Libye: Le Drian justifie le soutien français à Haftar contre le terrorisme

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, déplore dans une interview au Figaro publiée vendredi les critiques émises contre le soutien présumé de Paris au maréchal Khalifa Haftar, faisant valoir le rôle joué par l’homme fort de l’Est libyen dans la lutte contre le terrorisme.

L’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar a lancé une offensive début avril pour conquérir la capitale, tenue par les forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Serraj, reconnu par la communauté internationale. Cette offensive a fait ressurgir des critiques contre Paris, qui, comme Le Caire et Abou Dhabi, est accusé d’avoir réhabilité en 2016 le maréchal, notamment en raison de son rôle joué dans la lutte contre les « groupes terroristes » et contre l’immigration clandestine.

« C’est triste », estime Jean-Yves Le Drian, interrogé sur ces accusations dans les colonnes du Figaro. « La France a continellement soutenu le gouvernement de Sarraj. Nous l’avons beaucoup soutenu aux Nations unies et sur le plan de la sécurité. Il le sait. » « Je remarque que Fathi Bachagha, le ministre de l’Intérieur, qui attaque régulièrement la France et dénonce son ingérence supposée dans la crise, n’hésite pas à passer du temps en Turquie. Alors, je ne sais pas où sont les interférences », ajoute-t-il.

A la question de savoir si soutenir le maréchal Haftar était une « fausse bonne idée », le chef de la diplomatie française répond : « je vous laisse juge. »

« L’Armée nationale libyenne contrôle une grande partie du territoire. Et dans le camp de ses opposants, on trouve parmi les miliciens des responsables de hold-ups, des spécialistes de la prédation et des jihadistes », fait-il valoir. « Haftar a lutté contre le terrorisme à Benghazi et dans le sud de la Libye, et cela était dans notre intérêt, celui des pays du Sahel, celui des voisins de la Libye. Je soutiens tout ce qui sert la sécurité des Français et des pays amis de la France », ajoute-t-il.

Le soutien au maréchal Haftar, accusé par ses détracteurs de tenter depuis plusieurs années de fomenter un coup d’Etat, est source de divisions au sein de la communauté internationale.

Le Royaume-Uni a présenté mi-avril un projet de résolution au Conseil de sécurité en vue d’instaurer un cessez-le-feu mais s’est heurté au refus de la Russie et des Etats-Unis, selon des sources diplomatiques.

Déplorant ces « divisions très profondes », l’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a mis en garde lundi contre la « tentation de l’homme fort », incarné selon lui par Khalifa Haftar qui gouverne d' »une main de fer » et dont « on peut avoir des craintes sur ses méthodes ». 

Maroc: démantèlement d’une cellule liée à Daech

Le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) a annoncé avoir démantelé, vendredi, une cellule terroriste composée de huit extrémistes opérant dans la ville de Tanger, dont le frère de deux combattants dans les rangs de « Daech » sur la scène syro-irakienne. Les membres de la cellule, âgés de 20 à 31 ans, ont «adhéré à la propagande» du groupe jihadiste Etat islamique (EI)et à ses «discours extrémistes», a indiqué vendredi le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ, unité antiterroriste), dans un communiqué.

L’opération a permis la saisie d’«appareils électroniques, d’armes blanches, d’un morceau de tissu noir symbole de Daech, d’uniformes paramilitaires, en plus de deux arcs de tir subaquatique», a ajouté cette source, en précisant que le frère d’un des suspects est un «combattant» de l’EI en Irak et en Syrie.

L’opération intervient quatre mois et demi après l’assassinat de deux jeunes touristes scandinaves dans le sud du Maroc, décapitées par des partisans de l’EI. Vingt-quatre hommes, dont des Marocains issus de milieux très populaires et un converti hispano-suisse résidant à Marrakech, ont été arrêtés en lien avec la tuerie et leur procès s’est ouvert jeudi. Epargné jusqu’à l’an dernier par les violences liées à l’EI, le Royaume avait été meurtri par des attaques à Casablanca (33 morts en 2003) et à Marrakech (17 morts en 2011).

Algérie: investissements nécessaires dans l’industrie du recyclage plastique

L’Algérie consomme 7 milliards de sacs plastique soit la cinquième place au niveau mondial.

La problématique du recyclage est importante dans le pays car faute d’une industrie du recyclage, de nombreux de ces sacs plastique sont déversés dans la mer.

