innovantes qu’elle a développées en utilisant les dernières technologies de Microsoft !

Tunisie : Transparence et bonne gouvernance de proximité

C’est en nombre que les Tunisiens se sont à nouveau rendus aux urnes le 9 mai dernier pour élire leurs conseillers municipaux. Le RCD, très présent sur le terrain, est sorti grand vainqueur du scrutin face à une opposition qui n’a pas su saisir sa chance.

Les Tunisiens se sont rendus en masse (83,47% des inscrits) le 9 mai dernier pour élire leurs conseils municipaux pour un mandat de cinq ans. Il s’agissait des cinquièmes élections de ce type en Tunisie depuis 1987 et l’accession à la présidence de la République du président Ben Ali.

Pour la première fois, les Tunisiens âgés de 18 ans ont pu participer à ce genre de scrutin qui a vu le renouvellement d’environ 4 500 personnels communaux, répartis dans 264 circonscriptions à travers le pays. Avec 3 105 000 inscrits ce sont 227 000 Tunisiens qui se sont exprimés en plus que lors des précédents scrutins. Conformément aux souhaits du président Ben Ali, tout a été mis en oeuvre afin que ce rendez-vous électoral, le premier après la présidentielle et les législatives de 2009, soit un succès pour la consécration du pluralisme participatif et ceci dans la conformité dictée par les normes internationales. Ainsi l’Etat a pris en charge l’impression de tous les bulletins de vote de tous les partis qui devaient obtenir 3% des voix pour être remboursés de leurs frais de campagne.

Le scrutin s’est déroulé sous le double contrôle de l’Observatoire national des élections municipales qui a eu pour mission de remettre un rapport au président de la République à l’issue des opérations, et d’observateurs étrangers (voir ci-dessous) présents sur le terrain avec pour tâche de contrôler la bonne marche du vote conformément aux dispositions du Code électoral et aux normes internationales.

Sur les 492 listes déposées entre majorité, opposition et indépendants, ayant reçu un récépissé provisoire, 406 listes ont été retenues et obtenues un récépissé définitif. Par conséquent 86 listes n’ont pas été agréées pour non respect des formalités juridiques et administratives. 10 listes ont déposées un recours contentieux qui ont été rejetés. Les élections se sont déroulées dans le calme, selon le ministère de l’Intérieur, qui n’a enregistré aucune réclamation. Le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD, au pouvoir) a obtenu 4 060 sièges et l’opposition et les indépendants 418 sièges soit 9,33%. Avec ses 90,33% le RCD démontre qu'”il se caractérise par une forte présence et par une légitimité historique ” a affirmé avec justesse le ministre de l’Intérieur et du Développement Local, M. Rafik Haj Kacem. Dommage pour une opposition a qui on avait pourtant offert un nouveau tremplin démocratique.

Par Hugues Wagner

Entretien exclusif avec Mme Zohra Bitat (photo), Vice-présidente du Conseil de la Nation algérien

“Conformité aux normes internationales”

Propos recueillis par Hugues Wagner

Hugues Wagner : En tant qu’observateur étranger, qu’avez-vous pensé du déroulement de ces élections municipales 2010 ?

Mme Zohra Bitat : D’abord je me situe : je suis Algérienne, membre du Sénat algérien et Vice-présidente de ce Sénat. Je suis de la génération qui a fait la guerre de libération nationale. De ce fait, j’ai suivi les nombreuses étapes, depuis 1962 à ce jour, aussi bien dans mon pays que dans les pays du Maghreb. Parce que, comme vous le savez, bien que les choses ne sont pas encore faites, nous avons, je le pense, une communauté de destin évidente. Nous avons en commun beaucoup de choses. Notamment une histoire ancienne, et une histoire plus récente concernant les mouvements de résistance contre l’occupation de l’Algérie et les protectorats en Tunisie et au Maroc. Par conséquent ce qui se passe aussi bien en Tunisie qu’au Maroc nous interpellent. J’ai donc accepté de faire partie de cette équipe d’observateurs étrangers qui était composée de personnes venant d’horizons différents. Il y avait des Français, des Italiens, des Egyptiens, des Suisses, des Mauritaniens, des Sénégalais, etc.

Nous sommes arrivés deux jours avant le scrutin et, pour ne pas être trop longue, je vais vous résumer les points qui m’ont parus essentiels au cours de cette mission. Nous avons assisté à une réunion entre les membres de l’Observatoire national des élections, qui est présidé par M. Abdelwaheb El Béhi, et les responsables de partis ou les têtes de listes présents pour cette compétition. Ce qui m’a paru très très positif et très important, dans l’expérience tunisienne comme pour nos pays, c’est le dialogue réel qu’il y a eu entre les membres de l’Observatoire et les représentants des partis qui ont fait part des problèmes qu’ils ont rencontrés au cours de l’organisation de cette campagne. Et tout ceci c’est déroulé dans une ambiance courtoise, “civilisée”! De vrais interrogations ont été soulevées et présentées aux membres de l’Observatoire qui ont pu répondre dans la plupart des cas. Et quand ce n’était pas possible, ils se sont engagés à regarder de plus près le problème qui s’était posé, à le résoudre, ou à le signaler dans leur rapport final. Ceci nous a permis de voir comment ces élections avaient été préparées, des problèmes rencontrés par les différents protagonistes, et la façon d’y répondre.

Pour moi Algérienne, vivant un multipartisme né dans des circonstances extrêmement difficiles, ceci représente une expérience intéressante, enrichissante, qui devrait me permettre de tirer – pourquoi pas – quelques enseignements.

Pour les opérations de vote elles-mêmes, j’ai visité toutes les municipalités de Tunis où nous nous sommes d’ailleurs croisés. Mon constat premier bien sûr est que l’organisation et le déroulement des opérations de vote répondent aux normes internationales, aux normes des “démocraties occidentales “. Ce que j’ai trouvé intéressant dans un pays parmi les nôtres c’est que les bulletins de vote de chaque liste avait une couleur différente ce qui fait que dans des quartiers très populaires les anciennes générations qui ne savent pas toujours bien lire avaient toute facilité pour accomplir leur devoir électoral. Enfin, je pense que vous avez constaté comme moi l’importante participation, notamment dans les quartiers les moins favorisés comme à Mellassine, où j’ai été agréablement surprise de croiser des groupes de jeunes allant voter et avec qui j’ai pu discuter. Sans connaître leur sensibilité politique, j’ai été frappée par la conscience aïgue qu’ils avaient de l’importance de cette élection municipale, de son impact sur la vie de tous les jours. Ils raisonnaient bien. J’ai trouvé qu’ils avaient une conscience politique plutôt bien développée ce qui est important pour l’avenir du pays. Ce que je veux dire enfin, c’est que je ne juge pas le déroulement des choses avec les mêmes paramètres que les Occidentaux. Vous savez, nos sociétés ont des organisations différentes. Nous avons des histoires qui n’ont rien à voir avec l’histoire européenne. Les paramètres que les Occidentaux exigent de nos pays ne me paraissent ne pas répondre à nos réalités. La démocratie nous la construisons en fonction de nos réalités historiques, sociologiques et culturelles.