Jean-Jacques Susini, ancien chef de l’OAS, est mort

Militant nationaliste et partisan de l’Algérie française, Jean-Jacques Susini avait basculé dans l’action armée clandestine, devenant le dirigeant de l’OAS au début des années 1960. Il est mort le 3 juillet à 83 ans.

Jean-Jacques Susini, né le 30 juillet 1933 à Alger, est un homme politique français.

Il est le cofondateur de l’Organisation armée secrète avec Pierre Lagaillarde.

D’origine corse, fils d’un cheminot qui fonda la fédération Force ouvrière outre-Méditerranée et se montrera favorable à l’indépendance de l’Algérie, Jean-Jacques Susini est élevé à Alger par sa grand-mère, Thomasine Palmieri, une ancienne institutrice.

En 1948, il adhère au RPF, parti fondé et dirigé par Charles de Gaulle et se situe clairement à l’aile droite du mouvement, parmi les partisans les plus convaincus d’un coup d’État contre la IVe République. Regrettant que le Général n’ait finalement mené ses troupes au bord du Rubicon « que pour y pêcher à la ligne » (André Malraux), il se rapproche du groupuscule d’extrême droite néofasciste Jeune Nation puis fonde sa propre organisation, le Mouvement national étudiant.

En 1959, Jean-Jacques Susini est président de l’Association générale des étudiants d’Algérie. Arrêté en janvier 1960, après la s-Semaine des barricades, il est incarcéré à la prison de la Santé.

Bénéficiant d’une liberté provisoire, il s’enfuit et trouve asile en Espagne, à Madrid, avec le général Raoul Salan, Pierre Lagaillarde, et Joseph Ortiz, où il crée l’Organisation armée secrète (OAS). Il dirige l’Action psychologique et la propagande (APP) de l’organisation. Il retourne à Alger le 22 avril 1961 lors du putsch des généraux, puis, après l’échec de l’insurrection fuit en Italie le 20 juillet 1962, où il reste pendant cinq ans sous une fausse identité. Après l’arrestation de Raoul Salan et d’Edmond Jouhaud, il prend le commandement de l’organisation secrète.

Il engage et mène les négociations O.A.S.- F.L.N. en juin 1962 qui aboutissent aux accords « Susini-Mostefaï », lesquels ne seront pas appliqués en raison de l’effondrement du G.P.R.A. et de la prise de pouvoir par Ben Bella à l’été 1962.

Il quitte l’Algérie pour l’Italie à la fin de juillet 1962. Il est soupçonné d’y avoir préparé, en particulier, l’attentat dit « du Mont Faron » du 15 août 1964 contre le général de Gaulle à Toulon, attentat qui échoue.

Il est condamné deux fois par contumace, à la peine de mort par la Cour de sûreté de l’État, pour son appartenance à l’OAS. Une bombe placée dans une jarre n’explosa pas et fut découverte quelques jours plus tard. D’après Jacques Delarue, cet attentat avait été organisé par Jean-Jacques Susini et Gilles Buscia.

Amnistié sur décision du général de Gaulle en 1968, avec les autres dirigeants de l’OAS encore incarcérés, il revient en France, mais, soupçonné d’avoir commandité un braquage, il est à nouveau arrêté en mars 1970 et placé seize mois en détention provisoire avant d’être acquitté par la Cour d’assises des Bouches-du-Rhône.

En octobre 1972, il est à nouveau arrêté et placé en détention provisoire pendant deux ans pour avoir organisé l’enlèvement et la disparition du colonel Raymond Gorel, ex-trésorier de l’OAS et il est acquitté par la Cour d’assises des Bouches-du-Rhône. Il est à nouveau amnistié en 1981, à la suite de l’élection de François Mitterrand.

Candidat pour le Front national aux élections législatives de 1997 dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, il est battu par Guy Hermier (PCF) mais obtient 45 % des suffrages au second tour. Après la scission du FN, il reste dans ce parti et s’oppose au Mouvement national républicain (MNR).

 

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