Il est en effet moins coûteux de jeter ces sacs d’autant plus que les technologies dans le domaine sont inexistantes dans le pays faute d’une volonté politique indiscutable.

Cette situation est d’autant plus dommageable que l’Algérie importe chaque année deux milliards de dollars de matières plastique sous forme primaire, les principaux fournisseurs étant l’Arabie Saoudite et la Chine.

Algérie: le Pdg de Sonatrach limogé

En Algérie, Abdelmounen Ould Kaddour, le Pdg de Sonatrach, l’entreprise pétrolière nationale, a été limogé mardi 23 avril. C’est ce qu’a annoncé la télévision nationale sans donner d’explication. Mais ce changement à la tête d’une entreprise cruciale pour l’Algérie intervient dans un contexte de multiplication des enquêtes pour corruption.

En 2007, il avait été condamné par un tribunal militaire dans une affaire d’espionnage. Abdelmoumen Ould Kaddour a pourtant pris la tête de Sonatrach, l’entreprise pétrolière nationale il y a 2 ans. Sonatrach, c’est « La » source de revenu de l’État algérien, qui rapporte 60% du budget. Quelque 120 000 employés, plus de 150 filiales, c’est aussi le plus gros groupe pétrolier d’Afrique.

Abdelmoumen Ould Kaddour, 68 ans, a été limogé par la présidence ce 23 avril. Il a été remplacé par un autre haut fonctionnaire de Sonatrach, Rachid Hachichi, dans un contexte très particulier.

Le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, avait demandé l’accélération des procédures judiciaires en cours dans des affaires de corruption. Des hommes d’affaires de premier plan ont été arrêtés et incarcérés ces derniers jours.

Mais la Sonatrach était également au cœur de grandes négociations liées à l’exploitation du gaz de schiste. Des négociations avec l’entreprise américaine ExxonMobil, qui avait, selon la presse, suspendu ses discussions au mois de mars du fait du mouvement de protestation, les Américains craignant que le Pdg de Sonatrach quitte son poste.

La France rejette les accusations de l’ONU sur «un usage excessif de la force»

La haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme avait demandé à la France d’enquêter en mars dernier sur les cas rapportés de violences policières. En réponse, selon le journal Le Monde, le gouvernement français a fait parvenir le 11 avril un document de 21 pages pour justifier ses méthodes de maintien de l’ordre.

Courtoise mais ferme, la réponse du gouvernement français sonne comme une fin de non-recevoir aux mises en cause de l’ONU. En préambule, le document, cité par nos confrères du Monde, rappelle les conditions « particulièrement difficiles » auxquelles ont été soumis policiers et gendarmes et insiste sur les violences graves commises par certains manifestants.

Justifications sur l’usage du LBD

Selon cet argumentaire, le cadre légal applicable n’était donc plus celui de la « manifestation » mais de « l’attroupement », c’est-à-dire d’une manifestation qui a dégénéré dans la violence, d’où le recours massif aux armes de forces intermédiaires : les grenades lacrymogènes, de désencerclement et les fameux lanceurs de balles de défense (LBD).

Quatre pages sont exclusivement consacrées à justifier l’usage du LBD, et si de possibles dérapages sont évoqués, « ils ne sauraient remettre en cause l’utilisation régulière de cette arme en cas de nécessité », explique le document. Ce dernier appelle également à respecter le temps judiciaire puisque plusieurs enquêtes sont actuellement en cours.

Par ailleurs, les cas de journalistes blessés par les forces de l’ordre et que dénonçait l’ONU ne sont pratiquement pas mentionnés. Enfin, une bonne partie du texte est dédiée à la défense de la nouvelle loi anti-casseur. Selon le document, celle-ci n’entrave pas la liberté de manifester, et « nul en France ne saurait être arrêté et n’a été arrêté en raison de sa seule qualité de manifestant ».

Afghanistan: plus de civils tués par les forces US et leurs supplétifs afghans que par les talibans (ONU)

Les forces américaine et afghanes ont, pour la première fois, tué davantage de civils que les talibans, selon un rapport de l’ONU portant sur le premier trimestre de 2019.

Durant cette période, les forces internationales et pro-gouvernementales ont été responsables de la mort de 305 civils, contre 227 civils tués par les talibans et autres groupes d’insurgés, indique ce rapport rendu public par la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA).

