Mauritanie : L’ex-commissaire aux droits de l’homme mis sous les verrous

Le juge d’instruction chargé du dossier de l’ex-Commissaire aux droits de l’homme, Mohamed Lemine Ould Dadde a ordonné, lundi 27 septembre, sa mise sous mandat de dépôt à la prison de Dar Naim. Il avait été inculpé par le parquet de Nouakchott de détournement et de dilapidation des biens publics.

Limogé le 26 août dernier, suite à un contrôle d’Etat qui avait révélé un trou de 271 millions d’ouguiyas, Ould Dadde a été arrêté le 20 septembre par la police des crimes économiques, avant d’être présenté lundi dernier devant le procureur de la République.

Une mission de l’Inspection générale de l’Etat (Ige), qui s’est intéressée aux marchés publics, a rendu un premier rapport mentionnant des distractions de fonds publics sous diverses formes et selon diverses modalités, se chiffrant à quelque trois milliards d’Ouguiyas.

En garde à vue depuis lors, l’ex-commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile avait observé la semaine dernière une grève de la faim pour protester, selon ses proches, contre la décision des autorités de vouloir l’empêcher d’avoir le moindre contact avec son avocat et les membres de sa famille.

Selon ces proches, Ould Dadde a toujours nié les détournements présumés de fonds et aurait refusé de rembourser quoi que ce soit. Il aurait aussi, selon les mêmes sources, protesté devant le procureur et le commissaire du fait que l’enquête aurait été menée à charge sans que son contre rapport ne soit pris en compte et du fait qu’il était le seul membre du Commissariat aux droits de l’homme à avoir été entendu. C’est pourquoi, affirment les mêmes sources, la grève de la faim entamée lundi passé était dans la droite ligne de ses protestations.

Décidé à aller jusqu’au bout de sa logique, il n’a pas démordu jusqu’au moment où la justice s’est engagée à mener une enquête plus poussée. Ainsi, joignant la parole à l’acte, plusieurs personnes ont été interpellées afin d’être soumises à interrogatoire, en particulier le chef des moyens généraux du Commissariat. Suite à ces interpellations, Mohamed Lémine Ould Dadde a lui aussi pris la décision d’arrêter sa grève de la faim.

Pendant un moment, la rumeur a laissé entendre qu’une caution serait versée par la famille du détenu. Mais il semble qu’il n’en est rien. Au contraire, du côté de ses proches, on laisse entendre que Mohamed Lemine Ould Dadde a refusé de payer une caution. Parce que, dit-on, l’acquittement d’une caution, selon le détenu, pourrait être interprété comme étant un aveu de culpabilité.

Le président du mouvement “Conscience et Résistance”, Ould Dadde, a été nommé à ce poste après le coup d’Etat du 06 août, par le président Ould Abdel Aziz, lorsque qu’il s’engageait à lutter contre la gabegie avec l’Ige comme fer de lance.

Mohamed Lemine Ould Dadde a été relevé, le 26 août 2010, de sa fonction de commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile par un décret de la présidence de la République.

Le Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire, et aux relations avec la société civile avait lancé, le mercredi 4 novembre 2009, un programme national pour l’éradication de la mendicité dans les rues de Nouakchott.

Un recensement, opéré dans la capitale, Nouakchott avait permis l’identification de 1 781 mendiants. Un programme financé à hauteur de 300 millions d’ouguiyas qui avait permis de créer une dizaine de centre d’accueil à Nouakchott.

Source AMI


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