Mauritanie: six personnes condamnées pour pratique de l’esclavage sur des enfants

C’est une première en Mauritanie : la Cour criminelle de Nouakchott a condamné lundi 21 novembre 2011 six personnes pour pratique de l’esclavage sur deux enfants mineurs. Pour les associations de défense des droits de l’homme, cette condamnation est la confirmation que l’esclavage existe encore dans le pays, comme ils n’ont cessé de le dénoncer.

L’esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie. Mais face à la persistance du phénomène, une loi criminalisant la pratique avait été adoptée en 2007. Elle prévoit jusqu’à 10 ans de prison pour les auteurs mais, jusque-là, elle n’avait jamais été appliquée malgré les cas portés devant la justice par les défenseurs des droits de l’homme.

Lundi 21 novembre 2011, la Cour criminelle de Nouakchott a finalement condamné Ahmedou Ould Hassine à deux ans de prison ferme pour pratique de l’esclavage sur mineurs. Quatre membres de sa famille ont écopé d’une peine de deux ans avec sursis. Ils devront aussi payer solidairement une réparation de 2 600 euros à Saïd et Yarg, les deux garçons de dix et quatorze ans qu’ils exploitaient pour les travaux agricoles.
Pour Bala Touré, de l’ONG anti-esclavagiste IRA, cette condamnation est un pas dans la bonne direction, mais ne suffit pas. La défense va d’ailleurs faire appel. Pour lui, « cette condamnation montre que l’esclavage perdure. C’est ce que nous avons toujours dénoncé, ajoute-il. « Ca fait quatre ans que cette loi existe.»

Bala Touré précise que « si cette loi est enfin appliquée en partie, c’est parce que des abolitionnistes se sont battus pour qu’elle soit appliquée. Nous pensons que ce verdict est léger par rapport au crime de pratiques esclavagistes sur mineurs qui ont été reconnues. Ces personnes devraient être condamnées de façon plus rigoureuse, comme le prévoit la loi. »

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