Le Wall Street Journal et le New York Times avaient révélé en décembre que Donald Trump pourrait décider de retirer près de 7000 militaires américains engagés sur le sol afghan. Des négociations ont eu lieu en mars avec les talibans, sans toutefois parvenir à trouver un accord.

Répression contre la presse: RSF et SNJ dénoncent des atteintes à la liberté d’informer

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et Reporters sans frontières (RSF) ont dénoncé dimanche des atteintes à la liberté d’informer après des incidents entre forces de l’ordre et journalistes samedi lors de l’acte 23 des «gilets jaunes».

«Il y a eu plusieurs interpellations de journalistes et d’autres incidents», a déclaré à l’AFP Vincent Lanier, premier secrétaire national du SNJ, en référence notamment à l’interpellation de deux reporters indépendants à Paris, Gaspard Glanz et Alexis Kraland.

«On commence à se poser des questions: est-ce qu’il n’y a pas une volonté déterminée d’intimider notamment les photographes sur le terrain ? On a l’impression que certains sont ciblés», a dénoncé Vincent Lanier du SNJ. «Il y a des tensions, c’est vrai, sur le terrain entre des policiers et des photographes, mais de là à interpeller, il y a un gros problème. On est sur une pente très dangereuse par rapport à la liberté d’informer, c’est la liberté de la presse qui est menacée», a-t-il insisté.

Journalistes ciblés

«Le nombre d’incidents depuis le début du mouvement des «gilets jaunes» qui visent autant des journalistes professionnels et non professionnels clairement identifiés «Presse» au moment où ils sont en train de filmer ou photographier entrave le travail de la presse et limite de facto la captation d’images de ces événements qui sont par nature d’un intérêt crucial pour le public», a de son côté regretté Catherine Monnet, rédactrice en chef adjointe à RSF. «Cela va à l’encontre du droit et de la liberté fondamentale d’informer. Les journalistes doivent pouvoir couvrir librement ces manifestations afin de pouvoir rapporter leur déroulement et les agissements des manifestants comme celui des forces de l’ordre», a-t-elle déclaré à l’AFP.

À Toulouse, deux journalistes ont été touchés par une «grenade de désencerclement», selon leur témoignage ou celui de leur employeur. À Paris, un photographe de l’Agence France-Presse «a reçu une grenade lacrymogène dans les jambes» et a «pris un coup, hors action» de la part d’un policier, a indiqué son rédacteur en chef photo France Olivier Morin. Une vidéaste de l’AFP a également indiqué que sa chaussure avait pris feu après le tir d’une grenade de désencerclement. Elle a été prise en charge par des «street medics».

Au total, 219 personnes, dont six mineurs, ont été arrêtées samedi dernier lors de la 23ème mobilisation des « gilets jaunes ».

Algérie: cinq milliardaires dont des proches de Bouteflika arrêtés

Cinq milliardaires algériens, dont des proches de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, ont été arrêtés en Algérie dans le cadre d’enquêtes anticorruption, rapporte la télévision locale. Ces cinq personnes sont Issad Rebrab, considéré comme l’homme le plus riche d’Algérie, et quatre frères de la famille Kouninef ayant des liens avec Bouteflika, ajoute la télévision.

En effet, la gendarmerie algérienne a arrêté dimanche soir quatre des frères Kouninef, une puissante famille d’hommes d’affaires proche d’Abdelaziz Bouteflika, contraint de démissionner le 2 avril de la présidence de la République, a annoncé la télévision d’Etat. Ils doivent être entendus dans le cadre d’une information judiciaire pour notamment « non-respect des engagements contenus dans des contrats conclus avec l’Etat, trafic d’influence pour obtenir d’indus avantages et détournements de foncier » avant d’être présentés devant le parquet, selon cette source.

La famille Kouninef est réputés proche de Saïd Bouteflika, frère et puissant ex-conseiller de l’ancien chef de l’Etat, qui a démissionné sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée. Très influents mais très discrets, les frères Kouninef sont à la tête d’un empire allant de l’agroalimentaire au génie civil pétrolier.

Le chef d’état-major de l’armée, le général Gaïd Salah, avait appelé le 16 avril la justice à « accélérer la cadence » dans les enquêtes ouvertes pour corruption contre des hommes d’affaires liés à l’ancien clan présidentiel.

