Marzouki en Libye: Baghdadi sera extradé s’il bénéficie d’un «procès équitable»

Moncef Marzouki est arrivé le 2 janvier à Tripoli. Le président tunisien s’est engagé à remettre Baghadi al-Mahmoudi aux nouvelles autorités libyennes à condition qu’elles lui garantissent un «procès équitable». L’ex-Premier ministre libyen était chef du gouvernement jusqu’aux derniers jours du régime de Mouammar Kadhafi. Il est détenu en Tunisie depuis son arrestation à la frontière entre les deux pays fin septembre. Moncef Marzouki a reconnu que c’était le droit des Libyens de juger l’ancien Premier ministre mais il leur a demandé d’être patients.

Baghdadi al-Mahmoudi était le plus important officiel libyen en détention avant que ne soit capturé Seif al-Islam Kadhafi en novembre dernier. Arrêté en septembre dans le sud tunisien pour avoir franchi « illégalement » la frontière, la justice tunisienne a décidé que Mahmoudi devrait être extradé vers la Libye.

Le président tunisien défend cette décision : « Nous en Tunisie, nous demandons à l’Arabie Saoudite l’extradition de Ben Ali pour les milliards qu’il a dérobés au peuple. Il est naturel que les Libyens, réclament al-Mahmoudi Baghdadi à la Tunisie ».

Une position qui dérange franchement les organisations des droits de l’homme notamment Amnesty International, dont Marzouki est un ancien représentant en Tunisie. Elles estiment elles qu’un procès équitable est impossible pour le moment et qu’Al Mahmoudi encourt de vrais risques. Pour preuve, disent-elles, la façon dont l’ancien leader Mouammar Kadhafi a été traité puis tué après sa capture à Syrte en octobre dernier.

Mais Moncef Marzouki a assuré que la Tunisie veillerait d’abord à ce que soient réunies les garanties d’un procès équitable. Des propos de nature à contenter les nouvelles autorités de Tripoli. Alors que ce mardi, c’est de coopération économique dont il sera question, avec en perspective du travail pour les milliers de chômeurs tunisiens.

En effet, pour son premier déplacement à l’étranger, Moncef Marzouki est accompagné d’une importante délégation d’hommes d’affaires tunisiens. Parmi eux, Tarak Chérif qui est également président de Conecct, Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie, un nouveau syndicat patronal fondé après le départ de Ben Ali. Il espère que cette visite permettra de redémarrer les échanges commerciaux entre les deux pays.

Pour sa part, Radhi Meddeb, président de l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen rappelle, lui, que les Tunisiens ont fait preuve d’une grande solidarité à l’égard de leurs voisins libyens et que par conséquent, un retour d’ascenseur est tout à fait normal.

Un retour sur investissement comme dirait Alain Juppé.


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