France 3 diffuse ce soir un entretien avec Kadhafi où il affirme avoir financé Sarkozy

Mouammar Kadhafi a affirmé avoir soutenu financièrement Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle de 2007, lors d’une interview au journal « Le Figaro » accordée en mars 2011 à Tripoli. L’enregistrement audio de cet entretien sera diffusé mercredi 29 janvier à 23h10 sur France 3 dans le magazine Pièces à conviction.

L’ancien dirigeant libyen, tué en octobre 2011, n’apporte pas de preuves. Mais cette accusation de financement politique occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 a déjà été lancée par plusieurs dignitaires de l’ancien régime. Nicolas Sarkozy a toujours nié avoir reçu de l’argent libyen.

Un entretien réalisé en plein soulèvement libyen

Accordé à l’époque au « Figaro » le 16 mars 2011, en plein soulèvement lybien, l’entretien avait été expurgé, lors de la publication, des propos concernant le financement de la campagne de l’ancien chef d’État. La journaliste Delphine Minoui, auteure de l’interview, l’avait ultérieurement retranscrite intégralement dans son ouvrage « Tripoliwood » (Grasset, 2011).

À la question de savoir s’il se sent trahi, Kadhafi, qui avait été reçu en grande pompe à Paris en décembre 2007, répond par l’affirmative. Puis, selon une traduction réalisée par l’AFP, il poursuit : « Sarkozy a une déficience mentale… C’est grâce à moi qu’il est arrivé à la présidence », « C’est nous qui lui avons fourni les fonds qui lui ont permis de gagner », « Il est venu me voir alors qu’il était ministre de l’intérieur. Il m’a demandé un soutien financier. »

Pourquoi aurait-il financé Sarkozy ? « Pour nous, en tant que Libyens, si le président de la République française gagne les élections grâce à nos fonds, c’est vraiment un gain », répond Kadhafi qui ne donne pas de montant ni de détail sur les modalités de versement.

Nicolas Sarkozy réfute

Le juge Serge Tournaire enquête sur ces accusations de financement de la campagne présidentielle de 2007, allégations que Nicolas Sarkozy réfute.

Elles avaient été formulées par Seif al-Islam dans un entretien à Euronews, le 16 mars 2011 : « Il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. » Peu auparavant, l’agence officielle Jana avait promis de rendre public « un grave secret » sur la campagne de Nicolas Sarkozy.

Plusieurs dignitaires ont évoqué un tel financement : l’ancien Premier ministre Baghdadi al-Mahmoudi, lors d’une audience d’extradition à Tunis, ou encore l’interprète de Kadhafi, Moftah Missouri. Rencontrée la semaine dernière à Paris, Anoud al-Senoussi, fille de l’ancien chef des renseignements Abdallah al-Senoussi, a affirmé à l’AFP que son père, actuellement détenu en Libye, avait disposé de preuves de ce financement. Mais d’autres ont nié, comme l’ex-secrétaire particulier du dictateur, Bachir Saleh, ou Moussa Koussa, l’ex-chef des services de renseignement extérieurs.

Avec AFP

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