Début avril, l’ex-patron des patrons algériens, Ali Haddad, riche homme d’affaires, également proche de Bouteflika, avait été écroué après avoir été arrêté alors qu’il se rendait en Tunisie. Il avait été arrêté après la découverte de devises non déclarées et de deux passeports, une infraction selon la législation algérienne.

Au lendemain de son arrestation, la justice avait annoncé l’ouverture d’enquêtes sur des faits de corruption et de transferts illicites de capitaux. Elle avait également interdit à un certain nombre de personnes de quitter l’Algérie, sans donner de noms, mais la presse avait révélé ceux d’une dizaine d’influents hommes d’affaires, tous liés à l’entourage du chef de l’Etat.

Notre-Dame: le Maroc annonce une «contribution financière» pour la reconstruction

  • Le Maroc a annoncé ce jeudi une «contribution financière», dont le montant n’a pas été révélé, pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée par un incendie lundi, selon un communiqué de l’ambassade du royaume du Maroc en France.

Chakib Benmoussa, ambassadeur en France du roi du Maroc Mohammed VI, s’est entretenu ce jeudi avec l’archevêque de Paris, Monseigneur Michel Aupetit, selon ce communiqué. Au cours de l’entretien avec l’archevêque de Paris, l’ambassadeur a réitéré «l’expression de soutien, de compassion et de solidarité» de Mohammed VI, «au nom de tous les Marocains» après cet incendie à Notre-Dame, «symbole de la ville de Paris, de l’histoire de France, et lieu de recueillement pour des millions de fidèles».

«L’ambassadeur a informé l’archevêque de Paris que (…) le Royaume du Maroc a décidé de faire une contribution financière à la reconstruction de la cathédrale». Le montant des dons royaux n’est jamais précisé, a-t-on indiqué au ministère marocain des Affaires étrangères à Rabat. En 2014, le roi du Maroc figurait dans le classement Forbes des hommes les plus riches du monde avec une fortune estimée à plus de 2,5 milliards de dollars via la holding royale SNI rebaptisée «Al Mada» – «un des plus grands fonds d’investissement à capitaux privés de la scène panafricaine», selon son site internet. Il séjourne très régulièrement en France où il possède notamment un château à Betz (nord-est de la France).

Selon l’agence marocaine de presse (MAP), le roi du Maroc a également décidé «de consacrer une subvention financière» – non précisée – à la restauration et à l’aménagement de certains espaces de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, touché par un incendie aux dégâts limités au moment où le terrible incendie faisait rage à Notre-Dame. L’incendie à Notre-Dame a suscité l’émotion dans le monde entier et un afflux de dons inédit – 850 millions d’euros ce jeudi. La cathédrale est le monument historique le plus visité d’Europe avec 12 millions de touristes en 2017.

Tunisie: augmentation de 27% du nombre de touristes

Le nombre de touristes ayant visité la Tunisie au cours du premier trimestre 2019 a augmenté de 27% par rapport à la même période de 2018. C’est ce qu’a indiqué le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, René Trabelsi, lequel prévoit une nette augmentation au cours de l’année 2019.

Répondant aux questions des députés, lors d’une séance d’audition, tenue lundi 15 avril à l’ARP, sur des supposés vols en direction des territoires palestiniens, Trabelsi a expliqué que son ministère n’a accordé aucune autorisation pour un vol touristique vers Al Qods ou la Palestine occupée, ajoutant que “le ministère du Tourisme applique la politique extérieure du gouvernement”.

En réponse à une question du député Chafik Ayadi concernant les agences de voyage qui organisent des voyages vers Al Qods et la Palestine occupée en coordination avec l’entité sioniste, ce qui est en contradiction avec la position de l’Etat tunisien, René Trabelsi a répondu: ” je tiens à mon identité tunisienne nonobstant ma religion “.

Le ministre a ajouté, dans sa réponse à la députée Lilia Younes Ksiksi, au sujet du tourisme des congrès, que l’année 2019 sera marquée par l’organisation de plusieurs congrès internationaux, indiquant que les hôtels en Tunisie, notamment ceux installés à Hammamet, sont aptes à accueillir les visiteurs dans le cadre de ces rendez-vous.

Concernant les retombées environnementales du projet du Port en eaux profondes d’Enfidha sur le tourisme, question posée par le député Chafik Ayadi, Trabelsi s’est contenté de dire que le ministère attirera l’attention du gouvernement sur ce dossier.